Histoire de l'Europe
Histoire de l'Europe
Filter products
Entre 1424 et 1782, 40 000 bûchers ont réduit en cendres 80 % de femmes et des enfants en Europe. La Sorcière au bûcher révèle comment une minorité fanatique a orchestré cette terreur au nom d’une idéologie misogyne et religieuse.
« Le monde, depuis quelques décennies, est devenu multipolaire donc plus complexe et incertain, tandis que l'hégémonie absolue de l'Occident appartient au passé. En marge de phénomènes comme le dérèglement climatique et ses conséquences ou des innovations apportées par l'intelligence artificielle, on constate un déplacement en cours du centre de la puissance vers l'Asie orientale : Chine et Inde en premier lieu, mais aussi à la périphérie (Indonésie, Japon, Corée du Sud, Vietnam) qui accentue le poids de cette aire entre la mer de Chine et l'océan Indien. La Russie quant à elle, a conclu un mariage de raison avec la Chine qui durera tant que les États-Unis resteront prééminents. Entre-temps, la démographie occidentale est passée de 33 % à 10-12 % de la population mondiale tandis que l'Europe, hier encore enjeu majeur, est déclassée par ce qu'on désigne comme l'Asie/Pacifique, et ne dispose pas elle-même des moyens d'assurer sa propre sécurité. Les conflits irréguliers et leurs conséquences depuis plus d'un demi-siècle ont fortement contribué à l'accélération de cette mutation, dont l'auteur est « un des témoins les plus lucides » (Hubert Védrine). Sont rassemblés ici les travaux qui annoncent et analysent ces transformations. » Gérard Chaliand
Vienne, 1815 : comment un seul homme, Talleyrand, a redonné à la France vaincue une place centrale en Europe. Découvrez le récit captivant de son génie diplomatique, où ruse et équilibre ont redessiné l’histoire.
Un baril de pétrole à plus de 120 dollars, une tonne de cuivre à plus de 10 000 dollars et des prix inobservés jusqu'alors sur les marchés gaziers européens... L'invasion de l'Ukraine par la Russie a rappelé l'importance des matières premières dans l'économie mondiale et l'extrême volatilité de leurs prix. Elles impactent l'ensemble de l'économie, notamment le secteur industriel et les chaînes de production, les grandes variables macroéconomiques (produit intérieur brut [PIB] et inflation), la finance (cours du dollar et prix des ressources naturelles), mais également l'environnement et la géopolitique. En 2021, les matières premières représentaient plus de 26 % des échanges internationaux selon l'Organisation mondiale du commerce (OMC). L'objectif de cet ouvrage est de présenter les principales problématiques relatives aux matières premières, les enjeux économiques et géopolitiques, notamment la concurrence accrue entre les puissances (Chine, Etats-Unis, Japon, Union européenne (UE)) dans leur volonté de sécuriser leurs besoins. Les questions relatives aux matières premières sont en outre renouvelées par un triple contexte : une dynamique de décarbonation mondiale, une rivalité systémique entre puissances et une conscience des limites planétaires.
De 1917 à 1921, en Ukraine méridionale, un jeune militant anarchiste, Nestor Makhno, lève une insurrection et conduit une guerre de partisans. C'est un soulèvement de paysans pauvres, inspiré par la tradition cosaque, mais libre de tout préjugé nationaliste, religieux ou raciste. Le mouvement s'est fixé pour but l'instauration d'un communisme libertaire, utopie généreuse devenue concevable dans le chaos politique que connait alors l'Ukraine, déchirée par des forces contraires et où nul pouvoir ne parvient à s'installer. L'illusion apparait avec les Thèses d'avril de Lénine, mais l'espoir d'un terrain de conciliation entre anarchistes et bolchéviks sur le principe des Soviets et des assemblées populaires est rapidement dissipé par les événements. L'un des premiers, Makhno, dénonce l'imposture d'un parti totalitaire qui feint de s'appuyer sur une base populaire pour mieux imposer sa dictature. Il devient, dès lors, l'homme à abattre. Les bolchéviks s'y emploient, rompant à deux reprises une alliance avec les makhnovistes, les écrasant impitoyablement et poursuivant Makhno au-delà de sa mort pour en réduire l'importance historique et le présenter sous les traits d'un bandit anarchiste, fanatique et cruel. Il importait de sortir Makhno de la pénombre qui l'enveloppe, de le restituer à son environnement historique, infiniment complexe dans ses méandres, et de l'éclairer tel qu'il fût : un grand stratège et un compagnon fraternel, fils de la terre d'Ukraine, avatar des légendaires Cosaques Zaporogues et, en même temps, simple ouvrier agricole tentant de faire pousser l'anarchisme, en le greffant sur la steppe en ces jours de printemps des peuples où soufflait le vent de l'épopée.
Quoi de commun entre la bataille de Paris, le 30 mars 1814, et le concours pour le Grand Paris organisé par Sarkozy au printemps 2009 ? Entre le Paris des "Fleurs du mal" et l'anniversaire des journées de juin 1848 ? Quel fil relie les quartiers pauvres du Paris romantique, les noms des rues parisiennes d'aujourd'hui, les méfaits des services de la voirie et des espaces verts de la capitale ? Ce qui fait la cohérence de sujets aussi divers, c'est la conviction que Paris est encore ce qu'il a été pendant plus de deux siècles : le grand champ de bataille de la guerre civile en France. Et si, pour le moment, ce champ se réduit à quelques lieux emblématiques - Barbès, Belleville, la gare du Nord -, en le voyant s'étendre au-delà du périphérique, quelles belles perspectives s'ouvrent pour d'inacceptables subversions !
À quel point comprenons-nous vraiment l'Allemagne ? Comment les Allemands eux-mêmes comprennent-ils leur histoire ? L'Allemagne est un cas unique, nous avertit Neil MacGregor : il est impossible d'en dresser un récit historique cohérent et linéaire, tant sa géographie et son histoire ont toujours été instables. Ses frontières furent constamment mouvantes, et pendant les presque cinq siècles dont traite ce livre, l'Allemagne a été constituée d'unités politiques indépendantes, ayant chacune son histoire propre. Et tout récit national que les Allemands auraient construit avant 1914 fut détruit par les événements des trente années suivantes. Si l'histoire allemande est par essence fragmentée, elle recèle un grand nombre de mémoires, de sensibilités et d'expériences largement partagées ; en examiner quelques-unes est l'objectif de ce livre. Neil MacGregor choisit objets et idées, hommes et lieux qui résonnent encore aux oreilles des Allemands d'aujourd'hui pour dresser le portrait passionnant d'une nation et d'un peuple. De la porcelaine aux ruines de Dresde, en passant par le design du Bauhaus, la saucisse, la couronne de Charlemagne mais aussi les portes de Buchenwald, c'est à une plongée sans précédent dans l'imaginaire collectif allemand que nous invite Neil MacGregor.
Vingt ans après le « non » français au Traité constitutionnel européen, Que faire de l’Union européenne ? dresse un bilan sans concession de la dérive néolibérale de Bruxelles.
En France, la révolution russe est devenue un repoussoir, le moment fondateur d'un totalitarisme aussi terrifiant que le nazisme. Elle n'est plus envisagée que sous l'angle de ses victimes, aussi bien dans le discours public que dans les manuels scolaires. Éric Aunoble retrace la réception de l'événement en France depuis 1917 - comment L'Humanité, aux mains des socialistes d'Union sacrée, vilipende la révolution bolchevique ; comment le Parti communiste, créé dans la foulée d'Octobre, impose une lecture de plus en plus stalinienne, se mariant après la Seconde Guerre mondiale avec le discours déterministe de l'Université. Ainsi sont étouffées les voix dissidentes, celles des premiers communistes français, familiers de Lénine et Trotsky. L'usage politique de 1917 se dessèche et Mai 68 ne voit réémerger que des clichés du bolchevisme (qui témoignent toutefois de l'importance de l'événement dans la culture populaire). Au long d'un siècle, la révolution russe a été lue en fonction du contexte politique français. Ainsi s'explique le retournement qui s'est joué, de l'engouement au dénigrement et à l'effacement d'aujourd'hui, quand triomphe le conservatisme et son rejet de toute « culture révolutionnaire ».
Platon, Aristote, l'invention de la démocratie : c'est une toute autre image de la Grèce que montre ce livre, celle d'un pays sacrifié et humilié - comme il l'est aujourd'hui. On y verra comment la Résistance grecque, l'une des plus actives et efficaces de l'Europe occupée par les nazis, fut mise au pas et massacrée par les collaborateurs et les Anglais en 1944 : il fallait ramener le roi sur le trône, rétablir l'ordre social d'avant-guerre, éviter que la véritable démocratie de la Résistance ne s'impose à la Libération. On y découvrira une image peu flatteuse de Churchill, capable de tout et même de nuire à l'effort de guerre pour maintenir la Grèce dans l'orbe britannique. On assistera au flottement fatal de la direction du parti communiste, lâché par l'URSS et acculé aux compromis. On verra, en 1945, la terreur, lancée par le gouvernement et les bandes armées d'anciens collaborateurs, qui s'abat sur les résistants désarmés, les syndicalistes, les démocrates. Les lignes de front sont tracées et la Grèce s'apprête à vivre troisannées de guerre civile qui laisseront le pays exsangue. Trois années pendant lesquelles ce sont les Américains, dans le contexte de guerre froide, qui prennent la relève des Anglais dans la répression du mouvement populaire. Tout ce qui va advenir par la suite, de la dictature des colonels à la mise à mort actuelle du pays, sommé de payer "sa dette", est en germe dans cette histoire tragique de la Résistance grecque. Diplômée de Sciences Po et agrégée, Joëlle Fontaine a longtemps enseignée l'histoire en lycée et collège. Elle est l'auteur de travaux universitaires sur le résistance grecque et a publié L'image du monde des babyloniens à Newton (avec Arkam Simaan, éditions ADAPT, 1998).
Quelle menace la Russie représente-t-elle pour les pays occidentaux dans les prochaines décennies ? Dans cet essai, Aurélien Duchêne montre que la Russie de Poutine risque à nouveau de réaliser les scénarios les plus impensables. L'auteur décrit la solidité de la puissance russe malgré les revers et les sanctions internationales, et étudie ce qui au sein du pouvoir et de la société russes annonce l'aggravation de la dérive autoritaire de ce pays. En s'appuyant sur des experts reconnus, il décrypte la lutte que la Russie de Poutine mène contre les démocraties occidentales, et explique comment cet affrontement pourrait dégénérer en confl it armé.
Et si l’Europe perdait son âme en cherchant l’unité ? L’Europe sans corps interroge le grand paradoxe de notre époque : comment concilier démocratie et intégration européenne quand la légitimité politique s’efface face à la technocratie ?
Le 29 mai 2005, un coup de tonnerre a retenti en Europe. Les Français venaient de rejeter par référendum le traité établissant une Constitution pour l'Europe. Que s'était-il donc passé pour que l'unité européenne subisse tout à coup un rejet ? Pour comprendre, il faut se poser quelques questions fondamentales. Qu'est-ce que l'Europe ? Qu'est-ce que l'Union européenne ? Quand et pourquoi la « construction européenne » a-t-elle commencé ? Et quel a été le rôle de la France dans ce processus ? Cet ouvrage pédagogique et passionnant permet de mieux cerner l'histoire et les enjeux de l'Europe, et surtout de comprendre le fossé profond entre le projet européen tel qu'il est perçu par nos dirigeants et le désenchantement des Français.
Première puissance économique européenne et troisième mondiale, l'Allemagne a vu son poids diplomatique et politique croître considérablement depuis la réunification du pays. Mais le recul de l'influence de l'Occident, le début de la guerre en Ukraine et la nécessité de réadapter son économie à la transition écologique jalonnent son ascension de nouveaux défis. En abordant à la fois les aspects internationaux, économiques, politiques, régionaux et sociaux de l'Allemagne, cet ouvrage précis et très documenté donne des clés de lecture pour aborder ce pays et l'importance de sa place sur la scène internationale, ainsi que les enjeux auxquels doit faire face son modèle économique.
Alors que le primitivisme est devenu un jalon incontournable des manuels d'histoire de l'art, l'intérêt des écrivains d'avant-garde pour les cultures extra-occidentales a longtemps passé inaperçu. Ce livre s'attache à éclairer un faisceau de pratiques et de réflexions que les avant-gardes historiques ont associées aux cultures africaines dans les années 1901-1924. Le premier quart du xxe siècle est marqué en effet par la diffusion d'une culture coloniale en Europe, qui touche les écrivains autant que les artistes. De Guillaume Apollinaire à Tristan Tzara, en passant par Blaise Cendrars, Jean Cocteau ou Yvan Goll, nombreuses sont les avant-gardes à s'intéresser aux arts dits « nègres ». Aucune ne s'est rendue toutefois sur le continent africain. L'Afrique, dans leurs écrits, est une construction textuelle, fabriquée à partir de sources multiples. Cette enquête dégage les différentes strates de représentations convoquées puis transformées dans ce processus de resémantisation, et met en lumière la teneur discursive du primitivisme qui élabore une Afrique palimpseste. Par un examen historique précis et critique, elle révèle la présence d'un moment africain des avant-gardes littéraires francophones.
La Péninsule ibérique est la seule région d'Europe où chrétiens, musulmans et juifs aient vécu ensemble pendant des siècles. Cette longue coexistence a donné lieu à une civilisation originale. Elle est le fruit de la capacité des uns et des autres à assimiler des traditions différentes, à en faire la synthèse, et à les transmuer de telle façon qu'au delà des particularités, une même culture caractérise l'Espagne médiévale. Adeline Rucquoi, docteur d'État en histoire de l'université de Paris IV-Sorbonne, directeur de recherches émérite au C.N.R.S., est spécialiste de l'histoire médiévale de la Péninsule ibérique et membre du Comité International des Experts du Chemin de Saint-Jacques. Elle a publié aux Belles Lettres L'Espagne médiévale (2002) et Aimer dans l'Espagne médiévale. Plaisirs licites et illicites (2008).
3 juin 1950. Deux hommes arrivent au sommet de l'Annapurna. C'est la première fois qu'est gravi l'un des quatorze géants de la Terre dépassant la barre mythique des 8 000 mètres. La France, qui se relève doucement de la guerre, peut trouver là un motif de fierté. L'enthousiasme dépasse vite les frontières et gagne la planète toute entière. Quelques décennies plus tard, l'exploit français devient pourtant sujet à polémique. L'alpinisme étant le miroir grossissant de son époque, la nouvelle idéologie qui voit le jour après 1968 ne peut qu'exécrer l'expédition annapurnienne et son chef, Maurice Herzog. Un déboulonnage en règle se met alors en place, avec son lot d'anathèmes et d'accusations anachroniques, allant jusqu'à remettre en cause l'ascension même du sommet. S'y ajoutent les éléments en vogue de la cancel culture bien connue de nos jours : racisme, colonialisme, patriarcat... Le présent ouvrage vise à rétablir la réalité factuelle. En fouillant dans les archives, en comparant les textes et en croisant les sources, l'auteur brosse un tableau bien différent de cette expédition sur laquelle tout et n'importe quoi a été dit. Il découvre également des faits inédits restés dans l'ombre depuis près de trois quarts de siècle...
Prince des humanistes, Érasme règne par le livre. Ses ouvrages circulent dans toute l'Europe, au vif déplaisir de ceux qui, au sein de l'Église, se sentent visés par ses critiques et menacés dans leur pouvoir. Le dialogue de sourds entre l'infatigable censeur et les plus résolus de ses adversaires conduira, après sa mort, à sa mise à l'Index, à l'effacement de son influence et même, pour un temps, de son souvenir, en particulier dans les pays catholiques. Chaque époque, depuis, a vu Érasme à son image. La nôtre en a fait la figure emblématique de la citoyenneté européenne ; elle a surtout retrouvé un important penseur religieux et un témoin éclairé de son temps. Il parle encore au nôtre. Professeur émérite, Franz Bierlaire a enseigné l'Histoire de l'humanisme et l'Histoire moderne à l'Université de Liège, ainsi que l'Histoire des Églises chrétiennes (Temps modernes) à l'Université libre de Bruxelles. Ses travaux portent sur Érasme et l'érasmisme, l'histoire du livre scolaire et l'histoire de l'éducation à l'époque de la Renaissance.
Pierre de Coubertin (1863-1937) est connu de tous pour avoir réinventé les Jeux olympiques de l'ère moderne en 1896 à Athènes, devenus la plus grande manifestation internationale. Mais il est aussi historien et pédagogue, fortement influencé par la culture anglo-saxonne. Pour convaincre des vertus du sport par-delà les frontières, il s'est beaucoup intéressé aux relations internationales, laissant un nombre considérable de textes. Celui sur L'avenir de l'Europe, reproduit ici dans son intégralité, résonne avec nos préoccupations contemporaines. Comment, en 1900, un homme engagé tel que lui analysait-il les ressorts du jeune Empire allemand, la position fragile de la Hongrie dans l'Europe centrale, les rigidités de la Russie tsariste prête à se briser, la puissance du monde anglo-saxon imposant ses valeurs et la signification profonde du nationalisme au tournant du xxe siècle ? Ce retour en arrière est bien utile pour mieux comprendre nos propres agitations cent vingt ans plus tard, dans une Europe à la fois plus unifiée et plus morcelée que jamais. D'autres personnages de son calibre, avec le même optimisme, lui donneraient peut-être davantage de sens et une énergie plus joyeuse, plus festive ou plus fraternelle.
Le règne d'Élisabeth 1re (1559-1603) a donné son nom à une période souvent considérée comme un âge d'or. L'expression n'est pas usurpée. Sous l'autorité de cette reine mythique, la Renaissance a connu son plus bel épanouissement, et pas seulement dans le domaine des arts. Point alors l'aube de ce qui deviendra plus tard l'Empire britannique. En plus de son intérêt historique, le tableau dressé ici de la civilisation élisabéthaine révèle des traits pittoresques, dramatiques ou inattendus. Henri Suhamy, normalien, agrégé et docteur ès lettres, est professeur émérite à l'université Paris-Ouest, lauréat de l'académie française et du jury de la Vallée aux Loups. Il a notamment participé à la traduction de Walter Scott en Pléiade (Gallimard, 2003 & 2007).
Du haut Moyen Age à nos jours, l'histoire de la Péninsule, qui a attendu 1870 pour réaliser son unité politique. « Copyright Electre »
Le populisme contre l'Europe ? L'Europe aux marches de la Russie ? L'Ukraine peut-elle adhérer à l'Union européenne ? Faut-il en finir avec la candidature de la Turquie ? Pourquoi les Balkans patientent-ils dans l'antichambre ? Au Sud, l'Europe est-elle affaiblie ? Israël-Palestine : pourquoi le grand silence de l'Europe ? Les politiques de voisinage se sont fracassées sur les fractures internes de l'Europe et sur ses dépendances face à l'agression russe, à l'irruption de la Chine et à l'idéologie de Trump II. De Kiev à Erevan, d'Ankara à Belgrade, de Tunis à Jérusalem, les illusions se sont dissipées. Devenue vassale de Washington, otage de Moscou et proie économique de Pékin, l'Europe doit se réinventer. Pierre Mirel ouvre des pistes pour un changement profond : reconquête de souveraineté, affirmation d'un pilier européen dans l'OTAN, émergence d'une culture stratégique commune pour dépasser les divisions et défendre le modèle européen, élargissements conduits selon un processus graduel et refonte de la gouvernance.
En 1540, Hans Stolz, vigneron à Guebwiller, décrit le climat, évoquant une chaleur torride et une pénurie d'eau sans précédent qui frappe le pays. Les moulins sont à l'arrêt et de nombreux bovins meurent de soif. De plus, le ciel est obscurci par la fumée des multiples feux de forêts. Un grand nombre de chroniqueurs décrivent cette année de sécheresse, la pire en Europe depuis 1500. De tels récits, complétés par des observations quotidiennes et des mesures à l'aide d'instruments pour les périodes postérieures, ont contribué à la reconstitution des températures saisonnières depuis l'an mille ; un travail pionnier qui a donné lieu à la création de données statistiques auxquelles ont participé les deux auteurs de cet ouvrage. Avec les résultats de ces recherches, Christian Pfister et Heinz Wanner ont pu reconstituer, pour la première fois, l'histoire du climat saisonnier en Europe. Les analyses montrent qu'avant 1900, les hivers froids dominaient, tandis que les étés étaient plutôt équilibrés. Avant l'influence de l'effet de serre d'origine humaine, les fluctuations étaient surtout liées à des modifications de l'orbite terrestre, à l'activité solaire et à des éruptions volcaniques. L'ouvrage alterne entre explications et récits qui illustrent la manière dont la population a vécu et a fait face à des événements tels que la sécheresse millénaire de 1473, la chute brutale des températures de 1709, les voyages de découverte du Nouveau Monde par les Vikings, l'apparition des loups à Paris, les persécutions de sorcières au xvie siècle dues au climat, et la famine déclenchée en Europe par l'éruption du volcan indonésien Tambora en 1815. Le chapitre final souligne les causes de l'état d'urgence climatique actuel et propose une projection vers l'avenir. Grâce à son langage accessible et à son illustration convaincante, ce livre répond à la fois aux besoins des spécialistes et du grand public.
Partout dans Rome, les monuments sont couverts d'inscriptions, antiques ou modernes, qui ne rapportent pas uniquement le nom de leur constructeur, mais célèbrent leur restauration. Les empereurs romains, les dirigeants de la Commune au xiie siècle, les papes de la Renaissance ou encore Mussolini au xxe siècle se sont souvent présentés comme les protecteurs d'un patrimoine ancien et ont fait de la restauration urbaine l'un des fondements de leur légitimité, quand bien même ils modernisaient la ville. En effet, toute l'histoire de l'urbanisme romain peut être interrogée sous l'angle du lien qui unit reconstruction matérielle de la ville, identité romaine et restauration d'un ordre politique. Cet ouvrage collectif réunit ainsi seize contributions d'historien·ne·s, archéologues, spécialistes de la littérature latine et historien·ne·s de l'art, qui mettent en lumière l'impératif politique de la restauration à différentes époques et différentes échelles, du monument ou du quartier à l'espace urbain dans son ensemble. De l'Antiquité aux premières années du xxie siècle, les notions de restauration ou de reconstruction ont été à la fois un moteur de l'urbanisme romain, un programme politique des pouvoirs publics et un idéal partagé ou contesté par les différents acteurs de la ville.
La Suisse, pays de paix mais obsédé par son armée : voici l’énigme au cœur de ce livre référence. Rudolf Jaun retrace, du XVIIe siècle à nos jours, l’évolution d’une institution unique en Europe, entre neutralité.
Depuis plusieurs décennies, le rapport à la mort et aux morts connaît une véritable mutation dans la société occidentale. Transformations des rites funéraires, notamment sous l'effet de la déchristianisation de l'Occident, diffusion d'un pluralisme religieux, pratiques individuelles en sont les traits les plus marquants. Mais c'est davantage l'acte de mourir, voire la définition même de la mort, qui semblent aujourd'hui changer radicalement. Cette mutation, profonde, n'est pourtant pas un fait nouveau. Elle n'est que le prolongement d'une autre transformation, plus ancienne, qui a touché l'ensemble du monde occidental dès le XVIIIe siècle, où l'on a commencé à déplacer et éloigner les sépultures à la périphérie des villes. La « transition » - si ce n'est la rupture - qui s'est alors produite en seulement quelques générations est venue bouleverser un régime funéraire qui s'était imposé depuis la fin de l'Antiquité, articulant des espaces destinés aux morts aux lieux sacrés, et faisant cohabiter les vivants et les défunts. Cet ouvrage vient analyser la manière dont s'est mis en place cet effacement progressif à travers les siècles, en tentant de dresser une histoire longue des rapports entre les vivants et les morts.
Si la formation de la « Grande Roumanie » date de la période 1914-1919, que savons-nous exactement de l'origine de ce pays, de son peuple, de son histoire. Que s'est-il passé depuis l'arrivée des Daces (VIIe-Ier siècle av. J.-C.), ce rameau indo-européen établi à partir du VIIIe siècle dans l'espace des Carpates et le nord des Balkans, et qui s'y individualise à l'intérieur de la communauté des Thraces. Georges Castellan vous propose de le découvrir.
Peut-on encore, trois quarts de siècle après le quatrième partage de la Pologne et les tragédies qui ont suivi - et que notre colloque rappelle -, accepter le dépeçage d'un État souverain par son voisin puissant désireux d'assouvir ses visées expansionnistes ? Il est vrai que les changements des frontières de l'Europe sont la cause ou la conséquence d'une longue histoire de notre continent. Des trahisons aussi, comme du mensonge et de la lâcheté, dont l'exemple est le Pacte Ribbentrop-Molotov, et ses dramatiques conséquences. La Pologne est le témoin privilégié. On peut être Polonais et avoir vécu, sans quitter sa ville natale, dans quatre pays différents, sans parler des régimes politiques. À un moment, assez récent d'ailleurs, lorsque le Mur de Berlin s'est effondré, on s'imaginait entrer à l'époque de la « fin de l'histoire ». Le monde allait dorénavant avancer à partir d'un consensus démocratique et construire l'avenir sans antagonismes sociaux. Or, il n'en est rien. Et le seul pouvoir que nous avons sur l'avenir, est la maîtrise du passé. Ce colloque était destiné à nous le rappeler, une fois de plus. Avec les contributions de : Stéphane Courtois, Philippe Degouis, Hervé Hasquin, Bernard Joliot, Joël Kotek, Adam Micknik, Andrzej Paczkowski, Yves Santamaria, Timothy Snyder
Publié en 1927, Stratégie est l'oeuvre visionnaire dans laquelle Alexandre Svetchine repense la guerre à l'âge industriel. À rebours des doctrines rigides, il montre que la stratégie n'est jamais un ensemble de recettes, mais un art de l'adaptation, où chaque nation doit ajuster son action militaire à ses forces, ses limites et ses buts politiques. Opposant la bataille décisive à la guerre d'usure, analysant le rôle de l'économie, des infrastructures, de la mobilisation sociale et de la profondeur stratégique, Svetchine dévoile une guerre moderne totale, longue et façonnée par l'ensemble de la société. Précurseur de l'art opératif soviétique, il propose une réflexion lucide et nuancée, qui éclaire autant les conflits du XXe siècle que ceux d'aujourd'hui. Redécouvert après avoir été marginalisé, Svetchine apparaît ici dans toute sa modernité : un penseur essentiel pour comprendre comment les nations conçoivent, soutiennent et remportent la guerre.
Une question hante les philosophes au sujet de l'Afrique. Ce continent a-t-il été une terre étrangère à la philosophie? L'archéologie de la pensée répond à cette question. Elle permet de faire émerger un ensemble de textes et de concepts qui attestent la présence en Afrique précoloniale des mêmes grands courants thématiques qui ont structuré la ré exion au sein de la philosophie dite classique en Europe : idéalisme, matérialisme, métaphysique, dialectique, empirisme, rationalisme, épicurisme, scepticisme, stoïcisme, existentialisme, humanisme etc. Un corpus philosophique existe, conçu par des philosophes africains entre 3400 av. JC et 1700 ap. JC. On retrouve ainsi en Afrique précoloniale un discours en philosophie qui surprend par sa modernité. Si la philosophie en Afrique précoloniale était jusque-là une énigme, celle-ci est en enfin résolue. Ce livre restitue aux Africains, aux Afro-Américains et aux Afro-Caribéens la matière de leur conscience historique dans le domaine de la philosophie. Il leur offre l'opportunité de reconquérir l'initiative historique dans le champ de la philosophie. Le patrimoine philosophique de l'Afrique précoloniale peut donc légitimement contribuer à l'avènement d'une modernité alternative à l'impasse productiviste dans laquelle l'expérience occidentale de la modernité a conduit l'humanité.
L'éclat et le rayonnement d'un chef de guerre, d'un roi, d'un empereur, d'un président, se mesurent à l'aune des résultats qu'ils ont laissés dans leur pays à la fin de leur pouvoir, déchus ou morts. Les ruines, les misères, le dépeuplement dû aux guerres, en restent malheureusement les plus probants. Les guerres de Louis XIV ont conduit directement à la Révolution française, comme les guerres napoléoniennes, en ruinant une fois de plus la France, en finissaient avec l'éclat d'un pays au Traité de Vienne de 1815. L'Allemagne impérialiste, voulue à Versailles en 1870 par Bismarck, sombrait à Berlin en 1945 avec le suicide d'Hitler. L'Union soviétique du camarade autoritaire Lénine, de 1917 à 1991, disparaissait après une succession autant rapide que comique de dirigeants cacochymes. Gorbatchev, bien aidé par Reagan, n'avait rien pu sauver. Cette pauvre Russie en crève encore sous Poutine. Comme prévisible, les régimes républicains français, américain ou la démocratie royale britannique, s'écroulent dans le délitement de leurs institutions que ne respectent plus les dirigeants. La liste des chefs à élire, Trump, Macron, Poutine, Xi Jinping, Erdogan, Orban ou d'autres, fait frémir le plus froid des démocrates. Les peuples se détournent de systèmes dont ils ne comprennent même plus le sens au profit de partis d'extrême droite qui se présentent comme respectables et armés de leurs mortelles solutions clés en main. Et le dérèglement climatique passe...
Liz, born in China and raised in Montreal, is about to land in Germany for a summer physics internship at the end of her freshman year. Eager for a new beginning, she hopes to break free of her unrealized childhood dream of becoming a pianist, a dead-end romantic relationship, and the tug of war between her Chinese and Canadian identities. In Germany, she meets fellow intern Haider, an Indian Muslim from Toronto, and they fall in love against expectations. But summer doesn't last forever. Once they return to Canada, culture clashes and family disapproval threaten to pull them apart. As her sense of self is pushed dangerously close to a tipping point, Liz must summon the courage to survive the chaos that her life has become. Lili Zeng holds a PhD in biophysics from McGill University. She has several peer-reviewed papers under her name and has given a dozen scientific and public outreach talks. Also a classically trained pianist, she has won numerous music competitions and soloed with prestigious chamber and symphony orchestras. She was born in Guangzhou, China, and moved to Montreal, Canada, with her parents as a child. Dear Haider is Lili's first novel. Praise and reviews "Lili Zeng's slow-burn account of Liz's summer student internship lays the foundation for a rollercoaster ride filled with often unexpected life adventures as Liz steps into a new chapter of her life. Zeng's awe-inspiring debut novel is a fearless and courageous narrative of first love, loss, despair, and ultimately of hope and healing. Truly, a testament to the resilience and enduring faith of the human spirit!" - Mary Anne Levasseur, caregiver and youth mental health advocate "A very sincere and touching story about a young girl exploring herself and love. It candidly shows the protagonist Liz, a Montreal-based Chinese immigrant's step-by-step adventures and inner doubts, conflicts and struggles in her love with a white youth and an Indian youth. Some of the real presentation and reflections on racial differences and chasm are a valuable and even most fascinating part of this story." - Xiaodan He, filmmaker, A Touch of Spring "When Liz sets off to continue her studies in Europe, her path seems clear--until unexpected love is both a distraction and a portal. But to what? A coming of age story of the struggle with one's own sense of self as it expands and contracts against the expectations of the larger world." - Leila Marshy, author of Philistine