Archéologie
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La France vient-elle « du fond des âges » comme l'affirmait le général de Gaulle dans ses Mémoires ? Existe-t-il, autrement dit, une identité et des racines nationales immuables ? Au-delà des fantasmes et des manipulations, Jean-Paul Demoule, reprend le dossier à ses débuts, depuis l'arrivée des premiers humains sur notre sol, il y a un peu plus d'un million d'années. Au fil d'une douzaine de chapitres chronologiques, on verra ainsi que les chasseurs-cueilleurs sapiens européens, jadis venus d'Afrique, furent au néolithique assez rapidement « grand-remplacés » par des agriculteurs venus du Proche-Orient ; que les Gaulois n'ont pas toujours été « nos ancêtres » ou encore que le baptême de Clovis dans une Gaule officiellement chrétienne depuis plus d'un siècle fut un « non-événement » ; on verra que les frontières de « l'hexagone » ne cessèrent de fluctuer au gré des guerres et des conquêtes, puis des décolonisations, et comment affluèrent de nouveaux habitants, fuyant des régimes despotiques ou attirés par la révolution industrielle - laquelle allait peu à peu transformer les campagnes et dissoudre cultures et langues locales. Ainsi se dessinera peu à peu la trajectoire singulière d'un territoire où se sont succédé, en fascinantes mosaïques, sociétés, langues, productions matérielles, représentations du monde, religions, techniques, modes de vie. Et c'est nanti de ce riche bagage historique que chacune et chacun pourra s'interroger sur la façon dont elle ou il se sent française (ou français).
« Être archéologue, c'est étudier les diverses traces laissées par d'anciennes communautés humaines afin de mieux comprendre leur histoire et leur organisation, leur environnement et leur mode de vie. À l'archéologie, discipline populaire, sont souvent associés les termes de "passion", de "fascination", d'"énigme" ou d'"exotisme". Mais ce témoignage vise surtout à illustrer ce que cette discipline dit de nous, de notre société contemporaine et des défis que nous devons relever dans les domaines environnementaux, économiques, technologiques, sociaux et politiques. Pour contribuer à analyser le présent et tenter d'appréhender l'avenir, je vais donc retourner sur mes pas, fréquenter différents terrains de fouille et rouvrir des dossiers scientifiques : pointer les "jours j" et les moments déterminants, et ainsi faire face au passé pour tenter de lire dans d'anciennes traces une histoire en devenir. Du littoral méditerranéen aux sources de la Seine, cette itinérance nous entraînera dans des grottes occupées par les premiers humains, au-dessus d'une épave antique, auprès d'un prince celte, dans les rues d'une ville gauloise et même dans les sous-sol de Notre-Dame de Paris, explorés à la suite du tragique incendie. »
En 1492, une nouvelle secoue l'Europe : de l'autre côté de l'océan existe une terre inconnue, un « Nouveau Monde », où vivent des peuples aux coutumes étonnantes, parfois inquiétantes. Bâtisseurs de splendides cités, liés entre eux par des interactions complexes, ils ont développé un système de valeurs et des technologies d'un très haut degré de sophistication. Depuis leur découverte, les civilisations précolombiennes n'ont cessé de fasciner et de soulever de multiples questions, dont certaines restent, aujourd'hui encore, sans réponse. Aztèques, Incas, Mayas, Mochicas, Olmèques, Zapotèques... De la Mésoamérique jusqu'aux Andes, du bassin du Mississippi au bassin de l'Amazone, c'est leur histoire qui est retracée dans ces pages, du moins ce que nous en savons, notamment grâce aux traditions orales, aux sources coloniales et à l'archéologie.
Les hommes ont toujours lutté les uns contre les autres. Quelles que soient les causes invoquées, les motifs sont les mêmes : s'approprier ce qui appartient à l'autre, voire l'autre lui-même. Comment transformer cette furieuse envie de détruire et d'absorber l'autre en respect et reconnaissance ? Comment établir d'autres modes de relation que la force ? Deux hommes ont vécu et pratiqué l'art de la guerre dans une Europe déchirée qui se pensait alors à l'échelle du monde ; dans le même temps, tous deux étaient des hommes de culture passionnés d'histoire. Au sortir de la Grande guerre, ils entreprirent de mettre en place les outils d'un nouveau type de relations internationales et de les appliquer au monde, tel que l'avaient redessiné les vainqueurs. La connaissance et le respect de la culture de l'autre devaient fonder un nouveau style d'échange, destiné à supplanter à terme la violence et la contrainte. C'est du moins dans cette épure qu'Henri Seyrig et le général de Gaulle inscrivirent les grandes lignes qui devaient permettre d'assurer le passage de la connaissance entre tous les partenaires du nouvel ordre international. La France développa ainsi un système original, associant recherche scientifique et diplomatie, qu'elle met toujours en pratique sur les cinq continents. Au terme de bientôt 80 ans de pratique, le moment est sans doute venu de dresser un bilan, si provisoire et fragile soit-il.
Vous aimeriez partir à la recherche de civilisations englouties ? Enfant, vous vous rêviez dans la peau d'Indiana Jones ? Chaque été, vous êtes bénévole sur un chantier de fouilles ? Vous êtes un habitué des sites et des musées archéologiques ? Alors ce livre est fait pour vous ! En professionnelle confirmée, Anne Lehoërff, après avoir raconté l'histoire des premiers archéologues et des grandes découvertes depuis le milieu du XIXe siècle, décrit les méthodes d'enquête et les étapes de la chaîne opératoire en archéologie. Enseignants du primaire ou du secondaire, étudiants, acteurs des politiques d'aménagement au contact de l'archéologie préventive, amateurs des Journées du patrimoine et des Journées nationales de l'archéologie ou simplement férus de vieilles pierres, vous trouverez dans ce guide tout ce qu'il faut savoir en matière d'archéologie. Vous y apprendrez, par exemple, que la loi française interdit de fouiller son jardin...
Centré su r les phénomènes suburbains dans le territoire de Rome et dans le contexte provincial des Gaules, cet ouvr age rassemble les travaux de chercheurs français et italiens s'inscrivant à la suite d'une longue tradition d'études scientifiques sur le sujet.À l'issue d'une introduction abordant la définition même du suburbium, son rôle essentiel pour la compréhension de l'archéologie urbaine et la complexité de sa délimitation physique, les articles sont présentés selon deux axes. Le premier est dédié aux cas d'études caractérisés par une mixité de fonctions concentrées sur un territoire donné et le second traite essentiellement de la fonction funéraire de ces quartiers périphériques.Qu'il s'agisse d'édifices spécifiques ou d'espaces plus larges, ces contributions proposent un éclairage parfois inédit sur les territoires traités, en rajoutant un jalon important, entre autres, à la connaissance des phénomènes suburbains, grâce à la présentation des données les plus récentes.
Les vestiges archéologiques sont là, cachés, sous la terre, sous les eaux, autour de nous. Présents et invisibles. Hérités du passé, ils sont un patrimoine qui ne devient réalité que lorsque l'archéologie les met, littéralement, au monde. Ils entrent alors dans un cycle de vie nouveau, une chaîne au cours de laquelle interviennent fouille, enquête, étude en laboratoire, production de connaissances, exposition. Objets de recherche, ils acquièrent, grâce à cette archéologie en actes, un statut, une valeur. Ils deviennent un enjeu pour la science, un fait de société, un repère pour le citoyen. Dans ce texte engagé, Anne Lehoërff interroge les rapports entre « archéologie » et « patrimoine » et les replace au coeur de la société contemporaine. Tout en les inscrivant dans le temps long, elle soulève des questions aussi contemporaines qu'épineuses, tels le pillage, les restes humains ou la restitution aux pays d'origine des objets hérités du passé colonial...
Pour les civilisations antiques, l'écriture était un don divin. Les philosophes et les linguistes ont spéculé sur ses origines. À la fin du XXe siècle, des objets archéologiques ont permis de retracer l'évolution de pratiques aboutissant aux premières traces d'écriture en Mésopotamie. Bousculant le mythe et les certitudes savantes, leur étude a montré que les fonctions primordiales de l'écriture ne relèvent ni de la transmission, ni de la conservation du langage, mais de la gestion de biens. La conception scientifique de la genèse de l'écriture découle des découvertes de Denise Schmandt-Besserat. Ce livre présente les preuves matérielles que sont les « jetons », examine leur évolution jusqu'à la transmission de leurs fonctions aux tablettes d'argile, puis analyse les implications socioéconomiques de ce processus multimillénaire, avant de restituer la classification des artefacts. Cette démarche est comparable à celle d'André Leroi-Gourhan : elle introduit une problématique fondamentale dans le champ des études paléo-historiques en même temps qu'une méthode éclairant la relation entre une classe d'artefacts et l'évolution de l'humanité. Dans une postface inédite, Grégory Chambon fait le point sur les enjeux toujours actuels de cette oeuvre fondatrice.
Ce nouveau volume de Trésors monétaires est consacré à un unique ensemble, le gigantesque trésor gallo-romain de Saint-Germain-lès-Arpajon (Essonne). Les quelque 34 000 monnaies qui forment ce dépôt représentent une accumulation de métal de plus de 100 kg. Si ce n'est sa taille hors norme, le profil de cet ensemble est assez classique en apparence. Il est constitué pour l'essentiel de petites pièces en alliage cuivreux frappées au cours de la période dite de « l'Empire gaulois » (260-274). Les monnaies les plus récentes datent du règne de Probus (276-282). La thésaurisation s'inscrit dans un contexte troublé, tant au niveau politique (usurpations, invasions et autres révoltes) qu'économique (inflation, réformes monétaires).
La restauration du sarcophage attribué à Guillem III Taillefer a permis aux historiens et aux archéologues d'approfondir les connaissances sur l'époque pendant laquelle vécurent les comtes de Toulouse. « Copyright Electre »
Enquête sur la construction du goût dans la Méditerranée du ier millénaire av. n. è., cet ouvrage explore les dimensions alimentaires, esthétiques et stylistiques des sociétés phéniciennes et puniques, sans cesse façonnées par des interactions ethniques et culturelles. À travers une approche pluridisciplinaire et comparatiste, les auteurs s'attachent à croiser les sources traditionnelles (textuelles, archéologiques et iconographiques) avec des outils innovants (analyses biochimiques des restes et archéozoologie) pour étudier les stratégies de distinction et d'adaptation développées par ces sociétés. Ils s'interrogent aussi sur les modalités selon lesquelles certains goûts sont attribués aux Phéniciens au regard des « Autres », qu'il s'agisse des auteurs grecs et latins ou d'interprétations modernes.
Et si Rome avait inventé la croissance économique bien avant l’ère industrielle ? Performances économiques de l’Empire romain révèle, grâce à des données archéologiques inédites, comment commerce.
Vous partagez avec votre frère ou votre soeur une relation affective étroite, fondée sur une enfance commune et des souvenirs partagés, et vous vous soutenez mutuellement en toutes circonstances ? Ou au contraire vos contacts avec votre frère ou votre soeur entraînent systématiquement des tensions et dégénèrent en conflit ? Cette ambivalence de sentiments et la complexité des relations entre membres d'une fratrie, les Grecs et les Romains de l'Antiquité les ont éprouvées aussi.... Ce livre s'intéresse à la relation entre frère et soeur dans l'Antiquité gréco-romaine. A travers des exemples célèbres - Alexandre le Grand et ses soeurs, le roi Ptolémée II et sa soeur-épouse Arsinoé II, le futur empereur Auguste et sa soeur Octavie, l'empereur Caligula et ses trois soeurs - ou des cas moins connus, il montre comment les fratries mixtes joué un rôle central dans les stratégies familiales et dans les jeux politiques, au fil des siècles. Mariages consanguins, attirances incestueuses, alliances fraternelles en vue d'obtenir le pouvoir, création de liens fraternels fictifs, rivalité entre un frère et une soeur dégénérant en guerre civile, soeurs héritières du prestige de leur frère, soeur espionne pour le compte de son frère ou « agent de liaison » entre un frère et un beau-frère ennemis, vous découvrirez au gré des différentes contributions, les facettes claires et sombres de cette relation familiale singulière.
Cet ouvrage s'inscrit dans la série de publication des « Fouilles à Marseille » dont deux volumes ont déjà paru (en 2011 et 2014) traitant de la ville, puis des mobiliers médiévaux et modernes. Ce troisième volume s'intéresse à la ville antique, entre le vie siècle avant J.-C. et la fin du viie siècle. Marseille, cité grecque, se revendique la « plus ancienne ville de France » et son histoire est déjà longue de plusieurs siècles lorsqu'elle intègre l'Empire romain en 49 avant J.-C.À partir des grandes fouilles urbaines de l'Alcazar et du quartier de la Major menées à l'aube des années 2000 et dont les données archéologiques sont présentées de façon détaillée, plusieurs thèmes sont abordés et traités de manière synthétique. Ainsi, l'urbanisme, le réseau des rues, les zones de nécropoles ou encore l'organisation des zones suburbaines et du territoire massaliètes sont revisités à travers les données les plus récentes de l'archéologie préventive. D'autres fouilles de moindre envergure, situées dans le quartier du Panier ou sur la butte Saint-Laurent, c'est-à-dire au coeur de la ville antique, complètent le corpus des sites étudiés.L'équipe éditoriale de cet ouvrage regroupe les principaux acteurs de l'archéologie marseillaise, qui sont issus de l'Inrap, du service archéologique municipal et du CNRS (CCJ et CEREGE). Ils ont mis en commun leurs recherches pour proposer cette synthèse renouvelée de Marseille durant l'Antiquité grecque et romaine.
La construction sur l'Euphrate des barrages turcs et syriens a entraîné la disparition d'un tiers des sites hellénistiques, romains et byzantins de la vallée ; elle a modifié le rôle que le Moyen-Euphrate jouait depuis des millénaires comme axe principal de circulation et d'échanges entre la Méditerranée et la Mésopotamie. Cet essai de géographie historique se propose de poursuivre la synthèse que René Dussaud avait consacrée aux rives de l'Euphrate dans la Topographie historique de la Syrie antique et médiévale, publiée en 1927. En croisant différentes sources textuelles et documentaires, des écrits des géographes antiques aux images satellitaires, cette étude, accompagnée de nombreuses illustrations, met en valeur les dynamiques géographiques et historiques qui ont marqué l'occupation de la vallée depuis la fin du IVe s. av. J.-C. jusqu'au VIIe s. (volume 1).Complément indispensable de l'étude d'ensemble, le catalogue (volume 2) présente 212 notices, accompagnées d'une très riche documentation graphique et photographique sur les sites archéologiques de la vallée : centres urbains, villages, forteresses, églises, monastères, nécropoles du Moyen-Euphrate durant les périodes hellénistique, romaine et byzantine. Il permet de parcourir les deux rives du fleuve, de Zeugma à Doura-Europos : ainsi se trouve rassemblée la somme des données archéologiques représentatives des profondes mutations intervenues entre la colonisation séleucide et le siècle de Justinien.
Peu après 138 av. J.-C., Kléopatra, une riche athénienne, fait ériger au coeur de sa maison, sur l'île de Délos, sa statue et celle de son époux. Si les portraits de Socrate et de Périclès sont connus dans l'imaginaire collectif, la sculpture grecque livre en réalité les figures de nombreux autres personnages dont la majorité, à l'instar de Kléopatra et de son époux, sont nettement moins illustres. Au cours des époques hellénistique et impériale, les villes antiques se parent en effet de très nombreuses statues de personnalités marquantes de la vie sociale locale. Cet ouvrage explore à travers l'étude des statues portraits de Délos et d'Athènes les évolutions et transformations qui marquent les sociétés civiques grecques entre le IIIe s. av. J.-C. et le IIe s. apr. J.-C. Par de nombreux aspects, l'érection à grande échelle de statues de citoyens prééminents illustre les enjeux de ces mutations. À travers une étude mêlant des sources variées, sculpturales, épigraphiques et architecturales, ce sont les interactions entre l'individu et la société qui l'entoure qui ont été explorées.
La mise en place de plusieurs programmes de recherches et de fouilles programmées, associés au développement de l'archéologie préventive, renouvelle régulièrement nos connaissances relatives à l'archéologie portuaire. Les recherches sur les ports antiques de Méditerranée bénéficient depuis plusieurs années d'un intérêt certain, aussi bien en France que dans l'ensemble des pays du pourtour méditerranéen. Les actes du colloque international de Fréjus en 2018 abordent des thèmes portant sur les aménagements et les fonctions spécifiques de ces lieux d'échanges et sur les transformations du milieu naturel. Les procédés de construction, les architectures, les bâtiments, les fonctionnalités et les représentations graphiques des sujets traités dans cet ouvrage. La première partie est consacrée aux éléments structurels des ports antiques, la seconde, à l'environnement de ces ensembles envisagé par le biais des fonctions administratives, de l'artisanat ou encore des infrastructures liées au commerce et à la navigation. Les résultats présentés ici font appel aux fouilles de vestiges terrestres et submergés, à l'étude des techniques, à l'épigraphie, à l'iconographie ou encore à l'archéologie expérimentale.
Le site de la Capelière est positionné au contact de l'étang de Vaccarès et des anciens parcours du Rhône d'Ulmet, un des deux bras majeurs du fleuve dans son delta. Le terrain, actuellement dans la Réserve naturelle nationale de Camargue, est de très faible altimétrie. Les fouilles de 1997 à 2002, réalisées dans le cadre d'une équipe pluridisciplinaire où la part environnementale est essentielle, ont mis en évidence une occupation d'un millénaire, des alentours de 500 av. n. è. au VIe siècle. Entrecoupée de moments d'abandon, cette longue durée a pu être découpée en cinq périodes principales dont les quatre premières sont majeures (de 500 av. n. è. à 60 de n. è.). Ce petit village, implanté en milieu difficile car inondable, apparaît au travers de l'analyse de l'ensemble des données archéologiques (architecture vernaculaire, stratigraphie et mobiliers), environnementales ainsi que des ressources agro-pastorales ou halieutiques, comme singulier par la variété et le nombre des produits commerciaux rencontrés. L'étude critique et comparative de ces informations au fil des siècles montre non seulement les évolutions culturelles successives du village, mais permettent aussi de le percevoir comme un poste avancé du commerce d'Arles, non comme un lieu de redistribution, mais comme un regroupement de navigateurs ou passeurs fluviaux, parmi les premiers nautes arlésiens.
L'archéologie est pratiquée en Afrique depuis les indépendances, mais elle reste une science peu connue. Elle s'est surtout cantonnée à la restitution de l'histoire et du passé oubliant les autres champs d'application pratiques dans la société. Cette étude définit l'archéologie et montre ses méthodes à travers les différentes étapes de la restitution du passé, puis dresse un tableau de sa contribution à la connaissance des faits et civilisations historiques au sud du Sahara. Elle s'achève par la présentation des nouveaux enjeux de l'archéologie en Afrique face aux grands projets structurants et au capitalisme international.
This volume comprises the proceedings of a workshop with the same title which took place in October 2015. It was organised within the frame of the ARC13/18-049 (concerted research action) `A World in Crisis?'. It has both a large chronological scope-from the Late Paleolithic to the 12th c. AD - and wide geographical coverage, with case studies from the Maya, Southern US, Aegean, Sri Lanka, Indus, Gaul, Southern Levant, Anatolia, Egypt, North-western Europe, Alaska and Mesopotamia. It discusses and critically analyses the variety of signatures and archaeological correlates of crisis conditions that led to social breakdown. As such it makes massive strides forward to a better theoretical understanding of crisis-induced collapse.
Aux confins septentrionaux de l'Empire romain se trouve, selon Virgile (L'Enéide VIII, 727), la terre des extremi hominum Morini, « les hommes qui habitent l'extrémité du monde connu ». Si cette formule a connu une prospérité certaine, l'archéologie donne aujourd'hui à ce territoire un tout autre visage, celui d'une terre de rencontre et d'échanges, au carrefour des voies terrestres et maritimes qui relient la Bretagne romaine (Grande-Bretagne actuelle) au continent. Ainsi la ville antique de Boulogne est le carrefour de la circulation des marchandises et des hommes entre les deux rives du détroit, lieu privilégié pour appréhender les échanges entre le continent, l'espace méditerranéen, l'espace rhénan et la province de Britannia. Les contributions rassemblées dans ce volume dressent un état des lieux des connaissances sur le rôle du port antique de Boulogne-sur-Mer et de ses liens avec son arrière-pays.
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Un voyage au coeur d'une des régions les plus sauvages de la planète sur les traces d'une cité mythique et d'une civilisation disparue. Bienvenue dans l'impénétrable jungle de la Mosquitia, dans le nord-est du Honduras. C'est là que s'est aventuré le romancier et journaliste Douglas Preston aux côtés d'une équipe de scientifiques pour lever le voile sur l'un des derniers mystères de notre temps : la fameuse Cité blanche, ou Cité du dieu singe, qu'évoquait Hernán Cortès au XVIè siècle et que personne à ce jour n'avait réussi à localiser. Ancienne malédiction, jaguars et serpents mortels, parasites mangeurs de chair et maladie incurable, controverse scientifique... Ce récit digne des aventures d'Indiana Jones et riche d'enseignements sur la plus importante découverte archéologique de ce début de XXIè siècle remet en perspective ce que l'on croyait savoir des civilisations préhispaniques, à l'heure où la mondialisation et le réchauffement climatique menacent de condamner notre monde au sort tragique de cette cité mystérieusement disparue. « Douglas Preston a écrit, au péril de sa vie, un récit d'aventures puissant et terrifiant. » David Grann, auteur de La Cité perdue de Z.
À la croisée de l'Âge d'or de la civilisation minoenne et de l'Âge du Fer, les 250 ans d'histoire de la société crétoise couverts par cet ouvrage représentent une période encore fortement débattue (1450-1200 av. J.-C.). Cette problématique historique spécifique, résumée sous l'appellation de « Crète mycénienne », s'est longtemps concentrée sur le site majeur de Knossos et les relations variées entre les sociétés complexes de la Crète et de la Grèce continentale. Ce faisant, une domination culturelle et politique de la civilisation mycénienne sur la population crétoise s'est souvent érigée en modèle interprétatif dominant. En se basant sur une description analytique détaillée des données archéologiques disponibles, l'approche contextuelle de la Crète aux Minoen Récent II-IIIB proposée dans cet ouvrage vise à une meilleure compréhension de la diversité des identités, des interactions et des horizons socio-culturels qui caractérisaient les communautés crétoises à un stade avancé de l'Âge du Bronze. À travers le prisme des différentes régions et dans une perspective diachronique, on souhaite illustrer que cette société ne peut désormais plus être envisagée sous l'angle d'un isomorphisme culturel ou de la simple opposition entre « minoen » et « mycénien ».
Delphes, VIe-Ier siècle av. J.-C. : découvrez comment une petite cité grecque, souvent éclipsée par son célèbre sanctuaire, a façonné son identité politique et sociale à l’ombre d’Apollon.
À travers le regard d'archéologues, historiens et historiens de l'art, ce volume reconstitue l'émergence et la consolidation de la recherche archéologique en péninsule Ibérique et au Maroc depuis la fin du xixe siècle, en s'appuyant pour cela sur l'exemple des fouilles scientifiques de Baelo Claudia, au coeur du détroit de Gibraltar. L'excellent état de conservation de cette ville romaine, principale voie d'accès à Tingi (Tanger), lui a permis de devenir, depuis plus d'un siècle, un formidable champ d'application des disciplines archéologiques et historiques, comme l'entendait son initiateur Pierre Paris (1859-1931), également fondateur de la Casa de Velázquez. On y découvre ainsi un site exceptionnel et une communauté scientifique qui fait vivre l'internationalisation de la recherche, désormais axée sur la jonction des savoirs issus des deux rives de la Méditerranée.
Marseille, plus ancienne ville de France, mais dont les vestiges antiques se livrent difficilement ... Depuis plusieurs décennies, les archéologues marseillais reconstruisent patiemment la ville antique. Dans cet ouvrage, à travers l'exemple de fouilles archéologiques récentes réalisées au coeur de la ville antique (sites de l'avenue Vaudoyer, du parvis Saint-Laurent, de Bon-Jésus et de l'Hôtel-Dieu), dans sa périphérie (tunnel et esplanade de la Major), ou à l'extérieur de son enceinte (l'Alcazar), les archéologues esquissent différents aspects du cadre urbain antique. Depuis la fondation de la cité au vie s. avant notre ère jusqu'à la fin de l'Antiquité tardive, se dessinent ses monuments publics et le réseau de rues quadrillant la ville au rythme de ses agrandissements. À l'extérieur de l'enceinte, les zones de nécropoles, puis le territoire de la cité mis en culture, participent également de la singularité marseillaise. La publication de ces données, abondamment illustrées et pour la plupart inédites, mises ainsi à la disposition d'un lectorat spécialisé comme d'un public plus large, s'inscrit dans le cadre d'une série d'ouvrages intitulée « Fouilles à Marseille », dont deux volumes portant sur Marseille médiévale et moderne ont déjà parus. Elle sera complétée par un volume portant plus particulièrement sur l'habitat, l'artisanat et les modes de construction antiques et un volume sur les mobiliers archéologiques de ces périodes.
Toulon, Telo Martius portus, est une agglomération de la cité d'Arles mentionnée pour la première fois dans l'itinéraire maritime d'Antonin. Jusqu'aux fouilles du quartier de Besagne, les historiens pensaient qu'elle prenait toute son importance au moment de son élévation au rang d'évêché au ve siècle. Les fouilles réalisées révélèrent une réalité toute différente, à savoir celle d'une agglomération portuaire organisée et active dès le ier siècle de notre ère avec un ensemble de découvertes inédites et spectaculaires. La publication analyse le processus de fondation et de développement de la ville en lien avec son chef-lieu de cité. Elle révèle les aménagements portuaires avec leurs quais, voies et entrepôts, un quartier d'habitations avec ses îlots, boutiques, installations artisanales et des aménagements hydrauliques. Le mobilier conservé dans la vase du port nous renseigne sur le trafic portuaire entre les ier et iiie siècles de notre ère. Ainsi des centaines d'objets nous offrent un aperçu de la vie quotidienne des habitants et des marins. La découverte de cinq épaves, dont deux de forme inédite, nous suggère les types de bateaux qui accostaient aux appontements en bois. Des tombes, des monnaies et des céramiques montrent les mutations de la ville et du port entre le ve et le début du viiie siècle.
Les foulons font partie de ces artisans du textile indispensables à la vie quotidienne des Anciens, et néanmoins restés trop longtemps oubliés de l'Histoire. Leur rôle était pourtant primordial pour l'économie de la production textile, puisqu'ils oeuvraient à la finition des étoffes, et en même temps tout à fait banal, puisque c'est à eux aussi que les habitants confiaient au quotidien leurs vêtements à nettoyer. Cet ouvrage nous plonge dans le monde des foulons de l'Orient grec (Égypte comprise), en tentant, à partir d'une étude technique de leurs ateliers et d'une archéologie des chaînes opératoires, de replacer ces artisans du textile dans leur environnement professionnel, économique, mais aussi social et civique. Le croisement systématique de toutes les données disponibles - textes littéraires, inscriptions, papyrus, sources iconographiques et archéologiques - permet de faire sortir de l'ombre ces travailleurs méconnus du quotidien, en les réhabilitant en tant qu'acteurs historiques des sociétés grecques et hellénisées de la Méditerranée orientale sur près d'un millénaire.
Klimonas is the oldest Mediterranean island village. Occupied ca. 8 800 cal BC, it postpones by several centuries the Neolithic presence in Cyprus, at that time located more than 80 km offshore. The village extended over more than 5,500 m2, facing the sea, 2 km from the famous pre-pottery site of Shillourokambos and near rich flint outcrops. Excavations (2009-2016) revealed that it was composed of circular or oval earthen buildings 3-6 m in diameter, notched into the slope, modestly fitted out and organised around a semi-buried 10 m communal building. The construction techniques, the abundance of either knapped or polished stone material, together with ornaments, symbolic objects, and plants and animal remains, as well as the 52 radiometric dates, point to the end of the Levantine Pre-Pottery Neolithic A (PPNA). The presence of a communal building, rebuilt numerous times over the course of several decades, also points to the same conclusion. The villagers gathered seeds and fruits and cultivated wild starch and einkorn, recently imported from the continent. They primarily hunted small endemic wild boar, the only large mammal species attested on the island at that time and, secondarily, birds. They did not eat fish or marine shellfish. Domestic dogs, mice and cats brought from the continent also lived in the village. The remains of this cultivator-hunter community testify to the early extension of the Near Eastern Neolithic and to unsuspected seafaring skills, substantially improving our knowledge of the Neolithic transition in the Mediterranean.
C'est un coup de foudre ! Niché entre une ancienne voie romaine et le flot de l'Oudon en contrebas, des bâtiments malmenés par le temps émergent discrètement de hauts taillis qui les protègent des regards. Sous le charme, Christophe et Catherine le Bret deviennent propriétaires du lieu en 2000. L'histoire du Prieuré de la Jaillette va alors se révéler. Sur cette petite abbaye cistercienne, le temps semble suspendu : un cloître moyenâgeux, utilisé comme hangar agricole, lance encore quelques arches dans un mouvement interrompu ; la salle capitulaire, transformée en cellier à cidre, est devenue muette ; adossé à l'église, le vestige d'un banc des moines n'attend plus personne... Il faut sauver ce que l'historien angevin André Sarazin, découvrant en 1971 ce pauvre chef-d'oeuvre en péril, avait qualifié de « petit monastère aux champs ». Passionné d'histoire, Christophe entreprend sa restauration. Au cours de travaux qui dureront 20 ans, le prieuré livre, un à un, ses secrets. Tout est là, dans le sol, dans les murs, derrière les couches successives de badigeons... Les traces d'un passé glorieux apparaissent grâce aux équipes de fouille. Le Prieuré de la Jaillette renaît enfin et, avec lui, surgit du passé un personnage illustre : Geoffroy Ostorius, chevalier de la IIIe croisade, qui revint du Sinaï avec une relique de sainte Catherine et fonda le lieu de culte en 1298. Ce livre raconte tout autant les découvertes successives et les restaurations maitrisées par les historiens, archéologues, architectes, restauratrices de peintures murales, tailleurs de pierres et autres artisans compagnons, que les recherches historiques qui amènent aujourd'hui à considérer le Prieuré de la Jaillette comme un site incomparable du Haut-Anjou, un épicentre de spiritualité et de modernité à la fin du Moyen Âge.
Les vestiges anthropobiologiques mis au jour en contexte archéologique ont une place singulière parmi les éléments du patrimoine archéologique. Ils génèrent des questionnements éthiques et scientifiques qui éludent souvent l'intérêt patrimonial. La richesse des réflexions autour des vestiges anthropobiologiques rapportées ici montre la volonté d'appréhender leur aspect archéologique, anthropologique, éthique, juridique voire social dont l'importance est grandissante. Après avoir souligné leur valeur heuristique universelle, le livre s'articule autour de quatre axes. Le premier renseigne la diversité de cette mémoire unique et sensible, relique biologique du passé et support d'une construction sociale via le rituel funéraire. Le deuxième livre des questionnements autour du statut de ces restes au prisme du régime juridique des vestiges humains patrimonialisés. Un troisième concerne la conservation et la valorisation des vestiges anthropobiologiques. Le dernier rend compte des approches réglementaires hors des frontières hexagonales. À la lecture de cet ouvrage, il apparaît que les ensembles ostéo-archéologiques, ne sont plus déconnectés des questionnements sociétaux ni même dissociés d'un souvenir collectif ou d'une forme de mémoire universelle. Ils contribuent à l'histoire commune, depuis l'échelle régionale jusqu'à celle de l'espèce. In fine le livre cherche à définir davantage ce que sera le « vestige anthropobiologique patrimonialisé » de demain.
Le présent ouvrage rassemble vingt-deux contributions inédites rédigées par des amis et collègues français et étrangers ainsi que par d'anciens étudiants pour rendre hommage à Daniele Vitali à l'occasion de son départ à la retraite. Leur diversité thématique reflète l'ampleur du spectre des recherches abordées et partagées au cours d'une carrière prolifique. Elles en dressent le bilan tout en définissant de nouvelles perspectives. Professeur associé de pré-protohistoire et titulaire de la Chaire d'archéologie et antiquités celtiques à l'université de Bologne (1998-2009), membre de la Chaire internationale du Collège de France (2006-2007), puis professeur d'archéologie classique à l'université de Bourgogne (2010-2018), Daniele Vitali a marqué de son empreinte l'archéologie celtique européenne.