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Dans la langue française, les termes danser et danse font référence à deux pratiques aux fonctions et enjeux très différents. Ils désignent à la fois la danse de scène, destinée à être regardée, et les danses festives ou récréatives, celles que l'on pratique tous. Mais s'il est vrai que la danse de scène s'est toujours inspirée des danses de bal, il est frappant de voir aujourd'hui se multiplier, sur les plateaux des théâtres, des références à des formes populaires - danses clubbing, disco, twerk, new wave, funk... Pour quelles raisons des chorégraphes éprouvent-ils le besoin de se confronter à ces gestes parfois simples et bruts, dépendant souvent de l'industrie du disque ? Ce livre nous invite à découvrir les multiples visages du « danser pop » dans la création chorégraphique au fil des dernières décennies, à travers les oeuvres d'artistes aussi divers que Maurice Béjart, Pina Bausch, Alain Platel, Marco Berrettini, Jérôme Bel, Mark Tompkins, Mathilde Monnier, François Chaignaud, Cecilia Bengolea, Maguy Marin, Christian Rizzo, Thomas Lebrun, Gisèle Vienne et le collectif (LA)HORDE. D'une pièce à l'autre, les danses populaires s'intègrent à la chorégraphie de manière singulière, tout en faisant apparaître des motifs récurrents de la mythologie pop : la contagion, l'improvisation, l'extase et le groupe.
Ce livre retrace l'histoire de la fascination pour le butô en France, depuis le choc de sa découverte à la fin des années 1970. Cette fascination, non dénuée de malentendus, a suscité de nombreux désirs d'ailleurs et de Japon, qui ont travaillé la danse contemporaine, alors en pleine effervescence. Quels désirs esthétiques le butô est-il venu combler ? Qu'a-t-il déplacé et déstabilisé dans la danse contemporaine ? Analyser ce phénomène de réception, c'est déconstruire les lieux communs qui l'accompagnent. C'est aussi relire l'histoire de la danse en France : le butô a fait notamment ressurgir des désirs d'expressionnisme chez les danseurs contemporains alors tournés vers les abstractions américaines. Dans une approche mêlant esthétique et histoire culturelle, analyses de discours critiques et de gestes, ce livre relie l'histoire chorégraphique récente à celles, plus longues, du japonisme et de la mémoire de Hiroshima. Il révèle ainsi les multiples dynamiques à l'oeuvre dans la réception du butô.
Le livre est une introduction, sous forme de bilan critique, à la recherche en spectacle vivant. Il met en perspective les différentes attitudes disciplinaires qui ont permis de penser le spectacle vivant et d'en définir la spécificité comme champ innovant. Il pointe les déplacements épistémologiques, interroge les enjeux et la valeur heuristique du concept. Il propose un cadre d'étude et débouche sur la question de la fonction du spectacle vivant dans la société d'aujourd'hui. André Helbo est professeur émérite à l'ULB, où il a créé la filière et le programme Erasmus Mundus d'étude des arts du spectacle vivant. Président de l'Association internationale pour la sémiologie du spectacle. Membre de l'Académie royale de Belgique.
Combinant différentes disciplines artistiques et passion de la piste, Ex nihilo livre le processus de création des spectacles de la Compagnie Gruss. Créer la nouveauté à partir de l'ancien, faire vibrer le public par la mise en scène : un défi depuis un demi-siècle.
Qu'est-ce qu'une vie de danseur ? Peut-on la raconter ? À partir d'entretiens menés en studio avec des danseurs interprètes de formation, de culture et d'âge différents, Enora Rivière recompose la biographie fictionnelle d'un danseur. Une histoire de corps et donc de vie, où l'on parle beaucoup de ce que l'on croit savoir ou avoir su de la danse, de ce que l'on en espère ou en a espéré, de ce que cela signifie passer sa vie à danser... Parmi les moments clés ou les thèmes évoqués dans le livre : le temps du salut, l'entrée en scène (préparatifs, rituels), la représentation, l'inscription dans la troupe, le processus de création, la « vocation », la formation, la pédagogie... Ce texte de nature littéraire joue sur le multiple et le singulier, laissant entendre des voix entremêlées dont on distingue toujours la tonalité personnelle. Au récit de ces moments de vie répond l'évocation d'expériences de scène, les danseurs décrivant alors les perceptions et les sensations qui les traversent lorsqu'ils sont au plateau ou « au bord de » la scène (ob.scène).
Le ténor et haute-contre Howard Crook (1947-2024) a été l'un des acteurs les plus emblématiques de la redécouverte de la musique baroque dans les années 1980 à 2010. Interprète inoubliable d'Atys, de Lully, Évangéliste remarquable dans les Passions de Bach, il a laissé une discographie de plus de 70 enregistrements, dont beaucoup font date. Il s'est illustré dans des répertoires variés, allant de la musique ancienne à la comédie musicale en passant par la musique contemporaine et le grand répertoire. Sa présence scénique, nourrie par la danse, le mime et le théâtre, lui a facilité l'appropriation de rôles variés. Sa passion du texte a enrichi ses interprétations dans plus de 16 langues. Il a également brillé par ses talents hors normes de pédagogue et de mentor. Sa vie, marquée par l'humilité, le travail et une grande indépendance, est celle d'un artiste voyageur, humaniste et profondément libre.
Figure de proue de la nouvelle danse des années quatre-vingt, la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker n'a cessé depuis de maintenir le corps dansant au centre de ses préoccupations artistiques. Cette analyse met en exergue les éléments qui permettent de définir son style chorégraphique, marqué par une volonté d'assimilation intime et physique des éléments de la composition. Centrée sur le mouvement, ancrée dans un étroit rapport à la musique, la structure compositionnelle met également en valeur une vision exigeante mais éthique de l'interprétation. Ce livre est issu d'une recherche sur le statut de la description, ainsi que son rôle dans l'activité critique et le débat esthétique. L'auteur tente de donner ici au matériau même de la danse l'importance qui lui revient, en alliant étude des textes et analyse des oeuvres composant le répertoire de la compagnie Rosas, de Fa se (1982) à Raga for the rainy season (2005).
Voici un livre sur le clown contemporain et sur les pratiques artistiques et sociales développées autour du clown. Il invite à découvrir ce personnage naïf et marginal, à distance des normes et des conventions, en contact direct et complice avec ceux qu'il rencontre. Que ce soit en formation, en création ou en intervention, le clown contemporain se fait miroir de notre humanité et des enjeux du monde.
La salsa, en voilà une danse qui recèle beaucoup de facettes : un art de se mouvor qui puise sa beauté dans un patrimoine gestuel qui s'est constitué au fil du temps pour créer ce que l'on pourrait nommer aujourd'hui "l'expression salsera". Ce livre retrace sa longue histoire, tout en couleurs, en analysant le contexte d'apparition des mouvements qui la composent, l'évolution dont ils ont fait l'objet et la philosophie dont ils s'imprègnent, apportant ainsi une définition de la salsa en termes de danse.
Le mouvement dansé soulève des défis philosophiques que ce livre relève en examinant les différentes définitions de l'art, le fonctionnement et le statut ontologique des propriétés chorégraphiques, des processus créatifs, de la notation, des représentations scéniques. Par une analyse approfondie du concept d'expression et des notions de technique, de style, d'interprétation juste et de signification, l'ouvrage défend la thèse selon laquelle la danse est « faite d'extériorité », résultant d'une série d'actions et d'interactions conciliant la réceptivité et l'activité, l'émotion et la compréhension, la spontanéité et la délibération, la contrainte et la liberté.
Cet ouvrage présente le travail historique qui s'active en France dans la recherche en danse comme dans le champ de la création chorégraphique. Les études rendent compte, d'autre part, de la construction de la figure du danseur-interprète et de sa parole. Ces contributions entendent placer au coeur de la démarche historique l'analyse de la mouvance des oeuvres aux prises avec leurs interprétations (La Mort du cygne de Fokine, L'Après-midi d'un faune de Nijinski, Noces de Nijinska, Dance de Lucinda Childs...) ainsi que la construction du geste (le saut de Nijinski, mais encore le porter...).
Le manque notoire d'écrits sur la danse en langue française et le besoin actuel en danse jazz de se définir et communiquer sont à l'origine de cette étude sur les fondamentaux de la danse jazz. Evoquant les racines de cet art sur les plans de la symbolique, des émotions, des sensations, ce livre analyse les paramètres du mouvement et ses spécificités. Il s'adresse tant aux professionnels du jazz qu'aux amateurs de danse, qu'aux curieux du mouvement et du corps en général.
Érigé en mage à l'âge romantique, l'artiste convoque aisément les notions de sacralité, de sacerdoce, de marginalité, de prestige. Traditionnellement opposé au « bourgeois », il cristallise l'engagement dans la vie esthétique, souvent solidaire d'une critique du monde social. Mais qu'en est-il de l'artiste à l'heure où la pensée et la « mentalité » romantiques semblent largement coupées de leur arriè
Quels sont les piliers de l'éloquence gestuelle ? Comment est né le mime ? Quelles sont les impulsions qu'un corps génère pour transmettre des émotions ? Dans cet ouvrage où le protagoniste est Marcel Marceau, vous retrouverez un ensemble de références historiques, de réflexions, de déductions à travers le regard curieux et attentif de Patrizia Iovine. Comme la musique, la poétique du geste vit en chacun de nous, il suffit de savoir l'écouter. Embarquez pour un voyage sur les chemins de l'instinct, à la recherche d'une vérité universelle.
Peintre, scénographe, metteur en scène, plasticien polonais et fondateur du théâtre Cricot 2, Tadeusz Kantor (1915-1990) a, par ses écrits et ses oeuvres plastiques et scéniques, ouvert la voie à une approche originale de la création artistique. Les enjeux de symbolisation de la mort passent par une écriture mettant en crise la représentation de la figure humaine. Il s'agit de saisir la mémoire, des traces artistiques et poétiques fécondes pour la scène artistique contemporaine.
Nommé directeur artistique du Théâtre de la Taganka à Moscou en 1964, louri Lioubimov est l'un des metteurs en scène les plus significatifs des décennies 60-70. L'histoire de la Taganka constitue alors à la fois un moment capital de l'histoire du théâtre et de la société russes et soviétiques, et un cas représentatif du théâtre de résistance dans les pays communistes. La distance est aujourd'hui propice pour y revenir : ni trop près, ni trop loin encore de ce théâtre « effervescent » qui, au début des années 90, après les transformations à l'Est, perdit sa raison d'être, malgré le retour de son directeur, destitué et exilé en 1984. Les traces sont nombreuses et les témoins vivants, ce qui permet l'enquête avant l'analyse. L'enthousiasme s'est apaisé, mais la formidable aventure théâtrale n'a pas sombré dans l'oubli ni dans les querelles intestines qui, en 1992, ont abouti à la division de la troupe en deux. La scène poétique et politique de Lioubimov permet d'aborder des problèmes esthétiques spécifiques : celui d'un théâtre « sans pièces », montage de textes en prose, classique ou contemporaine, celui de la mise en scène « métaphorique ». Mais dans la mesure où sa pratique est déterminée par les rapports entretenus avec le pouvoir, l'idéologie, les instances de censure, la dissidence, et surtout par la relation essentielle, vitale, que la Taganka tisse avec son public, les questions artistiques se doublent toujours de questions touchant au fonctionnement de la société et à l'organisation politique. En URSS, la Taganka a été au coeur d'une problématique de la mémoire. L'oeuvre que louri Lioubimov a réalisée à la Taganka de 1964 à 1984, en rassemblant autour de lui une pléiade de grands écrivains et compositeurs, le scénographe David Boroski et une troupe unique où jouait le chanteur-poète Vladimir Vyssotski, a représenté un espace de liberté authentique dans le contexte de la stagnation brejnévienne. Elle peut aussi constituer un instrument de réflexion pour la scène d'aujourd'hui.
Tout au long du XIXe siècle le monde rural n'a pas cessé de se transformer. La danse, qui compte parmi ses moyens privilégiés d'expression, a elle-même connu des renouvellements d'une ampleur sans précédent. Les danses que nous appelons "folkloriques" sont le produit final de cette évolution. Voici un éclairage nouveau sur la vie de relation, les mentalités et leur évolution au sein de l'ancienne civilisation paysanne.
Ce livre est une invitation au voyage et à la réflexion, entre rives de Babylone et boucles de la Seine. Que voir au Louvre ? Comment se repérer dans l'immensité de ces témoignages du passé ? Ce parcours inédit prend la Bible comme fil conducteur pour explorer l'histoire et les civilisations antiques. Saviez-vous que certains vestiges anciens sont ornés de croix, dont le svastika est l'une des variantes ? Que sur une stèle apparaît le nom personnel de Dieu ? Que l'astrologie, le zodiaque et le symbole de la trinité trouvent leur origine en Babylonie ? Que trois Césars sont cités nommément dans les Évangiles ? À travers près de 200 étapes, cet itinéraire traverse les salles des Antiquités orientales, égyptiennes puis romaines. Un relevé des peintures bibliques au Louvre est également proposé. Plus qu'un guide, Le Louvre et la Bible éclaire les liens fascinants entre rites, traditions et croyances millénaires. Il présente certes une étude inhabituelle - naïve pour certains, mais bien différente de celle couramment acceptée. Dans le respect des sphères publique (laïque) et privée (spirituelle), il invite chacun, croyants ou agnostiques, à une réflexion personnelle sur la Bible : parole de Dieu ou des hommes ? Une approche insolite pour visiter et découvrir le Louvre sous un nouveau jour.
Il pensait juste aller courir pendant sa pause déjeuner. Mais à peine ses baskets lacées et quelques foulées avalées, voilà notre chef d'entreprise surbooké qui se retrouve... au guichet de l'au-delà ! Ticket 127 en main, il patiente sans trop comprendre, jusqu'à ce qu'un ange l'invite à passer un curieux entretien d'embauche avec Dieu en personne. Mais attention : le CV de sa vie est passé au crible, et chaque petit mensonge pourrait lui coûter cher. Car si Dieu recrute, Satan aussi... et l'Enfer semble avoir des avantages non négligeables ! Entre absurdité divine, dialogues croustillants et dilemmes moraux Entretiens d'embauche est une comédie irrésistible qui interroge, mine de rien, ce que l'on fait de notre vie... et ce qu'on en dit une fois arrivé là-haut ou en-bas.
Comment les critiques tentent-ils de percevoir, de rendre compte, de nommer, d'instaurer ce qui leur paraît radicalement nouveau ? La tentation est de tout ramener au déjà vu, entendu et dit, ou de répandre de commodes étiquettes. Mais dans la méconnaissance se fraye sans doute déjà une paradoxale reconnaissance. Peut-on repérer des constantes dans la nature des événements théâtraux qui désemparent la critique ? Comment la déstabilisation s'infiltre-t-elle au sein des protocoles de réception ? La critique peut être une écriture à part entière dans sa capacité à donner forme à l'inouï ou à évoquer un spectacle vivant qui n'est plus. Les moments où elle semble dépassée par son objet déplacent son écriture, aux antipodes d'une parole de vérification. Se déploie alors un théâtre de la langue où tout le spectre de la mimésis est réouvert et que n'épuise pas l'exercice de la promotion, de la recension ou du jugement de goût. De la scène romantique à Armand Gatti, du café-concert aux formes intermédiales, des pièces féministes aux créations carcérales, les formes théâtrales inouïes exercent leur pouvoir d'ébranlement. Quelles sont les répliques éditoriales ou théoriques côté plume, de Théophile Gautier à Jean-Pierre Léonardini, des soiristes aux blogueurs ? La subjectivité spectatrice du critique, quand son assise se voit déstabilisée, rencontre une aubaine pour déployer les redéfinitions de son geste.
L'auteur analyse comment des artistes ont adopté ces êtres artificiels, que sont les robots, les avatars et les humains virtuels, pour renouveler, à côté de la traditionnelle famille des « arts vivants naturels », la famille des « arts vivants artificiels. L'ouvrage invite à un voyage de plus de deux milliers d'années afin de retracer la genèse de ces productions et de leurs techniques. Il analyse comment les artistes se sont saisis de ces artefacts pour en faire des créations en résonance avec notre temps. Les arts vivants artificiels, tout en nous offrant toujours de précieux plaisirs, nous prépareraient à vivre désormais en bonne compagnie avec ces êtres artificiels qui nous renvoient notre image et nous obligent à redéfinir notre humanité.
« Je ne cherche donc absolument pas à enlever les rugosités que le handicap produit, les difficultés de parler, de maîtriser certaines choses. À travers ces difficultés se pose une question qui est humaine, profondément existentielle, celle de nos propres limites. [...] C'est extrêmement palpable chez eux sur le plateau, et c'est sans doute ce qui les rend profondément théâtraux. » Madeleine Louarn entend confronter ses comédiens à la puissance de la langue et du corps. Le théâtre devient alors un combat pour dépasser ses propres limites, pour aller au-delà du handicap, pour vivre, tout simplement, par la langue d'un autre.
Constellation dynamique où se croisent, s'entremêlent et se redéfinissent les pratiques comme les savoirs, la magie se déploie en multiples facettes en se nourrissant des avancées de la connaissance dans les domaines les plus divers : de la physique à la religion, de la chimie à la linguistique, de la philosophie aux technologies, des théories de la communication et des médias au corps performant. C'est dans le but de cerner les principaux enjeux de ce vaste ensemble mouvant que nous avons convié des spécialistes à
À partir de l'oeuvre cinématographique du réalisateur espagnol Carlos Saura, cet ouvrage s'intéresse aux rôles narratifs et esthétiques de la musique vocale dans les films de fictions. Les fonctions de la musique vocale (paroles et musique) au sein du film sont analysées sous différents aspects : ordre, temps et espace du récit, caractérisation des personnages, révélation de leurs points de vue et de celui de l'énonciateur filmique. La notion de resémantisation est au coeur des analyses proposées car l'interrelation constante entre paroles, musiques et les autres matières sonores et visuelles produit toujours un glissement sémantique de la chanson qui influence elle-même la compréhension des autres éléments filmiques. L'oeuvre polysémique du cinéaste espagnol, très grand mélomane et maître de l'« oeuvre ouverte », permet de mettre en évidence ces rôles de la chanson, car la musique vocale se prête parfaitement à une révélation détournée du sens, caractéristique chez l'auteur de Cría Cuervos.
La pièce met en scène la fin tragique des rêves d'étendues immenses et de liberté d'adolescents déçus par leur entourage. Frédéric, dans la vingtaine, attend la mort dans sa chambre d'hôpital. À son chevet défilent ses proches dévastés à qui il refuse de parler. Au coeur de sa fièvre émergent son frère d'âme, Wilson, et son amour de jeunesse, Odile, qui l'accompagnent jusqu'à sa fin qui prend des airs de tempête de sable.
Les temporalités créées par la danse sont-elles différentes de celles des autres arts ? Quelles expériences du temps la danse contemporaine nous invite-t-elle à vivre ? Quelle est la force du corps provisoire ? À travers l'analyse des « stratégies temporelles » adoptées par huit chorégraphes contemporains (Merce Cunningham, Jérôme Bel, Xavier Le Roy, Myriam Gourfink, Hideyuki Yano, Anne Teresa de Keersmaeker, Pina Bausch et Trisha Brown), Geisha Fontaine montre comment « le temps chorégraphique est une incessante actualisation des devenirs, un face-à-face avec autrui, l'affirmation du réel jusque dans sa disparition ».
Alice qui, à l'approche de la trentaine, vient de mettre au monde son premier enfant, ne dort pas depuis quarante jours et quarante nuits... C'est donc dans un état second qu'elle reçoit, cette nuit-là, la visite de sa mère, de sa soeur aînée, de sa tante et de son aïeule, quatre femmes aux destins contradictoires. Elles vont remuer ensemble les braises de leur existence trop souvent silencieuse. C'est un beau texte que Carole Fréchette a porté à terme. Une oeuvre sensible et intimiste, tantôt drôle, souvent à fleur de peau, mêlant le quotidien à la poésie. Marie Labrecque, Voir Voilà une pièce intense dans laquelle des personnages qui broient du noir examinent les possibles de leur vie ; où l'on dit la difficulté de la féminité et de la maternité. Louise Vachon, Nuit blanche Une entreprise de mise à nu de l'être, en l'occurrence de l'être féminin qui, vidé de son support mythique, se fait plus déchirant, plus vrai. Lynda Burgoyne, Je
Cette étude est une traversée historique et esthétique du noir au théâtre. Par des exemples concrets, l'ouvrage rend compte de son évolution et permet d'établir le noir en tant que lumière parmi les composantes de la scène. Du xve au xviie siècle, la lumière était un luxe. Au xixe siècle, époque de « l'obscurcissement des théâtres », le noir est un allié de l'illusion théâtrale. En se rapprochant du xxe siècle, il trouve progressivement sa place et ses richesses esthétiques. Car enfin, on va « faire le noir et travailler l'ombre », grâce au symbolisme, au naturalisme ou à l'expressionnisme. Dès lors, à l'instar des futuristes, de la danse de Loïe Fuller et du théâtre d'ombres, on peut éprouver le noir et jouer avec lui dans le cadre de la boîte noire du théâtre. Plastiquement, au xxie siècle, le noir se révèle dans son absence ou sa présence. Le noir prend en charge la dimension poétique et politique du théâtre. Il devient « avaleur », « mangeur d'images » et révélateur des grandes tragédies contemporaines.
Ça fait deux jours qu'il mouille et les bêtes à l'étable s'ébrouent comme à l'approche d'un grand cataclysme. À Saint-André, des gens attendent au bar-salon Le Cristal que le temps se répare un peu. Au début, il n'y a que Loulou, la barmaid primordiale. Puis apparaît Rénald, très agité, nerveux comme un enfant qui a peur. Il y a un silence. Avec grand fracas entrent Martial, Mario et un inconnu, tous les trois détrempés. Prisonniers de la tempête, ils vont tour à tour raconter leur histoire et se confier leur peur la plus étrange, jusqu'à ce que chacun comprenne qu'il a un rôle à jouer dans une histoire plus terrible encore, et qui est toujours en train de s'écrire.
"Ce n'est pas de la danse". Ainsi s'exprime quelquefois l'étonnement, voire l'agacement de certains spectateurs de danse contemporaine. Cette inquiétude traverse finalement la danse contemporaine toute entière : la danse peut-elle et doit-elle se définir ? Doit-elle manifester et revendiquer une spécificité esthétique stable ? Comment identifier des critères fiables pour distinguer la danse de ce qui ne l'est pas ?
Le Bharata Natyam était, à l'origine, défini comme le style de danse classique du sud de l'Inde. Il est aujourd'hui présent dans le monde entier. Bien qu'il ait trouvé sa place dans la culture artistique mondiale, il demeure encore obscur dans l'esprit de beaucoup de spectateurs. En effet, le Bharata Natyam est un art codifié et stylisé. Cet ouvrage a pour but de vulgariser les principaux aspects pratiques et théoriques de cet art millénaire.
A l'aube de ce troisième millénaire, les nouvelles technologies pénètrent particulièrement le terrain de la création artistique contemporaine. Ainsi, cette réflexion se focalisera sur la rencontre entre art chorégraphique et nouvelles technologies pour les problématiques spécifiques qu'elle soulève. Un panorama historique retraçant les multiples collaborations Art/Technique aidera à comprendre en quoi les NTIC bousculent aujourd'hui, les fondements de la création et de la représentation en Danse.