Olivier Fillieule
Olivier Fillieule
Les affrontements entre la police et les manifestants se sont multipliés en l'espace de quelques années. Avec pour bilan un nombre effarant de blessés, mais aussi des décès. Comment en sommes-nous arrivés là ? Après Mai 68, la pacification du maintien de l'ordre avait fait la fierté des gouvernements français successifs. Mais, dans un contexte de tensions sociales accrues, de violences urbaines et de terrorisme, le maintien de l'ordre s'est militarisé et finalement brutalisé. La manifestation de rue se voit de moins en moins reconnue comme une expression légitime de la contestation. La violence de la répression, la simple vue de l'armement des forces de l'ordre exercent désormais, à elles seules, de puissants effets de dissuasion. Grâce à des enquêtes menées depuis plus de vingt ans, Olivier Fillieule et Fabien Jobard établissent le constat implacable de ces régressions successives et les analysent. Les nouvelles « politiques du désordre » qu'ils décrivent mettent au défi notre démocratie.Olivier Fillieule est professeur de sociologie politique à l'Institut d'études politiques (IEP) de l'université de Lausanne.Fabien Jobard est directeur de recherches au CNRS (Cesdip) et directeur du Groupement européen de recherches sur les normativités (GERN).
Cet ouvrage va profondément modifier notre regard sur les années 68 : nous n'y rencontrons pas de têtes d'affiche, mais les militants ordinaires des syndicats ouvriers, de l'extrême gauche et du mouvement féministe ; il n'est pas centré sur Paris mais sur cinq métropoles régionales : Marseille, Lyon, Nantes, Rennes et Lille ; et il embrasse les années 68, la période 1966-1983, délaissée par les historiens et les sociologues. Cinquante ans après l'événement mai 1968, que sont les militants devenus ? Quatre années de recherches par un collectif d'une trentaine de chercheurs qui viennent substituer au discours convenu sur les soixante-huitards parisiens un portrait de groupe vivant, concret et surprenant.
Ce livre montre qu'il n'existe pas de différence fondamentale entre les mouvements protestataires dans les sociétés musulmanes et ceux qui surviennent ailleurs. Par sa réflexion sur le partage entre conduites infrapolitiques et action organisée, mouvements religieux et mouvements politiques, réseaux informels et processus de mobilisation, au Maroc, en Egypte, en Iran, en Irak ou en Palestine, ce livre renouvelle, à un moment clé, la compréhension des mouvements sociaux dans les pays musulmans.
La montée de l'abstention, celle des partis d'extrêmedroite, l'émergence d'une consommation engagée ou deformes de mobilisation des minorités ethniques, la placede l'identité nationale, le rôle des associations dans la viedémocratique... la sociologie politique se trouve au défid'expliquer le maintien ou les transformations des formesde politisation.Ce défi , Nonna Mayer l'a relevé tout au long de sa carrière,en alliant ouverture intellectuelle et rigueur méthodologique.Hommage à la sociologie politique plurielle quecette pionnière de la survey research expérimentale à lafrançaise a pratiquée et soutenue, l'ouvrage dresse unétat des lieux des recherches et des controverses qui animentaujourd'hui ce champ de la science politique. Il compose ainsiune introduction à l'analyse des comportements politiques.
La manifestation est sans doute, après le vote, la forme la plus commune dexpression politique dans les pays démocratiques. Dans les pays non démocratiques, elle accompagne les tentatives de révolte et de renversement des pouvoirs en place, comme lont rappelé avec force les "printemps arabes ". Une analyse sociologique et historique de ce mode daction politique, avec ses normes et ses règles, ses légendes et ses mythes, ses épisodes glorieux et ses heures sombres.
Reposant sur les théories classiques des mouvements sociaux et de leur interaction avec l'État, sa police et les médias, cet ouvrage propose une analyse comparative de la transformation des relations entre police et manifestants, et plus largement celle de la gestion des mouvements sociaux et du maintien de l'ordre par les États. Les auteurs observent, malgré une relative euphémisation de la violence dans les relations entre policiers et manifestants, de fortes différences selon les situations. En démocratie même, la tendance à la pacification des conflits n'est pas linéaire, compte tenu du contexte international lié au terrorisme et au fondamentalisme musulman. L'ouvrage s'appuie sur des exemples concrets en Europe, aux États-Unis, en Afrique, au Moyen-Orient et utilise des données très diverses : observation, participation aux conflits, dépouillement d'archives policières, suivi de la législation, entretiens.