Essais (H.C.)
" Le tango réside entre un pas et un autre, là où s'entendent les silences et où chantent les muses ", disait le danseur Gavito, comme si c'était dans cette pause, cet interstice, que s'exprimaient les émotions qui donnent naissance au pas suivant. Dans cet entre-deux, naît et vit le tango que nous aimons. Ni guide, ni encyclopédie exhaustive, ce dictionnaire se veut une déambulation subjective dans un univers en perpétuelle mutation. Car si le tango est bien un monde en soi, une musique, une danse, une poésie, il définit aussi une certaine conception de l'existence. Une promenade en liberté qui, si elle parcourt les sentes balisées de l'histoire et des références communes de Buenos Aires à Paris et au-delà, emprunte aussi des chemins de traverse au gré de nos investigations et de notre fantaisie. Plus de cinq cents entrées font ainsi la part belle aux biographies de personnages (musiciens, chanteurs, danseurs, poètes...), mais aussi aux lieux, aux paroles, aux techniques et aux concepts, et permettent de reconstituer le voyage de cette alchimie métisse née dans le Río de la Plata au tournant du XXe siècle et vécue aujourd'hui autour du monde par des milliers de passionnés. Journaliste de presse écrite et télévision, documentariste, chroniqueur à la radio, Jean-Louis Mingalon est un spécialiste des musiques du monde. Philosophe de formation et docteur en science politique, Gwen-Haël Denigot est journaliste en sciences humaines et sociales et vit entre Paris et Buenos Aires. Ethnologue de formation, spécialiste des musiques populaires, Emmanuelle Honorin est journaliste et productrice de musiques du monde, auteur de Astor Piazzolla, Le Tango de la démesure (Demi Lune, 2011). Cet ouvrage est l'heureux lauréat du coup de cœur de l'Académie Charles Cros.
Comment faire face à la crise que nous traversons ? Le système capitaliste néo-libéral fondé sur la seule recherche du profit ne fera que renforcer la concentration des richesses, aggraver les inégalités et détruire chaque jour un peu plus notre écosystème. Contre le statu quo, un collectif de femmes, chercheuses en sciences sociales issues de tous horizons, appelle à un nouveau partage du pouvoir au sein des entreprises, condition d'une véritable transition écologique.Elles sont les auteures du Manifeste Travail, déjà traduit en 27 langues et qui est devenu en quelques semaines l'amorce d'un mouvement mondial. Leur projet ? Démocratiser l'entreprise, pour permettre aux travailleur·euse·s de participer aux décisions qui les concernent. Démarchandiser le travail, pour protéger certains secteurs des seules lois du marché, mais aussi garantir à chacun l'accès à un travail qui lui permette d'assurer sa dignité. Au moment où nous faisons face à la fois au risque pandémique, aux dérives populistes et à la menace d'un effondrement climatique, ces deux changements stratégiques permettront aussi d'agir collectivement pour dépolluer la planète et préserver les conditions de la vie sur terre. Sous la direction d'Isabelle Ferreras, Julie Battilana et Dominique Méda. Avec Adelle Blackett, Julia Cagé, Neera Chandhoke, Imge Kaya-Sabanci, Lisa Herzog, Sara Lafuente, Hélène Landemore, Flavia Maximo et Pavlina R. Tcherneva.« Une contribution fondamentale pour penser un autre monde, un autre système économique, une société juste et fière de sa diversité. Une étape essentielle pour aller vers un socialisme participatif : démocratique, écologique et féministe. A lire absolument ! » Thomas Piketty
Et si l'inceste n'était pas une exception, mais un mécanisme ancré dans notre culture ? La Culture de l'inceste rassemble des voix militantes et universitaires pour analyser comment la société tolère, voire encourage.
Les affrontements entre la police et les manifestants se sont multipliés en l'espace de quelques années. Avec pour bilan un nombre effarant de blessés, mais aussi des décès. Comment en sommes-nous arrivés là ? Après Mai 68, la pacification du maintien de l'ordre avait fait la fierté des gouvernements français successifs. Mais, dans un contexte de tensions sociales accrues, de violences urbaines et de terrorisme, le maintien de l'ordre s'est militarisé et finalement brutalisé. La manifestation de rue se voit de moins en moins reconnue comme une expression légitime de la contestation. La violence de la répression, la simple vue de l'armement des forces de l'ordre exercent désormais, à elles seules, de puissants effets de dissuasion. Grâce à des enquêtes menées depuis plus de vingt ans, Olivier Fillieule et Fabien Jobard établissent le constat implacable de ces régressions successives et les analysent. Les nouvelles « politiques du désordre » qu'ils décrivent mettent au défi notre démocratie.Olivier Fillieule est professeur de sociologie politique à l'Institut d'études politiques (IEP) de l'université de Lausanne.Fabien Jobard est directeur de recherches au CNRS (Cesdip) et directeur du Groupement européen de recherches sur les normativités (GERN).
Avant et après Mai 68 ils furent quelques dizaines, puis presque un millier, à quitter leur famille, à abandonner leurs études, pour partir travailler en usine. Ils renonçaient à leur statut d'intellectuel, choisissaient de vivre aux côtés des ouvriers, insufflant l'idée révolutionnaire dans les usines. Ils s'inspiraient des recommandations du président Mao Tse Toung qui prônait de " descendre de cheval pour cueillir les fleurs ". On les a appelés " les établis ", un terme mystérieux qui au fil des années ne disait quasiment plus rien à personne alors que j'avais passé mon enfance parmi eux. Lorsque j'ai commencé à partir à la recherche de ceux qui s'étaient établis, j'avais leur âge : celui de leur départ en usine. C'était pour moi la première tentative de réconciliation avec le passé militant de mes parents dont je ne connaissais que les désenchantements. Au fil des récits, au rythme des paroles recueillies, je découvrais les références, les aspirations et les désillusions d'une époque où l'engagement était total. Je pensais alors que si je parvenais à bien comprendre cette histoire, la mienne ferait sens. J'ignorais encore qu'après les parents il me faudrait aller chercher leurs enfants dans un autre récit, écrit vingt ans plus tard, pour enfin avoir le sentiment que les petits cailloux ramassés en chemin toutes ces années m'avaient permis de trouver ma propre route. Virginie Linhart, née en 1966, est réalisatrice de documentaires. Elle a récemment publié Le jour où mon père s'est tu (Seuil, 2008), couronné par le prix de l'essai de l'Express. Volontaires pour l'usine. Vies d'établis (1967-1977) est son premier livre.
La marchandise elle-même a changé de statut. Elle n'est plus l'objet, le sujet de l'échange : l'échange en soi devient la marchandise. L'échange et non ses objets, mais ses propres fluctuations hallucinées, évanescentes, sa matière illusoire seront seules troquées, devenues l'étalon. Mettre en question chaque question. La première d'entre elles étant celle de son escamotage. En 1996, Viviane Forrester publiaitl'Horreur économique , un essai au succès planétaire. La promesse du pire fut conçue par elle comme une suite nécessaire. La mort, le 30 avril 2013, l'aura empêchée de mener le travail à son terme. Ces pages en constituent le manifeste. Réécouter l'interview d'Olivier Bétourné, l'éditeur et PDG des éditions du Seuil sur la radio Suisse romande.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'État justicier.Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ? Gilles Favarel-Garrigues est chercheur au CNRS (Sciences Po-CERI). Il travaille sur les questions de déviance, de police et de justice à partir d'enquêtes menées notamment en Russie.Laurent Gayer est chercheur au CNRS (Sciences Po-CERI). Spécialiste du sous-continent indien, il s'intéresse plus particulièrement aux dynamiques urbaines et aux mobilisations violentes en Inde et au Pakistan.
La catastrophe écologique est enclenchée, la crise du coronavirus a fracturé le monde entier. Un responsable : le capitalisme. En saccageant le service public de la santé, il a transformé un épisode grave mais gérable en désastre. En poursuivant la destruction des écosystèmes, il a mis en contact des virus mortels avec la population humaine. En aggravant les inégalités, il a plongé des dizaines de millions de personnes dans la misère. Le gong avait pourtant déjà retenti lors de la crise financière de 2008. Mais plutôt que de se remettre en cause, les capitalistes ont formé un nouveau paradigme : l'avenir sera technologique, fondé sur la numérisation et l'intelligence artificielle. Il conduira à une nouvelle élite hybridée avec les machines. Et la masse de l'humanité sera rejetée dans le chaos climatique, au prix d'un apartheid généralisé. Il faut rejeter cette vision mortifère. L'oligarchie est aujourd'hui une caste criminelle. On ne la convaincra pas, on la contraindra. Des stratégies de résistance sont nécessaires, possibles et nombreuses. Cet ouvrage est un appel à dépasser le fatalisme et à entrer en lutte. Car le capitalisme vacille. Et c'est tant mieux : il est temps que s'ouvre le monde nouveau.Auteur de plusieurs essais décapants dont Comment les riches détruisent la planète (Points Terre, 2020)et Tout est prêt pour que tout empire (Seuil, 2017),Hervé Kempf est rédacteur en chef de Reporterre, le quotidien de l'écologie.
L'épidémie de coronavirus et l'expérience du confinement généralisé ont confronté notre pays à une épreuve inédite et singulière. Fait social total, la propagation du virus a mis à l'arrêt l'économie, bouleversé l'agenda gouvernemental et notre vie quotidienne. Durant cette période très particulière, l'IFOP, à l'initiative de Jérôme Fourquet, a réalisé une série d'enquêtes quantitatives visant à donner la mesure du niveau d'inquiétude de la population, du jugement porté par elle sur l'action des pouvoirs publics et de la façon dont ont été appliquées les consignes sanitaires. Mais, parallèlement à cette batterie d'enquêtes inédites, l'institut a également déployé, avec Le Point et la Fondation Jean-Jaurès, un dispositif d'observation au long cours : 33 Françaises et Français de toutes conditions, de tous âges et régions ont été suivis par l'équipe d'enquêteurs pendant plusieurs semaines. Comment les Français ont-ils réagi à l'évolution de l'épidémie et quelles sont leurs attentes maintenant ? Cadre télétravaillant depuis l'île de Ré versus caissière aux avant-postes, jusqu'à quel point le confinement a-t-il constitué une épreuve partagée et comment les différences ont-elles été appréhendées ? L'épidémie et le confinement ont-ils raffermi le sentiment d'appartenance collective ou exacerbé les fractures déjà à l'oeuvre ? En d'autres termes, le Covid-19 a-t-il joué le rôle d'antidote ou de révélateur de l'« archipelisation » de la société française ? L'état d'esprit dans lequel les Français abordent la nouvelle phase de l'épreuve sanitaire a mûri dans le secret du confinement. Mais c'est bien lui qui déterminera la séquence dans laquelle nous entrons maintenant.
À l’heure où paraissent ces « cahiers », trois mois sont passés depuis que la pandémie mondiale du Covid-19 s’est imposée à nous, trois mois que le monde entier a basculé dans un état de crise dont on ne voit pas l’issue et dont on ne mesure pas les effets sur les sociétés qu’il a frappées. Aux premières heures du confinement, des sentiments nombreux et contradictoires nous ont toutes et tous traversés : de la sidération à l’angoisse, de la tristesse à la colère… Et puis, très vite, les questions se sont bousculées dans nos têtes : que s’est-il donc passé ? Mais que nous arrive-t-il ? Quelles conséquences cet événement aura-t-il sur le monde et sur nos existences ? Et quelles leçons en tirer ? Il faut dire que, pour beaucoup d’entre nous, la vision d’un monde littéralement arrêté a soudain rendu évidentes, presque sensibles, les contradictions insoutenables dans lesquelles ce monde se trouvait pris depuis trop longtemps. Et si cette catastrophe était l’occasion d’empêcher qu’il retrouve sa trajectoire catastrophique antérieure ? Comme le disait magnifiquement un graffiti repéré sur un mur de Hong Kong, « we can’t return to normal, because the normal that we had was precisely the problem ». Autrement dit, serons-nous capables de saisir cet événement, à la fois le comprendre et nous en emparer, afin d’imaginer et construire le monde que nous voulons, le monde dont nous rêvons ? Ces « cahiers » ne pouvaient être que collectifs, au sens fort, parce que issus d’une volonté partagée par les éditeurs et auteurs de la maison de faire sens face à l’événement. S’y engage une conception du travail intellectuel et du débat public comme espace de confrontation argumentée. Ils accueillent des textes de pensée offrant des perspectives et des analyses fortes, mais aussi des textes et propositions littéraires qui font résonner notre époque dans des formes et des formats singuliers, ainsi que des interventions graphiques. Cette crise bouleverse les cadres de pensée et d’interprétations, elle met à l’épreuve bien des certitudes et des convictions, ce qui imposait d’ouvrir un espace original de dialogue, où trouvent à s’exprimer des sensibilités intellectuelles diverses, où peuvent s’ordonner la confrontation des points de vue, les divergences de fond, les incertitudes et les interrogations.
"Voici regroupées des chroniques écrites au fil du temps depuis maintenant une dizaine d'années. Si je les souhaite à peu près véritables, elles n'en sont pas moins romancées. L'anonymat n'est pas prétexte à me donner licence de tout dire. Peu importe qui parle et de qui je parle (les noms sont fictifs - à l'exception des morts -, les circonstances très souvent modifiées). J'ai toujours écrit ces textes dans le désir, non d'affirmer quoi que ce soit, mais de décrire, dépeindre, raconter une vie ordinaire de comédien ordinaire. Je ne donne aucune connotation péjorative à ce mot, que je ne prends pas dans le sens de terne, moyen, médiocre, mais dans celui de coutumier, régulier, normal. La banalité en question m'est précieuse. Un autre mot serait pour moi tentant, s'il n'était source de malentendu : le beau mot de classique. Plus exactement, sans porter le moindre jugement de valeur, sans jouer le désenchantement du comédien qui commence à en avoir beaucoup vu, je voudrais montrer l'ordinaire d'une vie que l'on a coutume de percevoir comme nécessairement et toujours extraordinaire. Et j'aimerais évidemment qu'on perçoive le caractère un peu, parfois, extra-ordinaire de cet ordinaire."
" ...Tu es maintenant une jeune femme pleine de ressources, les deux pieds dans la vie même si tu gardes un peu la tête dans les étoiles, et c'est très bien. Te voilà donc armée pour de nouvelles aventures sur les grandes questions qui agitent nos sociétés et sur le devenir du monde dans lequel tu vas vivre. Garde ton optimisme, le futur n'est pas aussi sombre que certains faux prophètes voudraient nous le faire gober. Pour t'en convaincre, laisse-moi préciser notre objectif : y voir plus clair dans le dédale de ces questions complexes et sensibles que le brouhaha médiatique simplifie à outrance (la mondialisation et ce qui va avec : les multinationales, l'emploi, la culture, le développement, la pauvreté, l'immigration, l'écologie, les ONG, etc.). Mais pas de méprise. Tenter de te convaincre ne signifie pas t'asséner un discours fastidieux. Je resterai clair et simple, ce qui ne veut pas dire simpliste, sans tomber dans la facilité et l'opinion." Voici la deuxième édition de ce livre, qui fait suite au succès de la première, ainsi qu'à celui de L'Économie expliquée à ma fille (2ème édition, 2006). André Fourçans est professeur d'économie à l'Essec. Il a enseigné à l'Institut d'études politique de Paris et dans deux grandes universités américaines. Il a été conseiller spécial d'un commissaire européen, membre du Conseil économique et social et député européen. Conférencier international, auteur de nombreux articles académiques et d'une quinzaine d'ouvrages, il écrit aussi régulièrement dans la grande presse française et étrangère.
Le constat est douloureux, mais irréfutable : malgré le succès de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2012, le Front national réussit bien mieux que le Front de gauche à capter le mécontentement populaire. Comme dans la plupart des pays d'Europe, la crise du capitalisme profite moins à la gauche " radicale " qu'à une mouvance nationaliste favorable au capitalisme ! Tel est le paradoxe analysé dans ce livre. Paralysé par la peur de dire " la même chose que Le Pen ", le Front de gauche s'enferme dans trois contradictions. Il veut restaurer la souveraineté populaire mais ne défend plus la Nation, seul espace possible pour une réelle démocratie. Il lutte pour une " autre Europe ", sociale et solidaire, mais n'assume pas la nécessaire rupture avec l'ordre juridique et monétaire européen. Il est anticapitaliste mais renonce au protectionnisme contre le libre échange mondialisé qui brise toutes les résistances. Souveraineté nationale, désobéissance européenne et protectionnisme : tels sont les trois sujets tabous dont la gauche radicale doit se ressaisir, au lieu de les abandonner au Front national qui a beau jeu de se présenter comme le seul protecteur du peuple français face à la pression des marchés et à l'Europe ultralibérale. Aurélien Bernier, ancien dirigeant d'Attac, proche du Front de gauche, collabore au Monde diplomatique. Il a notamment publié Le Climat otage de la finance (2008), Désobéissons à l'Union européenne ! (2011) et Comment la mondialisation a tué l'écologie (2012), aux éditions Mille et Une Nuits.
De Guernica, on croit tout savoir. Chef-d'œuvre du XXe siècle, reproduit sous toutes les formes possibles, la toile est à la fois un monument artistique et un étendard historique, un emblème. Mais connaît-on vraiment son histoire ? À l'origine, un village basque pris pour cible par Franco et ses alliés nazis pendant la guerre civile espagnole, et un peintre de génie qui travaillait déjà pour l'Exposition universelle de la même année 1937. À l'arrivée, une toile de légende, qui occupe une place charnière dans l'histoire de l'art. Mais le présent ouvrage ne détaille pas seulement la genèse de l'œuvre. Il revient aussi sur l'histoire politique espagnole, du franquisme à la Movida. Car dès la mort de Franco, en novembre 1975, les feux de l'actualité se concentrent à nouveau sur Guernica. Le décès du dictateur permettait-il le transfert tant attendu de la toile de New York à Madrid ? Le caudillo laissait-il la place à un régime où " les libertés publiques étaient restaurées " ? Le débat fera rage de 1975 à 1981. Au terme d'une rigoureuse enquête, le présent livre montre, pièces à l'appui et par la révélation d'archives inédites à ce jour, que rien n'aurait dû justifier cette polémique. Il aurait suffi que Pablo Picasso, mort en avril 1973, n'emporte pas avec lui le secret que ces pages dévoilent. Un secret qui n'entache en rien le génie du peintre, mais qui rappelle que l'homme Picasso était à certains égards aussi médiocre qu'un autre, voire davantage. Germain Latour est avocat au barreau de Paris, ancien Secrétaire de la Conférence du stage et cofondateur de l'Union des Avocats Européens (UAE). Il est notamment l'auteur de Légitime Défense ou les bas-fonds de la peur (1983, Sycomore), Les Deux Orphelins, l'affaire Finaly 1945-1953 (2006, Fayard).
Depuis la fin de la guerre de 1967, il y a plus de quarante ans, au mépris du droit international, des citoyens juifs d'Israël se sont installés au-delà de leurs frontières sur des terres qu'ils estiment leurs depuis les temps bibliques. Ce livre appréhende, pour la première fois dans sa globalité, le phénomène des colonies juives en Palestine. Il rassemble des données éparses, souvent cachées, rarement mises en perspective. Les gouvernements successifs d'Israël, quelle que soit leur couleur politique, ont encouragé l'établissement de ces colonies. Le soutien qu'elles ont reçu d'hommes aussi différents que Moshe Dayan, Shimon Peres ou Ehoud Barak fut politique, financier et d'un laxisme caractérisé au regard de la loi. Cette montée en puissance de l'occupation des territoires par des mouvements comme le Goush Emounim (le Bloc de la foi) s'est accompagnée de violations répétées de la loi israélienne, sans condamnation ferme de la part de l'État, et a conduit à un affaiblissement incontestable de la démocratie en Israël. Incapable de transformer la victoire militaire de 1967 en processus de paix, Israël s'est empêtré dans le bourbier humain, moral, social, financier, militaire et politique de la colonisation. Idith Zertal, historienne israélienne, a enseigné à l'université hébraïque de Jérusalem et à l'université de Bâle en Suisse. Elle est l'auteure de nombreux ouvrages dont Des rescapés pour un État (Calmann-Lévy, 2000) et La Nation et la Mort (La Découverte, 2004) qui a été traduit et publié en huit langues. Akiva Eldar a été éditorialiste politique pour le quotidien israélien Haaretz. Il est désormais chroniqueur pour le site Al-Monitor. En mai 2006, le Financial Times l'a classé parmi les journalistes les plus importants et influents du monde. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Charlotte Nordmann
Ce manuel de droit constitutionnel couvre l’ensemble du programme de première année en faculté de droit ou à Sciences Po. En quarante-deux chapitres courts, vivants, nourris de nombreuses données facilement lisibles par de multiples tableaux et graphiques, il offre un outil indispensable à ceux qui entrent dans l’enseignement supérieur. Au-delà, il traite de la démocratie, de notre histoire, de la France d’aujourd’hui d’une façon originale. L’horizon s’élargit avec l’examen de grands pays trop méconnus, tels le Japon, l’Inde ou la Chine. Il propose donc un moyen sans équivalent d’enrichir sa culture juridique et politique. La démocratie moderne est vue dans sa double composante, gouvernante et délibérante. Un récit animé rend compte de l’étonnante histoire constitutionnelle de la France. Sont analysés en contrepoint les systèmes politiques d’une dizaine d’autres démocraties, ce qui permet de proposer un modèle d’explication du fonctionnement du pouvoir. La seconde moitié de l’ouvrage analyse l’originalité du pouvoir politique en France. Son attribution, ni à l’américaine ni à l’européenne, mais dans un curieux mélange des deux. Son exercice, cas unique de « présidentialisme démocratique ». Sa limitation, interne, par la distinction entre les pouvoirs qui se renforce, externe, par la démocratie locale ou le développement de l’Union européenne. La présente édition, enrichie de deux nouveaux chapitres, sur le constitutionnalisme latino-américain et l’islam dans les constitutions contemporaines, intègre les développements les plus récents dans le vaste ensemble des pays étudiés et en France.
D’où vient le racisme ? Dans le passé, les sciences sociales ont largement contribué à l’invention et à la diffusion du phénomène. Aujourd’hui, les bons sentiments, les jugements à l’emporte-pièce ne sauraient tenir lieu d’analyse. Pour comprendre, il faut aussi savoir. Ce livre novateur montre d’abord, grâce à une documentation érudite, l’évolution des modes d’approche qui, depuis plus d’un siècle, ont été élaborés dans le monde entier afin de penser le racisme. Préjugés, discrimination, ségrégation, violences : chacune de ces formes élémentaires du racisme est, dans un deuxième temps, étudiée dans sa spécificité. Enfin, l’auteur met en évidence les processus qui favorisent l’extension du racisme, en particulier la déstructuration politique ou sociale et le réflexe d’identité communautaire. C’est dire que, avec le recul et les outils de la réflexion, Michel Wieviorka éclaire de manière originale les tensions qui travaillent en profondeur la société française. Il s’efforce, en fait, de délimiter ce qu’est vraiment l’espace du racisme.
Lorsque Jean Daniel se rapproche de François Mitterrand, celui-ci, alors député de la troisième circonscription de la Nièvre, mais déjà plusieurs fois ministre de la IVe République, parvient à mettre l'intouchable général de Gaulle en ballottage à l'élection présidentielle de 1965. C'est le début d'un long compagnonnage, d'abord intellectuel et politique, mais aussi littéraire et philosophique. Ce livre en est le témoignage vibrant, parfois militant, parfois plus distant. Car dès leur rencontre se noue une relation complexe, faite d'amitié, de complicité forte, mais aussi de silences. Étalés sur plus de trente ans, les textes ici rassemblés dressent le portrait d'un homme riche en contrastes, séduisant et séducteur, au destin fascinant et romanesque. La lente conquête du pouvoir, les grandeurs et les servitudes de son exercice, les dates marquantes et les mouvements de fond de cet âge d'or mitterrandien, ses secrets et ses scandales, rien n'échappe à la plume acérée de Jean Daniel qui a su concilier son intransigeante objectivité de journaliste et son empathie d'homme. Né à Blida en 1920, Jean Daniel a créé et dirigé pendant de longues années Le Nouvel Observateur, aujourd'hui L'Obs, dont il demeure l'éditorialiste. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages dont Demain la nation (Seuil, 2012).
Parti en mission sur le site de Tchernobyl, Jean-Pierre Dupuy, scientifique de haut niveau devenu philosophe, découvre ce qui se cache derrière ce nom devenu familier. Il trouve là-bas ce qu'il appelle "l'invisibilité du mal" - la catastrophe n'a laissé derrière elle que le néant des champs dévastés, des villages ruinés, des maisons inhabitées. Plus trace de vie. Seul demeure le sinistre "sarcophage" - ce tombeau qui recouvre le réacteur - qui continue de délivrer ses radiations... De retour à Paris, l'auteur est confronté à l'écart scandaleux entre le bilan officiel de la catastrophe, confirmé par un rapport de l'ONU qui se veut définitif, et ce qu'il a cru voir ou apprendre sur place. Le nombre de morts dus à Tchernobyl se chiffre-t-il en dizaines ou en dizaines de milliers ? Les bébés monstres sont-ils un fait ou une supercherie ? Face à ces contradictions, Jean-Pierre Dupuy a mené l'enquête sur l'univers mental de la technocratie mondiale. Il montre que tout bilan de la catastrophe se doit de faire intervenir des dimensions éthiques et philosophiques qui échappent aux experts. La question du mal se pose aujourd'hui de façon neuve. Nous avons plus à craindre les industriels du bien que les méchants. Ce témoignage très personnel est un livre de réflexion et d'engagement pour changer les choses vingt ans après.
En 1992, Deng Xiaoping, dit le Petit Timonier, a 88 ans. Le patriarche renoue avec la tradition des tournées impériales et sillonne le sud du pays à bord d'un train spécial. Cette tournée historique, ouvrant le pays aux investissements étrangers et au capitalisme, allait à jamais changer l'Empire. Ce sera le dernier grand voyage, les adieux de l'un des dirigeants les plus secrets de son temps, orateur sans charisme, Deng Xiaoping n'a laissé que peu d'écrits et quelques entretiens. Le petit homme discret aura pourtant traversé le siècle comme un aventurier et gravé une stupéfiante saga dans le paysage chinois. Pour comprendre l'homme, son génie, sa violence, pour prendre la mesure de l'incroyable révolution qu'il a initiée, Adrien Gombeaud revient sur ces chemins, vingt ans plus tard. De Shanghai à Canton, de Wuhan à Shenzhen, il s'entretient avec des dizaines de Chinois sur leur vie quotidienne, leurs espoirs : l'ancien rocker devenu businessman, le médecin bénévole, l'inventeur du tonneau à la française, le peintre de la Joconde, le patron d'une maroquinerie... Au cours des années Deng certains ont gagné, d'autres ont perdu. Adrien Gombeaud, docteur en Langues et civilisations orientales, est journaliste et critique de cinéma. Auteur de L'Homme de la Place Tiananmen (Seuil 2009), et d'Une blonde à Manhattan (2011), il a dirigé la publication du Dictionnaire du cinéma asiatique (2008).
Comment peut-on être femme et philosophe ? Question absurde. Question clé qui invalide les distinctions ordinaires entre biographie, histoire, politique et philosophie. " Je suis née un peu partout, sous le ciel désormais en morceaux des Grecs, dans des sabots de paysanne bretonne... mais aussi dans les révoltes qui furent miennes, les gifles qui s'ensuivirent ou qui les précédèrent, dans la détresse lucide de Simone de Beauvoir, dans le poêle de Descartes, et ce n'est pas fini. " La " question des femmes " a ici un statut universel. Point de départ d'une véritable orientation de la pensée, c'est aussi-si l'on en juge par la manière drolatique de Michèle Le Dœuff, et sa matière : entièrement liée à la cité et aux mœurs-l'occasion de retrouvailles avec un très ancien mode d'intervention philosophique, à la fois public et polémique. " Ce livre, adressé à tous, est particulièrement dédié aux jeunes femmes qui s'apprêtent à entrer dans un monde où, de semaine en semaine, il leur sera reproché de ne pas être du côté de la toute-puissance, donc de croire et de faire croire que l'esprit est ailleurs. " Michèle Le Dœuff est née en 1948. Agrégée de philosophie. Ancienne professeur ordinaire à l'université de Genève. Directrice de recherches au CNRS. A publié L'Imaginaire philosophique (Payot, 1980) ; La Nouvelle Atlantide de Francis Bacon, traduction suivie de Voyage dans la pensée baroque (Payot, 1983, réédition GF-Flammarion, 1995) ; Vénus et Adonis de Shakespeare, traduction suivie de Genèse d'une catastrophe (Alidades/Distiques, 1986) ; Du progrès et de la promotion des savoirs de Bacon (" Tel ", Gallimard, 1991) ; Le Sexe du savoir (Aubier, 1998, réédition " Champs ", 2000).
Peu de figures universellement célébrées sont aussi mal connues que Martin Luther King Jr. La lutte pour les droits civiques et l'égalité des Noirs dont le pasteur baptiste prit la tête est remémorée comme un appel à la fraternité et à l'unité nationale que l'Amérique sut entendre. Ce récit édifiant a considérablement aseptisé la force révolutionnaire de sa pensée et la brutalité de l'oppression contre laquelle il s'insurgeait. Qui se souvient qu'à peine un an après avoir reçu le prix Nobel de la paix, King déclara que son rêve était devenu un cauchemar en raison de l'enracinement du système d'exploitation capitaliste ? La fin de la ségrégation institutionnelle en 1964 n'était à ses yeux qu'une étape. L'ultime phase de son combat, qui culmina avec la " Campagne des pauvres " et que son assassinat en 1968 laissa inachevée, fut quasiment effacée de la mémoire des États-Unis et avec elle le sens profond de son engagement. Penseur de la justice sociale, Martin Luther King opéra une extraordinaire synthèse entre christianisme, liturgie noire, non-violence, désobéissance civile et marxisme. C'est ce penseur avant-gardiste et radical à la postérité édulcorée que cet ouvrage entend faire redécouvrir en l'inscrivant dans une tradition de dissidence américaine trop souvent ignorée. Sylvie Laurent est américaniste, agrégée d'histoire et docteur en littérature américaine. Chercheur associée à Harvard et Stanford, elle enseigne à Sciences Po. Elle a notamment publié Homérique Amérique (Seuil, 2008) et Poor White Trash. La pauvreté odieuse du Blanc américain (Presses de l'université Paris-Sorbonne, 2011).
Jean-Paul Moureau est né en Camargue au milieu des gitans. Il passe son enfance dans la nature avec les chevaux sauvages. Très tôt, il observe les gestes de sa tante Claudine, rebouteuse, qui " extirpe le mal en passant les doigts et en remettant les nerfs et les tendons. " Il bénéficie aussi de l'influence de son père, maréchal-ferrant, qu'on venait chercher la nuit car il savait soigner les bêtes. Jean-Paul entame des études de médecine qui ne le satisfont pas entièrement. Alors il se tourne vers l'étiopathie, une discipline fondée en 1963 par Christian Trédaniel. L'étiopathie est une approche logique, systémique et scientifique de la maladie qui soigne grâce à l'outil le plus élaboré qui soit : la main. Le travail de Jean-Paul Moureau est un travail de palpation, de repérage et de manipulation abdominale. Il soigne toutes les maladies en dehors des maladies génétiques ou dégénératives graves. L'étiopathie donne de très bons résultats, par exemple, sur les ulcères, hernies discales, hépatites virales, stérilité féminine, les troubles digestifs, urinaires, les scolioses (uniquement sur les jeunes quand la colonne est encore plastique). Sur les enfants qui font des otites ou des angines à répétition aussi. Après 40 ans de métier et plus de 100 000 patients à son actif, Jean-Paul Moureau sait souvent ce qu'ont les patients quand ils entrent dans le cabinet. Il suffit de les regarder marcher ou s'asseoir. Il identifie la dysharmonie qui engendre la douleur, il la localise, puis il en recherche la cause. Par exemple pour une hernie discale, le dos est un système de muscles, de tendons, de ligaments en équilibre. Un déséquilibre crée une pathologie. La hernie n'en est pas la cause mais la conséquence de ce déséquilibre qu'il faut identifier pour le réduire. Soigner autrement raconte le parcours peu ordinaire de cet homme et présente sa méthode pour soigner. Retrouvez la page Facebook de l'auteur pour suivre toute son actualité !
Depuis son premier livre la Nuit, qu'il écrivit à la demande de Mauriac et qui évoque l'épreuve concentrationnaire qu'il connut à quinze ans, jusqu'à sa Célébration biblique où il fait partager son angoisse et son émerveillement devant les personnages à travers lesquels il reconnaît l'histoire des siens, Elie Wiesel a jalonné de ses romans et de ses essais un long chemin. Enfant d'une génération qu'il voit comme à la fois la plus maudite et la plus bénie de l'histoire, il cherche un sens non tant à sa propre vie qu'à sa survie. Il mesure le chemin parcouru et souvent il cesse de comprendre. Comment croire en Dieu après Treblinka – et comment ne pas y croire ? Ayant entendu le chant et le silence des morts, comment écouter autre chose – et comment ne pas vouloir écouter autre chose ? Et puis, comment expliquer ce qui, dans son essence même, défie le langage ? Le survivant, qui a le sentiment d'être seul à savoir, vit pourtant dans le présent et il doit affronter ses propres problèmes. Fidèle à Israël, il choisit de s'attacher à la diaspora. Juif, il voit dans le Judaïsme une ouverture. A travers lui, il s'adresse à tous. Au chrétien. Au Palestinien arabe. Au jeune Allemand révolutionnaire. Lettres et plaidoyers, contes et récits, dialogues brûlants, mémoires qui vont aux sources de l'œuvre, autant d'approches vers la vérité des rapports entre les vivants et les morts, entre les juifs et les non-juifs, entre soi-même et les autres. Les dernières paroles du livre sont celles de la cantale, dont Darius Milhaud composa la musique juste avant sa mort : Ani maamin beviat ha-Mashiah, je crois en la venue du Messie.
Einstein ou la revanche du destin. Pendant ses quarante premières années, le père de la relativité construit seul, envers et contre tout, son personnage. Il devient le plus grand physicien de son temps. À quarante ans, sa vie bascule à l'opposé de tout ce qu'il avait choisi. L'ours solitaire est dévoré par sa propre célébrité, emporté par le tumulte du monde. Juif oublieux de sa tradition, il doit rejoindre le mouvement sioniste ; pacifiste, avocat de l'objection de conscience, il incite le président Roosevelt à construire la bombe atomique. Quant au savant génial, il s'enferre dans ses certitudes et refuse la nouvelle physique. "Dieu ne joue pas aux dés ", répète-t-il, jusqu'à s'entendre répondre par Niels Bohr : " Qui êtesvous, Einstein, pour dire à Dieu ce qu'il doit faire ? " Ce roman d'un homme, c'est aussi celui d'un siècle, porteur de toutes les espérances et père de toutes les barbaries. Monde en ébullition, personnages romanesques, scènes haletantes, sous la plume de François de Closets, le récit biographique prend la force et les couleurs d'une épopée. Et le lecteur s'étonne de comprendre une histoire que l'on croyait réservée à des spécialistes.
La vieille Europe est ancienne mais elle peut et doit répondre aux défis d'aujourd'hui et de demain. Notre Europe doit s'appuyer sur sa longue histoire pour réussir son XXIe siècle. L'ancienneté bien comprise est un atout. On verra j'espère, dans ce livre, où l'historien rejoint le citoyen, que le débat pour l'Europe n'est pas entre la tradition et la modernité. Il est dans le bon usage des traditions ; dans le recours aux héritages, comme force d'inspiration, comme point d'appui pour maintenir et renouveler une autre tradition européenne, celle de la créativité. J.L.G.
L'État doit donner l'exemple. En ces temps de crise, la transparence de la gestion publique est une nécessité morale, politique, économique. C'est donc une urgence. La Méthode Dosière est simple, concrète et rapidement applicable. Déceler les économies réalisables à l'Élysée, au gouvernement, au Parlement et dans les collectivités sans nuire au bon fonctionnement de la République. Les propositions pratiques du député de l'Aisne, spécialiste scrupuleux du train de vie de l'État, visent avant tout à passer au crible les abus, les dépenses inutiles, les temps perdus et l'apparat exagéré. La transparence permettra, selon l'auteur de L'Argent de l'État et de L'Argent caché de l'Élysée, de prévenir les dérives budgétaires. Gaspiller moins pour dépenser mieux, ou comment améliorer la gestion de l'État.
Perdue dans ses problèmes, l'Europe prête peu d'attention à la scène politique américaine. À peine prend-on note d'un mouvement populiste sorti de l'ombre : le Tea Party, où se côtoient intégristes religieux martelant la Bible, athées agitant la Constitution américaine, jeunes sans emploi, retraités ruinés par la crise et nostalgiques d'une Amérique toute-puissante. Un tel éclectisme n'empêche pas ce mouvement d'être révolutionnaire, car il réclame un changement radical de pouvoir, qu'il veut faire passer du secteur public au secteur privé : la complète libre entreprise. Cette idéologie s'est formée aux États-Unis, mais sa vocation universelle concerne l'avenir de tous les États-nations modernes. Comme toute idéologie, elle repose sur des postulats simplistes qu'elle transforme en vérités irréfutables sous la bannière d'une pseudo-science : ici l'économie. Comme les idéologies dures, elle véhicule des émotions fortes qui puisent dans l'inconscient collectif, haine et peur en tête, punitions à l'appui, intégrismes en sus. La haine la sous-tend, le chiffre l'aseptise, l'incompétence la qualifie. Ce livre donne toutes les clés d'une formidable machine à penser qui s'est construite sur un demi-siècle, avec ses intellectuels et ses best-sellers, ses prix Nobel, ses alliances sulfureuses et ses puissances qui habitent sur une autre planète, là où ne vit qu'un pour cent de la population mondiale. Nicole Morgan (PhD) est professeur de philosophie au Collège militaire royal du Canada de Kingston. Elle a notamment publié Le Manuel de recrutement d'Al-Qaïda (Seuil, 2007, en collaboration avec Mathieu Guidère), et Le Sixième Continent, L'Utopie de Thomas More (Vrin, 1996).
Cette enquête de plusieurs années dans les coulisses des gouvernements, aux États-Unis, en Chine, au Japon, en Europe, dévoile les stratégies des États pour protéger leurs fleurons industriels. Ali Laïdi détaille les différents systèmes d'intelligence économique. Il montre que certains États ne se gênent pas pour mettre leurs organes de sécurité et de renseignement au service du chiffre d'affaires de leurs multinationales. La guerre économique fait rage et les États montent au front. Des fonds souverains du Sud peuvent acheter l'ensemble du Cac 40. La Chine mène l'offensive en Afrique. La CIA décrète que la crise économique est la plus grande menace pour la sécurité des États-Unis. Nicolas Sarkozy crée un fonds d'investissement made in France. Des pays acquièrent ou louent des terres à l'étranger pour préserver leur sécurité alimentaire. Le commerce à l'heure de la mondialisation est un champ de bataille qui oblige les États à transformer leurs fonctionnaires en guerrier du business. Économistes, diplomates, policiers, espions et militaires...tous partagent le même objectif : défendre les intérêts économiques de leur pays. Ali Laïdi, Docteur en science politique, a publié Le Jihad en Europe (2002), Les Secrets de la guerre économique (2004), Retour de flamme. Comment la mondialisation a accouché du terrorisme (2006). Il est chroniqueur à France 24, chargé du Journal de l'intelligence économique.
Les catastrophes s’enchaînent, les crises se suivent, les désastres ne se comptent plus. Et un consensus semble s’imposer : il faut changer, bifurquer pendant qu’il est encore temps, emprunter la voie de sortie. Mais où est-elle, cette issue ? Alors que les derniers mois ont rétréci notre espace physique et diminué notre espace critique, comment retrouver de l’air, du rêve, de la capacité d’action ? Sur quoi faut-il agir ? A quelle échelle et sur quel mode ? Allons-nous laisser passer l’occasion de tout transformer ? Le Seuil tente, avec cette deuxième livraison des Cahiers éphémères et irréguliers, de nourrir ces interrogations bien légitimes en offrant plus d’une vingtaine de textes, d’entretiens et de dialogues qui à la fois décrivent exactement où nous en sommes et croisent les points de vue (parfois aussi le fer). Rutger Bregman s’y demande comment profiter de cette crise pour renverser la situation. Pierre Rosanvallon nous invite à inventer de nouveaux outils démocratiques pour faire face à la multiplication des états d’urgence. Aurélie Trouvé débat avec Laurent Jeanpierre et Razmig Keucheyan des stratégies possibles pour sortir du libéralisme. Tandis qu’Arlette Farge ouvre la voie à la littérature en rappelant notre fragilité, Michaël Foessel rappelle que l’infantilisation actuelle n’est qu’une interprétation inepte de ce qu’est la véritable puissance de l’enfance. Emanuele Coccia et Mathieu Potte-Bonneville réfléchissent à la place que nous voulons vraiment donner aux non-humains, interrogation qui a des échos dans les textes des écrivains Benjamin Labatut et Kapka Kassabova. On ne changera rien sans horizon, ouvrons-le, ouvrons les cahiers !
Voici une collection d'aquarelles ou de cartes postales métaphysiques en guise d'initiation à la philosophie - une initiation à la philosophie purement philosophique. Il s'agit moins de déployer un discours impersonnel et édifiant, ou d'esquisser une cartographie des auteurs et des systèmes, que de proposer au lecteur des échantillons de la matière philosophique elle-même - les autres, l'identité, l'esprit, l'action, la liberté, la mort,... -, des expériences de pensée ; des leçons de choses.
C'est tellement facile, aujourd'hui, de plaider l'innocence et de mettre ce qui nous arrive au compte du hasard, de la malchance ou d'une conjonction de facteurs qui échappent à notre emprise. Comme si en voyant les choses autrement nous craignions de rencontrer notre culpabilité ! Alors, qu'un enfant aille mal, que sa famille éclate, que des couples se défassent, que la violence se généralise ou que la natalité s'effrite, nous l'enregistrons, le déplorons et le subissons sans même entrevoir ce que nous pourrions y faire. La dérive de nos sociétés nous sidère et semble nous condamner à devoir nous adapter ou nous démettre. Or, il s'avère que l'enfant, lui, demeure obstinément rétif à ce nivellement et s'évertue à égrener ses exigences, en refusant la fatalité à laquelle notre passivité voudrait le soumettre. A le suivre et à entendre ce qu'il ne cesse pas de dire, autant par son corps que par ses comportements, nous découvrons que notre responsabilité n'est pas un vain mot et que nous continuons d'avoir, à notre portée, autant les moyens de comprendre que ceux d'agir... Jusqu'à parvenir à définir le véritable statut de cet enfant et à prendre acte de ce que la fonction dévolue au couple de ses parents à une portée insoupçonnée et considérable. Un parcours vif, sinueux, alerte et inattendu. Un parcours captivant et généreux aussi...