Moyen Âge (de 476 à 1492)
Moyen Âge (de 476 à 1492)
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Des hérétiques les plus célèbres du Moyen Âge, il ne reste rien, sauf les châteaux qu'on leur attribue à tort. Nous ne les connaissons qu'au travers de ce qu'en ont dit leurs détracteurs et leurs persécuteurs. Si ces écrits ne nous donnent aucun accès direct à la parole des cathares, ils révèlent en revanche une construction savante de l'ennemi, mise au service de la propagande pontificale et d'une croisade intérieure perpétuellement renouvelée. Car les cathares ont bel et bien été combattus avec âpreté par l'Église, parfois en collaboration avec les appareils d'État monarchiques, qui en firent un banc d'essai de leur souveraineté. Huit siècles aujourd'hui nous séparent de ces dissidents à qui l'on a longtemps prêté une religion ancienne venue d'Orient, mais qui, en réalité, supportaient de plus en plus mal le joug d'une Église toute-puissante et corrompue. Huit siècles de mythes, de falsifications, de récupérations que ce livre déjoue pour mieux rendre justice à ces milliers d'hommes et de femmes qui, du côté de Milan, Lyon, Toulouse ou Cologne, se trouvèrent pris dans les mailles du filet de l'Église et de l'État.
1871, Paris s'embrase et invente l'avenir : L'imaginaire de la Commune de Kristin Ross révèle comment, en 72 jours, des anonymes ont révolutionné le quotidien, l'art et le travail.
Le lit médiéval n’était pas qu’un meuble : c’était un théâtre de la vie quotidienne, où l’on mangeait, jouait, recevait et même séduisait.
Depuis 2020, pandémie, guerre en Ukraine et crise énergétique ont brisé l’équilibre mondial. Ce premier tome analyse les fractures géopolitiques et économiques qui redessinent notre avenir. Un essai indispensable pour comprendre l’ère des ruptures.
L'Asie centrale forme le coeur des échanges eurasiatiques médiévaux, ce que l'on appelle, pas totalement à tort, la « route de la soie ». Caravanes et conquérants, moines et artistes, tous passent par Samarcande, Dunhuang ou Bactres, pour aller de la Chine à Byzance ou de l'Iran et l'Inde à la steppe. C'est l'époque de la première globalisation, mille ans avant l'expansion européenne. Mais cette histoire est en lambeaux, et, à l'apogée de ces contacts, de la chevauchée des Huns au quatrième siècle de n.è. à la fin de l'empire tibétain et à l'islamisation au neuvième siècle, jamais aucun ouvrage, dans quelque langue que ce soit, n'avait tenté d'en suivre tous les fils et de patiemment en retisser les motifs. Migrations nomades et art bouddhique, grand commerce et organisation de l'État, colonisation chinoise et conquête arabe, histoire du climat, irrigation et démographie, naissance du persan et globalisation archaïque, et bien d'autres thèmes encore : cette synthèse offre de multiples axes de lecture qu'elle croise et noue en un tissu complexe mais clair. Jouant de très nombreuses cartes et illustrations, elle reconstitue une immense pièce manquante au centre du puzzle de l'histoire médiévale de l'Ancien Monde. Elle est le produit de vingt ans de recherche, et utilise les travaux les plus récents, études érudites sur les textes arabes, chinois, iraniens ou turcs, nouvelles découvertes de manuscrits ou encore résultats des multiples fouilles archéologiques qui se sont développées depuis la fin de l'URSS et l'ouverture économique de la Chine. Toutes les disciplines et les instruments de l'historien sont convoqués pour rendre intelligible et lisible ce monde, tandis qu'à la fin, dans les coulisses, un autre niveau d'analyse est proposé pour ceux qui voudraient, à l'instar des grands marchands et des moines pèlerins, aller plus loin.
Comment vivaient les bourgeoises autour de l'an 1400 ? Un manuel d'instruction ménagère, Le Mesnagier de Paris, véritable bible domestique, nous transmet de précieuses informations sur cette période d'essor urbain : un Bourgeois vieillissant enseigne à sa jeune femme de quinze ans les devoirs de la parfaite épouse. Outre les conseils de pratique religieuse attendus, on y trouve des développements sur la gestion de la maison et des domestiques, le jardinage, les chevaux et un traité d'autourserie, ainsi qu'une foule de recettes de cuisine et autres savoureuses astuces comme chasser les puces des fourrures, faire passer du boeuf pour de la venaison d'ours, ou changer du vin blanc en vin rouge. L'apprentissage des bienséances sociales est au coeur de l'enseignement : elles semblent même l'emporter sur les impératifs spirituels, infléchissement remarquable dans un univers qui se laïcise, où culture populaire et savoir-faire technique se frottent aux traditions savantes et aux lettrés, et où les vertus humaines doivent trouver à s'épanouir au plus épais du quotidien, la bonne réputation faisant figure de bien absolu. L'harmonie du couple est au coeur de l'affaire ; si l'exigence de l'obéissance inconditionnelle de l'épouse à son mari est rappelée avec insistance, bien des nuances se glissent dans cette leçon subtile empreinte de prévenance. Ainsi, en creux du vieux parchemin ne se dessine pas seulement le contour de la parfaite Bourgeoise, mais également l'aimable portrait d'un mari délicat, d'un prudhomme qui nous a laissé l'exquis tableau d'une jeune femme du temps jadis.
Maïmonide a marqué de sa présence emblématique les trois cultures, arabes, juives et chrétiennes, qui ont cohabité en al-Andalus il y a près d'un millénaire. Tout au long d'une vie d'exil forcé, il a étendu l'influence de son intellect dans les domaines du droit, de la philosophie et de la médecine. Son recours à la pensée aristotélicienne pour structurer de nouveaux systèmes d'exploration intellectuelle a changé la manière dont la philosophie judéo-chrétienne était considérée. Thomas d'Aquin, Albertus Magnus, Vincent de Beauvais, Duns Scot, Pic de la Mirandole, tous ont reconnu Maïmonide comme l'un de leurs maîtres essentiels. La foi profonde de Maïmonide dans la capacité de l'esprit humain à saisir ce qui semble insaisissable, et sa tentative d'enrichir le langage de la théologie avec ceux de la science, du droit et de la logique, peuvent peut-être nous aider à restaurer aujourd'hui le prestige perdu de l'acte intellectuel.
Ce recueil offre une palette variée d'actes illustrant le gouvernement des empereurs d'Occident entre le début du IXe siècle et le début du XIe siècle. Du monumental précepte solennel au simple mandement, tous manifestent de diverses manières la volonté du souverain et sa capacité à réagir aux aléas de la vie publique. Cette anthologie est non seulement un florilège d'actes documentant l'exercice du pouvoir au haut Moyen Âge, elle fait aussi office d'introduction à la diplomatique de cette époque en montrant les constances et les évolutions dans la rédaction des actes. Certains sont rédigés selon un formulaire bien établi, de manière stéréotypée, et d'autres sont des textes très sophistiqués traitant de manière singulière d'un cas particulier. Les documents présentés et traduits ici sont conservés en original ; ils concernent les diverses régions de l'Empire, de la Francie occidentale à l'Italie en passant la Saxe, pour n'en citer que quelques-unes. Certains actes ont une portée locale, d'autres sont d'un intérêt majeur à l'échelle de tout l'Empire. Ce livre est le deuxième volume de la Bibliothèque médiévale dirigée par Philippe Depreux, une collection qui propose des traductions commentées de sources relatives à l'histoire de l'Europe médiévale (du monde méditerranéen aux contrées les plus septentrionales), depuis l'Antiquité tardive jusqu'à l'aube des Temps modernes.
Sous les pavés haussmanniens, Paris cache un Moyen Âge méconnu : églises, ruelles et parcelles ont façonné la ville que nous connaissons.
Licornes, dragons, griffons : la vie des hommes du Moyen Âge, de l'An Mille à la Renaissance, est peuplée de quantité de créatures fabuleuses, mais aussi réelles et redoutées. Les saints Pères du désert, les moines et des prédicateurs dignes de foi assuraient que des bêtes féroces et des créatures monstrueuses et hybrides envahissaient la terre. Et comme ces chimères étaient envisagées à la lumière de la Création, elles suscitaient des interrogations fondamentales. Un cynocéphale était-il véritablement un homme à tête de chien ? Se pouvait-il que Dieu eût créé des créatures aussi horribles ? Au Moyen Âge, l'humanité vivait, en âme et conscience, dans un paradis perdu. De même qu'était perdu à jamais, après la transgression d'Adam et Ève, le merveilleux rapport de subordination que les animaux, créés pour servir Adam, avaient entretenu avec les hommes. Ces derniers ne disposaient pas d'armes efficaces pour affronter les loups, les ours et les sangliers, et à plus forte raison les lions, les tigres et les panthères, au cas où ils les auraient rencontrés. Ce qui n'empêchait pas leur imagination fertile de venir à leur secours pour surmonter leurs craintes. Dans cet essai somptueusement illustré, la grande médiéviste italienne Chiara Frugoni observe et analyse minutieusement des tapisseries, des miniatures, des mosaïques, des sculptures, des tableaux et des encyclopédies illustrées pour nous montrer les mille facettes de la tradition séculaire, aussi symbolique que réelle, qui liait les hommes et les animaux. Autant d'images commentées qui rendent vivante et palpitante cette époque lointaine dont a hérité notre culture.
800 après J.-C. : Charlemagne est couronné empereur, marquant un tournant décisif pour l’Europe. Gouverner l’Empire d’Occident explore comment le pouvoir impérial s’est construit face aux rois, entre idéologie, symboles et pratiques sociales.
Voici une histoire de la forêt médiévale, des forêts de France et des contrées voisines, du ve au XVe siècle. Une histoire qui place en regard de forêts légendaires, les forêts réelles, celles de la chasse et de l'élevage, celles du bois de chauffage et des bois de charpente utilisés dans les habitations et les cathédrales, celles indispensables à une industrie où fours, forges, verreries, salines se multiplient. Une histoire qui rappelle comment, durant ce millénaire, les espaces cultivés s'étendent au détriment des forêts, dans quelle mesure les crises, conflits et épidémies accélèrent le processus ou le ralentissent, ou encore pourquoi il est nécessaire de créer des institutions chargées de gérer les espaces forestiers. Inédit en son genre, ce Tour des forêts est mené par des spécialistes de disciplines peu, voire pas représentées habituellement dans les ouvrages historiques (archéologie, palynologie, ou dendrochronologie), et met en forme des données à la pointe de la recherche. Spécialistes de littérature médiévale, linguistes, juristes, historiens des religions et des institutions, archéologues, spécialistes de la végétation ancienne, de la construction des cathédrales, du transport du bois, des mines, de la production de la chaux, de la poix, du sel, etc. ont oeuvré à donner le panorama le plus complet de la forêt médiévale et ainsi offrent un ensemble qui ne s'était encore jamais fait sur ce sujet. Grâce à cette somme foisonnante et richement illustrée, chacun pourra se faire une idée précise de l'évolution de « sa » forêt, celle qui lui est proche, qu'il parcourt parfois, et qui aujourd'hui fait pleinement partie de son quotidien.
Depuis Thermidor et en passant par le Bicentenaire, Robespierre, présenté comme un tyran sanglant et glacé, un ancêtre des totalitarismes de tous bords, reste un sujet de haine et de répulsion. On le voit ici prendre la parole contre la peine de mort ; contre la loi martiale, contre la guerre de conquête (« Personne n'aime les missionnaires armés »), contre l'esclavage dans les colonies (« Périssent vos colonies si vous les conservez à ce prix »). Il réclame le suffrage universel sans condition de fortune. Il veut que les droits de citoyens soient donnés à tous sans discrimination de religion ni de métier. Il s'élève contre la liberté illimitée du commerce qui affame le peuple (« Faisons des lois qui rapprochent le prix des denrées de celui de l'industrie des pauvres »). Il dénonce l'égoïsme des possédants (« La première loi sociale est celle qui garantit à tous la membres de la société les moyens d'exister »). Maximilien de Robespierre (1758-1794) est un avocat et un homme politique français. Principale figure des montagnards sous la convention, il est l'un des personnages les plus controversés de cette période : incorruptible d'après ses partisans, tyrannique selon ses opposants pendant la Terreur.
Les sociétés anciennes vivaient sous la menace de la précarité, du chômage, des crises et des épidémies ; mais elles vivaient aussi le retour des famines et les rues des villes envahies de mendiants criant à la rage de la faim. Comment les hommes ont-ils vécu ces misères en France au Moyen Âge et à la Renaissance ? Pour mener l'enquête, Jean-Louis Roch traque, recense et décrypte leurs mots : les lieux communs, les proverbes, et l'expression des sentiments, comme la honte ou la pitié. Il explore, à côté des archives, la littérature et en particulier le théâtre à destination populaire, les farces et les Mystères. Ce faisant, il multiplie les points de vue sur ces gueux sans souci, sans six sous : le travail précaire, l'obsession de la faim et de la ruse, la fraude et la violence, les mille et une stratégies de survie et les rêves de festins plantureux et du pays de Cocagne. Il raconte l'ambivalence du rapport aux pauvres, qui font rire au théâtre et que l'on chasse dans la rue : « truand », « maraud », « bélître », « gueux » ; des termes à l'étymologie mystérieuse. En détaillant le vocabulaire de la misère à la fin du Moyen Âge, c'est l'ensemble de l'imaginaire social des humbles et un pan entier de la culture populaire qui se découvrent chemin faisant. Les mots des pauvres témoignent d'une très ancienne conception magique du monde, qui allait s'effacer lors de son désenchantement. Cela valait la peine d'aller voir à la fois du côté de la langue et du côté de l'histoire.
Au Moyen Âge, durant deux siècles, une secte islamique organisée en véritable internationale terroriste pratique l'assassinat politique sous toutes ses formes, se forgeant ainsi une réputation mondiale. Aujourd'hui encore, l'histoire des Assassins nous concerne, car elle est une première et fascinante représentation des péripéties tragiques qui, dans des contextes différents, se sont reproduites jusqu'à nos jours. Les idéologies sont autres, mais les lois du jeu politique étant constantes, le modèle reste le même. Au nom de la cause, la fin, déjà, justifiait les moyens.
830-882 : voici le récit brut et fascinant d’un empire carolingien en pleine décomposition, vu par ceux qui l’ont vécu.
Il est coutumier d'imputer au Moyen Âge la persécution de la sorcellerie. Elle se poursuivrait à l'époque moderne et disparaîtrait progressivement depuis le XVIIe siècle grâce au rationalisme cartésien. Et pourtant, elle ne commence ici ou là qu'autour de 1400 et c'est vers 1560 qu'elle devient vraiment massive. Prétendre que des femmes volent dans les airs était condamné comme une superstition peccamineuse par l'Église médiévale et, comme dans l'Antiquité ou aujourd'hui, ce n'était là qu'un conte divertissant. Il s'agit donc de comprendre comment et pourquoi les pouvoirs religieux et laïcs ont changé d'opinion dans une bonne partie de l'Europe chrétienne avant de revenir progressivement, du XVIIe au XVIIIe siècle, à l'opinion médiévale. Les travaux sur l'histoire de la sorcellerie sont abondants et certains d'entre eux de haute qualité, mais il n'existait aucune explication satisfaisante de la persécution et de son déclin. En répudiant les facilités du genre, en analysant le vocabulaire et les textes avec rigueur, le petit livre de Jean Wirth se propose de combler cette grosse lacune.
Né du chaos européen du début du Moyen Âge, le chevalier monté et en armure a révolutionné la guerre et est très vite devenu une figure mythique dans l'histoire. Des conquérants normands de l'Angleterre aux croisés de la Terre sainte, du héros de la chanson de geste au preux du roman arthurien, des amateurs de tournoi aux chevaliers-troubadours, Le Chevalier dans l'Histoire, de la grande médiéviste Frances Gies, brosse un tableau remarquablement vivant et complet de la chevalerie, de sa naissance à son déclin. Le chevalier apparaît d'abord en Europe comme un mercenaire sans foi ni loi avant de devenir l'étendard de la chrétienté puis un soldat de métier au service des rois. Frances Gies nous fait partager sa vie quotidienne, faite de joutes et de batailles, de pillages et de rançons, mais aussi de dévotion et de pèlerinage, et souvent sanctionnée par l'errance et une mort précoce. Elle nous fait revivre l'aventure des héros du Moyen Âge qui ont joué un rôle historique, comme Bertrand du Guesclin, Bayard et Sir John Fastolf, qui inspira le Falstaff de Shakespeare, ou les grands maîtres des Ordres militaires qu'étaient les Templiers, les Hospitaliers et les chevaliers teutoniques.
Traduit pour la première fois en France, La Vie dans un village médiéval est un classique qui a initié des millions de lecteurs anglophones aux secrets du monde médiéval. Et qui a profondément inspiré George R. R. Martin, le créateur de A Game of Thrones. À partir de l'exemple du village anglais d'Elton, vers 1300 de notre ère, Frances et Joseph Gies racontent l'histoire de l'origine, du développement et du déclin du village européen. Avec une grande richesse d'anecdotes et de détails, ils dressent un portrait saisissant de ce qu'était le quotidien de l'époque et nous montrent l'importance du rôle qu'y jouait le village. Les Gies ont le don de rendre à la vie ces hommes et ces femmes qui vivaient dans et autour du village. Nous découvrons comment les champs étaient cultivés, comment seigneurs et serfs se vêtaient et se lavaient, ce qu'ils buvaient et ce qu'ils mangeaient, quels étaient leurs occupations et leurs loisirs, et quels curieux traitements ils inventaient pour se soigner. Nous y apprenons le rôle essentiel que jouait l'église dans le maintien de l'ordre social et comment le système juridique et le code de conduite, étonnamment avancés, du village médiéval posèrent les fondations de la civilisation occidentale. Aussi plaisant à lire qu'un roman, La Vie dans un village médiéval est l'ouvrage idéal pour quiconque a envie de se plonger, l'espace de quelques heures, dans cette période fascinante.
Ispahan, Boukhara, Samarcande... Un rêve d'Orient. La Perse médiévale de l'islamisation à l'invasion mongole, du VIIe au XIIIe siècle. Un territoire beaucoup plus vaste que l'Iran actuel, une civilisation déjà millénaire entre monde méditerranéen et Asie. Rapidement, la Perse fut bien plus qu'une simple province de l'Empire musulman : elle aussi conquit son farouche vainqueur. Ce guide culturel met en lumière ce que lui doit la civilisation musulmane, des institutions aux productions intellectuelles et artistiques. Ce qui ne fut pas sans conséquences, y compris sur la géopolitique contemporaine.
Comment vivaient les hommes, les femmes et surtout les enfants au Moyen Âge ? Commençons par la chambre à coucher, très utilisée même durant la journée pour prendre ses repas, étudier ou recevoir de la visite. Comment était-elle meublée ? Et comment se protégeait-on du froid, principal ennemi des nuits paisibles ? Pourquoi les nouveau-nés étaient-ils emmaillotés dans leurs langes comme de petites momies et pourquoi les miniatures les représentent-elles si souvent vêtus de rouge ? Quelles étaient les chances de survie d'un nourrisson victime du manque d'hygiène, de l'inattention des nourrices et des forfaits du démon toujours aux aguets ? Comment apprenait-on à lire et à écrire ? Comment les enfants s'amusaient-ils quand les textes et l'iconographie ne font état que de quelques jouets ? Quelle était la vie des petites filles confiées au monastère dès leur plus jeune âge ? Avec plus de 200 illustrations (tableaux, fresques, retables, miniatures), Chiara Frugoni nous offre une plongée dans la vie de famille au Moyen Âge. Grâce à sa profonde connaissance de la période, elle attire notre attention sur les éléments significatifs - souvent insolites - des images et des textes médiévaux, nous permettant de reconstituer ce monde lointain où les enfants avaient une vie bien différente de celle de nos jeunes contemporains.
Gaston Fébus (1331-1391), comte de Foix, vicomte de Béarn, coseigneur d'Andorre et seigneur de nombreuses autres terres pyrénéennes, a marqué son siècle d'une empreinte brillante. Il fut un grand capitaine qui écrasa tout le clan Armagnac lors de la bataille de Launac. Il fut un très grand diplomate qui sut tracer son destin entre roi de France et roi d'Angleterre, défiant l'un ou l'autre jusqu'aux limites de l'acceptable en utilisant la crainte qu'avait chacun de le voir s'allier à l'autre. Il obtint ainsi ce miracle de tenir ses terres de Foix et de Béarn à l'abri des ravages de la guerre de Cent Ans. Il fut un administrateur hors pair qui sut tirer de ses domaines les ressources nécessaires à la mise sur pied d'une armée et à l'édification d'un ensemble de forteresses qui constituèrent une très efficace force de dissuasion. Il fut un prince mécène, faisant de sa cour un foyer de recherche musicale ; il fut un prince savant qui avait une importante bibliothèque et qui fit traduire en occitan des ouvrages scientifiques, encyclopédies ou traités médicaux ; il fut un prince poète qui écrivit des chansons dans la tradition des troubadours, qui composa aussi un « Livre des oraisons » et un « Livre de Chasse » qui servit de modèle des siècles durant... Le fait que cette brillance se soit accompagnée d'une face sombre et violente - il tua son fils de sa propre main -, d'une « légende noire » certainement voulue par lui, ne fait qu'ajouter à la fascination que le personnage inspira à ses contemporains comme aux générations futures.
Les troubadours seraient les inventeurs de l'amour courtois. Si c'est là la principale image que l'on se fait d'eux, on ne saurait pourtant réduire ces auteurs-compositeurs-interprètes des XIIe et XIIIe siècles à de simples poètes transis, à genoux devant leurs dames. Certes, ils chantent l'amour, ses affres et ses joies, mais c'est également en musique qu'ils clament l'adrénaline ressentie sur le champ de bataille, le mépris aristocratique à l'encontre des vilains, la moquerie mordante contre les hommes d'Église - notamment pendant et après la croisade contre les Albigeois - ; c'est avec vigueur et entrain qu'ils s'époumonent à défendre les valeurs de leur groupe social, à éduquer leurs semblables en imposant une certaine éthique, et surtout à s'amuser avec virtuosité, et non sans humour, des travers de leurs contemporains. Le monde des troubadours est un univers riche, subtilement disparate, et souvent détonnant. Leurs chansons, de par leur grande diversité de styles, permettent d'appréhender tout un pan de la société dominante au Moyen Âge ; leurs compositions, hautes en couleurs, constituent une source d'informations très précieuse pour entendre et comprendre la voix des femmes et des hommes de ce temps.
Continuateur de l'Empire romain depuis la fondation de Constantinople en 330 jusqu'à sa chute en 1453, l'Empire byzantin fut la première puissance de la chrétienté dont la religion orthodoxe est l'héritière directe. Établi en Asie comme en Europe, il a tissé un lien fort entre ces deux continents. Son héritage artistique fabuleux et son roele décisif dans la transmission des textes de l'Antiquité grecque ont assuré la gloire d'une civilisation qui a su enrichir son respect des traditions d'une fascinante audace créatrice.
Louis Ménard (1822-1901) est un témoin visuel de la révolution de février et des journées de juin 1848, et de la période trouble qui les sépare, période qui résonne fortement avec l'époque actuelle. Républicain et démocrate pendant la monarchie de Juillet, le spectacle du massacre des ouvriers parisiens décide de son passage à ce qu'on appellerait aujourd'hui l'extrême gauche. Qu'un texte aussi remarquable ait eu une fortune aussi discrète, qu'il soit resté indisponible pendant des dizaines d'années est un symptôme : les journées de juin 1848 font partie du refoulé de l'historiographie française. Cette nouvelle publication de Prologue d'une révolution vient à point nommé pour rappeler ces quatre journées, l'une des plus formidables ruptures de l'histoire du XIXe siècle. Présentation de Filippo Benfante et Maurizio Gribaudi. Filippo Benfante est historien.De 2003 à 2007 il a dirigé, avec Piero Brunello, la collection d'inspiration libertaire "Il risveglio" pour les éditions Spartaco en Italie. Maurizio Gribaudi est directeur de recherche à l'EHESS, spécialiste de l'histoire sociale, de la microhistoire, grand connaisseur du Paris du XIXe siècle.
Nous n'avons plus aujourd'hui qu'un écho du travail de communication des prédicateurs d'antan que furent au Moyen Âge les premiers disciples de saint Dominique et de saint François, et quelques autres clercs formés dans les écoles, voire à la faculté de théologie. Le contexte du tournant pastoral du XIIIe siècle donna à leur prédication, fréquente en ville, une place de choix un peu partout en Europe. À leurs appels à se repentir et à changer de vie, inspirés par les Évangiles, s'ajoutait la promotion d'une discipline centrée sur la pratique régulière de la confession annuelle. Nous mesurons difficilement la réception de leurs propos, mais il est certain que tous ces orateurs partageaient l'intime conviction de « l'efficience des mots » : avec l'aide mystérieuse de la grâce de Dieu, ceux-ci étaient dotés d'une capacité d'agir en produisant un effet attendu. L'historien peut au moins capter dans les sources dont il dispose la manière dont ces orateurs façonnaient leur parole d'exhortation. Le plus souvent préservée en ce temps de tout discrédit, elle était proférée publiquement, afin de susciter l'assentiment d'auditeurs à qui les prédicateurs parlaient en recourant au langage du quotidien, tout en chargeant celui-ci d'une grande richesse de sens.
Féroce conquérant, à l'instar de Gengis Khan, provenant des confins de l'Asie centrale et de la mythique Samarcande, Amir Timour ou Tamerlan est le fondateur éponyme d'une dynastie majeure : les Timourides (1370-1507). Après sa mort, cette dynastie a dominé l'Est du monde iranien et turco-iranien, et produit l'une des plus brillantes cultures du monde islamique : le fameux « quinzième siècle timouride », combinaison politico-culturelle unique de la tradition turco-mongole et de la tradition irano-musulmane. Dans cette synthèse de référence, Maria Szuppe éclaire l'originalité de la civilisation timouride : structure de l'État, organisation du pouvoir et de la société, vie économique, religieuse, littéraire et artistique, mais aussi vie quotidienne sont ici racontées au moyen des sources originales, principalement en langue persane, et des recherches les plus récentes dans les domaines historiques, littéraires et archéologiques. Chronologies, cartes et illustrations viennent les compléter.
« Je suis historien. J'ai publié une biographie de Jacques de Molay en 2019. Elle fait à présent partie des travaux d'autorité sur les Templiers et leur dernier grand-maître. Et, pourtant, elle ne me suffit pas. Savons-nous toujours ce que sont les vies que nous, historiens, racontons ? L'énigme biographique survit inévitablement à l'écriture biographique. Ce constat est encore plus vrai lorsque la mort d'un personnage l'emporte sur sa vie, au point d'en conditionner le récit. C'est le cas de Jacques de Molay. Il me faut revenir à cette vie. Il me faut changer de méthode. Et faire parler les vivants et les morts. » Philippe Josserand Sous la plume de Philippe Josserand, sept proches de Jacques de Molay, contemporains du dignitaire ou de nous, racontent, chacun leur tour, à travers lettres, dialogue et monologues, « leur » Molay. De ces témoignages d'une vie en polyphonie ressort une inédite orchestration biographique qui conserve à l'histoire, par la littérature, la recherche de la vérité comme fin première.
Les manuscrits se consument moins que leurs lecteurs. Et ici, je veux parler de l'éclat lumineux des manuscrits et de l'obscurité qui les menace toujours et dire ma passion des manuscrits, ou plutôt de l'activité manuscrite. J'aime l'unicité fragile des manuscrits, sans leur vouer l'adoration ou la convoitise suscitées par des trésors, que j'évoque d'abord avant de livrer mon expérience des rapports incommodes entre les institutions détentrices, les lecteurs et les scribes. La suite, sur mes péripéties de déchiffreur, s'intitule « la peau des scribes » : à partir du matériau d'écriture, le cuir des moutons, je veux me mettre dans la peau des scribes face à leurs détracteurs, ceux qui veulent « avoir leur peau ». Mais entre les scribes et moi, s'interpose l'institution d'une discipline qui s'est voulue « scientifique », avec une exigence de généalogie qui se fondait sur une recherche en paternité, bien vaine pour les textes médiévaux où les traces de l'auteur s'effacent au profit de celles des scribes, malgré d'illustres exceptions. Même en se libérant de ces carcans, le lecteur n'accède pas facilement aux textes des manuscrits : l'objet qui les porte, matériel, subit les aléas et infortunes des choses et les inadvertances des hommes qui en gèrent la fabrication. J'en viens alors à mes frères, les scribes eux-mêmes, quand je traite des marges du manuscrit comme lieu d'organisation du texte par les scribes, avant de présenter leur intervention directe et inventive dans le texte. Ce livre raconte une rencontre heureuse.
Les Ottomans ont longtemps été accusés de tous les excès. L'image du sultan sanguinaire, vivant dans la débauche de son harem, n'imposant sa domination que par la force des armes et s'appuyant sur un islam intolérant reste dans tous les esprits. Or, leur empire a occupé pendant des siècles la première place parmi les puissances du Vieux Monde. Son histoire est d'abord celle de la construction d'un État, doté d'une administration et de lois remarquables. C'est aussi celle d'une grande civilisation qui a laissé de nombreux témoignages. La Cour du sultan présente luxe et raffinement: joyaux et brocards chatoyants, tapis d'Uchak et de Grdes, magnifiques calligraphies et miniatures délicates... Les récits des voyageurs et les reproductions des ""peintres du Bosphore"" soulignent la splendeur des mosquées, l'élégance des pavillons et des fontaines, tandis que les miniatures évoquent les fêtes impériales animées par des lutteurs, des jongleurs ou des funambules. Ces images colorées sont à l'origine d'un engouement certain pour les ""turqueries"" dans l'Europe classique ou baroque et au delà. On sait aussi généralement qu'en 1453, les Ottomans prirent Constantinople, mettant ainsi fin à l'Empire Romain d'Orient qu'au XVIe siècle, Soliman le magnifique fut l'allié de François 1er face à Charles Quint que lorsque Bonaparte débarqua à Alexandrie en 1798, L'Égypte était une province de l'Empire et que la ""question d'Orient"", née de la faiblesse de celui-ci fut le sujet politique majeur du XIXe siècle. Des tragédies de Racine, nous connaissons Bajazet de Molière le grand Mamamouchi du Bourgeois gentilhomme de Mozart, l'Enlèvement au sérail d'Ingres le Bain turc de Victor Hugo les poèmes des Orientales toutes figures renvoyant davantage à l'imaginaire occidental qu'à la réalité historique et sociale. Ce guide veut donner au public le plus large les clés nécessaires pour situer les événements qui se sont déroulés dans l'Empire ottoman classique (XIIIe -XVIIIe) mais aussi pour comprendre les institutions qui les sous-tendaient et appréhender la vie quotidienne de ses habitants. Frédéric Hitzel est docteur en histoire (Université de Paris IV-Sorbonne) et diplômé de langue turque (INALCO). Ancien pensionnaire de l'Institut Français d'Études Anatoliennes à Istanbul (1990-1995), il est chargé de recherches au CNRS au Centre d'histoire du Domaine Turc à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales. Passionné d'art, il a été commissaire de l'exposition « Enfants de langue et drogmans » (Istanbul, Palais de France, 1995), membre du comité scientifique des expositions « Topkapi à Versailles. Trésors de la Cour ottomane » (musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, 1999). Il est l'auteur de : L'Empire ottoman, XVe-XVIIIe siècles, Paris, Les Belles Lettres, 2001. Avec Mireille Jacotin, Iznik, l'aventure d'une collection. Les céramiques ottomanes du musée national de la Renaissance, château d'Écouen, Paris, RMN, 2005. Artisans et commerçants du Grand Turc, Paris, Les Belles Lettres, 2007. De Marseille à Istanbul. L'Orient turc de Ziem et de ses contemporains, Marseille, Images en manoeuvres, 2009 Il a traduit de l'ottoman, présenté et annoté : Osmân Agha de Temechvar, Prisonnier des infidèles. Un soldat ottoman dans l'empire des Habsbourg, Arles, Sindbad/Actes Sud, 1998.
"1250. À quoi ressemblait une ville médiévale ? Comment y vivait-on ? Les grands historiens Frances et Joseph Gies choisissent Troyes, en Champagne, comme l'archétype de la cité médiévale européenne. Grande cité prospère et ville de foire de l'époque, elle éclaire un moment phare de la civilisation médiévale, quelques années avant la guerre et l'épidémie de peste noire qui ravagea l'Europe. Devenu un classique, La Vie dans une ville médiévale nous ouvre la porte d'une période de l'histoire d'autant plus fascinante qu'elle passe souvent, dans l'esprit du public, pour un âge d'obscurité et d'arriération. La vie urbaine au milieu du XIIIe siècle tourne autour de la demeure familiale, qui sert souvent aux bourgeois à la fois de logis, à l'étage, et d'atelier ou de commerce, au rez-de-chaussée. Le centre-ville, où les artisans rivalisent d'habileté tout en se réunissant dans des corps de métiers régis par des règles de conduite communes, est un haut lieu de l'activité textile, agricole et bancaire. Il y a des écoles pour les enfants, mais seulement les garçons, et l'enseignement se fait en latin, par les soins d'un prêtre. L'église est le noyau de la vie religieuse et civique, les offices sont des moments de théâtre et de musique, et les voisins s'y réunissent pour des baptêmes ou d'autres célébrations. Les mariages des familles les plus prospères sont l'occasion de fêtes somptueuses où la danse le dispute à la chanson, et où le vin coule quelquefois pendant plusieurs semaines."