Judaïsme
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Et si le judaïsme n’était ni une religion, ni une culture, mais une invention permanente ? L’Invention du judaïsme de David Lemler explore deux millénaires de pensée juive pour révéler comment cette tradition se redéfinit sans cesse.
La Torah est le texte fondateur de la religion juive et, d'une certaine manière, de la foi chrétienne. Elle est lue, méditée et commentée depuis plus de 2 000 ans, aussi bien dans les milieux les plus piétistes que dans les universités contemporaines. Elle a inspiré l'art et la littérature, mais elle est souvent connue par ouï-dire. Cet ouvrage de référence offre une lecture guidée de la Torah : il propose une vue générale de la Bible hébraïque et présente les grands récits ainsi que les concepts de ce texte fondateur. De la vie des grandes figures bibliques aux positions de la Torah sur les principales questions de société, cette approche nouvelle nous aide à comprendre nos références culturelles communes.
Le judaïsme est la plus ancienne des religions monothéistes. De fait, il constitue l'origine de notre culture. Comprendre le judaïsme, c'est donc à la fois renouer avec le passé et éclairer le monde contemporain. En s'appuyant sur des « mots-clés » - bar mitzvah, diaspora, Kabbale, Shoah... -, des mots connus mais des réalités mal comprises, ce livre propose une première approche très éclairante. Elle n'a pas la prétention d'être exhaustive, mais d'aller à l'essentiel pour découvrir la tradition juive et faciliter la lecture des textes fondateurs.
Au-delà des rites et croyances particuliers au judaïsme, cette religion propose surtout une culture globale qui recouvre un enseignement doctrinal, un ensemble de lois très développé, un mode de vie particulier et un système social étendu. Cette culture est plurimillénaire : une bibliothèque juive traditionnelle contient à la fois des ouvrages de la haute Antiquité (Bible), de l'Antiquité tardive (Talmud, Midrash) et un très grand nombre de textes et d'études, relayés depuis l'époque médiévale, qui vont du commentaire biblique ou talmudique au traité philosophique ou cabalistique. Retracer l'histoire du judaïsme, c'est aussi explorer la tradition hébraïque qui enveloppe toutes les dimensions de la vie, depuis les idées les plus hautes de la métaphysique jusqu'aux détails les plus pointus de la relation de chacun à son corps, aux objets du monde et à autrui.
Les maîtres de la Kabbale enseignent que le monde fut créé par les lettres hébraïques. Chacune d'elles porte une énergie spirituelle, une sagesse primordiale inscrite dans sa forme graphique. Dans Rosh Milin, texte d'une rare profondeur traduit et commenté pour la première fois en français, le Rav Abraham Isaac HaCohen Kook (1865-1935), l'un des plus grands penseurs du judaïsme contemporain, dévoile le secret des lettres et des voyelles. Elles ne sont pas de simples signes linguistiques, elles sont les matrices de l'existence, les forces vivantes par lesquelles le monde se déploie. Ce nouvel ouvrage constitue une initiation à la langue poétique et visionnaire du Rav Kook, dont la pensée s'inscrit dans une oeuvre universelle où la sagesse juive dialogue avec les grandes traditions philosophiques, de Platon à Spinoza, de Kant à Bergson. Un texte majeur, d'une beauté rare, où le langage devient une voie vers la lumière.
Le philosophe du « visage » et de l'altérité. « Être sans être meurtrier », tels sont les mots que choisit Emmanuel Levinas (1905-1995) en 1950 pour exprimer une crainte de la conscience qui sous-tendra toute sa philosophie. Cette inquiétude n'est pas existentielle mais morale, elle naît d'une relation éthique à l'autre et d'une responsabilité à son endroit. Sa philosophie appelle donc à s'ouvrir à autrui pour échapper à l'enfermement de l'être, du monde, de l'histoire. Pascal Delhom retrace le parcours d'une vie et d'une oeuvre, depuis la découverte décisive de la phénoménologie par Levinas à Strasbourg jusqu'à sa vision et sa compréhension du judaïsme, sans oublier les marques laissées par la guerre et le nazisme. Comment retisser des relations avec le monde après l'expérience d'un monde cassé ?
Les origines du peuple hébreu ne sont pas directement accessibles à l'historien : aucun témoignage extérieur ne nous parle en effet d'Israël avant sa mention dans la stèle de l'an 5 du pharaon Merneptah (1207 avant notre ère), et la première rédaction de la geste des origines d'Israël, sous la forme de la généalogie des patriarches Abraham, Isaac et Jacob-Israël, ne date probablement que de l'époque de la royauté unifiée sous David et Salomon, ou d'une époque plus tardive. André Lemaire présente les principaux aspects de l'histoire mouvementée du peuple hébreu dans le contexte du Proche-Orient ancien jusqu'à la chute de Jérusalem en 70 de notre ère en s'appuyant sur toutes les sources à sa disposition : inscriptions contemporaines, archéologie matérielle et tradition historiographique biblique et classique analysées de façon critique.
Le judaïsme, cette tradition millénaire, se révèle à travers 26 clés de compréhension accessibles et profondes.
Savez-vous ce qu'est le TaNaKh et ce qui le compose ? Connaissez-vous Flavius Josèphe, Moïse Maïmonide ou Rashi ? Si les mots « Talmud » et « Kabbale » vous sont familiers, savez-vous réellement ce qu'ils désignent ? Le judaïsme est autant présent dans notre paysage culturel qu'il demeure méconnu. De la figure centrale d'Abraham à nos jours, nombreuses sont les personnalités qui ont construit et pensé cette religion vieille de plus de deux millénaires et souvent considérée comme le premier monothéisme institué, fait de rites et de croyances qui ont influencé de larges pans de la civilisation occidentale. En 100 mots aussi variés que « Moïse », « hassidisme », « résurrection », « shofar » ou « calendrier », José Costa et Simon Claude Mimouni nous invitent à découvrir non seulement les origines, mais aussi les principales caractéristiques de l'un des piliers de la culture occidentale. Une entrée en matière éclairante par les mots et les choses.
Le terme « Kabbale », de l'hébreu Qabbalah, est aujourd'hui communément utilisé pour définir la mystique juive et les traditions ésotériques du judaïsme. Pourtant, dans le langage talmudique, Qabbalah signifie tout simplement tradition et désigne les textes prophétiques et hagiographiques de la Bible sans aucune connotation mystique ou ésotérique. Encore convient-il de s'entendre sur les termes : la Kabbale doit être considérée comme une mystique dans la mesure où elle vise à une saisie du divin au-delà des limites de l'expérience habituelle, et elle est ésotérique en tant qu'elle n'est transmise qu'à un petit nombre d'initiés. Quelle est l'histoire de la Kabbale depuis l'Antiquité ? Quelle vision du monde propose- t-elle et en quoi consiste son héritage à l'époque moderne ?
Le judaïsme est la plus ancienne des religions monothéistes, dans la lignée des fils d'Abraham. De fait, il constitue l'origine de notre culture. Comprendre le judaïsme, c'est donc à la fois renouer avec le passé et éclairer le monde contemporain. En s'appuyant sur des « mots-clés » - bar mitzvah, diaspora, Kabbale, Shoah... -, des mots connus mais des réalités mal comprises, ce livre propose une première approche qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, mais d'aller à l'essentiel pour découvrir la tradition juive et inciter à la lecture des textes fondateurs.
Les origines du peuple hébreu ne sont pas directement accessibles à l'historien : aucun témoignage extérieur ne nous parle en effet d'Israël avant sa mention dans la stèle de l'an 5 du pharaon Merneptah (1207 avant notre ère), et la première rédaction de la geste des origines d'Israël, sous la forme de la généalogie des patriarches Abraham, Isaac et Jacob-Israël, ne date probablement que de l'époque de la royauté unifiée sous David et Salomon, ou d'une époque plus tardive...
Le présent volume est un inédit posthume de Charles Mopsik (1956-2003), qui fut pendant sa trop courte vie le plus éminent spécialiste français de la cabale, la tradition ésotérique juive. Dès le milieu des années 1980, Charles Mopsik s'est attaché au thème, central pour la cabale comme pour la pensée religieuse en général, de la différence sexuelle, de la dialectique en Dieu même du masculin et du féminin, et de son implication pour les relations entre hommes et femmes. Les Deux Visages de l'Un peut être considéré comme son magnum opus, qu'il n'aura cessé de travailler tout au long de sa vie. Le titre dit bien son ambition : comment l'Un divin au-delà de toute définition se manifeste, selon les mystiques juifs, non pas à travers le seul visage du Père, mais bien deux visages, l'un masculin, l'autre féminin. Depuis les antécédents bibliques et rabbiniques jusqu'aux échos dans les traditions chrétienne et islamique, il nous invite à suivre ce fil de l'androgynie divine et de ses conséquences pour l'identité spirituelle des humains - le sexe, non des anges, mais des âmes. Cette somme, où la pensée limpide de l'auteur se déploie autour de très nombreux extraits de textes cabalistiques, quasiment tous inédits en français, nous fait pénétrer dans l'un des domaines les plus fascinants de la culture universelle : celui des rapports entre sexualité et spiritualité.
Cet ouvrage constitue une révélation : plus précisément il décalque la Révélation elle-même, puisqu'il entreprend de restituer celle que D.ieu initialement a livrée par sa Parole à un peuple, il y a près de trois mille ans. Quel sujet peut se prévaloir aujourd'hui d'un plus pesant avantage quant à l'ampleur des commentaires déployés, aux discordes et passions provoquées, aux vies consacrées... ? Et pourtant, admirable paradoxe, la présente édition fait la preuve que son contenu original est demeuré absolument inconnu aux siècles modernes, parfaitement étranger aux symboles colportés et malmenés durant des millénaires de douteux amalgames culturels. L'antidote à une telle éclipse du sens, primordial à notre Histoire, l'auteur est allé la chercher magistralement au coeur de cette source jaillissante du judaïsme, qu'est la pensée hassidique, recueillant cette parole inaltérée auprès d'un Maître vivant, pour qui la Tradition orale reste celle proximale de l'Essence, la plus apte à reconnaître et à honorer Dieu dans sa Création.
Cette oeuvre que nous présentons ici ouvre une fenêtre singulière sur l'histoire hors du commun d'Abraham Ibn Ezra (1092-1167). Savant juif, tour à tour mathématicien, astronome, astrologue, philologue, mystique, poète et précurseur de la Kabbale, il maîtrisait l'ensemble du savoir antique et des cultures d'islam. Le très grand nombre de ses livres, couvrant de larges pans de la culture ibérique, entre la poésie, l'astrologie et l'astronomie, les mathématiques, les études calendaires et bien sûr l'exégèse biblique, ont assuré le passage du savoir juif oriental et andalou des terres séfarades aux communautés ashkénazes de l'Europe chrétienne et septentrionale. Incarnant de manière exemplaire la figure même de l'intellectuel juif médiéval, ce passeur érudit fut également l'un des plus grands commentateurs juifs de la Bible. Le Secret de la Torah est une des oeuvres les plus étonnantes d'Ibn Ezra et une des dernières. Ce texte, qui pourrait servir aujourd'hui encore de guide à l'exégèse audacieuse mais cependant fidèle, a intrigué plus d'un lecteur de son temps et a continué, à travers les âges, à susciter étonnement et commentaires. Invoquant la Raison, Ibn Ezra nous invite, comme dans un parcours initiatique, à lire la Bible sans préjugés ni dogmes, en quête du secret, le « sod » qui s'y loge et qu'il est, selon lui, de notre devoir et de notre qualité en tant qu'êtres humains doués de raison, de creuser, afin d'en extraire la vérité ultime. « La lecture d'Ibn Ezra est notoirement difficile [], mais le grand rabbin René Gutman prend le lecteur par la main et le guide à travers cet écrit avec un sens didactique et une patience exemplaire. La traduction est accompagnée de notes détaillées qui soutiennent le lecteur continuellement. » (Extrait de l'avant-propos de Gad Freudenthal)
Au sein de l'oeuvre prolifique du penseur juif viennois Martin Buber (1878-1965), la spiritualité hassidique constitue une sorte de fil rouge, depuis les Contes de Rabbi Nahman (1906) jusqu'à ce Message hassidique paru en 1952 et totalement inédit en français. Ce dernier constitue avec les célèbres Récits hassidiques une seule oeuvre, comme l'expose Buber lui-même. Écrit au soir de sa vie, il propose une magistrale synthèse où l'on retrouve l'apport des travaux de Gershom Scholem sur la kabbale et le messianisme, sa propre philosophie du dialogue (Je et Tu), ou encore ses recherches sur les religions comparées. Fidèle à son intuition, il montre comment le message hassidique n'est pas à chercher dans les textes, mais dans la vie concrète de la communauté et du maître (tsaddik). Car ce message ne consiste en rien d'autre qu'à accueillir Dieu dans la vie quotidienne et à sanctifier l'intégralité du réel, même dans ses aspects les plus profanes. Comme l'écrit Emmanuel Levinas, Buber « fut un grand seigneur du verbe. Avoir su parler en Juif du judaïsme comme il a parlé est, sans conteste, la grande merveille de cette vie et... le miracle de l'histoire intellectuelle juive de ces cent dernières années. »
Élément décisif de la compréhension juive de l'Histoire, l'attente messianique a connu au cours des temps les expressions les plus diverses. Gershom Scholem étudie dans cet ensemble d'essais les mutations profondes qu'elle a subies, l'apparition des nombreuses utopies qu'elle a suscitées, et s'interroge sur le sens de cette idée dans l'oeuvre des maîtres du judaïsme contemporain, comme Buber ou Rosenzweig. À travers ce thème privilégié, il propose une formidable ouverture à la grande tradition culturelle juive. Gershom Scholem (1897-1982), né à Berlin, émigre en 1923 en Palestine et devient professeur à l'Université hébraïque de Jérusalem dès 1925. Il entame alors une réflexion sur l'histoire et la philosophie du judaïsme, dont il deviendra une grande voix. Il a été président de l'Académie israélienne des sciences.
L'humanité a toujours cherché à comprendre ses origines et à percer le mystère du sens de la vie. Pendant près de quinze siècles, les prophètes de la Bible ont joué un rôle central dans cette quête, éclairant le chemin des hommes. Ce livre nous invite à plonger au coeur de l'aventure prophétique et à découvrir ces figures emblématiques parmi lesquelles : Moïse, Myriam, Samuel, Abigaïl, Élie, Jonas, Amos, Isaïe, Michée, Nahum, Jérémie, Ézéchiel, Zacharie, Malachie... Qui étaient réellement ces hommes et ces femmes ? Répondaient-ils à une vocation à laquelle ils ne pouvaient échapper ? Leurs voix, porteuses de vérité, traversent l'Histoire du monde, dévoilant le sens profond du projet créatif et de l'identité humaine. Ils nous rappellent que l'égalité, la justice et la paix, loin d'être des utopies inaccessibles, sont des exigences universelles. Un message qui résonne aujourd'hui avec une pertinence troublante. En retraçant leurs parcours individuels, Ariel Toledano dévoile la sagesse éternelle qu'ils incarnent et l'espoir qu'ils continuent d'inspirer à travers les siècles.
« Et que dit Rachi ? » Cette question rituelle rythme aujourd'hui encore l'étude traditionnelle de la Bible et du Talmud. Rachi est l'acronyme de Rabbi Salomon ben Isaac de Troyes (1040-1105), maître champenois qui, le premier, écrivit un commentaire exhaustif sur l'ensemble des textes sacrés du judaïsme. Après lui, plus personne n'entreprit une telle tâche, tant son oeuvre semblait parfaite. Il fut le professeur direct ou indirect de presque tous les sages d'Europe du Nord et son génie fut même reconnu dans le monde chrétien. à ce jour, des centaines de commentaires ont été écrits sur son oeuvre et les linguistes trouvent chez lui un témoin précieux de l'ancien français. L'auteur nous expose ici la vie, l'oeuvre et l'influence de Rachi tout en dressant un portrait vivant de la vie juive dans la France du Moyen Âge.
Le Talmud, coeur de la spiritualité juive, n'est pas seulement un extraordinaire entrelacs de lois et de récits ; c'est aussi et avant tout l'expression de la Torah orale, Parole toujours vivante, à la fois divine et humaine, portée par des Sages hauts en couleur.De Hillel l'Ancien (début du Ier siècle, Palestine) à Rav Achi (fin du Ve siècle, Babylonie) en passant par Rabbi Akiva, Mar Chmouel, Rabban Yo'hanan ben Zacaï ou encore Rech Lakich, Adin Steinsaltz nous fait découvrir treize personnalités riches et profondes qui, par la magie de l'étude talmudique, sont encore aujourd'hui en quelque sorte nos contemporains. Les leçons de vie qu'ils nous donnent n'ont en tout cas rien perdu de leur fraîcheur.
Comment comprendre la genèse du sionisme et ses conséquences jusqu'à aujourd'hui ? Né au XIXe siècle en pleine émergence des États-nations et du fait colonial, au sein d'un judaïsme très divisé en de multiples courants, celui-ci se donne pour projet de créer un État sur « un territoire sans peuple » (en Argentine, en Palestine, voire en Ouganda) pour permettre une « régénération » du peuple juif en rejetant souvent tout un pan de ses traditions. Au contraire de Théodore Herzl, d'autres acteurs auront une vision nuancée, comme Ahad Ha'Am, Martin Buber ou encore Éliezer Ben-Yéhouda, qui permettront la renaissance de l'hébreu. Ils promeuvent un sionisme s'inspirant de la parole prophétique de Zacharie : « Ce n'est pas par la violence que je triomphe, dit l'Éternel, mais par l'esprit. » Il y a un siècle, les inventeurs du sionisme ou « patriotisme juif » promettaient la solution de la question juive par la création d'un État ou d'un foyer refuge. Plus de cent ans après, qu'en est-il de cette promesse au vu de la récente actualité ? Est-il permis de réfléchir à une vision renouvelée de cette idéologie ? Gérard Haddad est psychiatre et psychanalyste. Il a publié de nombreux ouvrages dont Le jour où Lacan m'a adopté (Grasset, 2002) et Dans la main droite de Dieu (Premier Parallèle, 2015). Il est également l'auteur, chez Salvator, de Tu sanctifieras le jour du repos (2012), Le silence des prophètes (2019) et À l'origine de la violence (2021).
Religion, identité, culture... ce livre toujours accessible, devenu un classique, permet de comprendre les multiples aspects du judaïsme. Qu'est-ce que le judaïsme ? Religion, identité, culture... cet ouvrage présente les multiples aspects du judaïsme dans une approche claire, accessible et complète. Trois grands axes sont privilégiés : l'histoire, la religion et les défis de la modernité. Les principaux jalons historiques, les grands thèmes bibliques, les fêtes, les lois alimentaires... sont tour à tour étudiés. Mais ce livre accorde aussi une place importante à d'autres questionnements plus contemporains : l'identité juive, la transmission, la famille, la place de la femme, les jeunes, le dialogue laïcs-religieux, le dialogue interreligieux... De cette analyse se dégage un judaïsme pluriel, traversé de multiples tendances. Un judaïsme constamment travaillé entre fidélité religieuse et adaptation aux nouvelles donnes contemporaines, qui a toujours su rester vivant.
« C'est de l'hébreu pour moi ! » Cette expression populaire marque bien le sentiment d'étrangeté que suscite souvent la langue dans laquelle est écrite la Bible. Pourtant, au même titre que le grec et le latin, l'hébreu est à la source notre patrimoine culturel et spirituel. Tel est le paradoxe que relève Julien Darmon, et qui le conduit à déconstruire les préjugés ancestraux pesant sur une langue réputée « difficile », lointaine parce que « sémitique », « langue morte » qui aurait été réveillée uniquement par le sionisme, etc. Une fois écartés ces obstacles imaginaires, l'hébreu nous livre son génie propre : celui des 22 lettres de son alphabet qui peuvent se combiner d'une manière quasi infinie, donnant au texte « divin » une extraordinaire polysémie. Tout fait sens dans l'écriture de la Torah, et la tradition juive se caractérise par une incomparable liberté d'interprétation. Les chrétiens eux-mêmes gagneraient à s'initier à la langue dans laquelle priait Jésus, dont les paroles prennent des connotations insoupçonnées à la lumière de leurs résonances sémitiques. Julien Darmon en livre maints exemples et démontre ainsi que, loin de lui être opposé, l'Esprit réside au coeur de la Lettre.
Figure majeure de l?histoire de France, saint Louis constitue pour les juifs un symbole ambigu. D?un côté, il représente la bigoterie antijuive puisqu?il fait bruler le Talmud, impose le port de la rouelle (l?ancêtre de l?étoile jaune), et cherche à expulser les juifs du royaume de France. D?un autre côté, le xiiie siècle qu?il incarne constitue pour les juifs de France un certain âge d?or. Au-delà de la figure personnelle de Louis IX ? plus pragmatique qu?on ne l?imagine ? l?auteur dresse un portrait clair de la société juive dans son rapport au pouvoir politique, témoignant de son intégration socio-économique en cette période de naissance du capitalisme et de la richesse de sa vie culturelle. Cet ouvrage de synthèse, très accessible, nous fait découvrir une époque clé de l?histoire juive mais aussi à un aspect méconnu de l?histoire de France.
Comment la conscience sioniste a occulté 2000 ans d'exil pour remplacer la figure malingre du juif diasporique par celle, vigoureuse et fière, du juif nouveau - l'Israélien ; pourquoi cette négation de l'exil juif est inséparable de la négation de l'exil palestinien ; comment a été créée la notion de peuple juif ; pourquoi le sionisme laïque est en fait fondé sur la théologie et le messianisme : telles sont quelques-unes des questions éclairées par ce livre dont on peut dire, en paraphrasant Walter Benjamin, qu'il brosse à contresens le poil luisant de l'histoire. De grandes figures de la pensée juive - Scholem, Arendt, Benjamin - sont convoquées pour introduire un thème central : la pensée binationale. Plutôt qu'une solution politique détaillée, il s'agit de montrer la voie pour en finir avec la pensée de la séparation. C'est une façon nouvelle d'envisager l'existence juive en Israël, qui n'oblige pas à nier l'histoire du pays ni à déposséder les Palestiniens. Amnon Raz-Krakotzkin enseigne l'histoire du judaïsme à l'université Ben-Gourion (Beersheva). Il a publié de nombreux articles en hébreu et en anglais sur les origines de la pensée sioniste.
Pourquoi croit-on ? Quelle distinction y a-t-il entre croyance et foi ? Ce texte du Rav Kook (1865-1935) - un des plus grands penseurs du judaïsme - par sa modernité, nous invite à retrouver le sens authentique à la croyance. L'idée de Dieu est sous-jacente à celle de la croyance. Elle s'illustre souvent à travers cette simple question : « Êtes-vous croyant ? » sous-entendue : « Croyez-vous en Dieu ? ». Qu'entendons-nous par la croyance ou par la terminologie de Dieu ? Quelle distinction y a-t-il entre croyance et foi ? Les réflexions que nous vous présentons sont centrées sur une traduction commentée d'un texte du Rav Abraham Isaac Hacohen Kook (1865-1935), un des plus grands penseurs contemporains du judaïsme dont peu d'ouvrages ont été traduits en langue française. Il est considéré comme l'un des rares maillons de la chaîne de la tradition kabbaliste du xxe siècle. Ce texte est extrait de son livre Orot (Lumières). Il nous invite à redonner un sens authentique à la croyance, que l'on désigne en hébreu par émounah, en lui retirant les diverses influences culturelles que les exils successifs du peuple juif ont pu lui attribuer. Un texte puissant aux accents poétiques qui nourrit l'univers de la pensée et de la réflexion philosophique.
Menahem Mendel de Kotzk (1787-1859) est l'une des figures les plus marquantes et les plus iconoclastes du hassidisme, célèbre mouvement mystique et populaire du judaïsme d'Europe orientale. Maître spirituel exigeant, qui met la Vérité au centre de tout, le Rabbi de Kotzk refuse le rôle de « gourou » et invite ses disciples à la lucidité interne, qui seule mène à Dieu. Le Rabbi a brulé ses rares écrits avant sa mort ; les récits réunis ici sont le principal témoignage de son enseignement. Une plongée joyeuse dans cette culture yiddish disparue, à l'attrait universel.
On peut être juif et croire en Dieu. Mais on peut aussi être juif d'étude et de pratique traditionnelles sans croire en Dieu. Croyance, culture, identité sont au coeur de cet ouvrage qui est né de façon fortuite, d'une correspondance entre Henri Atlan et Ariel Toledano. Au commencement : un premier courriel entre ces deux médecins autour de Maïmonide et des principes médicaux issus du Talmud. Premier échange suivi de bien d'autres, tous nourris par une large connaissance de la torah, du Talmud, de la Kabbale, mais aussi de textes philosophiques occidentaux, en particulier Spinoza, ou des textes scientifiques. Chemin faisant, chacun argumente et étaye sa vision du judaïsme. Il est question du libre arbitre, de Dieu, de la recherche médicale, du transhumanisme, du sens de la loi, de l'éthique. Chacun écoute l'autre et s'enrichit de son approche, fidèle à une tradition du judaïsme de perpétuel questionnement. Un dialogue d'une grande intensité et un ouvrage puissant qui nourrit la pensée juive contemporaine.
Une introduction à la Kabbale, ce texte fondateur de la tradition juive qui entend guider les hommes vers un bonheur d'être et une inébranlable espérance. Quelle place occupent les grands récits dans la vie des hommes ? Les textes qui fondent nos civilisations sont révélateurs d'une vérité essentielle qui s'inscrit dans une harmonie du monde. Il ne s'agit pas d'un simple idéal à atteindre, mais de l'accès à une sagesse qui vise l'unité. L'homme est un être en devenir. Il apprend à se connaître tout au long de son existence. La Kabbale élabore une réflexion sur la vie à travers une approche dynamique des textes autour de combinaisons de lettres hébraïques et de chiffres. Elle propose une analyse des expériences les plus diverses de l'homme, celles de son monde intérieur ou de celui qui l'entoure en établissant une correspondance entre la structure du corps humain et celle de l'univers. La Kabbale entend ainsi guider les hommes vers un bonheur d'être et une inébranlable espérance. À partir de sa pratique de médecin et de sa grande connaissance des textes de la tradition juive, Ariel Toledano nous initie à la Kabbale. Son ouvrage se décline en huit chapitres qui sont autant de voies vers l'harmonie : harmonie du corps et de l'esprit, du langage et du temps, de l'homme avec autrui, de l'homme avec le monde... Ce livre puissant ouvre un chemin vers une quête de sens.
Selon la légende, le Juif errant était un cordonnier à de Jérusalem qui, voyant Jésus faire une halte devant son échoppe sur le chemin de la Passion, le repoussa sans ménagement. Le Christ l'aurait alors maudit, le condamnant à marcher sans cesse jusqu'à son retour en gloire à la fin des temps. Cette légende, née au Moyen Âge, a connu un succès incroyable dans toute l'Europe. Elle a inspiré quantité d'images et de récits populaires, et fourni également aux écrivains certaines de leurs oeuvres les plus singulières, d'Eugène Sue à Apollinaire en passant par Alexandre Dumas. Étonnamment, si le mythe plonge ses racines dans l'antijudaïsme chrétien et connaît des traitements antisémites, le Juif errant est bien plus souvent une figure positive, voire un héros proche des petites gens, doté du prestige d'avoir parcouru le monde et les siècles.Par-delà l'histoire foisonnante de cette légende, Pierre-Henry Salfati nous invite à suivre le Juif errant dans ses pérégrinations inattendues à travers l'histoire des lettres, des arts et des hommes.
Après vingt-cinq ans passés à observer le vécu et le comportement des femmes dans des zones de conflit du monde entier (Bosnie, Afghanistan, RDC, Kurdistan...), Carol Mann, historienne et sociologue, a voulu étudier dans la même perspective « genrée » un sujet qui la touche personnellement : l'expérience des femmes pendant la Shoah en France, ce qui jusqu'ici n'avait pas été traité en profondeur. Elle l'a fait à partir de la lecture de journaux intimes (Hélène Berr, Tereska Torrès et d'autres inédits) et surtout des milliers de lettres, et cartes postales, écrites principalement dans le camp de Drancy et rassemblées au Mémorial de la Shoah, dont certaines n'avaient pas été ouvertes depuis la guerre. À côté d'une analyse rigoureuse de la sociologie des victimes (israélites françaises et réfugiées de l'Est, bourgeoises et femmes du peuple...), on a ici la présentation d'un matériau unique : la tragédie en direct, écrite dans l'urgence sur des cartes réglementaires ou des feuilles à carreaux cachées dans des paquets, voire sur des bouts de papier jetés des wagons plombés. Leurs autrices, obsédées jusqu'au bout par la survie de leurs proches, ignorent encore ce qui les attend dans les camps de la mort, ce qui rend la lecture de ces documents d'autant plus poignante.
Rachel Ertel a consacré sa vie à faire connaître et reconnaître la littérature yiddish aux lecteurs francophones. Par ses essais, ses traductions et son enseignement, elle a oeuvré pour la sauvegarde et la transmission de ce riche espace culturel. Son parcours personnel est bouleversant : c'est celui d'une petite fille aux parents écrivains rescapés de la Shoah, qui fut déportée en URSS pendant la guerre avant de trouver refuge en France et de voyager aux États-Unis ; c'est aussi celui d'une femme de conviction, déracinée mais passionnée, amie des artistes, des poètes et des grands auteurs yiddish du XXe siècle. Au fil des souvenirs convoqués émergent les grandes problématiques au coeur de la création littéraire, et en particulier les enjeux de toute traduction : Comment transmettre une mémoire perdue, ressusciter un monde aboli ? Comment transposer une langue mourante, liée à un vécu et à une destruction hors parole, en une langue vivante ? Comment concilier le deuil de la langue et la jouissance esthétique de la translation, de la transposition, de l'écriture ? À travers la voix forte d'une grande passeuse de la mémoire du monde yiddish, nous entendons la langue des assassinés. Rachel Ertel nous rappelle que l'Anéantissement est au-delà des pleurs, du temps, comme une entaille dans l'histoire de l'humanité, dont seule l'écriture peut porter témoignage, afin qu'il ne soit jamais oublié. Rachel Ertel a enseigné la littérature américaine à Paris 7 où elle a fondé le Centre d'études judéo-américaines. Elle est également présidente d'honneur de la maison de la culture yiddish.Stéphane Bou est journaliste.