Wiesel Elie
Wiesel Elie
Départ du vol New York-Tel-Aviv. Parmi les passagers, Claudia va retrouver David, l'homme qu'elle aime. Razziel a rendez-vous avec Paritus, le mystérieux Sage qui l'a aidé quand il était en prison, dépossédé de sa mémoire. Malade, Yoav retourne ne Israël finir ses jours auprès de Carmela. Et là-bas, George Kirsten espère se décharger d'un secret trop lourd pour lui, tandis que Bruce Schwarz veut croire qu'il échappera enfin à son destin d'éternel séducteur insatisfait. Mais l'avion fait un atterrissage forcé dans le Connecticut et les cinq voyageurs sont recueillis par le Juge et son adjoint, le Bossu. Énigmatique et inquiétant, le Juge impose à ses hôtes d'une nuit un interrogatoire serré. S'agit-il d'un jeu, comme il l'a d'abord prétendu ? Tous finissent par comprendre que, au terme de son enquête, il prononcera une sentence de mort contre l'un d'entre eux. Aucun des cinq séquestrés ne peut échapper à la cruelle quête de la vérité qui lui est imposée. Vérité des amours mortes et des passions naissantes, des espoirs et des deuils, des regrets et des rêves. Devant la menace que chaque heure de la nuit rend plus tangible, chacun devient son propre juge : en quoi est-il coupable, innocent, responsable ? et comment répondre à l'interrogation du Juge : " Pourquoi tenez-vous à la vie ? " Le Bossu, lui, connaît-il la réponse ?
Depuis son premier livre la Nuit, qu'il écrivit à la demande de Mauriac et qui évoque l'épreuve concentrationnaire qu'il connut à quinze ans, jusqu'à sa Célébration biblique où il fait partager son angoisse et son émerveillement devant les personnages à travers lesquels il reconnaît l'histoire des siens, Elie Wiesel a jalonné de ses romans et de ses essais un long chemin. Enfant d'une génération qu'il voit comme à la fois la plus maudite et la plus bénie de l'histoire, il cherche un sens non tant à sa propre vie qu'à sa survie. Il mesure le chemin parcouru et souvent il cesse de comprendre. Comment croire en Dieu après Treblinka – et comment ne pas y croire ? Ayant entendu le chant et le silence des morts, comment écouter autre chose – et comment ne pas vouloir écouter autre chose ? Et puis, comment expliquer ce qui, dans son essence même, défie le langage ? Le survivant, qui a le sentiment d'être seul à savoir, vit pourtant dans le présent et il doit affronter ses propres problèmes. Fidèle à Israël, il choisit de s'attacher à la diaspora. Juif, il voit dans le Judaïsme une ouverture. A travers lui, il s'adresse à tous. Au chrétien. Au Palestinien arabe. Au jeune Allemand révolutionnaire. Lettres et plaidoyers, contes et récits, dialogues brûlants, mémoires qui vont aux sources de l'œuvre, autant d'approches vers la vérité des rapports entre les vivants et les morts, entre les juifs et les non-juifs, entre soi-même et les autres. Les dernières paroles du livre sont celles de la cantale, dont Darius Milhaud composa la musique juste avant sa mort : Ani maamin beviat ha-Mashiah, je crois en la venue du Messie.
Shamgorod, village perdu d'Europe centrale, au tournant d'un siècle. En ce jour de Pourim – la fête des fous, des enfants et des mendiants, où tout le monde s'amuse, s'enivre et rêve d'un monde meilleur -, trois comédiens ambulants s'installent à l'auberge pour divertir la communauté juive. Mais il n'y a plus de communauté juive à Shamgorod : un pogrome l'a récemment décimée. Plus de spectateurs, donc, pour le Pourimschipel, le " jeu de Pourim ", sinon l'aubergiste et sa servante. La farce commence pourtant. Mais, dans ce climat de violence, de haine et de mort, voici qu'aux rires succèdent peu à peu l'angoisse, le doute et la colère contre un Dieu incapable de défendre ses enfants. Le jeu de Pourim devient procès. Qui donc est coupable ? Que sont les accusateurs et qui se proposera pour défendre Dieu ? Quant au verdict, de toute façon, il ne vaudra rien au moment où s'annonce un nouveau massacre. Fêtes et tueries, farce de villages et tragédie du destin juif, réquisitoire passionné alors que la mort s'approche, foi et pessimisme : ces éléments contradictoires envahissent tour à tour cette œuvre dramatique dont l'auteur rappelle ainsi la genèse : Au royaume de la nuit, j'avais assisté à un procès bien étrange. Trois rabbins érudits et pieux avaient décidé un soir d'hiver de juger Dieu du massacre de ses enfants. Je me souviens : j'étais là et j'avais envie de pleurer. Seulement là-bas personne ne pleurait. "
Célébration talmudique est un essai d'Elie Wiesel.
Entre Dieu et son peuple, entre la colère ou l'indulgence de l'un et les errements puis les repentirs de l'autre, le prophète se sait isolé, solitaire, souvent voué à un destin tragique. Choisi pour être le messager des ordres, des remontrances et des encouragements divins, il lui faut annoncer à Israël le châtiment de ses péchés. Mais au cœur de la tourmente, au plus profond de l'exil, il est capable d'une compassion dans laquelle, d'ailleurs, Dieu le précède parfois. Le prophète détient un pouvoir politique qui l'accable et un pouvoir poétique sans lequel sa mission serait inhumaine. Sa force réside autant dans sa soumission à une volonté qui le dépasse que dans la puissance de ses paroles : menaçantes ou consolatrices, leur tonalité fait vibrer fait frémir. Utilisant les sources bibliques et midrashiques, ces portraits et ces légendes nous invitent à découvrir et à comprendre l'expérience prophétique de Noé, Moïse, Samson, Ruth, Daniel, Jérémie, Ézéchiel, Esther, ces hommes et ces femmes qui, avec tant d'autres, ont façonné l'histoire du peuple juif. Aller à leur rencontre, c'est participer à leurs angoisses, leurs rêves, leurs élans, afin de conjurer nos propres peurs, de laisser libre cours à nos propres rêves – à notre espérance.
Qu'est-ce que le mouvement hassidique, sinon une protestation contre la solitude ? Dans l'Europe centrale du XVIIIe siècle où la misère et l'angoisse accablent le peuple juif, les Maîtres hassidiques lancent un appel puissant à l'espérance, au bonheur, à l'amitié, apportant aux déracinés et aux victimes le sentiment d'exister au sein de l'histoire juive, leur faisant redécouvrir leurs propres racines et leur propre profondeur. Pourtant, ces Maîtres dont le témoignage, les actes et les paroles sont une invitation à l'allégresse et à la célébration, semblent tous en proie à une mélancolie proche du désespoir. Mais chacun d'eux dispose d'armes particulières : sagesse de l'un, ferveur de l'autre, humilité, colère, compassion, rire, silence même. Dans ce deuxième tome de Célébration hassidique, Elie Wiesel nous révèle tout à la fois les circonstances et le sens de ce combat contre la mélancolie mené par neuf Maîtres hassidiques. La joie, la foi, l'espérance sont-elles possibles quand triomphe la mort ? Voici la réponse de Rabbi Moshe Leib de Sassov : "Vous voulez trouver le feu ? Cherchez-le dans la cendre."
Écartelés entre nos rêves de bonheur et d'accomplissement et une folie meurtrière sans cesse ravivée tout au long de l'Histoire, savons-nous encore d'où nous venons et quel avenir proposer à nos enfants ? Les textes ici réunis posent ces questions en s'appuyant sur la lecture de la Bible et de la littérature talmudique, en même temps que sur une analyse rétrospective des soixante dernières années du XXe siècle. Faisant appel à la mémoire, à la compassion et à la foi, Elie Wiesel propose en fait une réflexion sur le pouvoir des hommes et de Dieu. Et cette réflexion conduit le Prix Nobel de la paix à un plaidoyer et à une action inlassablement, ressurgissent indifférence, intolérance, racisme, antisémitisme, guerres et conflits religieux ou ethniques. Exilés sur cette terre-refuge, si loin du paradis perdu, les hommes – à la fois riches de leur mémoire et blessés par elle – doivent empêcher que la cendre éteigne le feu qui brûle en eux comme un signe dans la nuit, un signe d'espoir.
Pourquoi Michael a-t-il tenu à revoir la ville natale où il a passé son enfance, alors qu'il a miraculeusement échappé aux horreurs de la guerre ? C'est ce que voudraient découvrir les policiers chargés de lui extorquer des aveux. Mais loin de se compromettre, Michael s'échappe dans la reconstruction d'un passé qu'il revit en même temps q'il le rêve. C'est ce voyage au bout de la folie que nous narre Elie Wiesel avec cette émotion contenue, cette économie de moyens, cette pureté que L'Aube et Le Jour nous avaient déjà révélées. Né en Roumanie en 1928, rescapé d'Auschwitz, Élie Wiesel a reçu le prix Nobel de la paix en 1986. Philosophe et écrivain, il est notamment l'auteur de La Nuit et d' Un désir fou de danser.
"Pèlerinage aux sources autant que célébration de l'étude, mais aussi évocation d'un passé englouti vécu dans l'ambiance chaleureuse des yeshivot, voilà ce que ce nouveau volume de lectures et de commentaires, prononcés au cours de nombreuses années, propose au lecteur d'aujourd'hui. Les paroles prophétiques, les histoires midrashiques et les contes hassidiques pourraient tous, dans un présent ininterrompu, nous guider, nous éclairer et plus encore nous interpeller, nous interroger sur nos rêves et sur nos défis. Même si nous ne sommes pas gouvernés par les réponses qu'ils nous suggèrent, nous sommes marqués par les questions qu'ils nous posent. Je crois en l'homme, en dépit de l'homme. Je crois en son avenir, en dépit du mal qu'il s'est infligé à lui-même. Je crois en la valeur des mots. Il dépend de nous qu'ils deviennent véhicules de haine ou porteurs de tendresse et de compréhension." E. W.
Un bourg des Carpates, la guerre, l'errance à travers l'Europe à feu et à sang, la découverte de la Palestine, l'amour de Talia dans Jérusalem où se poursuivent les combats alors qu'Israël est à peine né : Elhanan Rosenbaum conserve ces souvenirs vivaces en lui, quarante-cinq ans plus tard, à New York où il s'est installé avec Malkiel, son fils. Malkiel a grandi dans l'univers américain, proche de son père, mais tellement étranger à ce passé auquel ne le relie qu'une certitude : sa mère, Talia, est morte en le mettant au monde. Survient la maladie d'Elhanan. Maladie de la mémoire et de la parole : le passé se dissout, les souvenirs s'effacent. Bientôt, plus rien ne restera que le père puisse léguer à son fils. A quel enracinement Malkiel pourra-t-il donc prétendre quand son amie Tamar conteste ses convictions les plus profondes ? En désespoir de cause, Elhanan raconte ce passé tumultueux, nourissant ainsi la mémoire de son fils à mesure que la sienne se défait. Puis, tandis que le vieil homme s'enfonce dans sa nuit, Malkiel découvre la terre de ses ancêtres. Lieu d'une deuxième naissance, où se révèleront son identité profonde et sa vérité à travers celles d'Elhanan. Est-ce là que la mémoire triomphera de l'indifférence et de l'oubli ?
Enracinant cette fois-ci ses personnages dans le présent - la guerre des "Six Jours" - Elie Wiesel leur donne tout leur poids de réalité. Récit d'un témoin oculaire de la prise de Jérusalem, récits de l'Holocauste, de la tradition hassidique, histoires et légendes, ce roman est une somme où revivent tous les thèmes et tous les héros qui hantent l'univers d'Elie Wiesel. Jérusalem en est certes le pôle essentiel. Chacun y vient en mendiant. Chacun en repart plus riche d'une foi et d'une histoire éternelle. Elie Wiesel a voulu que tous ses personnages soient avec lui au pied du Mur des Lamentations, présents ou rêvés.
Un jeune homme veut se tuer; il a vingt ans; il est juif. Le vieillard qu'il rencontre l'après-midi de ce qu'il croit devoir être son dernier jour, est juif; il a quatre fois vingt ans; il est le seul survivant de Kolvillàg. Cette petite ville d'Europe centrale ne figure sur aucune carte, dans aucun manuel d'histoire. Elle n'existe plus que dans la mémoire du vieillard; et dans un livre dont il est le dépositaire. Lié par un serment, il assure ne pouvoir en parler. Pourtant, il en parlera : "Si je te racontais Kolvillàg ?... Il y a là une leçon dont tu pourrais tirer profit. Kolvillàg : la haine contagieuse, le mal libéré. Les conséquences graves d'un épisode banal et insensé... Brisant les chaînes, l'Ange exterminateur a fait de tous les hommes ses victimes..." C'est l'histoire d'un pogrom. Histoire absurde à l'origine; angoissante dans le progression de l'inévitable; hallucinante par l'Apocalypse finale qui n'épargne pas plus les massacreurs que les massacrés. C'est aussi la peinture d'une communauté juive, avec ses figures pittoresques ou émouvantes dominées par celle du hassid Moshe, "le fou". C'est enfin l'illustration entre toutes pathétique d'un thème obsédant d'Elie Wiesel : la fidélité aux morts devenant raison de vivre : "Ayant reçu cette histoire, tu n'as plus le droit de mourir", dit le vieillards au jeune homme.
PRIX DU LIVRE INTER 1980 Que de contradictions, d'ambiguïtés et de paradoxes dans la vie de Paltiel Kossover, vie marquée par le messianisme et le communisme, la révolution et la poésie, depuis le pogrom de la première enfance, l'exil, les missions clandestines comme agent du Komintern en Allemagne nazie et en Palestine, la guerre d'Espagne, les combats sur le front russe, tout cela pour finir dans un isolateur de la police secrète soviétique où le silence est plus raffinée des tortures. Que resterait-il de cette vie, semblable à celle de tant d'intellectuels juifs fascinés par le communisme et que Staline haïssait jusqu'à les faire assassiner ? Quelles traces, quels mots en rendraient compte sans l'intervention du greffier Zupanev, l'homme qui ne savait pas rire, le témoin silencieux du dernier combat de Paltiel Kossover ? Contre tout espoir, il pourra rire enfin, Zupanev : parole dite, message transmis au fils muet du poète, Grisha, qui le portera désormais en lui comme une mémoire retrouvée, perpétuant ainsi le rêve d'un enfant juif russe né avec ce siècle. Ce roman d'action, d'idées et d'aventures reflète les angoisses et les rêves d'une époque marquée par le désenchantement et la violence. Mais, par-delà l'effondrement d'un rêve, par-delà la mort et le silence, demeure ce rire qui s'élève soudain, libérateur et chargé d'espoir même si nul n'en comprend vraiment le sens.
Qui, d'entre nous, n'a pas eu l'impression, un moment, de devenir fou ? Qui, d'ailleurs, ne l'est pas ? Le héros de cette histoire pense, pour sa part, qu'il souffre d'une folie due à un excès de mémoire. L'histoire se déroule aujourd'hui à New York dans le huis clos du cabinet d'une psychanalyste : car le héros a décidé de se débarrasser de ses fantômes qui lui obscurcissent la mémoire et le rendent fou. Mais n'est pas fou celui que l'on désigne comme tel. Roman historique dans lequel se déploie la mémoire d'Élie Wiesel sur le XXe siècle et son tourbillon de malheurs, roman d'apprentissage de la découverte de soi-même dans ses tréfonds les plus obscurs, Un désir fou de danser est aussi un livre d'aventure intérieure porté par la volonté de savoir et la certitude que seul l'amour peut guérir les blessures les plus intimes.