Champs
1983, un essai visionnaire alerte sur la montée de l'islamisme. Le radeau de Mahomet analyse, avec la rigueur d'un grand reporter, les dangers du fondamentalisme et la situation des chrétiens d'Orient.
La mélancolie, cette « bile noire » que les Anciens considéraient comme constitutive de l'être, occupe une place de choix dans la théorie psychanalytique. Freud la définit comme une destruction, marque d'un deuil impossible qui touche à la structure même du sujet. Elle se signale effectivement comme suspens du désir, emprisonnement dans la mort, ressassement, apathie, cruauté - et jouissance - exercée à l'endroit de l'autre et de soi-même, et va de pair avec une réduction des fonctions du vivant au seul ordre du besoin et de la survie. La souffrance, la passion, la toxicomanie, la violence, le désespoir politique et l'appel à la tyrannie sont autant de manifestations d'une affection dont Jacques Hassoun entreprend ici d'analyser le fonctionnement et les causes à travers la clinique et la littérature.
La rencontre avec le monde indien n'est plus un luxe aujourd'hui. C'est devenu une nécessité pour qui veut comprendre ce qui se passe dans le monde moderne. Comprendre n'est rien ; mais tenter d'aller au bout de tous les corridors obscurs, essayer d'ouvrir quelques portes : c'est-à-dire, au fond, tenter de survivre. Notre univers de béton et de réseaux électriques n'est pas simple. Plus on veut l'expliquer, plus il nous échappe. Vivre au-dedans, hermétiquement clos, en suivant les impulsions mécaniques, sans chercher à transpercer ces murailles et ces plafonds, c'est plus que de l'inconscience ; c'est s'exposer au danger d'être perverti, tué, englouti. Nous savons aujourd'hui qu'il n'y a pas de vérités ; il n'y a que des explosions. Partir, nous voulons partir. Mais pour où ? Tous les chemins se ressemblent, tous sont des retours sur soi-même. Alors il faut chercher d'autres voyages. J.M.G. Le Clézio
Ce livre replace les récessions généralisées : 1974-1975 et 1980-1982, aussi bien dans leur cadre historique précis - la rupture avec la longue période d'expansion d'après-guerre -, que dans le cadre plus général de l'histoire du mode de production capitaliste dans son ensemble. Il s'agit d'expliquer en quoi ces récessions et les phases de dépression - de reprise hésitante, inégale et non cumulative - qui leur font suite, ne sont ni le résultat du hasard, ni le produit d'éléments exogènes (la hausse du prix du pétrole ; la lutte de libération des peuples du tiers monde ; le comportement irrationnel des syndicats ; les revendications salariales des travailleurs anticipant sur l'inflation). Elles correspondent, au contraire, à la logique immanente du système, bien que des facteurs exogènes, ou accidentels, jouent évidemment un rôle dans les particularités de chaque cycle. Chemin faisant, nous pouvons affiner à la fois l'exposé et l'application de la théorie marxiste des crises périodiques et du cycle industriel, qui reste un des chapitres les plus controversés mais, en même temps, des plus impressionnants de l'oeuvre théorique de Karl Marx.
Best-seller du New York Times « Les corps femelles ne sont pas de simples corps mâles avec des "trucs en plus" (graisse, seins, utérus). » Jusqu'à récemment, les scientifiques se sont contentés d'étudier la norme mâle et nous ont livré ainsi moins de la moitié de l'histoire de l'évolution. Cette immense zone d'ombre ne relève pas seulement du sexisme ou d'un problème intellectuel : c'est un sujet de santé publique, puisque, du fait de notre méconnaissance des corps biologiquement femelles, nous savons moins bien soigner les femmes que les hommes. On ne pouvait pas en rester là. Dans cet essai révolutionnaire, Cat Bohannon revisite l'histoire de la biologie évolutive en plaçant le corps des femmes en son centre. De la maternité à la ménopause, en passant par l'allaitement, les variations de la voix ou les méandres du cerveau, elle montre combien être une femme est une aventure extraordinaire.
Qui s'intéresse encore à la vérité ? Fake news, mensonges, manipulations des données, discrédit des scientifiques, croyances aveugles, rejets violents et polarisations extrêmes : tout semble fait pour nous tromper et pour nous faire obstacle - voire pour nous dresser les uns contre les autres. Craignant de devenir les pantins de pouvoirs aux buts obscurs, nous voudrions retourner aux « faits ». Mais dans des sociétés hantées par la technologie et l'intelligence artificielle, c'est le sens même de la réalité qui se délite. Comment nous remettre sur le bon chemin ? Refusant les illusions confortables comme les dénonciations stériles, Maxime Rovere propose un éclairage renversant sur les fakes news, sur les défis de l'enseignement et sur nos prises de conscience, pas toujours aussi transformatrices qu'on le voudrait. En donnant des clés pour nous réorienter, cet essai lumineux repense la vérité dans les termes d'interactions vivantes et partagées.
Qui s'intéresse encore à la vérité ? Fake news, mensonges, manipulations des données, discrédit des scientifiques, croyances aveugles, rejets violents et polarisations extrêmes : tout semble fait pour nous tromper et pour nous faire obstacle - voire pour nous dresser les uns contre les autres. Craignant de devenir les pantins de pouvoirs aux buts obscurs, nous voudrions retourner aux « faits ». Mais dans des sociétés hantées par la technologie et l'intelligence artificielle, c'est le sens même de la réalité qui se délite. Comment nous remettre sur le bon chemin ? Refusant les illusions confortables comme les dénonciations stériles, Maxime Rovere propose un éclairage renversant sur les fakes news, sur les défis de l'enseignement et sur nos prises de conscience, pas toujours aussi transformatrices qu'on le voudrait. En donnant des clés pour nous réorienter, cet essai lumineux repense la vérité dans les termes d'interactions vivantes et partagées.
Le fascisme ne revient jamais sous les mêmes traits : il peut changer de langue, de visage, de stratégie. Mais il prospère toujours sur les mêmes peurs, les mêmes aveuglements, les mêmes renoncements. En 1967, l'extrême droite renaît en Allemagne autour d'un parti néonazi, le NPD. Theodor W. Adorno situe les racines de cette inquiétante résurgence dans la concentration du capital, le règne de la marchandise et le fétichisme de la technique - dynamiques dont il pressent déjà les prolongements contemporains, jusqu'aux formes actuelles du techno-fascisme. Il en montre aussi la grammaire politique : un langage qui découpe et simplifie le réel, fabrique des boucs émissaires et transforme le mensonge en vérité alternative. Si la peste brune est aujourd'hui de nouveau en ordre de marche, sa victoire n'a rien d'inéluctable. Car l'histoire n'est jamais écrite d'avance . Comme le rappelle Adorno : « La manière dont ces choses évolueront, et la responsabilité de leur évolution, c'est de nous qu'elles dépendent en dernière instance. » « Cette conférence de Theodor W. Adorno de 1967, alors que le NPD, parti d'extrême droite, était en pleine ascension en Allemagne, n'a rien perdu de son actualité et de son acuité. » L'HUMANITÉ
« Des frontières demeurent, notre désir de savoir ne cesse de brûler. Dans les profondeurs du tissu de l'espace, aux origines du cosmos, dans la nature du temps, dans le destin des trous noirs et dans le fonctionnement de nos pensées. Ici, au bord de ce que nous savons, au contact de l'océan de notre ignorance, brillent le mystère du monde et sa beauté, et nous en avons le souffle coupé. » Tel est le constat de ces « brèves leçons », qui nous guident à travers quelques-unes des étapes incontournables de la révolution qui a secoué la physique au XX siècle et des questions qu'elle continue de soulever. C'est un voyage initiatique auquel nous convie Carlo Rovelli, de la théorie de la relativité générale d'Einstein aux questions ouvertes sur l'architecture du cosmos, les particules élémentaires, la gravité quantique, la nature du temps et de l'esprit.
Il y a quelques années, la mère de Didier Eribon est entrée en maison de retraite. Le choc fut brutal et, quelques semaines seulement après son arrivée, elle y est décédée. Après la mort de sa mère, Didier Eribon reprend le travail d'exploration personnelle et théorique qu'il avait entrepris dans Retour à Reims après la mort de son père. Il retrace la vie de sa mère, et notamment les périodes où elle était femme de ménage, ouvrière puis retraitée, la saisissant dans toute sa complexité, de sa participation aux grèves à son racisme obsessionnel, jusqu'à son déclin progressif. Ce parcours l'amène à réfléchir sur nos rapports aux personnes âgées et à la mort mais aussi sur le vieillissement, expérience-limite dans la philosophie occidentale et angle mort de la réflexion politique. Au contraire, Didier Eribon fait de la vieillesse le point d'appui d'un questionnement sur la politique : comment pourraient se mobiliser celles et ceux qui n'ont plus de mobilité ? comment les personnes âgées pourraient-elles parler si personne ne fait entendre leur voix ?
Il y a quelques années, la mère de Didier Eribon est entrée en maison de retraite. Le choc fut brutal et, quelques semaines seulement après son arrivée, elle y est décédée. Après la mort de sa mère, Didier Eribon reprend le travail d'exploration personnelle et théorique qu'il avait entrepris dans Retour à Reims après la mort de son père. Il retrace la vie de sa mère, et notamment les périodes où elle était femme de ménage, ouvrière puis retraitée, la saisissant dans toute sa complexité, de sa participation aux grèves à son racisme obsessionnel, jusqu'à son déclin progressif. Ce parcours l'amène à réfléchir sur nos rapports aux personnes âgées et à la mort mais aussi sur le vieillissement, expérience-limite dans la philosophie occidentale et angle mort de la réflexion politique. Au contraire, Didier Eribon fait de la vieillesse le point d'appui d'un questionnement sur la politique : comment pourraient se mobiliser celles et ceux qui n'ont plus de mobilité ? comment les personnes âgées pourraient-elles parler si personne ne fait entendre leur voix ?
Et si la philosophie n'était ni doctrine ni système, mais transmission, mouvement, école ? Faux dialogue platonicien, qui met en scène le « parleur » Tocéras aux prises avec des interlocuteurs issus de pays et de cultures philosophiques différents - le Britannique John After, la Grecque Amantha, le Sénégalais B'adj Akil, le Chinois Xi La Pong, et d'autres encore -, cet éloge déroule les fils d'une histoire de la pensée revisitée dans un jeu de formes inventif et libérateur, à la lumière des cinq grandes questions qu'explore Alain Badiou : démocratie, liberté, universalité, langage et incarnation. Quelle philosophie pour le siècle qui vient ? Celle qui surgit où on ne l'attend pas, au détour d'une voix, d'un imprévu qui laisse les vérités se risquer à la parole et peut s'établir n'importe où dans le multiple du monde.
Homme ou femme : si le scandale était l'entre-deux ? À partir du XIXe siècle, une figure trouble affole policiers, médecins, écrivains et moralistes : le "troisième sexe", celui qui défierait la loi du genre. En constante métamorphose, il prend les traits des "tantinettes" traquées par la police dans le Paris de Balzac, des invertis étudiés par la psychiatrie, des féministes tendance garçonne, des premiers transsexuels des années 1930... Tour à tour criminalisée, pathologisée, fantasmée ou revendiquée, cette catégorie dérangeante fissure l'ordre établi. À travers des archives inédites de la police, des traités de sexologie et des textes littéraires méconnus, c'est toute une société qui se révèle, obsédée par la frontière entre masculin et féminin. Dans cette impressionnante archéologie des discours sur le genre, Laure Murat montre comment s'impose - et comment vacille - la loi du genre.
Homme ou femme : si le scandale était l'entre-deux ? À partir du XIXe siècle, une figure trouble affole policiers, médecins, écrivains et moralistes : le "troisième sexe", celui qui défierait la loi du genre. En constante métamorphose, il prend les traits des "tantinettes" traquées par la police dans le Paris de Balzac, des invertis étudiés par la psychiatrie, des féministes tendance garçonne, des premiers transsexuels des années 1930... Tour à tour criminalisée, pathologisée, fantasmée ou revendiquée, cette catégorie dérangeante fissure l'ordre établi. À travers des archives inédites de la police, des traités de sexologie et des textes littéraires méconnus, c'est toute une société qui se révèle, obsédée par la frontière entre masculin et féminin. Dans cette impressionnante archéologie des discours sur le genre, Laure Murat montre comment s'impose - et comment vacille - la loi du genre.
« Trump et Poutine inventent chacun leur novlangue. Et moi, j'ai peur qu'un jour on ne puisse plus dire : ceci est un mensonge. » Donald Trump et Vladimir Poutine croient l'un comme l'autre en la force du langage. Ils pensent qu'en supprimant les mots, ils supprimeront les choses. L'un parle comme un adolescent de quatorze ans, avec 3 000 mots. L'autre vise chaque couche de sa population, utilisant même l'argot de la pègre. Tous deux ont compris que dire, c'est faire et que contrôler les mots, c'est déjà gouverner les esprits. Analysant leurs discours, Barbara Cassin révèle une même entreprise de déformation du réel et une même haine de l'Europe. Dans cette guerre des mots, la culture demeure notre plus sûre résistance. « Passionnant et accessible, La guerre des mots est de ces ouvrages qui aident à dépasser l'état de sidération dans lequel l'époque veut nous plonger. » LH LE MAGAZINE « Contre la mauvaise utilisation du pouvoir des mots, de la parole et de la vérité, [l'autrice] érige la culture et la pensée critique comme résistance. » RADIO FRANCE « L'académicienne publie un essai incisif pour tenter d'y voir clair dans l'offensive contre le langage aujourd'hui menée par les autocrates. » TELERAMA « Un sujet préoccupant écrit d'une plume alerte » LE NOUVEL ESPRIT PUBLIC « L'un des grands mérites de La guerre des mots réside dans le découpage extrêmement précis du langage proposé par l'autrice. » LE SURICATE
Et si le temps ne s'écoulait pas de la même façon pour tous ? Si l'espace pouvait se courber, se dilater, se contracter ? À partir d'expériences de pensée restées célèbres trains lancés à grande vitesse, ascenseurs en chute libre , Albert Einstein redouble de pédagogie pour expliquer la théorie qui, parce qu'elle redéfinit l'architecture de l'univers et demeure une référence de la physique actuelle, s'est imposée comme une des révolutions scientifiques les plus importantes du XX siècle. Tandis qu'avec la relativité restreinte, résumée dans l'équation E = mc2, le temps et l'espace cessent d'être absolus pour dépendre du mouvement de l'observateur, la relativité générale transforme la nature de la gravitation qui devient l'expression même de la géométrie de l'espace-temps. Laissez Einstein vous conter les implications scientifiques et philosophiques de la théorie qui a aboli tous nos repères
Et si le temps ne s'écoulait pas de la même façon pour tous ? Si l'espace pouvait se courber, se dilater, se contracter ? À partir d'expériences de pensée restées célèbres trains lancés à grande vitesse, ascenseurs en chute libre , Albert Einstein redouble de pédagogie pour expliquer la théorie qui, parce qu'elle redéfinit l'architecture de l'univers et demeure une référence de la physique actuelle, s'est imposée comme une des révolutions scientifiques les plus importantes du XX siècle. Tandis qu'avec la relativité restreinte, résumée dans l'équation E = mc2, le temps et l'espace cessent d'être absolus pour dépendre du mouvement de l'observateur, la relativité générale transforme la nature de la gravitation qui devient l'expression même de la géométrie de l'espace-temps. Laissez Einstein vous conter les implications scientifiques et philosophiques de la théorie qui a aboli tous nos repères
Peut-on réellement se passer du manque ? Au coeur des relations humaines et de la pensée, le manque a trouvé son expression dans un terme devenu incontournable en marketing : le « sans ». Sans sucre, sans gluten, sans calorie, sans contact : par un tour de passe-passe extraordinaire, nous avons su transformer l'absence en valeur, le manque en objet de convoitise. Et si nous pouvions ainsi relire l'histoire de la pensée, entre plein et manque, désir et néant et révéler, en creux, la métaphysique de nos temps troublés ?
Peut-on réellement se passer du manque ? Au coeur des relations humaines et de la pensée, le manque a trouvé son expression dans un terme devenu incontournable en marketing : le « sans ». Sans sucre, sans gluten, sans calorie, sans contact : par un tour de passe-passe extraordinaire, nous avons su transformer l'absence en valeur, le manque en objet de convoitise. Et si nous pouvions ainsi relire l'histoire de la pensée, entre plein et manque, désir et néant et révéler, en creux, la métaphysique de nos temps troublés ?
« Depuis quelques années, ma recherche s'est concentrée sur les trous blancs, les petits frères des trous noirs que nous voyons par centaines dans le ciel. Je vais parler de ce qui se passe sur le bord de ces trous noirs, cette surface que l'on appelle l'horizon, où le temps semble s'arrêter et l'espace se déchirer. Puis de leurs profondeurs, où le temps et l'espace se dissolvent. Jusqu'au point où le temps se renverse. Jusqu'au point où naissent les trous blancs. Je ne sais pas si l'hypothèse que les trous noirs se transforment en trous blancs est juste. Je ne sais même pas si les trous blancs existent vraiment, mais c'est l'idée que je veux raconter. » Nous n'avons jamais vu de trous blancs, de même que nous n'avons jamais senti le temps couler en sens inverse, mais Carlo Rovelli nous fait entrer, en physicien et en poète, dans les possibilités que leur existence soulève.
« Depuis quelques années, ma recherche s'est concentrée sur les trous blancs, les petits frères des trous noirs que nous voyons par centaines dans le ciel. Je vais parler de ce qui se passe sur le bord de ces trous noirs, cette surface que l'on appelle l'horizon, où le temps semble s'arrêter et l'espace se déchirer. Puis de leurs profondeurs, où le temps et l'espace se dissolvent. Jusqu'au point où le temps se renverse. Jusqu'au point où naissent les trous blancs. Je ne sais pas si l'hypothèse que les trous noirs se transforment en trous blancs est juste. Je ne sais même pas si les trous blancs existent vraiment, mais c'est l'idée que je veux raconter. » Nous n'avons jamais vu de trous blancs, de même que nous n'avons jamais senti le temps couler en sens inverse, mais Carlo Rovelli nous fait entrer, en physicien et en poète, dans les possibilités que leur existence soulève.
En juin 2026, Marc Bloch (1886-1944) entre au Panthéon. L'historien, assassiné par les nazis, rejoint ainsi le cortège des résistants honorés par la Nation. Or l'hommage se double ici d'une réparation symbolique : la patrie réintègre celui qu'elle a elle-même expulsé. Car avant d'être exécuté, Marc Bloch fut rejeté hors de la communauté nationale par les lois antisémites de Vichy : exclu de l'École des Annales qu'il avait fondée, privé de ses droits, spolié de tous ses biens. À la violence de l'occupant s'était ajoutée celle de l'État français, sa mort physique étant précédée d'une mort civique largement absente du récit commémoratif. Mais aucune célébration ne saurait effacer l'Histoire. En rappelant la double mort de cet immense historien, Alya Aglan rend avant tout hommage à sa vie, à son combat intellectuel et moral contre les démons de l'époque, fidèle à sa devise : faire de l'histoire, c'est d'abord établir les faits - même les plus dérangeants.
En juin 2026, Marc Bloch (1886-1944) entre au Panthéon. L'historien, assassiné par les nazis, rejoint ainsi le cortège des résistants honorés par la Nation. Or l'hommage se double ici d'une réparation symbolique : la patrie réintègre celui qu'elle a elle-même expulsé. Car avant d'être exécuté, Marc Bloch fut rejeté hors de la communauté nationale par les lois antisémites de Vichy : exclu de l'École des Annales qu'il avait fondée, privé de ses droits, spolié de tous ses biens. À la violence de l'occupant s'était ajoutée celle de l'État français, sa mort physique étant précédée d'une mort civique largement absente du récit commémoratif. Mais aucune célébration ne saurait effacer l'Histoire. En rappelant la double mort de cet immense historien, Alya Aglan rend avant tout hommage à sa vie, à son combat intellectuel et moral contre les démons de l'époque, fidèle à sa devise : faire de l'histoire, c'est d'abord établir les faits - même les plus dérangeants.
Aimer : tout le monde en sait quelque chose. Mais désaimer ? Dans cet essai intime et philosophique, Fabienne Brugère affronte ce moment que l'on tait : la fin de l'amour. Dispute, ennui, silence, mépris, solitude... Après avoir analysé les signes avant-coureurs du désamour, ses symptômes, ses trahisons et ses passages à l'acte, l'autrice montre que désaimer n'est ni une faute, ni un échec, mais une épreuve - celle de reconnaître que les liens changent et que la fidélité à soi peut l'emporter sur l'illusion du « pour toujours ». Films et romans à l'appui, Désaimer bouscule nos certitudes sentimentales et ouvre un espace rare : celui d'une éthique de la séparation.
Aimer : tout le monde en sait quelque chose. Mais désaimer ? Dans cet essai intime et philosophique, Fabienne Brugère affronte ce moment que l'on tait : la fin de l'amour. Dispute, ennui, silence, mépris, solitude... Après avoir analysé les signes avant-coureurs du désamour, ses symptômes, ses trahisons et ses passages à l'acte, l'autrice montre que désaimer n'est ni une faute, ni un échec, mais une épreuve - celle de reconnaître que les liens changent et que la fidélité à soi peut l'emporter sur l'illusion du « pour toujours ». Films et romans à l'appui, Désaimer bouscule nos certitudes sentimentales et ouvre un espace rare : celui d'une éthique de la séparation.
« La Cause est condamnée à l'échec quand elle se prétend entièrement bonne, ton action est vouée au pire dès lors qu'elle se croit pure. » Il y a mille raisons de s'insurger contre le monde tel qu'il est, mais agir comme si le sanglant XXe siècle n'avait pas eu lieu, c'est se condamner à refaire les mêmes erreurs, les mêmes horreurs. Afin de surmonter cette malédiction, Jean Birnbaum bâtit un pont entre les révoltes d'hier et d'aujourd'hui. Évoquant ses souvenirs de jeune militant, il propose un voyage en compagnie de figures comme George Orwell, Simone Weil ou Edgar Morin. Parce qu'ils ont eu la force d'être justes, parce qu'ils ont dénoncé les mensonges et les crimes qui déshonoraient leur idéal, ces dissidents ont été traités de traîtres, de fascistes... Ce ne sont ni des héros ni des saints. Reste qu'ils ont indiqué une voie étroite. Lutter sans se mentir, s'engager les yeux ouverts, voilà qui relève de l'exception. Mais puisque tout est à refaire, c'est le seul pari digne de ce nom.
« Longtemps, je n'ai pas su de quel milieu je venais. Pendant ma prime enfance, même, j'ai pensé que je venais d'un milieu social aisé. À un moment, j'ai compris : ma famille et moi, nous étions pauvres. » Qu'espère-t-on trouver quand on se penche sur ses origines ? Un mythe fondateur de la personnalité, une somme de déterminations biologiques et sociales pour expliquer notre trajectoire ? Ou au contraire un étalon auquel mesurer la place du travail ou du mérite dans nos parcours ? Gérald Bronner, « transclasse » lui-même, s'interroge et revisite la question de nos identités et devenirs sous le double angle du savoir sociologique et de son expérience personnelle. Une réflexion émouvante, ainsi qu'un plaidoyer en faveur de la complexité qui rend nos origines dignes d'être racontées.
« Longtemps, je n'ai pas su de quel milieu je venais. Pendant ma prime enfance, même, j'ai pensé que je venais d'un milieu social aisé. À un moment, j'ai compris : ma famille et moi, nous étions pauvres. » Qu'espère-t-on trouver quand on se penche sur ses origines ? Un mythe fondateur de la personnalité, une somme de déterminations biologiques et sociales pour expliquer notre trajectoire ? Ou au contraire un étalon auquel mesurer la place du travail ou du mérite dans nos parcours ? Gérald Bronner, « transclasse » lui-même, s'interroge et revisite la question de nos identités et devenirs sous le double angle du savoir sociologique et de son expérience personnelle. Une réflexion émouvante, ainsi qu'un plaidoyer en faveur de la complexité qui rend nos origines dignes d'être racontées.
Même les femmes les plus féministes se surprennent à aimer le regard conquérant des hommes sur elles ou à préférer des tâches ménagères à des activités censément plus épanouissantes. Ces désirs sont-ils incompatibles avec leur indépendance ? Les scandales sexuels qui ont agité le monde ces dernières années ont jeté une lumière crue sur l'envers de la domination masculine : le consentement des femmes à leur propre soumission. Tabou philosophique et point aveugle du féminisme, la soumission des femmes n'est jamais analysée en détail, dans la complexité des existences vécues. Sur les pas de Simone de Beauvoir, Manon Garcia s'y attelle avec force, parce que comprendre pourquoi les femmes se soumettent est le préalable nécessaire à toute émancipation.
Même les femmes les plus féministes se surprennent à aimer le regard conquérant des hommes sur elles ou à préférer des tâches ménagères à des activités censément plus épanouissantes. Ces désirs sont-ils incompatibles avec leur indépendance ? Les scandales sexuels qui ont agité le monde ces dernières années ont jeté une lumière crue sur l'envers de la domination masculine : le consentement des femmes à leur propre soumission. Tabou philosophique et point aveugle du féminisme, la soumission des femmes n'est jamais analysée en détail, dans la complexité des existences vécues. Sur les pas de Simone de Beauvoir, Manon Garcia s'y attelle avec force, parce que comprendre pourquoi les femmes se soumettent est le préalable nécessaire à toute émancipation.
« "Ceci, une nécrologie, vraiment ?" demandera peut-être le lecteur étonné. Pour ce qui est essentiel, oui, me permettrai-je de répondre. Car ce qui est essentiel, dans l'existence d'un homme comme moi, c'est ce qu'il pense et comment il le pense, et non ce qu'il fait et ce qu'il éprouve. Ainsi ma nécrologie peut-elle se cantonner aux pensées qui ont joué un rôle notable dans ma recherche. » Résolu, jusque dans ses dernières années, à ne jamais faire ce qu'on lui demande, Albert Einstein livre une autobiographie où la vie privée s'efface devant celle des idées. D'Euclide à Maxwell en passant par Newton, la philosophie kantienne ou les réformes de l'enseignement, Einstein nous plonge dans les coulisses d'un esprit scientifique au travail. Les équations qui jalonnent ce texte tracent, en filigrane, les contours d'une personnalité exceptionnelle, qui nous instruit autant sur l'art de penser que sur celui de graviter autour du monde - et non exclusivement de soi. Prix Nobel de Physique
« "Ceci, une nécrologie, vraiment ?" demandera peut-être le lecteur étonné. Pour ce qui est essentiel, oui, me permettrai-je de répondre. Car ce qui est essentiel, dans l'existence d'un homme comme moi, c'est ce qu'il pense et comment il le pense, et non ce qu'il fait et ce qu'il éprouve. Ainsi ma nécrologie peut-elle se cantonner aux pensées qui ont joué un rôle notable dans ma recherche. » Résolu, jusque dans ses dernières années, à ne jamais faire ce qu'on lui demande, Albert Einstein livre une autobiographie où la vie privée s'efface devant celle des idées. D'Euclide à Maxwell en passant par Newton, la philosophie kantienne ou les réformes de l'enseignement, Einstein nous plonge dans les coulisses d'un esprit scientifique au travail. Les équations qui jalonnent ce texte tracent, en filigrane, les contours d'une personnalité exceptionnelle, qui nous instruit autant sur l'art de penser que sur celui de graviter autour du monde - et non exclusivement de soi. Prix Nobel de Physique