Fabienne Brugère
Fabienne Brugère
Quand Carol Gilligan a énoncé dans Une voix différente (1982) l'idée que les femmes ont une autre manière de penser la morale que les hommes, elle ne s'est pas contentée d'élargir la division des sexes à la morale. Elle a mis en avant un concept largement occulté et laissé à l'état de friche : le care. En portant l'attention sur ce « prendre soin », ce souci des autres, l'éthique du care pose la question du lien social différemment : elle met au coeur de nos relations la vulnérabilité, la dépendance et l'interdépendance. Elle rend ainsi audible la voix des fragiles et met en garde contre les dérives conjointement marchandes et bureaucratiques de nos sociétés néolibérales. Fabienne Brugère nous propose une synthèse des recherches autour de la notion de care et nous montre en quoi cette philosophie constitue aujourd'hui un véritable projet de société.
La philosophe américaine Judith Butler est connue en France pour avoir relancé la problématique féministe à partir d'une relecture des relations de pouvoir chez Michel Foucault. Mais son travail peut aussi être étudié sous l'angle des rapports entre sujet et normes. Comprendre l'action des normes dans la vie humaine et la vie des normes dans les actions humaines, c'est s'engager dans une double réflexion sur le pouvoir de la norme dans la vie et sur le pouvoir de la vie dans les normes. Tel est le centre de la philosophie de J. Butler. D'un côté, la norme a une efficacité pratique particulière dans la régulation des vies et des comportements, d'un autre côté, une norme n'est posée que parce qu'elle peut être contestée par la vie. L'un des enjeux de cette étude est de souligner combien, en posant des questions radicales, J. Butler s'inscrit dans la tradition philosophique d'une "relecture" comparée - ici, Hegel, Freud, Foucault.
La décennie 2020 est celle d'une mise à l'épreuve sans précédent de la démocratie. L'émergence de régimes autoritaires en Europe et dans le monde, la montée d'un capitalisme ultralibéral incarné par de « nouveaux dieux » de la tech, qui monétisent nos données privées et font peu de cas de nos libertés, sont les deux causes du sentiment que la démocratie nous est volée. Les marques sont devenues nos seuls repères communs, tissant des liens émotionnels et sociaux là où la politique échoue à le faire : « Dis-moi ce que tu consommes, je te dirai à quel collectif tu appartiens. » Les opinions politiques sont elles aussi conçues et traitées comme des consommables, administrées par sondages et stratégies marketing. Comment soigner cette démocratie zombie ? Comment redonner espoir en un avenir commun ? Comment restaurer la puissance d'un État juste ? La volonté politique humaniste qui est défendue dans ce livre appelle à développer des formes de démocratie vivante et incarnée, à lutter contre l'injustice fiscale et à revaloriser les politiques publiques, notamment celle du logement, pour garantir l'égalité et la dignité de tous. « Plus qu'un essai, Le vol de la démocratie est un cri de colère et d'alerte que lancent ses deux autrices contre l'évolution du monde » LE MONDE
Aimer : tout le monde en sait quelque chose. Mais désaimer ? Dans cet essai intime et philosophique, Fabienne Brugère affronte ce moment que l'on tait : la fin de l'amour. Dispute, ennui, silence, mépris, solitude... Après avoir analysé les signes avant-coureurs du désamour, ses symptômes, ses trahisons et ses passages à l'acte, l'autrice montre que désaimer n'est ni une faute, ni un échec, mais une épreuve - celle de reconnaître que les liens changent et que la fidélité à soi peut l'emporter sur l'illusion du « pour toujours ». Films et romans à l'appui, Désaimer bouscule nos certitudes sentimentales et ouvre un espace rare : celui d'une éthique de la séparation.
Aimer : tout le monde en sait quelque chose. Mais désaimer ? Dans cet essai intime et philosophique, Fabienne Brugère affronte ce moment que l'on tait : la fin de l'amour. Dispute, ennui, silence, mépris, solitude... Après avoir analysé les signes avant-coureurs du désamour, ses symptômes, ses trahisons et ses passages à l'acte, l'autrice montre que désaimer n'est ni une faute, ni un échec, mais une épreuve - celle de reconnaître que les liens changent et que la fidélité à soi peut l'emporter sur l'illusion du « pour toujours ». Films et romans à l'appui, Désaimer bouscule nos certitudes sentimentales et ouvre un espace rare : celui d'une éthique de la séparation.
Ce livre est une enquête sur les pratiques et les voix des femmes dans le monde. Nourri d'entretiens avec des activistes, des artistes, des femmes engagées et des hommes concernés, il constitue un vade-mecum des pratiques féministes contemporaines. Le peuple des femmes manifeste une nouvelle exigence de justice qui est désormais la norme : la justice de genre. Non seulement le peuple n'est plus le monopole des hommes, mais la justice sociale qui le sous-tendait et qui s'organisait selon la redistribution des richesses ne peut plus occulter de nouvelles redistributions. À la racine de tout monde commun se tient l'enjeu central d'égalité. Mais, par-delà la justice et l'égalité, c'est à une lutte pour le pouvoir que nous assistons. Ce pouvoir préempté par les hommes leur est désormais disputé par les femmes. Écoféminisme, féminisme du care, féminisme queer : le peuple des femmes, transnational et inclusif, s'affirme comme antidote aux nationalismes virilistes.
Ce livre est une enquête sur les pratiques et les voix des femmes dans le monde. Nourri d'entretiens avec des activistes, des artistes, des femmes engagées et des hommes concernés, il constitue un vade-mecum des pratiques féministes contemporaines. Le peuple des femmes manifeste une nouvelle exigence de justice qui est désormais la norme : la justice de genre. Non seulement le peuple n'est plus le monopole des hommes, mais la justice sociale qui le sous-tendait et qui s'organisait selon la redistribution des richesses ne peut plus occulter de nouvelles redistributions. À la racine de tout monde commun se tient l'enjeu central d'égalité. Mais, par-delà la justice et l'égalité, c'est à une lutte pour le pouvoir que nous assistons. Ce pouvoir préempté par les hommes leur est désormais disputé par les femmes. Écoféminisme, féminisme du care, féminisme queer : le peuple des femmes, transnational et inclusif, s'affirme comme antidote aux nationalismes virilistes.
Dans un immense cimetière, perdu au bout du monde, un vieil homme attend. Ses seuls liens avec le monde semblent être les rares pneumatiques qu'il reçoit et les vieux disques de Punk Rock qu'il écoute sur un antique gramophone. Et pourtant, un matin, surgit un homme ; il vient de sortir d'une tombe, c'est le soldat inconnu. Bouleversante comédie noire, Crevaisons voit le retour du tandem Larcenet-Casanave dans une farce tragique qui ausculte au scalpel la folie guerrière.
"Comme l'amour, le désamour est universel et, pourtant, nous ne souhaitons ni le vivre ni le raconter. Il n'y a pas d'histoires du désamour, ou seulement des histoires transmises sous le manteau, de bouche à oreille. Car la fin de l'amour tient à ce qui nous fait mal, à ce qui nous fait du mal. Je reste seule avec mon angoisse, ma souffrance, ma culpabilité, ma colère ou ma haine. C'est tout cela que je voudrais raconter." Après avoir exploré les signes avant-coureurs du désamour, ses symptômes, ses trahisons et ses passages à l'acte, Fabienne Brugère pose les seules questions qui vaillent : comment vivre mieux ? Comment aimer autrement ?
"Comme l'amour, le désamour est universel et, pourtant, nous ne souhaitons ni le vivre ni le raconter. Il n'y a pas d'histoires du désamour, ou seulement des histoires transmises sous le manteau, de bouche à oreille. Car la fin de l'amour tient à ce qui nous fait mal, à ce qui nous fait du mal. Je reste seule avec mon angoisse, ma souffrance, ma culpabilité, ma colère ou ma haine. C'est tout cela que je voudrais raconter." Après avoir exploré les signes avant-coureurs du désamour, ses symptômes, ses trahisons et ses passages à l'acte, Fabienne Brugère pose les seules questions qui vaillent : comment vivre mieux ? Comment aimer autrement ?
Depuis l'Antiquité, l'hospitalité est l'une des valeurs traditionnelles de l'Europe. Aujourd'hui, pourtant, devant l'arrivée d'exilés fuyant des conditions de vie insupportables, le continent se mue en forteresse. Une vertu fondatrice de notre humanité est-elle en train de disparaître ? Pour la première fois, deux philosophes s'emparent de la question de l'hospitalité. Ils associent la réflexion à l'enquête de terrain, défendant le principe d'un "reportage d'idées" qui les mène dans la "jungle" de Calais, à l'aéroport de Tempelhof à Berlin, dans les nombreux camps de réfugiés présents dans toute l'Europe. Refusant l'idéalisme comme le cynisme, ils posent les jalons d'un "réalisme de l'hospitalité" : parce qu'elle est une épreuve existentielle pour les hôtes comme pour les arrivants, celle-ci ne peut être que collective, donc politique.
Depuis l'Antiquité, l'hospitalité est l'une des valeurs traditionnelles de l'Europe. Aujourd'hui, pourtant, devant l'arrivée d'exilés fuyant des conditions de vie insupportables, le continent se mue en forteresse. Une vertu fondatrice de notre humanité est-elle en train de disparaître ? Pour la première fois, deux philosophes s'emparent de la question de l'hospitalité. Ils associent la réflexion à l'enquête de terrain, défendant le principe d'un "reportage d'idées" qui les mène dans la "jungle" de Calais, à l'aéroport de Tempelhof à Berlin, dans les nombreux camps de réfugiés présents dans toute l'Europe. Refusant l'idéalisme comme le cynisme, ils posent les jalons d'un "réalisme de l'hospitalité" : parce qu'elle est une épreuve existentielle pour les hôtes comme pour les arrivants, celle-ci ne peut être que collective, donc politique.
Ce livre est une enquête sur les pratiques et les voix des femmes dans le monde. Nourri d'entretiens avec des activistes, des artistes, des femmes engagées et des hommes concernés, de synthèses originales sur les grands problèmes qui se posent aux femmes aujourd'hui, il constitue un vade-mecum des pratiques féministes contemporaines. Le peuple des femmes manifeste une nouvelle exigence de justice qui est désormais la norme, la justice de genre : femmes, hommes, hétéros, homos, trans, tous sont concernés. Non seulement le peuple n'est plus le monopole des hommes, mais la justice sociale qui le sous-tendait et qui s'organisait selon la redistribution des richesses ne peut plus occulter de nouvelles redistributions. Le peuple des femmes n'est donc pas le symétrique du peuple des hommes. Il affirme qu'à la racine de tout monde commun se tient l'enjeu central d'égalité. Mais, par-delà la justice et l'égalité, c'est à une lutte pour le pouvoir que nous assistons. Ce pouvoir préempté par les hommes leur est désormais disputé par les femmes. Renouvelées par les pays du Sud, portées par la puissance des femmes, les formes d'organisation sociale évoluent. Écoféminisme, féminisme du care, féminisme queer : le peuple des femmes, transnational et inclusif, s'affirme comme antidote aux nationalismes virilistes.
Ce livre est une enquête sur les pratiques et les voix des femmes dans le monde. Nourri d'entretiens avec des activistes, des artistes, des femmes engagées et des hommes concernés, de synthèses originales sur les grands problèmes qui se posent aux femmes aujourd'hui, il constitue un vade-mecum des pratiques féministes contemporaines. Le peuple des femmes manifeste une nouvelle exigence de justice qui est désormais la norme, la justice de genre : femmes, hommes, hétéros, homos, trans, tous sont concernés. Non seulement le peuple n'est plus le monopole des hommes, mais la justice sociale qui le sous-tendait et qui s'organisait selon la redistribution des richesses ne peut plus occulter de nouvelles redistributions. Le peuple des femmes n'est donc pas le symétrique du peuple des hommes. Il affirme qu'à la racine de tout monde commun se tient l'enjeu central d'égalité. Mais, par-delà la justice et l'égalité, c'est à une lutte pour le pouvoir que nous assistons. Ce pouvoir préempté par les hommes leur est désormais disputé par les femmes. Renouvelées par les pays du Sud, portées par la puissance des femmes, les formes d'organisation sociale évoluent. Écoféminisme, féminisme du care, féminisme queer : le peuple des femmes, transnational et inclusif, s'affirme comme antidote aux nationalismes virilistes.
Simone de Beauvoir disait : « On ne naît pas femme : on le devient. » Puisant dans sa propre expérience et avec un regard sur le monde, Fabienne Brugère décline cette phrase à travers les différents âges de la vie, de la naissance, la jeunesse, l'âge adulte à la vieillesse, en montrant comment la femme est à la fois piégée et cependant en mesure de se libérer. Cette défense d'un féminisme ordinaire cherche non pas à victimiser les femmes mais à expliquer qu'elles peuvent changer leur quotidien et le cours de leur vie. Ce livre est un plaidoyer pour la liberté, écrit par une philosophe engagée, qui travaille aussi sur le droit à l'hospitalité.
Frank Benett, flic quadra expérimenté, rejoint la brigade criminelle de Sydney. Il fait la connaissance d'Eden, sa coéquipière désignée, sous l'oeil malveillant de son frère et collègue Eric qui prend la nouvelle recrue de haut. Leur première enquête débute aussitôt : des corps démembrés auxquels il manque des organes ont été découverts dans une marina. Grâce à une liste officieuse de demandeurs, Frank et Eden mettent au jour un trafic, orchestré par un seul homme, invisible et méthodique. Mais Frank est distrait par les doutes qu'il nourrit au sujet d'Eden et Eric. À quoi correspond la liste de noms raturés qu'il a trouvée dans le portefeuille d'Eden ? Pourquoi a-t-elle une photo d'Hadès, la légende du crime qu'on surnomme le Seigneur des Bas-Fonds ? Frank a mis le doigt dans un engrenage malsain et dangereux dont il va bientôt comprendre toute l'ampleur... " Dérangeant, réaliste et captivant. " Newton Review of Books
C'est entendu : nous vivons dans une " société d'individus ". Mais on peut entendre ce diagnostic de deux manières. D'un côté, l'individu serait un être absolument indépendant par rapport aux appartenances collectives ; de l'autre, il sacrifierait au culte du moi et au narcissisme. Dans ces deux formes d'individualisme négatif, le sujet n'accepte rien à part lui-même. C'est évidemment un leurre, car l'individu en société ne " tient " pas tout seul. Une politique de l'individu doit donc passer par le soutien, au niveau des politiques tant publiques que locales. Plus fondamentalement, la question du lien social doit devenir un objet politique, afin que les capacités de chacun et la protection de la vulnérabilité soient prises en compte dans la définition du bien-être collectif. Fabienne Brugère est professeure de philosophie à l'université de Bordeaux 3. Elle a publié de nombreux ouvrages, dont Le Sexe de la sollicitude (Seuil, 2008) et un Dictionnaire politique à l'usage des gouvernés (Bayard, 2012, avec Guillaume le Blanc).