Féminisme
Féminisme
Filter products
Et si le féminisme blanc ignorait les luttes des femmes racisées ? Un féminisme décolonial de Françoise Vergès dénonce un mouvement trop souvent complice du capitalisme et du racisme.
Et si le capitalisme reposait avant tout sur l’exploitation invisible des femmes ? Le capitalisme patriarcal de Silvia Federici révèle comment le travail domestique, éducatif et affectif, majoritairement assumé par les femmes.
Dix ans après la parution du premier tome du Sujet du féminisme est-il blanc ?, Naïma Hamrouni et Chantal Maillé réunissent 22 autrices Autochtones, Noires, racisées et alliées qui renouvellent les luttes et imaginent d'autres futurs. Elles y analysent les violences coloniales persistantes, l'islamophobie masquée en neutralité, le mythe de la sororité universelle, le complexe de la sauveuse blanche, les injustices épistémiques et l'effacement des femmes minorisées dans l'histoire du féminisme québécois, tout en proposant des pratiques ancrées et solidaires. Face à la montée du fascisme et à la fracturation du monde, ces autrices repensent la rencontre en vue de bâtir des alliances réelles. Un livre nécessaire, qui donne le courage de continuer à marcher ensemble vers un féminisme pluriel, décentré et vivant. Parce qu'il est urgent de faire tomber les murs, même ceux que l'on ne voit plus.
Et si votre quotidien cachait des dangers invisibles ? La Grande détox du Dr Patrice Halimi révèle comment éviter les poisons qui nous entourent et agit pour votre santé au quotidien.
Sept voix féministes, sept continents, une même urgence : Gagner le monde retrace les combats oubliés et dessine les solidarités de demain.
Et si le féminisme occidental ignorait délibérément la lutte des Palestiniennes ? Palestine de Nada Elia démasque les silences complices et révèle comment les femmes et les personnes queers résistent à l’occupation.
Et si la philosophie féministe redéfinissait notre rapport au monde ? Existantes propose une plongée audacieuse dans une pensée incarnée, où la raison, la justice et l’autonomie sont repensées à l’aune des expériences vécues.
À qui appartient la ville ? Sûrement pas aux femmes. Souvent le théâtre des violences ordinaires ou frontales, la ville repose sur des fondations sexistes. Kern s'attarde à la manière dont les relations de genre, de classe, de race, d'âge se déploient dans la ville. Elle nous invite à redéfinir et à nous réapproprier les espaces urbains. Comment rendre nos villes plus féministes ? Partant de son expérience quotidienne de citadine à différentes époques de sa vie (enfant, adolescente, étudiante, travailleuse, militante et mère), elle s'appuie sur les théories d'urbanisme, des travaux de géographes féministes et des références à la culture pop pour montrer comment une ville genrée qui s'embourgeoise exclut les populations marginalisées, mais également pour évoquer les possibles configurations d'une ville plus inclusive.
Le « consentement » occupe une place centrale dans les débats philosophiques et socio- politiques depuis plusieurs années. Loin de constituer une alliance hétérogène pour combattre les inégalités entre les sexes, il a généré des dissensions au sein du mouvement féministe. Cependant, celles-ci ont également suscité des réflexions inédites qui nourrissent la recherche sur l'égalité tant revendiquée. Ce livre cherche ainsi à savoir dans quelle mesure le consentement peut-il devenir un indicateur des inégalités qui traversent les rapports de sexe dans les diverses sphères de la vie des femmes. Issu du colloque international organisé par la FMSH en mai 2024, sous le marrainage de la philosophe Geneviève Fraisse (CNRS), cet ouvrage interroge un enjeu central de notre époque : la place du consentement au sein du féminisme en tant que force politique et intellectuelle dans les transformations démocratiques et sociétales. Ce livre s'ouvre par une analyse juridique de la loi sur le viol et un état des lieux du consentement dans le domaine gynécologique, avant de s'intéresser aux rapports sexuels au sein des couples hétéro-sexuels, à travers des perspectives psychologiques et sociologiques. Il accorde également une attention particulière à l'impact de la littérature sur la construction socio-culturelle du consentement, qu'il s'agisse de la prise de conscience de celui-ci ou des dynamiques liées à sa manifestation ou à son renoncement. Enfin, il explore les zones d'ombre liées à une émancipation entravée par l'inertie néolibérale et s'intéresse à la reconstruction des idées de libération et de reconnaissance - notamment à travers le prisme du mouvement #MeToo -, en abordant des questions complexes telles que la possibilité de consentir dans un cadre d'hétérosexualité, le consentement dans la pornographie et l'agentivité masculine. En croisant les sphères publique et privée, cet ouvrage redéfinit les défis de la démocratie contemporaine, en questionnant les notions de liberté et d'égalité, leurs limites et leur légitimité. Une source incontournable pour celleux qui souhaitent mieux comprendre les enjeux politiques, philosophiques et sociaux de la question du sexe dans nos sociétés.
Et si la foi chrétienne pouvait devenir une force de libération pour les femmes et la nature ? *Gaïa et Dieu.
J'aime l'intimité des personnages qui m'enchaine au texte, dans ce livre il y a tant de nous, de nos vies en tant que femmes et en tant que femmes écrivaines. Eileen Myles Suzanne Scanlon, autrice de Jeunes femmes pleines de promesses, sortie en mars 2024 aux éditions du Portrait, signe ce court. Il prolonge sa réflexion sur la façon dont les institutions traitent les femmes et la folie. Elle se retrouve devant la porte de l'Institut psychiatrique de New York où elle a séjourné pendant trois ans, il y a bien longtemps. Elle entre et demande à consulter son dossier médical qu'elle reçoit plusieurs mois plus tard. Elle découvre alors de multiples récits sur sa vie dans lesquels elle ne se reconnaît pas et tente de reconstruire l'histoire de ces journées, de ces années. Cible Mouvante est une autre façon de lire son roman Jeunes filles pleines de promesses.
Camille Toffoli croit que les serveuses de diners, les chanteuses country, les sad girls et les championnes de rodéo ont quelque chose de fondamental à nous apprendre sur les rapports de genre et les privilèges de classe. Filles corsaires construit une pensée qui a les deux pieds dans la vie, qui jette son dévolu sur les figures oubliées et les angles morts d'un certain féminisme universitaire. Pourquoi le célibat volontaire, l'autonomie sexuelle et la non-maternité sont-ils toujours frappés de suspicion ? L'amitié peut-elle réellement lutter contre l'hétéronormativité ? Comment penser une politique de la solitude ? L'autrice investigue ces questions, et bien d'autres, à travers une série de portraits où les anecdotes côtoient les réflexions philosophiques. Une éthique féministe inconfortable qui se déploie quelque part entre les journées de travail en librairie, les soirées karaokés et les brunchs deux oeufs-bacon.
Le point zéro à partir duquel la révolution se propage est celui où de nouveaux rapports sociaux s'imaginent et se créent, déclenchant une onde qui gagne de proche en proche et renverse les structures de la domination. Ce point zéro, soutient Silvia Federici, est localisé dans la sphère privée, site de la reproduction sociale - celle de la main-d'oeuvre et de sa force de travail. Écrits entre 1974 et 2012, les textes réunis dans ce recueil s'articulent précisément autour du concept de reproduction, développé par un courant du féminisme marxiste dont Silvia Federici se réclame aux côtés de Mariarosa Della Costa, Selma James et Maria Mies.Elles sont parties d'un constat: tache aveugle de la théorie marxiste, le travail domestique non rémunéré, essentialisé, est la partie cachée de l'iceberg de l'accumulation capitaliste. D'où la revendication du salaire ménager, portée dans les années 1970 par le Collectif féministe international puis, au fil des ans, l'élargissement de la réflexion à la restructuration des rapports de classe. Le «nouvel ordre mondial» du néolibéralisme, la crise de la dette et les politiques d'ajustement structurel, les délocalisations industrielles ont créé une nouvelle division sexuelle et internationale du travail qui précarise la vie de populations entières et impose aux femmes du «Sud» d'assumer une part croissante du travail reproductif nécessaire au «Nord». L'analyse de la guerre économique ainsi engagée contre les femmes appelle les féministes à combattre ce nouveau colonialisme pour rouvrir la perspective politique de l'émancipation en l'associant à la défense des biens communs. Née à Parme, en Italie, militante féministe depuis les années 1970, Silvia Federici travaille aux États-Unis. Son essai, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive a été traduit en français en 2014 (Éditions Entremonde).
Les textes présentés dans ce recueil du Black Feminism, premier en France, explorent sur une période de trente ans les thèmes de l'identité, de l'expérience singulière, de la sexualité comme la place dans les institutions, les coalitions nécessaires, les alliances possibles, les formes culturelles de rébellion et de lutte. Pourquoi en France, ex-puissance coloniale, l'équivalent d'un féminisme noir n'a-t-il pas existé ?
Neuf enseignantes-chercheuses racontent leurs combats pour faire vivre les études féministes et de genre à l’université.
À l'heure où la défense des « éducations à l'égalité » semble plus audible et plus urgente et où les polémiques autour de la « théorie du genre » à l'école dramatisent la nécessité de se positionner en tant que féministe sur le terrain éducatif, cet ouvrage constitue une rupture épistémologique avec des impératifs tactiques qui semblent s'imposer d'eux-mêmes.En refusant de considérer qu'il va de soi que l'éducation est une modalité de la lutte féministe, l'autrice se propose de faire un pas de côté afin de mener un travail de clarification conceptuelle. Il s'agit ici de suspendre le postulat selon lequel l'éducation serait une évidence féministe pour laquelle les seules questions qui persistent seraient d'ordre technique, et se réduiraient au « comment faire ? », afin de revenir à une interrogation plus fondamentale, celle du « pourquoi faire ? ». En effet, si l'éducation est bien omniprésente historiquement dans les revendications féministes, sa place mérite d'être problématisée philosophiquement. Alors même que le féminisme connaît de nombreuses transformations et variations, l'éducation en est une constante historique, et c'est précisément pour cela qu'elle mérite d'être étudiée de façon critique : la forte persistance de cette tradition jette en effet un soupçon sur sa consistance théorique et politique.De l'éducation conçue comme un droit auquel les femmes devraient également avoir accès jusqu'aux institutions éducatives utopiques qui subvertissent la frontière entre privé et public, en passant par la coéducation, la sororité émancipatrice et les pédagogies féministes, cette recherche vise à mettre en lumière les partis-pris épistémologiques, les dialectiques et les tensions qui traversent la conceptualisation de l'éducation au prisme des féminismes.
De plus en plus de femmes sont visibles dans le sport professionnel masculin. De spectatrices, cheerleaders ou conjointes d'athlètes, elles atteignent désormais les rangs de coachs, d'arbitres et même de directrices d'équipe. Est-ce un mirage ? Qu'en est-il exactement ? À partir d'une posture d'exception, celle de partenaire d'un joueur célèbre, mais aussi d'intellectuelle engagée parachutée sur un terrain de football à Kansas City, Florence-Agathe Dubé-Moreau déconstruit un à un les mythes entourant les femmes dans l'industrie. Haut lieu de reproduction des pires stéréotypes de classe, de race et de genre? Bien sûr. Lieu de résistance où se conjuguent justice sociale et égalité des genres? Rien d'impossible.
Ce livre est le fruit d'une rencontre inédite entre une historienne française et une avocate algérienne, toutes deux différemment engagées dans le mouvement de libération des femmes. Leurs échanges nourris portent sur les sujets qui traversent le débat intellectuel et la société française?: la France et l'Algérie, la mémoire et l'histoire, la domination masculine, le retour du religieux, le féminisme et les vifs débats qui l'animent autour de la question de la différence et de l'universel. Un texte d'une grande richesse qui renouvelle notre approche du féminisme. Michelle Perrot est historienne, professeure émérite d'histoire contemporaine à l'université Paris-Diderot. Ses travaux pionniers font d'elle l'une des initiatrices de l'histoire des femmes en France. Elle a notamment dirigé avec Georges Duby L'Histoire des femmes en Occident. Wassyla Tamzali est écrivaine, avocate et intellectuelle féministe algérienne. Elle s'engage au Front des forces socialistes à l'ouverture démocratique en Algérie (1989-2003). Ancienne directrice des droits des femmes à l'Unesco à Paris, elle fonde en 2015 et dirige les Ateliers sauvages, un centre de résidence et de création en art contemporain à Alger.
Sur le marché du travail, les femmes sont encore trop souvent considérées comme le «deuxième sexe»: leur corps, leurs tâches, leur rôle social sont relégués au second plan. Blagues sexistes et avances déplacées, outils inappropriés et maladies professionnelles: que pouvons-nous faire pour améliorer la condition des travailleuses? Comment réconcilier la lutte pour l'égalité et la protection de la santé des femmes? Comment nous libérer du jugement sur notre corps? Ergonome et généticienne de notoriété internationale, Karen Messing s'intéresse depuis longtemps à la façon dont les différences biologiques entre les femmes et les hommes sont prises en considération dans les milieux de travail. Qu'est-ce qu'un travail «égal»? Pourquoi le salaire des femmes est-il inférieur à celui des hommes? Est-ce en raison de l'effort physique demandé? Pourquoi les outils de travail ne sont pas adaptés à la diversité des corps humains? Dans Le deuxième corps, elle conjugue à merveille rigueur scientifique et convictions féministes pour rendre compte de ses recherches sur le terrain auprès de techniciennes en télécommunications, travailleuses de la santé, caissières d'épicerie ou encore de camionneuses, mécaniciennes et soudeuses. Riche de son bagage scientifique et de sa longue expérience auprès des syndicats, Karen Messing livre au passage des réflexions très actuelles sur le sexe biologique et l'identité de genre, en résonance avec celles de Simone de Beauvoir. «Nous devons mettre tout en oeuvre pour nous libérer de la honte qui porte sur notre corps et ses "différences" et attirer l'attention sur les risques liés à notre travail. Et, surtout, il faut trouver des façons de nous protéger mutuellement et de nous entraider dans notre lutte pour un milieu de travail mieux adapté à notre corps et à notre vie.»
Encore invisible, le travail des femmes? La question peut faire sourciller tant les féministes ont obtenu des gains sur ce front au cours des dernières décennies. Or, si les femmes ont massivement intégré le marché de l'emploi, le travail dit invisible, majoritairement effectué par celles-ci, n'a fait que croître et se complexifier. En plus du strict travail ménager, il se présente sous de multiples visages: la charge mentale de l'organisation familiale, le travail invisible d'intégration des femmes immigrantes, le travail des proches aidantes, celui des aides familiales venues d'ailleurs, des femmes autochtones et racisées, des étudiantes stagiaires, ou encore, des travailleuses du sexe. Comment se décline l'enjeu du travail invisible dans différents milieux, et où en sont les revendications pour faire reconnaître ce travail et le sortir de l'ombre? Rassemblant des militantes féministes et des intellectuelles engagées sur ces questions, cet ouvrage collectif entend remettre le sujet du travail invisible à l'ordre du jour politique tout en proposant des pistes de réflexion et de mobilisation concrètes. Des textes de Stella Adjokê, Sandrine Belley, Sonia Ben Soltane, Annabelle Berthiaume, Jenn Clamen, Hélène Cornellier, Irène Demczuk, Myriam Dumont Robillard, Claudia Foisy, Monica Forrester, Elizabeth James, Elene Lam, Widia Larivière, Valérie Lefebvre-Faucher, Linda Li, Camille Robert, Annabelle Seery, Valérie Simard et Louise Toupin.
Moi, Gémeau ascendant Sagittaire, j'apprends à devenir une plante, l'espace d'un livre, d'un parcours spirituel, avec ses résistances, ses engagements, ses frustrations, ses désistements et ses extases. C'est avec une pelle, un sécateur et mes pieds que j'ai ouvert le sentier sur lequel j'ai traîné le bagage critique d'une femme qui a passé beaucoup de temps à l'université. Je l'ai gardé, ce bagage, même si je l'ai un peu remodelé, parce qu'au final, c'est lui qui peaufine, qui sculpte, et qui fait shiner ma destinée.
Mahsa Jina Amini meurt le 16 septembre 2022 et devient l'étendard d'un mouvement révolutionnaire inédit en Iran. « Femme, vie, liberté » : les Iraniennes, reléguées dans une position de citoyennes de deuxième zone disent non ! Indéniablement, une mutation qualitative s'est produite dans leur positionnement. La deuxième édition de ce livre intègre les dernières évolutions, tout en reprenant l'analyse de la complexité et des paradoxes qui ont caractérisé la situation des femmes. Il présente la diversité de leurs luttes et de leurs résistances dans le cadre d'un régime islamiste et patriarcal dont l'objectif était de transformer les femmes en vitrine de l'authenticité et de l'islamité et en symboles de la lutte contre l'occidentalisation et l'impérialisme. Seront-elles les vecteurs du changement ? Firouzeh Nahavandi est professeur émérite de l'Université libre de Bruxelles où elle a fait toute sa carrière. Elle est co-présidente de l'Institut de Promotion des Formations sur l'Islam et membre de l'Académie Royale des Sciences d'Outre-Mer. Auteur de nombreuses publications sur les questions liées au développement et au Moyen-Orient, elle s'est particulièrement focalisé sur l'Iran, l'Afghanistan et l'islamisme.
Grève des stages, grève des femmes retrace les temps forts d'une lutte étudiante et féministe pour un salaire étudiant et documente la mobilisation organisée dans diverses régions du Québec de 2016 à 2019. Puisant à l'analyse féministe du travail de reproduction, les militantes des Comités unitaires sur le travail étudiant (CUTE) ont voulu montrer que les stages perpétuent une forme d'aliénation propre au monde salarié, dans des domaines majoritairement constitués de femmes, comme la santé, l'éducation, le travail social et la culture. Ce faisant, elles ont complètement changé le visage du mouvement étudiant. « Les analyses et les leçons à tirer de Grève des stages, grève des femmes seront essentielles pour les mouvements à venir. En plus de présenter une analyse théorique révolutionnaire de ce qu'est le travail étudiant aujourd'hui, et de démontrer puissamment les multiples façons dont la lutte étudiante est aussi une lutte féministe, l'ouvrage est une source exemplaire de réflexions stratégiques. » - Silvia Federici et George Caffentzis, extrait de la préface
"Très sensible à la condition féminine, toujours, avant et surtout après mon séjour parisien. Si j'avais dit ce que je pensais réellement, j'aurais dressé tous les hommes de la Martinique contre moi. Fervente chrétienne, ce fut le choc des Negro spirituals à Paris (1930). Ayant perçu, avant les hommes, la nécessité d'une solidarité raciale, j'ai aussi voulu sensibiliser les femmes à la chose sociale et à la fierté noire, avant-guerre, dans de nombreuses publications puis en Martinique". Paulette Nardal
Découvrez les voix oubliées du féminisme polonais à travers un siècle de luttes et de textes fondateurs, de 1907 à la Grève des femmes de 2020.
Centré sur les féminismes matérialistes, leurs développements, différences et formes de renouvellement, ce numéro contribue à mettre au jour quelques-unes des tensions qui marquent actuellement la réflexion sur le genre ou les rapports sociaux de sexe, ainsi que leurs relations avec d'autres rapports de pouvoir (de classe, de race, de colonialité, de sexualité). Il s'agit de rendre visible l'apport de ces courants au processus plus général d'émancipation.
Comment concilier unité féministe et diversité des parcours ? Une bâtisseuse remarquable retrace l’héritage de Francine Descarries, sociologue québécoise dont les travaux ont redéfini la lutte pour l’égalité.
Soumission ! Soumission ! Ce terme a été mille et une fois entendu dans la bouche des détracteurs du féminisme à l'africaine. C'est ainsi que la lutte féministe se heurte brutalement à cette conception naturaliste des relations entre hommes et femmes. Dans cet essai, Manu Kahoyomo, par des analyses succinctes, met en lumière la lutte féministe placée sous le prisme du concept de soumission. Ce bras de fer persistant qui règne quand il s'agit de décrier les conditions des femmes. Selon les idéaux et les idéologies, les féministes en Afrique de l'Ouest, plus que des fauteuses de troubles, sont des « INSOUMISES ».
Elles sont belles. Elles sont riches. Elles sont populaires. Elles sont des superstars, et elles se disent féministes. Dans la lignée de Madonna, des Riot Grrrls et des Spice Girls s'élèvent aujourd'hui les voix et les corps de femmes puissantes et controversées comme Beyoncé et Lady Gaga. On leur reproche de faire fructifier leurs prises de position. D'édulcorer les idées politiques dont elles se réclament. Simple plus-value à leur image de marque ou résistance authentique ? Et si leur discours relevait à la fois de l'une et de l'autre ? Sandrine Galand plonge au coeur de ces questions difficiles dans cet essai documenté sur la place du féminisme dans la culture populaire contemporaine. Elle fait le pari d'embrasser les tensions qui le traversent pour mieux repérer ce que ces stars pop représentent de subversif et d'inclusif, pour mieux comprendre ce qui se passe entre les gloires et les chutes. Plus qu'un effet de mode, ce sont de nouveaux récits qui s'écrivent avec ou en marge des luttes. L'autrice réapprend à aimer ce féminisme qui fleurit à l'ombre du spectacle, en révélant ce qui, en lui, nous parle de nous.
En 1694, Mary Astell connaît la célébrité pour un court essai A Serious Proposal to the Ladies, for the Advancement of their True and Greatest Interest. Ce petit texte offre une défense vive et argumentée de l'éducation des jeunes filles et propose notamment la création d'un collège entièrement féminin, institution laïque consacrée à la fois à l'éducation et à la retraite. Le débat passionné que A Serious Proposal suscite parmi ses contemporains, mais aussi sa fortune critique, en font le texte « féministe » le plus important du xviie siècle, à l'aube des Lumières. Pour mieux en saisir la portée, cette anthologie propose une sélection d'extraits de textes « préféministes » antérieurs qui permettent de retracer la généalogie de la pensée d'Astell et de la situer dans le débat sur la question féminine à cette époque, en Angleterre. L'inclusion de documents postérieurs à la publication de A Serious Proposal permet enfin d'éclairer la postérité critique d'un essai si paradoxal et de mettre en évidence la place majeure qu'occupe Mary Astell dans l'histoire du féminisme. Bien que sa vision de la société soit encore à bien des égards celle du xviie siècle, sa croyance au progrès et aux vertus souveraines de l'éducation en fait déjà une femme des Lumières.
Confrontées à une société sexiste et raciste qui leur impose des images stigmatisantes d'elles-mêmes, les femmes noires des États-Unis n'en ont pas moins une longue histoire de résistances. Dans cet essai incontournable enfin traduit en français, Patricia Hill Collins nous offre une synthèse impressionnante de cette tradition d'oppression et de militantisme. La pensée féministe noire puise autant dans la littérature, les récits de vie, l'histoire militante, la philosophie sociale et politique, la sociologie critique que dans la culture populaire. Elle nous incite à penser non seulement les oppressions enchevêtrées, mais aussi les luttes passées et à venir. Ce livre donne accès à un savoir profondément ancré dans l'expérience irréductible des Africaines-Américaines; un savoir essentiel pour qui se préoccupe de justice sociale et pour un féminisme véritablement inclusif. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Diane Lamoureux
La question du genre étant plus que jamais d'actualité, il n'est pas inutile de connaître les grandes figures qui marquèrent la naissance du féminisme. Destiné à un public français non spécialisé, l'ouvrage Mary Wollstonecraft : aux origines du féminisme politique et social en Angleterre offre une synthèse de la pensée de celle que l'on considère à juste titre comme la « mère du féminisme anglo-saxon » et propose des extraits traduits de ses oeuvres. D'une modernité stupéfiante, les analyses de Wollstonecraft montrent qu'elle fut visionnaire par ses idées autant que par sa méthode, qui consiste à déconstruire les représentations de la féminité qui prévalaient alors afin de dénaturaliser les constructions idéologiques. Prélude indispensable à toute réforme sociale, ce travail de déconstruction est libération des esprits, « déploiement de l'imagination » qui, seul, conduit à la liberté.