Temps modernes (de 1492 à 1799)
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Et si la vraie richesse résidait dans la dignité des plus démunis ? De la dignité des pauvres et des devoirs des riches rassemble les sermons percutants de Bossuet.
Sujets ottomans nés à Mytilène, les frères Oruç et Hayr ed-Dîn Barberousse s'exilèrent au Maghreb en 1513. Ils se firent bientôt un nom dans la course contre les chrétiens mais se distinguèrent des autres corsaires turcs en fondant un royaume d'Alger. En 1519, Hayr ed-Dîn en fit hommage au sultan ottoman et reste son vassal jusqu'en 1533, date à laquelle il le rejoignit à Istanbul. Devenu pacha, directeur de l'Arsenal et à l'occasion commandant de la flotte, il conquit Tunis (temporairement) et les îles de l'Égée, battit une ligue chrétienne à Prévéza et hiverna à Toulon lors de la campagne franco-ottomane de 1543-1544. Mort en 1546, il devint le saint patron des marins ottomans. Sur l'ordre de Soliman-le-Magnifique, Hayr ed-Dîn confia à un certain Murâdî le soin de rédiger sa biographie, les Gazavât-i Hayr ed-Dîn Pasa. C'est un ouvrage de propagande rédigé pour être de lecture plaisante. C'est aussi, avec un complément sur les dernières années du héros dû au même auteur, une source historique exceptionnelle sur les Barberousse, mais également sur les corsaires turcs et la marine ottomane, sur l'arrivée des Ottomans au Maghreb et sur la politique occidentale de Soliman-le-Magnifique. Ce livre fournit la traduction d'après l'original turc ottoman de ce récit qu'on peut lire comme un roman d'aventures, avec des notes et une importante introduction historique qui renouvellent sur de nombreux points nos connaissances et notre compréhension de la geste des Barberousse.
La Révolution a bouleversé la société française, ainsi que le monde entier. De 1789 à 1799, les objets du quotidien, des plus banals aux plus dangereux, de l'assiette à la pique, du pantalon à la baïonnette, ont été « révolutionnés ». Qui pouvait imaginer que le drapeau rouge, le bonnet phrygien ou la guillotine allaient prendre des significations contraires à leur premier usage ? Expliquer le passé à travers des objets exige de s'éloigner des clichés et des jugements définitifs. C'est vrai de toutes les périodes, mais particulièrement de celles qui, comme la Révolution française, agitées par de profondes mutations, ont transformé les choses existantes en symboles. C'est ainsi que la grande politique est à même de changer un pays. Dans un récit vivant, Jean-Clément Martin raconte une France en révolution - celle de tous les jours et des événements majeurs. Un portrait incandescent en 50 objets qui dit beaucoup sur notre temps.
1649 : l’Angleterre décapite son roi et invente une autre révolution. Le Monde à l’envers révèle les utopies oubliées de ceux qui rêvaient de propriété collective, de démocratie radicale et de liberté absolue.
Les Lumières ne désignent pas seulement un mouvement intellectuel ancré dans le xviiie siècle européen ou une période historique révolue. Elles renvoient aussi à un héritage philosophique et politique toujours actuel. On ne se contente pas de les étudier, on s'en réclame ou on les critique. Comment penser cette actualité des Lumières ? En s'appuyant sur les acquis récents de l'historiographie, Antoine Lilti propose de concevoir les Lumières comme un espace de débat critique sur la modernité et un idéal d'émancipation par le savoir. Il esquisse un programme de recherches comparées sur les « Lumières plurielles » et leurs héritages dans différents espaces culturels.
Lorsque, le 24 août 1572, Charlotte Arbaleste se réveille vers 5 h 00 du matin et regarde à sa fenêtre, que voit-elle ? Les rues avoisinantes sont remplies de gens qui vont et viennent. Le massacre de la Saint-Barthélemy a en effet commencé depuis deux ou trois heures avec l'assassinat de l'Amiral de Coligny et la tuerie des capitaines huguenots présents dans la capitale. Sans doute s
Nos aventuriers sont les humanistes. Leur quête : retrouver la culture antique perdue. En restaurant sa mémoire, ils fondèrent - souvent au péril de leur vie - une civilisation de la libre pensée, la nôtre. Ils s'engagèrent dans tous les domaines de la vie sociale, depuis la peinture jusqu'aux droits des colonisés, en passant par le théâtre, l'astronomie et la religion. Nous avons beaucoup à apprendre d'eux, en un temps où la liberté d'expression est à nouveau menacée. Jean-Christophe Saladin raconte les aventures de ces hommes et de ces femmes de la Renaissance qui surent puiser dans les immenses richesses occultées du passé pour construire leur avenir.
La vie du Père Joseph (1577-1638), surnommé par ses détracteurs « l'éminence grise du cardinal de Richelieu » dont il était ministre, est un saisissant paradoxe. Le jour, ce chef de redoutables services spéciaux dirige les opérations sur le champ de bataille. Son exercice impitoyable du pouvoir réussit à prolonger les horreurs de la guerre de Trente Ans. La nuit, ce fondateur d'un ordre de religieuses contemplatives prie ou compose des poèmes. Pourquoi Aldous Huxley, le romancier de Contrepoint et du Meilleur des Mondes, s'est-il fait le biographe de ce prodigieux méconnu, mélange de Talleyrand et de saint Jean de la Croix ? Parce que, dit-il, « la création d'un tel homme dépasserait le génie de n'importe quel artiste littéraire ». Certainement aussi parce que le Père Joseph, politicien mystique, s'est vu, le jour comme la nuit, en bâtisseur d'un monde meilleur...
Sous l'Ancien Régime, l'élite urbaine aspire à la noblesse. Dans de nombreuses villes du royaume, des compagnies proposent aux habitants de devenir chevaliers d'un « noble jeu » de tir. Cette chevalerie bourgeoise s'exerce à l'arc, à l'arbalète ou à l'arquebuse, et mêle durablement pratiques militaires, usages confraternels, coutumes curiales et traditions ésotériques. Privilégiés dans leur cité, ces tireurs défendent jalousement leurs droits face aux pouvoirs en place et se distinguent lors de fêtes urbaines et de jeux olympiques de tir qu'ils organisent pour rivaliser d'adresse et d'apparat.En suivant ces compagnies durant l'époque moderne, cet ouvrage révèle une forme de sociabilité urbaine méconnue, distincte de la milice bourgeoise et proche de la franc-maçonnerie. S'appuyant sur un vaste corpus d'archives, il croise histoire urbaine, histoire des jeux et histoire militaire. Au-delà du mythe guerrier cultivé par ces compagnies, ce travail interroge la réalité de leur rôle en ville.
Paru en 1950, le grand livre de Raymond Schwab (1884-1956) est une révolution qui valut la gloire à son auteur. Grand classique, La Renaissance orientale bouleversa la perception que le public se faisait des figures les plus célèbres de l'histoire contemporaine de la littérature et de la philosophie. Étrange affaire : célèbre dans le monde entier, l'ouvrage était introuvable en France. Avec élégance, rigueur et douce imperturbabilité, Schwab y montre tout ce que la pensée, la littérature, les sciences et les arts européens doivent a cette redécouverte obstinée des pensées orientales qui commença au XVIIIe siècle. La fascination exercée par l'Orient sur les sciences et les arts en Europe entre le XVIIIe siècle et la fin du XIXe, a dessiné en profondeur les perspectives panthéistes dans lesquelles notre civilisation a voulu définir sa modernité. Alors que la « première Renaissance » redécouvrait au XVIe siècle l'Antiquité gréco-romaine, cette « seconde Renaissance », aux XVIIIe et XIXe siècles, ouvre les structures mentales de l'Europe a l'Orient. Celui-ci est conçu à la fois comme son autre et comme son origine, puis transformé en quelque chose qui va devenir ce qu'est notre monde. C'est la manière dont les sources orientales ont pu donner lieu à une appropriation européenne qui intéresse l'auteur. Dès lors le matériau qu'il inspecte est considérable : citons pêle-mêle et parmi tant d'autres Lamartine, Hugo, Michelet, Baudelaire, Wagner, Goethe, Nietzsche, Shelley, Leconte de Lisle, Emerson, Flaubert Les sources du basculement de toute une civilisation dans la grande accélération moniste est la préoccupation majeure de ce livre. Celui-ci s'est imposé, au fil du temps, comme une éblouissante somme d'histoire des idées tout autant que, de l'aveu même des spécialistes, comme la plus magistrale histoire de l'orientalisme jamais écrite. Lors de sa traduction anglaise il y a quelques années, le Journal of Asian Studies écrivait ainsi de La Renaissance orientale qu'il s'agissait « d'une oeuvre extraordinaire », et que « la richesse des détails, la synthèse imaginative des matériaux, la présentation captivante y étaient inégalées en ce domaine ». Dans le New York Times, Bernard Lewis en personne concluait : « Le livre de Schwab apporte un magistral éclairage, enrichissant en profondeur notre compréhension de la tradition intellectuelle et de sa place dans l'évolution du monde occidental. » Voici ce chef-d'oeuvre à nouveau significativement disponible pour la première fois depuis sa parution. Une belle introduction de Thibaut Matrat fait portrait de l'auteur en sa vie et ses livres.
Rares sont les visiteurs du château de Versailles ou les lecteurs de La Princesse de Clèves qui voient dans ces créations emblématiques du XVIIe siècle français une quelconque influence indienne. Pourtant ces oeuvres majeures du Grand Siècle, comme tant d'autres, sont nées dans un contexte intellectuel profondément marqué par une fascination pour l'Inde, et elles en portent la trace. En quête de cette passion oubliée, Faith E. Beasley réinterroge les textes des plus grands esprits de cette époque pour reconstituer les conversations qui se sont tenues dans les salons entre savants et mondains des deux sexes. Elle montre combien ces entretiens émanant des plus grands esprits de l'époque (François Bernier de retour d'un séjour de dix ans à la cour du Grand Moghol, Marguerite de La Sablière à la tête du plus savant des salons, Jean de La Fontaine, Madame de Sévigné, Bernard de Fontenelle, Madame de Lafayette...) révèlent l'engagement unique de la France envers l'Inde durant cette période. Cet ouvrage, résultat de vingt-cinq ans de recherches et de réflexion, met en évidence les nombreuses empreintes laissées par l'Inde sur la culture et les mentalités du XVIIe siècle français, qu'il s'agisse de littérature, de philosophie, de théologie, de pensée politique ou même de mode vestimentaire et d'architecture. Bien loin des représentations dominantes héritées d'un « orientalisme » du XIXe siècle imprégné de colonialisme, on y découvre une France très admirative de l'Inde, de ses savoir-faire, de ses richesses, de la pluralité de sa société et de la tolérance religieuse de ses souverains.
Découvrez comment la Renaissance a révolutionné le droit : Introduction à l'humanisme juridique explore l’alliance inédite entre les juristes et les lettrés, transformant à jamais la science du droit et notre héritage intellectuel.
Jeanne-Marie Bouvier de La Motte (1648 - 1717), mieux connue sous le nom de Madame Guyon, demeure encore aujourd'hui l'une des figures parmi les plus singulières de l'histoire religieuse. Femme, laïque, écrivaine et mystique sous le règne du Roi Soleil, cette «célèbre inconnue» a fait preuve d'une indépendance intellectuelle inouïe pour l'époque, revendiquant avec passion une liberté d'expression à plusieurs niveaux, autant dans sa vie littéraire et spirituelle que dans sa vie publique et sociale, voire «politique». À l'occasion de la célébration du tricentenaire de la mort de Madame Guyon, ce livre réunissant des historiens, théologiens, littéraires et philosophes, pose à nouveaux frais la question de l'oeuvre mystique de cette figure parfois déroutante du Grand Siècle et débat sur les implications sociales, éthiques et politiques de sa pensée et de son action. Avec les contributions de Marjolaine Chevallier, Mathieu Da Vinha, Bernard Forthomme, Antoinette Gimaret, Jad Hatem, Anne Lagny, Jacques Le Brun, Mariel Mazzocco (dir.), Bernard McGinn, Lars Nørgaard, Louise Piguet, François Trémolières, Dominique Tronc, Xenia von Tippelskirch, Peter Tyler, Patricia Ward, Ghislain Waterlot (dir.)
Le 30 avril 1611, un curé marseillais, Louis Gaufridy, est brûlé vif à Aix au terme d'un procès instruit par le parlement de Provence. Il est reconnu coupable d'avoir causé la possession diabolique de plusieurs religieuses d'Aix, ainsi que d'avoir initié à la sorcellerie l'une d'entre elles, la jeune Madeleine de Demandolx. Thibaut Maus de Rolley propose une nouvelle lecture de cet événement judiciaire majeur du début du règne de Louis XIII. L'enquête s'articule autour des aveux livrés par Gaufridy à la justice, dans lesquels le prêtre raconte sa vie de sorcier, décrit les messes noires célébrées au sabbat et révèle avoir reçu du diable le pouvoir de rendre les femmes folles de désir en leur soufflant au visage. Moi, Louis Gaufridy examine comment cette « confession » s'est forgée au cours du procès, avec en point de mire une question cruciale : lorsqu'ils passaient aux aveux, les hommes et les femmes accusés de sorcellerie n'étaient-ils que les récitants passifs des fantasmes des juges, ou prenaient-ils part à l'invention de ces histoires diaboliques ? Est-il possible d'entendre leur voix propre dans les dépositions consignées par les greffiers ? À l'aide de documents inédits, ce livre novateur montre aussi comment cette fiction élaborée dans l'enceinte du tribunal s'est ensuite largement diffusée par l'imprimé, pour donner lieu à des réécritures qui éclairent d'un nouveau jour l'histoire de la littérature du crime, tout en nous permettant de mieux comprendre comment un procès de sorcellerie était reçu par ses contemporains immédiats, au plus fort de la chasse aux sorcières en Europe.
Les charlatans sont, sans aucun doute, l'une des figures les plus populaires et intéressantes de la Renaissance. Matteo Leta en offre un portrait : aspect physique, langage, lieux qu'ils fréquentent, marchandises qu'ils colportent et victimes qu'ils trompent. Grâce à une rigoureuse analyse des sources littéraires italiennes et françaises, en particulier comédies et nouvelles, il montre toute la porosité des charlatans, dont l'imaginaire s'imbrique à celui des valets à tout faire, des magiciens bonimenteurs et des sorcières entremetteuses qui peuplent la littérature de l'époque. Leurs prouesses et fantasmagories verbales sont évoquées pour cacher d'invraisemblables ruses magiques et médicales ou pour en faire des contrepoints satyriques du pédantisme académique. Trompeurs (parfois) trompés, les charlatans se révèlent également des orateurs chevronnés, comédiens experts et guérisseurs capables de véritables prodiges. Ainsi, ce n'est pas un hasard si plusieurs écrivains ont recours à l'imaginaire charlatanesque pour raviver des polémiques (littéraires, religieuses, ou politiques), ou pour décrire des aspects particuliers de l'altérité ethnique. Trois éminents spécialistes de la Renaissance - Jean Céard, Denis Crouzet et Frank Lestringant - enrichissent ce volume de leurs précieuses introductions.
Dans cette petite histoire, découvrez une biographie limpide et synthétique de Pierre-Paul Riquet, génialissime créateur du Canal des Deux-Mers, le canal reliant l'Atlantique à la Méditerranée. Ouvrage d'art datant du XVIIe siècle, inauguré en 1681, il restera étroitement lié à son inventeur dont la vie comme l'ouvrage ne manquait pas de panache.
Ce livre raconte plusieurs histoires en une. D'une part, celle d'une des académies les plus originales et les plus productives de la fin de la Renaissance florentine, l'académie des Alterati (1569-ca. 1630). D'autre part, celle d'un groupe social restreint, constitué de quelques dizaines de jeunes patriciens florentins que le pouvoir médicéen ne voyait pas d'un bon oeil parce que leurs ancêtres avaient lutté pour maintenir la République oligarchique. Ces jeunes nobles firent de leur académie un lieu où occuper leurs loisirs et partager leurs plaisirs - artistiques et autres -, mais aussi un collectif où travailler ensemble à leur intégration dans la société de cour médicéenne. En troisième lieu, ce livre raconte l'histoire d'un corpus de documents, aujourd'hui dispersé, mais qui constituait jadis le fondement de toutes les activités des « Altérés ». Ces milliers de folios de documents, pour l'essentiel restés à jamais manuscrits - et très largement inexplorés - contiennent des discours académiques, des lettres, des registres d'activité, des dialogues, des poèmes collectivement corrigés, etc. Leur analyse permet de suivre au jour le jour les activités des Alterati pendant près de six décennies, et d'examiner, à travers la forme matérielle que prirent leurs travaux, comment émergèrent en leur sein, au fil de leurs débats, des horizons intellectuels collectifs. Par l'entrelacement constant de ces trois histoires, ce livre en raconte enfin une quatrième : celle des actions, activités et discours qui, au sein de l'académie des Alterati, ont participé à la constitution de l'esthétique en savoir (et en savoir-faire) d'un type nouveau. À travers le cas des Alterati, ce livre pose ainsi la question de la formalisation des savoirs et pratiques esthétiques qui sont aujourd'hui les nôtres - et celle des liens entre leur émergence et la montée en puissance de l'autoritarisme politique moderne, au sein des aristocraties européennes de la première modernité.
Entre 1400 et 1527, l’Italie n’est pas seulement le berceau de la Renaissance : c’est un carrefour politique où s’affrontent et se mêlent les influences européennes.
De mauvais comptes qui se règlent à coups de barres de fer, un héritier mal doté qui se venge d'un tir de fusil d'une précision mortelle, des coups de fourche qui pleuvent pour deux vaches qui broutent dans le mauvais pré, un homme qui préfère étrangler sa prétendante plutôt que d'accomplir sa promesse de mariage, une enfant torturée à la goyarde et à la soupe bouillante par un voleur désireux de la faire taire... Au siècle des Lumières, la violence est partout, jusque dans les peines infligées aux coupables ou présumés tels : les galères, la torture ou le terrible supplice de la roue. A travers cette quinzaine de récits qui donnent à comprendre le fonctionnement de la justice d'Ancien Régime et l'origine de certaines expressions (passer sur la sellette, faire amende honorable, etc.), ce sont aussi des scènes de vie quotidienne de la province beaujolaise du 18è siècle, parfois cocasses, souvent dramatiques, qui se dévoilent au fil des enquêtes. Ce minutieux travail de recherches mais aussi de conteur redonne vie aux protagonistes de ces affaires : victimes, coupables, témoins et officiers de justice. On y retrouve les personnages incontournables de la sociabilité villageoise de l'époque : le domestique, le curé, le brigadier, le maréchal-ferrant, le cabaretier, le chirurgien, le soldat, le meunier ou encore le mendiant. Un ouvrage aussi inédit que captivant préfacé par Christophe Hondelatte. Plusieurs affaires criminelles de ce livre ont été adaptées et diffusées sur Europe 1 dans « Hondelatte raconte ».
Traduite par Claude Laurens avec une courte préface de Pierre Laurens, la fable politique qu'on va lire dans cette nouvelle issue, remaniée pour adhérer à l'édition la plus récente du texte latin, est à ranger dans la bibliothèque aux côtés des chefs-d'oeuvre de Swift, de Voltaire et de George Orwell. Momus, personnage de la mythologie, mis en scène par Lucien comme le dieu de la critique, devient, entre les mains d'Alberti, qui fait de lui par deux fois une victime injustement persécutée, le premier immoraliste de la littérature moderne. L'exil parmi les hommes aiguise son esprit caustique, le malheur lui enseigne à masquer son caractère, au point que le dieu du franc-parler devient, au rebours de sa nature, le virtuose, mieux : le théoricien de la simulation et de la dissimulation, tel un ingénieux Ulysse égaré dans les cours. Mais surtout, à travers les mésaventures qui le ballottent du ciel à la terre, de la société humaine au parlement de l'univers, il est à chaque instant et partout, comme plus tard le Neveu de Rameau, le génie de la provocation, le grain de levain qui démasque les faiblesses et les hypocrisies, bouscule les idées reçues, désacralise les puissances établies. Mêlant systématiquement le rire au sérieux, irrigués continuellement par la veine imaginative, portés par une phrase d'une incroyable agilité, les épisodes se succèdent dans un rythme effréné, alternant paradoxes éblouissants, pages d'un comique bouffon et osé autant que profond et inventions poétiques. Un régal. Architecte, peintre (et auteur des deux premiers traités modernes d'architecture et de peinture), ingénieur, humaniste, moraliste, écrivain, Alberti (1404-1472) fut, avant Léonard de Vinci, le premier exemple de l'homme « universel », génial et inclassable.
Peu de livres ont eu une importance historique aussi grande, et une postérité aussi variée, que ces « Réflexions », présentées ici dans une traduction nouvelle. OEuvre de circonstance, elle est très vite au centre des polémiques de l'époque révolutionnaire et, au-delà, elle inspire toutes les grandes critiques de la philosophie du XVIIe siècle : du conservatisme anglais au romantisme allemand et au traditionalisme des contre-révolutionnaires français. Libéral anglais, que tout semblait disposer à accueillir favorablement la Révolution, Burke, dès novembre 1790, prévoit, comme des conséquences inéluctables, la déposition du roi sinon son exécution, et la dictature militaire. La Terreur et la guerre ne feront que confirmer ses premières analyses, comme le montrent, avec une superbe éloquence, les textes qu'il consacra ensuite, jusqu'à sa mort en 1797, aux événements de France, et dont un choix abondant complète la présente édition. Traduction de Pierre Andler ; présentation de Philippe Raynaud ; annotation d'Alfred Fierro et de Georges Liébert. Edmund Burke (1729-1797), homme politique et philosophe anglais d'origine irlandaise, a longtemps été député à la Chambre des Communes comme membre du parti whig. Il est resté célèbre pour le soutien qu'il a apporté aux colonies d'Amérique du Nord lors de leur lutte pour l'indépendance, ainsi que pour sa ferme opposition à la Révolution française qui fit de lui l'un des chefs de file de la faction conservatrice au sein de son parti.
Du VIIIe au XVe siècle, la reconquête chrétienne de la péninsule Ibérique va refouler méthodiquement l'Islam andalou et fixer pour longtemps certains traits caractéristiques de l'histoire et de la société espagnoles. Prolongement au début du XVIIe avec l'expulsion des Morisques. « Copyright Electre »
Au cœur du XVIIIe siècle, des milliers de soldats irlandais, surnommés les « Oies Sauvages », ont marqué l’histoire militaire française.
Sébastien Castellion (1515-1563), un humaniste dans la lignée d'Érasme, était tout à la fois philologue, théologien, pédagogue et moraliste. Il s'est illustré notamment dans la lutte pour la tolérance religieuse, contre son homologue Calvin.Sa traduction de la Bible et ses Dialogues sacrés (Dialogi sacri)ont été utilisés jusqu'au XVIIIe siècle dans le cadre de l'enseignement du latin et du catéchisme ; ils ont été réimprimés et réédités dans de nombreux pays d'Europe. L'importance des écrits de Castellion, qui prônent la tolérance et la liberté de conscience, a été reconnue de son vivant. Après la mort sur un bûcher de Michel Servet (1553), dans son pamphlet Contre le Libelle de Calvin, Castellion a formulé la célèbre sentence devenue proverbiale - et qui restera toujours d'actualité : « Tuer un homme, ce n'est pas défendre une doctrine, c'est tuer un homme. »Traduit de l'allemand par Rosette Beglinger.
Un pays peut-il entrer dans la modernité sans regarder son passé en face ? De l'esclavage à l'immigration, en passant par deux siècles de colonisation, l'histoire tronquée de l'Afrique noire en France hante toujours la République. Arrogance, récit national falsifié, racisme, mémoire amputée, populisme, manipulations statistiques... Pourquoi la France s'englue-t-elle dans le déni des pages sombres de son histoire ? Quels sont les ressorts de cette amnésie collective ? Sur toutes ces questions, cet essai journalistique explore et vulgarise les travaux de très nombreux spécialistes : démographes, sociologues, philosophes et historiens. En donnant aussi la parole à des jeunes issus des migrations africaines en France, l'auteur s'appuie sur plus de trente ans de reportages et d'enquêtes sur le continent africain et son expérience à la tête de l'ONG de journalistes Médias & Démocratie (M&D) présente dans 12 pays d'Afrique.
Le refus de l'esclavage est à la base de la véritable histoire de l'esclave Furcy, fils d'une Indienne. Il consacrera une grande partie de sa vie à lutter, de 1817 à 1845, contre le système colonial par la voie d'un combat juridique : 7 procès en 28 ans, tant à Bourbon qu'à Paris, afin de faire reconnaître son état d'ingénu, c'est-à-dire de personne née Libre, ce qu'il obtiendra de la cour royale de Paris en 1843. Une histoire complexe mettant en lumière le fonctionnement de la société coloniale esclavagiste décrite grâce à des portraits des différents acteurs politiques, économiques et judiciaires. Devenu Furcy Madeleine à son affranchissement, cet homme apparaît dans toute sa complexité et ses contradictions, en particulier en achetant à son tour des esclaves. Il symbolise une lutte individuelle pour la reconnaissance de l'humanité des esclaves. Et il vaincra.
Suivre « pas à pas » et « avec franchise » toute la série de ses études : c'est précisément ce que Vico (1668-1744) se proposait de faire dans son autobiographie Vie de Giambattista Vico écrite par lui-même, parue en 1728. Mais, parce que placée dans la perspective de la polémique contre la diffusion du cartésianisme à Naples, cette reconstruction a posteriori eut pour effet de léguer une image du penseur toute orientée vers un but : la conception de la Science nouvelle. Rompant avec cette artificielle perspective, Raffaele Ruggiero raconte une autre histoire de Vico. Il rend leur pleine autonomie à toutes les expériences intellectuelles du savant penseur : sa formation, ses études juridiques, son engagement littéraire, son invention d'une nouvelle rhétorique de la science. Il révèle la multiplicité des inspirations culturelles qui ont façonné sa physionomie unique de philosophe et d'écrivain, et l'articulation complexe de ses intérêts scientifiques destinés à remodeler l'encyclopédie des savoirs à l'aube de la modernité. Convoquant toutes ses oeuvres, le replaçant dans son contexte, celui d'un protagoniste de la République des Lettres à l'époque des Lumières, Raffaele Ruggiero expose le rapport ambigu et passionnant de Vico à ses sources et à ses fantômes polémiques.
1515 : Marignan ! Date la plus facile à retenir de toute l'Histoire ! Mais qui sait qu'avant la fameuse bataille, François Ier et ses canons avaient franchi les Alpes par des chemins inconnus ? Et que le roi et ses guerriers étaient en armure de combat à 2 000 m d'altitude ? En 2019, des scientifiques et passionnés ont décidé de réitérer l'exploit. Non par pure performance, mais afin d'en mesurer les effets sur le corps et ainsi de mieux comprendre les conditions de traversée des montagnes par les armées de la Renaissance. Il a fallu pour cela faire fabriquer des armures, les endosser et les tester, sur le terrain comme en laboratoire, grâce à des technologies de pointe. En faisant dialoguer les disciplines, telles que l'histoire, la biomécanique, l'informatique et la physiologie, mais aussi des sportifs, associations et troupes de montagne, le projet MarchAlp a fait du corps armé une source d'information, de la montagne un laboratoire, d'une aventure scientifique une aventure humaine
Peintre et graveur majeur de la Renaissance allemande, Hans Baldung Grien (1484-1545) demeure une figure fascinante et singulière. Élève d'Albrecht Dürer, contemporain de Matthias Grünewald et de Hans Holbein le Jeune, il a longtemps vécu dans l'ombre de ces grands maîtres. Pourtant, son oeuvre - à la croisée du sacré et du profane, du mysticisme et de l'érotisme - révèle un créateur d'une liberté et d'une modernité étonnantes. Entre Strasbourg et Breisach, au coeur du Rhin humaniste et réformateur du XVIe siècle, Baldung explore sans relâche les thèmes de la vie, de la mort et du désir. Ses peintures et gravures troublantes, peuplées de nus féminins, de sorcières et de vanités, traduisent les bouleversements d'un monde en transition, où la Réforme ébranle les certitudes et où l'individu revendique sa place. Dans ces Mémoires imaginaires, Michel Winter redonne voix à un artiste visionnaire, tourmenté, témoin d'une époque en mutation. À travers lui, c'est toute la Renaissance rhénane qui s'anime - entre humanisme, sensualité et vertige métaphysique.
Entre Lyon, Alexandrie, Hambourg et Tunis, Prier ailleurs révèle comment les communautés expatriées organisaient leur culte en terre étrangère aux XVIe–XVIIIe siècles.
Quatre générations, une même tragédie : plongez dans l’histoire vraie de trois femmes de la noblesse française, victimes de l’avidité et des luttes familiales sous l’Ancien Régime.
1848, Haïti. Après l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises, des milliers de Guadeloupéens et de Martiniquais partent reconstruire leur vie en terre haïtienne.