Histoire du Maghreb & du Moyen-orient
Histoire du Maghreb & du Moyen-orient
Filter products
Gaza, 2025 : une enfant tuée, un chirurgien brisé, une artiste en exil. Quand le monde dort donne la parole à celles et ceux que l’on n’entend jamais.
Quinze jeunes voix de Gaza, guidées par le poète Refaat Alareer, brisent le silence imposé par la guerre.
L'histoire de la question d'Orient ne commence pas, comme on le croit trop souvent, au XVIIe siècle. Pour être intelligible, elle doit aller de la période hellénique à nos jours. Dans cet esprit, René Grousset cherche à suivre l'évolution des frontières - spirituelles et politiques - entre l'Europe et l'Asie. Ces frontières ont singulièrement varié au cours des siècles. Pour l'Athénien du Ve siècle, elles se situaient entre Milet et Sardes. Avec Alexandre, les frontières de l'Europe, englobant d'un seul coup toute l'Asie antérieure, sont brusquement portées jusqu'au-delà de Samarqand et de Lahore, au seuil de l'Asie Centrale et de l'Inde gangétique. À l'époque des rois grecs de Bactriane, vers 150 avant J.-C., la vallée du Caboul se trouve en Europe, comme Antioche et Alexandrie... Cette conquête politique, cette hégémonie spirituelle de l'hellénisme dans l'Asie proche, eurent comme conséquence inattendue la pénétration du monde hellénistique par l'esprit oriental. À partir du IIe siècle de notre ère, les religions orientales s'élancent à la conquête du monde romain. L'Empire byzantin ne sera, à bien des égards, que l'iranisation, au point de vue politique, et la sémitisation, au point de vue religieux, de l'Empire romain et de l'esprit grec. À la pénétration morale de l'Europe par l'Asie s'ajoute, vers le milieu du VIIe siècle, la grande révolte de l'Asie qu'on appelle l'islam. Byzance va lutter pendant plus de deux siècles contre les invasions arabes... Telles sont les premières étapes de cette histoire de la question d'Orient que René Grousset a entrepris d'étudier dans ce livre qui demeure l'un des plus marquants de son oeuvre.
Le syriaque a été une langue de culture majeure en Syrie-Mésopotamie du IIe au XIIIe siècle de l'ère chrétienne. Fruit des contacts et du métissage à la frontière des Empires romain et parthe, cette forme d'araméen n'était la langue ni d'un État ni d'un peuple particulier. Mais avec la christianisation, le syriaque a connu un développement exceptionnel. Il s'est répandu de la Méditerranée à l'Asie orientale et constitue aujourd'hui encore la langue classique, littéraire et religieuse de plusieurs Églises orientales. Le syriaque est à côté du latin et du grec la troisième composante du christianisme ancien, ancrée dans l'hellénisme mais également descendante de l'antiquité proche-orientale et sémitique. Dès les premiers siècles, dans un mouvement symétrique à celui de la tradition chrétienne gréco-latine vers l'ouest, le christianisme syriaque s'est développé vers l'est, jusqu'en Inde et en Chine. Il a aussi été la branche du christianisme la plus en contact avec l'islam au sein duquel il a continué à vivre. Avec plus de 100 illustrations, 11 cartes en couleurs, une chronologie et de nombreux textes des différentes é
Les hôtes de marque pénètrent dans la majestueuse salle à coupole du palais de la Magnaure. L'empereur byzantin les reçoit, assis sur un trône d'or, couronné de pierreries, chaussé de pourpre et richement vêtu. Derrière lui, semblent rugir des lions dorés. Le maître de l'Orient est entouré de sa cour. Le Xe siècle marque assurément l'apogée de l'empire romain d'Orient qui perdura un millénaire, à l'époque même où l'Occident vivait ce que les hommes de la Renaissance ont appelé le Moyen Âge. Témoin de ce siècle et de ses hommes, l'empereur Constantin VII Porphyrogénète (913-959), nous a laissé un document exceptionnel : le Livre des Cérémonies. Cet ouvrage unique brosse le tableau des fastes de la cour impériale, à cette époque la première puissance de la chrétienté. Michel Kaplan nous ouvre les portes de ce monde quelque peu irréel et nimbé de gloire, où brillent l'or et la pourpre. Il nous rend accessible la description des cérémonies, de l'idéologie politique de l'Empereur devenu lieutenant de Dieu sur terre, des courtisans, avant tout des fonctionnaires civils et militaires, animant ce pouvoir, mais aussi de la vie quotidienne du palais impérial comme de la capitale, la légendaire et remuante Constantinople.
Indissociable de son histoire singulière, complexe et tourmentée, le plus grand pays d'Afrique est marqué par ses crises chroniques et ses paradoxes contemporains. Dotée d'un fort potentiel géostratégique, économique et humain, l'Algérie, deuxième puissance militaire d'Afrique et dixième plus grande productrice de gaz dans le monde, ambitionne de revenir sur le devant de la scène internationale. En abordant successivement les aspects économiques, politiques, sociétaux et internationaux de l'Algérie, cet ouvrage passionnant et accessible donne des clés de lecture pour découvrir ce pays au-delà des clichés. Ainsi, il permet de comprendre comment le passé colonial impacte encore aujourd'hui la politique du pays, tout en explorant les contradictions de son économie, la place de la femme dans cette société en évolution mais aussi ses conflits avec le Maroc et son départ pour une "Algérie Nouvelle".
Jusqu'aux années 1970, le monde turc et ottoman à l'âge classique restait aux yeux des Occidentaux une curiosité mêlant orientalisme exotique et de très anciens clichés. Gilles Veinstein a fait partie de cette génération de jeunes chercheurs qui a accompagné l'ouverture progressive des archives de l'Empire. Il en a résulté une compréhension profondément renouvelée - car captée de l'intérieur - de ce monde.Les études présentées dans ce volume, publiées entre 1978 et 2009, s'attachent, à partir de cas concrets, à éclairer le fonctionnement et l'évolution de l'État, de l'économie et de la société ottomane, les rapports de pouvoir et les relations entre communautés. Aux mythes qui obscurcissent souvent encore notre vision, Gilles Veinstein oppose les connaissances qu'il a contribué à établir et les conclusions nuancées que lui a inspirées sa fréquentation intime, sur de longues années, de la réalité ottomane.
Cet ouvrage rend compte de récits croisés de trente Maghrébins, de part et d'autre de la Méditerranée, mis en perspective par des présentations de l'auteur. L'idée de ce projet, démarré en 2008 avec la collecte de plus d'une centaine de « récits de vie » dans six pays de la Méditerranée (Tunisie, Algérie, Maroc, Espagne, France et Italie) était double. D'une part, le désir de rendre compte de la multiplicité des formes de départ vers l'Europe - et vers la France en particulier - telles qu'elles se présentent aujourd'hui au Maghreb, mais aussi montrer les éléments qui poussent ces Maghrébins à quitter leur pays. La deuxième idée consistait à comprendre la façon dont ces Maghrébins récemment arrivés en France (mais aussi pour partie, en Italie et en Espagne) ont vécu leurs toutes premières années sur le territoire. Comment montrer une réalité - tant au niveau de ces parcours d'installation que des conditions qui poussent ces personnes à partir de leur pays - nuancée et très éloignée des raccourcis politico-médiatiques ? En choisissant de donner la parole à toutes ces femmes et ces hommes, en les écoutant nous raconter « leur histoire », parfois avec amertume, parfois avec enthousiasme, mais toujours avec émotion. À travers ces trente entretiens de longue durée sélectionnés pour leur qualité, leur richesse et leur représentativité, le lecteur découvrira une mosaïque de portraits lui permettant de comprendre « de l'intérieur », cette grande histoire des migrations, passionnante et toujours renouvelée.
La jeunesse marocaine a le droit de savoir. Le Maroc a connu au début des années 1970 des tentatives pour instaurer un régime politique alternatif à l'absolutisme. Brahim Ouchelh, membre actif de l'Union Nationale des Forces Populaires (UNFP) et acteur de ces faits majeurs, livre ici des révélations inédites qui éclairent les pages sombres de l'histoire marocaine. Un combat difficile a été engagé durant les années de plombs. Il y eut des milliers de victimes, des exécutions, de la torture, des prisons, et des bagnes. Dans cet ouvrage, l'auteur souligne l'importance de la mémoire pour comprendre ce qui a été, et pourquoi ce fut entrepris. Après toutes ces larmes et cet espoir, il appelle à la reconnaissance de la pleine citoyenneté pour les Marocains qui méritent une vie politique et sociale, juste et paisible dans un État de droit, ni contesté, ni contestable.
À travers une histoire sociale de l'Association des oulémas musulmans algériens (AOMA), de sa fondation en 1931 à sa réactivation dans les années 1990, ce livre retrace des débats toujours actuels dans l'Algérie contemporaine : la construction de l'État, la définition de l'islam et la place de la langue arabe. Fondé sur des sources en langues arabe et française, et sur un travail de terrain, L'Algérie des oulémas questionne les clichés liés à l'héritage de l'AOMA. Les activités éducatives et religieuses de l'association à la période coloniale, puis son positionnement dans la guerre d'indépendance ont conditionné l'insertion de ses membres dans l'Algérie postcoloniale. Les parcours de ses dirigeants donnent à voir les stratégies mises en oeuvre après la disparition formelle de l'association à l'indépendance. Si certains des cadres de l'AOMA participent au gouvernement du parti unique FLN, travaillent au sein de l'Éducation na tionale ou oeuvrent à construire les bases de l'islam d'É
De la Perse à la République islamique d'Iran Nationalisme fervent, politisation du religieux, modernisation de la société, économie en crise, tensions régionales... La République islamique d'Iran ne cesse d'évoluer et d'étendre son influence au Moyen-Orient. En abordant successivement les aspects historiques, politiques, internationaux, économiques et sociétaux de l'Iran, cet essai accessible et vivant donne des clés de lecture pour aborder ce pays, non seulement à travers sa profondeur historique, mais aussi à travers ses paradoxes contemporains. Ainsi, il nous permet de mieux saisir son positionnement actuel sur la scène internationale, caractérisé notamment par une oscillation entre idéologie et pragmatisme, mais aussi de mieux comprendre les défis internes de l'Iran, liés à la nécessité de répondre aux aspirations d'une société en pleine transformation.
Centralisation du pouvoir, restructuration économique, construction d'une nation, marginalisation du salafisme, émergence d'une société prenant le chemin de la sécularisation... Derrière sa façade immobile, l'Arabie saoudite a entamé une révolution silencieuse dont on a mal pris la mesure. En abordant successivement les aspects politiques, économiques, sociaux et diplomatiques de l'Arabie saoudite, cet ouvrage décrypte l'évolution d'un pays dont la stabilité politique fait exception dans une région troublée. On comprend à sa lecture combien anachroniques deviennent les clichés d'obscurantisme wahhabite ou de pays de l'or noir associés à l'Arabie saoudite, à l'heure où ses habitants tournent leurs regards vers la mer Rouge pour renouer avec leur tradition d'ouverture. Des cartes, des schémas et des tableaux viennent illustrer le propos.
Polarisation politique, manquements démocratiques, turbulences économiques, crispations identitaires, question kurde, blocage européen... La Turquie se trouve régulièrement au centre de l'actualité internationale et fait fréquemment l'objet de jugements à l'emporte-pièce. En abordant successivement les aspects politiques, économiques, sociétaux et internationaux de la Turquie, cet ouvrage précis et didactique fournit des clés de lecture pour découvrir et comprendre ce pays qui résiste décidément aux analyses binaires. Loin des clichés et des préjugés, il propose des pistes d'analyse pour explorer la profondeur historique et les paradoxes contemporains de la Turquie sans esquiver ses contradictions et ses défis. Des cartes, des schémas et des tableaux viennent illustrer le propos.
Kirkouk, dans le nord de l'Irak, est l'une des provinces les plus touchées par la violence politique. Les conflits s'y superposent depuis plusieurs décennies : mobilisations sociales, guerre entre partis kurdes et État central, lutte d'influence entre les puissances régionales, insurrection arabe sunnite et montée en puissance des milices chiites. Kirkouk constitue donc un point d'observation privilégié des dynamiques politiques qui travaillent la société irakienne. En particulier, les partis - ethno-nationalistes ou religieux - sont à la fois producteurs de violence et intermédiaires obligés entre la population et les institutions étatiques, qui restent l'enjeu majeur des affrontements. Ils mettent en oeuvre des politiques d'ingénierie démographique et imposent de nouvelles hiérarchies identitaires. La guerre contre l' État islamique, à partir de juin 2014, radicalisera leurs projets et conduira, paradoxalement, à un retour de l'État par le biais des milices chiites. Fruit de plusieurs années de recherche sur le terrain, ce livre dépasse les lectures communautaristes ou géopolitiques du conflit irakien qui tendent aujourd'hui à prévaloir. Il apporte ainsi une contribution originale au débat sur le rôle de la guerre dans la formation de l'État.
Au cœur de l’Empire ottoman, découvrez comment des milliers de jeunes garçons, arrachés à leurs familles, sont devenus les esclaves du sultan — une élite militaire et administrative qui a façonné l’histoire.
Byzance, IXe–XIIIe siècle : comment les empereurs et les moines ont façonné ensemble un nouveau modèle de pouvoir, entre spiritualité et stratégie politique. Une plongée inédite dans les coulisses de l’Empire byzantin.
La Tunisie, à l'origine de ce qui a été désigné comme les « printemps arabes », a inventé un type de révolution sans équivalent dans l'histoire. Qu'est-ce, en effet, que cette révolution qui n'est ni idéologique ni partisane ? Pourquoi rappeler l'ancienne garde pour assurer la relève ? Dans ce livre, Yadh Ben Achour - alors à la tête de la Haute Instance pour la transition démocratique - fait le bilan théorique et pratique du moment révolutionnaire. Les différentes étapes, le contexte sociologique, culturel, les acteurs impliqués, les retours en arrière : l'auteur suit pas à pas et sans concession l'histoire en train de s'écrire. Il démontre la portée de ce soulèvement, et l'importance du droit face à toutes les idéologies.
Kenza Sefrioui retrace dans cet ouvrage l'aventure unique de la revue marocaine, Souffles. Sa recherche considérable, qui aura mûri 10 ans, est complétée par une série d'entretiens avec les principaux acteurs de la revue mythique. Au cours de ses sept années d'existence, Souffles a joué un rôle de passerelle entre poètes, peintres, universitaires, ou encore cinéastes. Elle fut la scène sur laquelle ils menèrent leur action culturelle et à travers elle, leur action politique. « Le magnifique travail de Kenza Sefrioui, [...] est une victoire de l'intelligence, de la mémoire et une arme contre le désespoir » (Abdellatif Laâbi). C'est bien aux problématiques de la mémoire, de l'archive et de la transmission entre générations que cet essai de référence répond, en permettant de replonger dans un passé riche d'expériences novatrices et d'aventures humaines. Prix Grand Atlas 2013 - Préface d'Abdellatif Laâbi
L'histoire des Juifs d'Algérie a fait l'objet de nombreuses publications, souvent fondées sur des enquêtes orales dans une perspective mémorielle, mettant en lumière certains aspects du mode de vie de cette population. L'originalité de cet ouvrage réside dans l'exploitation de sources primaires, principalement les registres de conscription militaire et l'état civil. Il reconstitue le parcours de vie d'hommes appartenant à plusieurs générations nées entre le milieu du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Cette démarche met en évidence à la fois des caractéristiques communes et la diversité des trajectoires individuelles. Elle permet aussi de saisir les évolutions d'une génération à l'autre : les plus anciens, nés en 1858, sont venus au monde sous le statut d'« indigènes », tandis que ceux nés en 1901 étaient citoyens français et ont connu l'exil. Selon leur génération, ces hommes ont vécu différemment les grands bouleversements politiques et militaires, des deux guerres mondiales à l'indépendance de l'Algérie.
La Turquie est devenue un acteur clé des relations internationales contemporaines avec un positionnement parfois paradoxal entre Occident et Orient, entre modernité et archaïsme, entre laïcité et islamisme. Pour bien la comprendre, il est essentiel de connaître son histoire. Dès 1923, Atatürk et ses partisans fondent la République de Turquie, animés par une idéologie nationaliste unificatrice en rupture avec l'héritage ottoman. Afin de moderniser la société turque, ils mettent en place des réformes qui devront faire face à la résistance des masses conservatrices, encore attachées aux traditions et valeurs du passé. Dans ce climat de tension, entre modernité et héritage, Tayyip Erdogan s'impose sur la scène politique et renoue avec les partis traditionalistes. C'est au coeur de cette histoire riche, complexe et pleine de défis politiques que la République turque va se construire et fonder son identité. À l'occasion du centenaire de la République, ce livre se penche sur les paradoxes de la société turque avec une approche fouillée et didactique. Il se découpe en cinq parties : Politique, Société et Islam, Économie et crime organisé, Relations internationales et enfin Forces armées, services secrets et milices.
Comment des journaux français et anglo-saxons ont-ils couvert le Moyen-Orient, et plus particulièrement l'Arabie d'Ibn Saoud, au moment crucial de la formation des États-nations dans cette région ? Quels regards ont porté de grands reporters comme Albert Londres et Joseph Kessel sur l'émergence du royaume saoudien et les révoltes qui ont secoué la Syrie et la Palestine mandataires dans l'entre-deux-guerres ? C'est ce que cet ouvrage essaie de comprendre en analysant la montée en puissance d'Ibn Saoud, présenté par la presse comme un réformateur tolérant et éclairé, guidant un peuple sans voix vers le progrès et la modernité. Une image restée pratiquement intacte et dans laquelle puise aujourd'hui l'Arabie du prince héritier Mohammed ben Salman, pour réécrire le récit national saoudien.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'Iran a souvent été une terre d'accueil pour les juifs. Ce livre étudie un bouleversement démographique rarement expliqué : les migrations massives des juifs provinciaux vers Téhéran au XXe siècle. Cet ouvrage documente une période fondatrice où malgré les révolutions, les guerres et les coups d'État, les juifs trouvèrent leur place dans la nation iranienne. Suivant une méthodologie précise fondée sur l'étude des motifs de migration, il offre l'occasion de revisiter l'histoire tumultueuse de l'Iran, d'Israël et du judaïsme. Chemin faisant, il donne des clefs de lecture sur les récents conflits en Orient ainsi que sur les questions religieuses et migratoires en général.
Le Grand Liban proclamé en 1920 était destiné à devenir un modèle de diversité, voire un pays mission. Peu après sa naissance, on l'a surnommé la Suisse du Moyen-Orient. Pourtant, en un siècle, le pays n'a cessé de subir crise après crise, générant une déchéance progressive de sa gouvernance jusqu'à la faillite totale de l'État en 2020. Pourquoi ce pays a-t-il suivi un parcours opposé à celui qui lui était destiné ? Par une approche inédite revisitant brièvement l'histoire du Liban, les tiraillements géopolitiques régionaux, le tissu social, les traditions, les us et coutumes ayant abouti à forger une personnalité libanaise plutôt qu'une vraie identité nationale, les explications deviennent plus claires. La fragilisation de la patrie ainsi que la faillite de l'État représentent l'aboutissement logique d'un déclin ayant débuté il y a déjà plusieurs décennies.
Dans la recherche historique présentée dans ce livre, Hussein Ahmad Sabra essaye de mettre en évidence pour la première fois un aspect très important et peu connu des Assassins ismaéliens chiites, qui n'étaient que des mercenaires à la demande. Il tente ici de prouver que l'importance de ces Assassins sur la scène politique est due au soin, à l'attention, la protection et l'adoption qu'ils reçurent des régimes et des forces qui régnèrent successivement au cours des XIIe et XIIIe siècles (1090-1273 AD), tels que les Seldjoukides, les Zengides, les Aÿubides, les Croisés et les Mamelouks. Ce courant religieux fut donc utilisé à dessein, en tant que minorité chiite, pour affaiblir, puis soumettre les Arabes et les musulmans (majoritairement sunnites, tant dans les pays arabes qu'en Iran même), pour semer la terreur et les pousser à recourir aux dirigeants et aux sultans afin de les débarrasser de leur mal. Mais ils servirent aussi de mercenaires à la demande pour supprimer les adversaires de ces dirigeants et sultans, et de sujets à leur solde dans les luttes internes du pouvoir.
En s'appuyant sur des lettres consultées dans les archives de la Congrégation de la Mission, adressées depuis la Perse au Supérieur général à Paris, l'auteur retrace les événements qui marqueront l'histoire de la mission en Perse depuis le milieu du XIXe siècle jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale. Il montre, dans la région d'Ourmiah au nord-ouest de l'Iran où sont concentrées des populations nestoriennes, les rivalités des lazaristes avec d'autres missions. Il met en évidence également les discordes entre les clergés catholique et chaldéen et entre les lazaristes eux-mêmes. Jacques-Émile Sontag, supérieur de la mission, archevêque d'Ispahan mais résidant à Ourmiah, apparaît comme une voix d'apaisement. Embarqué dans la tourmente, il refuse de quitter son église et sera assassiné le 31 juillet 1918.
Ce livre couvre la période de 1958 à 1962. Il montre que le dégagement total de la France de l'Algérie est le fait du général de Gaulle. L'opération s'effectue par étapes. De mai 1958 à septembre 1959, de Gaulle accède au pouvoir, change les institutions en s'attribuant une place centrale et fait le choix de l'autodétermination. Puis, il renonce à l'autodétermination, c'est-à-dire à l'élection au collège unique par tous les habitants d'une assemblée constitutive d'une République algérienne associée à la France. Pressé de se débarrasser du « boulet algérien », il signe les accords d'Évian qui délèguent au FLN la souveraineté que la France possédait sur sa province française d'Algérie. Enfin, il choisit et soutient le GPRA afin de mettre en place un embryon d'État algérien indépendant, de mars à juillet 1962. Mais les implosions du FLN, de l'ALN et du GPRA, dont l'exécutif provisoire avait préparé l'avènement, vont rendre caducs les accords d'Évian et consacrer la défaite de la politique algérienne du général de Gaulle.
La guerre d'Algérie reste insidieusement gravée dans toutes les mémoires. Elle continue d'influencer les relations entre les deux pays. Or, mal connue, l'histoire de la conquête coloniale de l'Algérie pourrait s'avérer salutaire. Tocqueville, penseur, acteur et témoin direct de cette période, ne voulait pas que les indigènes d'Algérie subissent le même sort que les Indiens d'Amérique. Lui qui avait vu les ravages causés par la colonisation du Nouveau Monde. Critiqué pour ses textes en faveur de la colonisation de l'Algérie, Tocqueville n'a pas été vraiment compris sur ce sujet brûlant, alors qu'il avait prédit l'éventualité d'une guerre violente entre colonisateurs et colonisés. Aussi, redécouvrir ses textes sur l'Algérie, en dégager la cohérence par rapport à ses oeuvres majeures, nous permet de mieux saisir notre présent et saluer le génie de Tocqueville.
Après avoir traité la migration espagnole en Algérois et la migration italienne au Maghreb aux XIXe et XXe siècles, Gérard Crespo aborde un sujet original et complexe, la migration espagnole au Maroc. Sujet complexe, car le Maroc colonial est divisé en deux parties : celle sous protectorat français et celle sous tutelle espagnole. D'où venaient ces migrants, pourquoi ont-ils choisi la partie espagnole ou française, comment se sont-ils intégrés dans la société coloniale, quelles ont été leurs conditions de départ lors des indépendances ? Telles sont les questions auxquelles tente de répondre l'auteur dans son ouvrage.
Ni récit historique, ni essai politique classique, Le Maroc face à lui-même est une tentative de penser le Maroc comme un tout. Au-delà des réformes et des infrastructures, ce livre explore les logiques profondes qui structurent le Royaume : la permanence de ses héritages, les fragilités de son architecture institutionnelle et les ressorts d'une nouvelle étape. À travers une archéologie de la conscience nationale, un diagnostic des failles systémiques et une réflexion sur les conditions d'une nouvelle souveraineté cognitive et d'une puissance de convergence, cet ouvrage s'impose comme l'un des premiers essais véritablement réflexifs consacrés au Maroc, invitant à penser le Royaume dans sa cohérence historique, politique et civilisationnelle. Ni courtisan ni partisan, cet essai forge ses propres catégories analytiques pour éclairer les choix de demain. Préfacé par Daniel Rivet, historien du Maroc et professeur émérite à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, il s'adresse à tous ceux qui cherchent à comprendre le Maroc comme une trajectoire historique et civilisationnelle en devenir.
Offrir un large panorama de l'histoire, politique et militaire, économique et sociale, religieuse et culturelle, des mondes musulmans médiévaux, de l'Antiquité tardive aux débuts de l'époque moderne, telle est l'ambition du présent Atlas, qui s'appuie sur près de deux cents cartes originales, à toutes les échelles, accompagnées de textes, d'extraits de sources et d'illustrations. Les conquêtes islamiques ont contribué à la formation d'un vaste ensemble de territoires où les musulmans ont détenu le pouvoir politique, dominant des peuples aux coutumes, langues et religions différentes. Il s'étendait sur trois continents - d'al-Andalus à l'ouest à l'Inde islamisée à l'est - et s'ouvrait sur deux espaces maritimes majeurs, la Méditerranée et l'océan Indien. Cet atlas explore les routes parcourues par les marchands, les pèlerins, les voyageurs, les étudiants et les savants ; il atteste de l'ampleur du phénomène urbain comme de la richesse des échanges dans l'ensemble de cette aire et rend compte de son insertion dans une économie-monde en formation. Les communautés musulmanes se sont séparées en différentes branches : les sunnites et les chiites, mais aussi en une myriade d'autres courants minoritaires qui marquent, jusqu'à nos jours, la topographie religieuse. Si les luttes fratricides furent importantes, les relations conflictuelles avec différents ennemis du dehors - conquêtes et jihad, croisades et invasions - ont remanié les équilibres internes comme les frontières extérieures. L'activité diplomatique qui se déploya, à travers toute l'Eurasie et de l'Atlantique au Pacifique, la circulation des idées et des modèles littéraires ou architecturaux, témoignent, au-delà des échanges commerciaux, de l'étendue des réseaux développés au cours des siècles. Les chercheurs qui ont réalisé cet ouvrage collectif, lancé au sein de l'équipe « Islam médiéval » du laboratoire Orient & Méditerranée (CNRS), sont spécialistes de différents champs de l'histoire médiévale des mondes musulmans. Ils et elles donnent à voir et à comprendre, dans une historiographie renouvelée, une histoire globale et connectée des mondes musulmans médiévaux.
Dans un monde où la mémoire collective est souvent effacée par les rouages du pouvoir, certaines voix refusent de se taire. Ce livre explore les luttes des Mères du samedi en Turquie et des Mères de Khavaran en Iran, deux mouvements courageux face aux disparitions forcées. Chaque samedi, les premières se rassemblent à Istanbul, brandissant les photographies de leurs proches disparus, et dénoncent les violences des années 1990 en Turquie, marquées par un « État profond », informel, mêlant secrètement, en une hiérarchie parallèle, forces de l'ordre et groupes mafieux contre les insurgés kurdes. À Khavaran, les secondes honorent les victimes des purges sanglantes de 1988, demandant justice face à l'impunité d'un régime répressif. Ces mouvements ne sont pas de simples vestiges du passé. Leur pertinence demeure actuelle, à l'heure où les disparitions forcées continuent et où les procès des responsables traînent en longueur. À travers leur détermination, les Mères du samedi, tout comme les Mères de Khavaran, nous rappellent l'importance d'une prise de conscience collective pour faire la lumière sur ces crimes, garantir des droits fondamentaux et prévenir de nouvelles injustices.
On ne compte plus les catastrophes de toutes natures subies par le Liban et les Libanais depuis des décennies. Cet essai, qui ambitionne d'apporter une vue d'ensemble de la situation libanaise, est motivé par l'explosion catastrophique du port de Beyrouth d'août 2020, restée à ce jour sans suite judiciaire ni politique. La démarche suivie est avant tout citoyenne et libre. L'ouvrage n'hésite donc pas à dire les choses, de manière objective et avec pédagogie, même si elles peuvent paraître inavouables pour certains. Car nous, Occidentaux, avons notre part de responsabilité dans ce malheur. Naturellement, le récit est documenté, et s'appuie sur de nombreuses références. Le propos est structuré autour de la notion de souveraineté, ce qui assure la cohérence, la concision et la clarté d'un récit qui couvre plus d'un demi-siècle d'événements : depuis l'indépendance de l'Etat libanais en 1943, puis les premières fissures, l'abdication de souveraineté, et enfin sa chute. L'effondrement économique et politique que l'on observe aujourd'hui n'en est que la conséquence malheureuse, mais ô combien logique. L'ouvrage est une synthèse claire qui expose, révélation après révélation, ce qui se tramait et se trame encore derrière les coulisses de ce malheur. Le public français, dont l'affection envers le Liban est tout aussi grande que son peu de connaissance du pays, appréciera une lecture rappelant celle d'une intrigue policière. L'aperçu historique qui introduit le livre en appuie l'argumentation, expliquant quelques caractéristiques saillantes de la culture et de l'identité libanaises. Ce cri du coeur finit en plaidoyer pour le Liban, un appel au devoir de mémoire pour les Libanais, et au nécessaire redressement du pays. Une véritable lettre d'amour pour le Liban et la France.