Perrin
" Que de choses fausses dites sur Napoléon ! " (Stendhal)On croit tout connaître sur l'empereur des Français, mais il reste en réalité beaucoup à apprendre.C'est là tout le paradoxe que constitue Napoléon Bonaparte, devenu l'un des personnages les plus célèbres au monde, mais toujours entouré d'un halo fabriqué par les souvenirs des vétérans, la démesure des peintres et la plume des grands auteurs romantiques ou de ses contempteurs modernes. Tantôt idéalisée, conspuée, souvent caricaturée, la destinée de celui qui assit sa domination sur l'Europe entière au tournant du XIXème siècle s'est pourtant trouvée, au cours des dernières décennies, éclairée d'un jour nouveau par les avancées historiographiques.C'est ainsi que l'ouvrage explore à frais nouveaux les questions fondamentales qui sont autant d'accusations portées à l'encontre du conquérant de l'Italie et de l'Egypte devenu premier Consul et Empereur, permettant de saisir non seulement le parcours et la psyché de Bonaparte, mais également l'évolution d'une société française en proie à d'incessants bouleversements : a-t-il voulu construire l'Europe ? quel regard les Français portaient-ils sur sa légitimité ? quel rôle les femmes jouaient-elles dans les rouages de l'Empire ? quelle place la religion occupait-elle ? Napoléon était-il raciste et favorable à l'esclavage ? A-t-il fait tuer un million d'hommes ? A-t-il été assassiné à Sainte-Hélène ?Réunissant les meilleurs historiens du Consulat et de l'Empire, cet ouvrage novateur vise à offrir la synthèse la plus complète, sans idéalisation et à la lumière des sources originales et des recherches les plus récentes.Un portrait sans concession de l'homme et de son règne qui balaie nombre d'idées reçues.
23 mythes de la Première Guerre mondiale expliqués et déconstruits par une équipe d'historiens, dirigés par Michel Goya et Jean Lopez.L'on dirait une règle bien établie : chaque guerre, en particulier celles du XXe siècle, s'est recouverte d'une épaisse couche de mythes, de légendes, d'idées reçues, d'ailleurs souvent fabriqués durant les hostilités par les propagandes des deux camps ou par des historiens partisans. Cet ouvrage est une entreprise de décapage qui s'attaque à restituer plus de justesse et de vérité à la Grande Guerre, césure majeure du XXe siècle, en particulier pour la France. Vingt-trois contributions, données par les meilleurs spécialistes, revisitent ces croyances répétées ad nauseam dans les familles, les régions, au cinéma ou dans la littérature. Ainsi des gaz qui ne sont pas l'arme la plus létale, et de loin. Ou de cette paysannerie bretonne que l'on n'a pas employée comme chair à canon, en tout cas pas plus que dans d'autres régions paysannes. Ou encore de la " vaillance belge ", de la " faillite russe ", de " la fleur au fusil ", de l'émancipation des femmes (comme si raccourcir ses cheveux avait jamais libéré qui que ce soit !), de " Pétain vainqueur de Verdun ", de la " guerre propre ", du "miracle" de la Marne, des chevaliers du ciel, etc. Ce jeu de massacre salutaire débouche sur une vision renouvelée d'un conflit qui fut bien plus moderne, plus novateur et plus complexe qu'on l'a cru jusqu'ici.
Une somme qui fera date.Cette vaste histoire de l'extrême droite en France à l'époque contemporaine (1870-2026) n'est pas, à la différence de ses devancières, un ouvrage collectif mais le résultat d'un travail de longue haleine (plus de dix ans) effectué par un spécialiste du sujet. Elle débute à la chute du second Empire et aux potentialités ouvertes par une restauration monarchique du comte de Chambord au temps de l'Ordre moral pour s'achever en 2026 à l'heure où le Rassemblement national est en tête des intentions de votes pour la présidentielle de 2027. Nourri de nombreuses sources et d'une lecture exhaustive de l'historiographie, ce livre brosse une large fresque des figures (Boulanger, Barrès, Maurras, La Rocque, Poujade, Tixier-Vignancour, Le Pen), mouvements (ligues, OAS, FN) et temps forts (antisémitisme et affaire Dreyfus, 6 février 1934, Vichy, guerres d'Indochine et d'Algérie, concile Vatican II) qui jalonnent l'histoire d'une famille politique beaucoup plus diverse que le donne à voir le singulier de l'étiquette "extrême droite". C'est à une plongée au coeur de l'univers de ces droites nationales et nationalistes qu'est convié le lecteur qui pourra les suivre au fil d'une histoire bouillonnante, du premier conflit mondial à la guerre d'Espagne, des années 1930 à la décolonisation et à la guerre froide qui ont été matricielles pour cette nébuleuse politique façonnée par l'anticommunisme, et le combat contre la " subversion " incarnée par des ennemis aussi bien intérieurs qu'extérieurs. Ainsi, cette histoire ne saurait se saisir à partir du seul cadre national et une des grandes ambitions de l'ouvrage est de l'articuler à une échelle transnationale, tant ses figures de prooue rayonnent en Europe comme aux Amériques en même temps que ces dernières les nourrissent.Une remarquable histoire pluriséculaire et transnationale, d'une lecture essentielle pour comprendre les enjeux politiques actuels.
La chronique historique et très autobiographique de la chute de l'URSS et de la renaissance de la Russie. Comment comprendre la gigantesque mutation qui affecte notre monde sans une vision claire de ce qui l'a précédé - la fin de la guerre froide, la chute du Mur de Berlin, l'éclatement de l'Empire soviétique, la renaissance de la Russie puis son inquiétante dérive ? Comment analyser le présent sans se référer à ce riche passé qui l'a préparé, annoncé, façonné ?Bernard Lecomte est un des rares journalistes à avoir couvert toute cette période de l'histoire contemporaine, de la guerre froide à l'avènement de Vladimir Poutine. Sa longue expérience, ses archives, sa mémoire et son sens du récit font de cette restitution rigoureuse une référence pour tous les historiens - à une époque où la profusion des images d'actualité, la précipitation des médias et le vacarme des réseaux sociaux brouillent l'essentiel : les faits, les témoignages, les écrits, les souvenirs et les émotions, tout ce qui forge l'Histoire telle qu'elle s'inscrit dans notre mémoire collective.Un grand récit enlevé des vingt ans (1979-2000), riche en révélations et portraits : Lech Walesa, Jean-Paul II, Boris Eltsine, Vladimir Poutine...
De quoi la Renaissance est-elle le nom ? Les historiens européens ont fait de la Renaissance un moment-clé de l'histoire mondiale, pour lequel la fascination universelle ne s'est jamais démentie. Le public comme les universitaires, loin de se détourner d'une période devenue ambivalente d'un parti à l'autre, ne cessent de revenir aux grands noms sur lesquels prospère l'image de cette période charnière : les grands artistes comme Raphaël et Michel-Ange, les écrivains fondateurs tels que Dante et Pétrarque, ou encore les grands défricheurs de terres et de savoirs, à l'instar du génial Léonard de Vinci. Ces gloires, pour les plus importantes, sont italiennes. L'historiographie classique, la plus répandue dans le public, relayée par les cours d'histoire de Michelet ou les commentaires de Stendhal, est fondée sur un postulat pourtant battu en brèche depuis longtemps : l'idée que le Moyen Âge était une période sombre et obscure, que l'Italie aurait permis de clore en ramenant à la lumière les trésors et les savoirs d'une Antiquité idéale. Si ce schéma simpliste est abandonné depuis longtemps par les chercheurs, il demeure dans l'inconscient collectif comme une vérité générale difficile à conjurer.Pourquoi la Renaissance est-elle si puissamment enracinée dans les représentations mentales ? Depuis quand parle-t-on de " Renaissance ", alors que le terme est absent des textes contemporains ? Comment, en définitive, les hommes et les femmes de la Renaissance se sont pensés et pourquoi cette pensée surnage-t-elle encore aujourd'hui ? Enfin, l'Italie est-elle réellement la seule à impulser un mouvement de renaissance en Europe, ou n'est-elle que la gagnante d'une rivalité européenne beaucoup plus large ? Répondre à ces questions essentielles, paradoxalement absentes de l'historiographie, offrira aux lecteurs des clés pour comprendre l'admiration collective qui entoure la Renaissance, par-delà l'arc de cinq siècles qui nous sépare de cette époque, dont le dynamisme intellectuel et le foisonnement artistique ouvre aussi un champ de réflexion sur notre propre temps.Un essai accessible et d'une lecture limpide qui faisait défaut.
La biographie de référence en français. Un étrange paradoxe entoure Adolf Hitler : parmi les innombrables ouvrages traitant de la Seconde Guerre mondiale et du Troisième Reich, rares sont ceux exclusivement consacrés au récit chronologique de son existence, à l'exception de la biographie référente de Ian Kershaw. Personnage fanatique et énigmatique à l'origine du régime le plus brutal du XXème siècle et devenu, dans la mémoire collective, l'incarnation absolue du mal, la vie intime de l'homme demeure le plus souvent au second plan. Or, comment un personnage volontiers qualifié de médiocre a-t-il pu devenir l'un des principaux leaders politiques de l'Allemagne de Weimar ? Comment se tissèrent ses premiers liens avec les cercles et thèses nationalistes ? Quelles circonstances présidèrent à la rédaction de Mein Kampf ? À quoi ressemblaient ses journées au Berghof ? Quel fut exactement son rôle dans la conférence de Wansee ? Quelle fut la réalité de ses rapports avec l'état-major de la Wehrmacht durant la guerre ? C'est à cette ambitieuse et délicate tâche que s'attèle Claude Quétel, dans un ouvrage aussi accessible que rigoureux. D'une plume percutante, l'auteur décortique les différentes étapes de la vie du Führer, de sa jeunesse autrichienne, marquée par le décès précoce de ses parents, au récit heure par heure de son ultime journée dans son bunker berlinois, le 30 avril 1945. Au fil des pages, Hitler comme son entourage le plus proche (sa famille oubliée, Eva Braun, Bormann, Speer, Hoffmann, Goebbels, etc.), se voient convoqués sous une lumière crue, éclairant d'un jour nouveau la construction du NSDAP, l'exaltation de la marche vers la guerre, l'anéantissement des Juifs d'Europe et l'effondrement du Troisième Reich. Une vraie biographie qui saisit "l'homme Hitler" sans jamais le lâcher ni subordonner son histoire à celle de la période.
Deux illustres intellectuels aux prises avec le passé, le présent et l'avenir de l'Occident dans une nouvelle collection Perrin/Robert Laffont. dirigée par Etienne de Gail.
Une histoire de la pop et du rock racontée à travers son année la plus emblématique.25 avril 1967. Tandis que dans les studios EMI de Londres, les Beatles apportent la touche finale à leur album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, Leonard Bernstein est le maître de cérémonie de l'émission "Inside Pop" sur la chaîne NBC. En moins d'une heure, le directeur de l'orchestre philharmonique de New York présente aux téléspectateurs américains une nouvelle génération de musiciens. Et quelle génération !Assis au piano, Bernstein dresse doctement un parallèle entre les chansons les plus ambitieuses des Beatles et les oeuvres de Schumann ou Bach, il vante l'ambition des paroles de Bob Dylan, s'extasie devant la richesse des arrangements des Rolling Stones... Les Beach Boys, les Byrds, les Monkees, Frank Zappa... Des tubes les plus commerciaux aux expérimentations avant-gardistes, tout le spectre de la pop est balayé par ce programme qui, pour la première fois, la considère non comme une création adolescente et superficielle, mais comme un art à part entière, digne d'attention et de reconnaissance.Tout les reste de l'année sera à l'avenant, voyant l'émergence d'artistes d'exception et d'albums d'anthologie sans oublier l'organisation de concerts et de festival-monstres comme celui de Monterey.En racontant avec maestria cette année sans pareille, qui a révolutionné la musique et la société, Frédéric Granier nous fait voyager avec bonheur des studios aux répétitions, des disputes homériques déchirant couples et groupes à la fabrique des tubes et des chefs d'oeuvre (il y en eut tant).Un voyage étincelant au coeur d'une révolution musicale qui continue d'essaimer.
Vérités et légendes sur deux siècles de relations incandescentes entre la France et l'Algérie. Alors que les relations entre la France et l'Algérie semblent engluées dans une crise sans fin, un ancien ambassadeur de France à Alger passe au crible les deux siècles de relations entre les deux pays, depuis le débarquement français à Sidi Ferruch, le 14 juin 1830 jusqu'à l' " affaire " Boualem Sansal. Comment se déroula la colonisation de l'Algérie ? Le royaume arabe de Napoléon III était-il une utopie ? L'indépendance a-t-elle contraint les Juifs à l'exil ? De Gaulle a-t-il compris l'Algérie ? Les harkis ont-ils été sacrifiés ? La décennie noire (1992-2002) a-t-elle été une guerre civile ? L'Algérie est-elle la "mauvaise conscience" de la France ? Les relations entre Paris et Alger sont-elles condamnées à la crise permanente ? C'est à ces questions au coeur de l'actualité et de nombreuses autres que répond ce nouvel opus de la collection "Vérités & Légendes".
Le quotidien oublié des femmes au Moyen-Âge.
Oppression et émancipation.On pense tout connaître de l'Occupation. Mais que sait-on, au-delà des clichés, du destin des femmes d'alors ? Quelle a été leur vie au jour le jour, quand la France était aux mains du maréchal Pétain et que les vainqueurs occupaient le territoire ? Si elles ne sont pas au front, les femmes paient un lourd tribut aux bombardements, aux viols, aux tortures, aux massacres perpétrés par les militaires allemands, les SS, les miliciens et forces de l'ordre françaises ; des milliers d'entre elles disparaissent dans les camps de la mort. Et, ramenées à leur fonction de mère de famille et à leur corps dans le cadre de la Révolution nationale, elles sont incitées à se soumettre aux hommes. Le 1er juillet 1940, Benoîte Groult, âgée de 20 ans, écrit dans son Journal : " J'envie les garçons qui sont maintenant en Angleterre. Si je n'étais pas une fille, je serais sûrement partie. " Mais elles sont loin d'avoir seulement subi. Certaines, refusant la politique ultra-conservatrice, se battent pour regagner leurs droits piétinés et rejoignent la résistance ; d'autres collaborent. Car si les récits ont longtemps tenté de les cantonner à un rôle passif et domestique, les femmes - et ce quelle que soit leur origine sociale - n'étaient pas dépourvues de moyens d'action. Écrire l'histoire des femmes en France sous l'Occupation, c'est scruter au plus près la société, c'est se plonger dans la micro-histoire, c'est penser l'expérience, par les femmes, d'une double-domination : celle d'un régime autoritaire, celle d'un régime patriarcal. Eric Alary balaie avec brio des poncifs éculés, et propose, grâce à son rigoureux travail d'historien, une nouvelle aproche de l'Occupation.
Une femme sur le trône pontifical en plein Moyen Âge !La civilisation médiévale, édifiée à partir du double héritage de la science païenne antique et des écrits bibliques judéo-chrétiens, est foncièrement misogyne.Impur, physiquement, moralement, et spirituellement déficient, le " sexe imbécile ", suivant l'expression de certains écrits spirituels médiévaux, est voué à la soumission. Dans ce contexte, l'apparition au XIIIe siècle, dans des conditions obscures, de la légende d'une femme travestie élue pape au IXe siècle, est un événement culturel révélateur de la montée d'une aspiration féminine à l'égalité. Cet embryon de féminisme, qui s'exprime aussi de diverses manières dans les hérésies, sera l'objet d'une impitoyable répression culminant dans la chasse aux sorcières par un clergé redoutant de perdre son monopole dans le domaine du sacré.L'affaire de la "papesse Jeanne", longtemps tenue pour véridique, est l'occasion de retracer dans cet ouvrage l'histoire des relations tumultueuses entre les sexes au Moyen Âge et de la mainmise impitoyable du "sexe fort"
Une plongée captivante au coeur de l'un des appareils de surveillance les plus redoutés du XXᵉ siècle.Cette histoire de la Stasi (1949-1990) plonge le lecteur au coeur de la machine de surveillance la plus redoutable du bloc de l'Est. L'auteur dévoile comment, pendant près de quarante ans, la police politique de la RDA a infiltré les foyers, les lieux de travail, les salles de classe et même les cercles d'amitié, jusqu'à transformer la peur en outil de gouvernement. Grâce à des archives longtemps inaccessibles, à des témoignages poignants et à une mise en récit fluide, le livre donne à comprendre de l'intérieur comment un État a pu recruter des centaines de milliers d'informateurs, manipuler des vies entières et contrôler chaque geste du quotidien. Il met en lumière les logiques psychologiques, bureaucratiques et idéologiques qui ont permis à la Stasi de devenir un modèle effrayant d'État-surveillant, avant que le système ne se fissure et s'effondre. À la fois enquête historique solide et récit captivant, cet ouvrage offre une plongée saisissante dans un régime où la confiance était un risque et où la surveillance façonnait les existences. Un titre essentiel pour comprendre les dérives du contrôle politique, les mécanismes de la peur et les leçons encore brûlantes laissées par la dictature est-allemande. La mise en mot du superbe film La vie des autres, de Florian Henckel von Donnersmarck (2006).
Comment raconter l'esclavage aujourd'hui ?
Et si la régence de Marie de Médicis (1610-1617) avait été, non un temps de faiblesse et de chaos, mais l'un des plus libres et brillants du XVIIᵉ siècle ? Longtemps jugée sévèrement par la tradition historique, la régence de Marie de Médicis (1575-1642) mérite aujourd'hui un nouveau regard. Cet essai propose une réévaluation profonde de cette période charnière du XVIIᵉ siècle, à la lumière de nouvelles recherches et d'interprétations inédites de sa politique. Derrière l'image d'une reine faible ou manipulée, se dessine une femme de pouvoir, héritière d'Henri IV, qui sut gouverner avec intelligence dans un moment de transition décisif. Son règne ouvre une ère de paix et de prospérité : réconciliation avec l'Espagne, reprise économique après les guerres de Religion, liberté d'expression sans précédent — en témoignent les centaines de pamphlets publiés sous son gouvernement. Sous son impulsion, la France se pare des fastes du baroque européen : Marie de Médicis fait bâtir le Palais du Luxembourg, chef-d'œuvre de Salomon de Brosse, et commande à Rubens le célèbre cycle pictural qui magnifie sa vie et son pouvoir. Entre politique, diplomatie et mécénat, elle incarne une vision européenne et pacifique du gouvernement, à contre-courant d'une noblesse attachée aux valeurs guerrières et héroïques. De la gloire des États généraux de 1614 à sa chute provoquée par l'assassinat de Concini, cet ouvrage retrace la trajectoire d'une figure majeure de la première modernité, qui fit de sa régence un moment d'audace, de liberté et de création.
La première traduction française de l'un des ouvrages cardinaux de la pensée stratégique. C'est à Moscou, en 1926, que paraît la première édition d'un livre hors-norme, sobrement intitulé Strategiia ( Stratégie). Son auteur : Alexandre Svétchine, officier du tsar rallié à la révolution bolchevique, général de l'Armée rouge et professeur de stratégie pour la génération des officiers qui, un jour, affrontera et finira par vaincre la Wehrmacht. Svétchine aura un destin tragique : il périra en 1938, victime des purges staliniennes. Mais il laisse derrière lui une oeuvre dont Strategiia est la clef de voûte, et qui renouvelle entièrement la manière de penser la guerre et sa conduite : Clausewitz avait posé la guerre comme poursuite de la politique par d'autres moyens, identifié sa conduite entre raison, passion et génie, posé les distinctions basiques entre la stratégie et le combat. Reprenant l'oeuvre clausewitzienne inachevée, Svétchine l'approfondit et la dépasse en y intégrant l'héritage des deux révolutions, industrielle et politique, qui surviennent au XIXe siècle. Conduite politique au sein des États en guerre au travers du jeu des factions, organisation économique et industrielle de la victoire, art opératif qui guide les combats vers les buts stratégiques : autant de notions qu'élabore Svétchine, et dont la pertinence s'est vérifiée tout au long du XXe siècle et jusqu'aux guerres du XXIe siècle, en particulier celle d'Ukraine où les deux camps, s'ils ne mettent pas forcément en pratique les enseignements de Strategiia, en démontrent chaque jour la justesse. Aussi la traduction française de ce maître ouvrage, un siècle après sa parution en Union soviétique, est-elle un véritable événement. Cette édition critique coordonnée par Benoist Bihan et Patrick Bouhet livre enfin au lecteur français l'un des ouvrages les plus importants de la littérature stratégique depuis deux siècles, méconnu en France mais toujours lu et étudié en Russie mais aussi aux États-Unis. Une lecture fondamentale pour rendre intelligible les guerres d'hier et d'aujourd'hui.
Prix du livre d'histoire contemporaine 2024.
La plus célèbre bataille de l'Antiquité. Et si la plus célèbre bataille de l'Antiquité ne ressemblait pas à ce qu'on nous en a dit ? Depuis vingt-cinq siècles, Marathon est célébrée comme l'instant fondateur où une poignée de citoyens libres a brisé l'élan d'un empire invincible. Une victoire éclatante, presque miraculeuse, qui s'est aussi transformée en symbole : le courage contre la tyrannie, la démocratie contre le despotisme. Mais derrière le mythe, que reste-t-il de la bataille réelle ?Ce livre propose une enquête originale et radicale : retracer Marathon non telle que la mémoire l'a sculptée, mais telle qu'elle a eu lieu, dans l'improvisation, la peur et l'incertitude. Car ce que nous savons de Marathon repose sur un matériau piégé : de rares récits, écrits des décennies après les faits, filtrés par les besoins politiques d'Athènes, puis recyclés, magnifiés, redessinés au fil des siècles.En s'appuyant sur les avancées récentes de l'histoire militaire, de l'archéologie, de l'analyse des textes et même de la science du terrain, l'auteur démonte ces images trop parfaites. Non, les Grecs n'étaient pas dix fois moins nombreux. Non, les Perses n'étaient ni désorganisés ni décadents. Non, la victoire ne fut ni immédiate ni inéluctable. L'enquête se poursuit bien au-delà du champ de bataille. Car Marathon ne se limite pas à une confrontation militaire : c'est une invention politique. Les Athéniens en ont fait un moment civique. Les Romains, un précédent impérial. Les humanistes, une allégorie de la liberté. Les États modernes, un modèle commode pour raconter leur propre naissance. Au point que le mot "marathon' lui-même a fini par perdre tout ancrage historique pour devenir un symbole de persévérance et d'endurance sportive. Et une course célèbre en l'honneur d'un messager qui n'a, probablement, jamais existé.Ce livre ne cherche ni à démolir ni à glorifier. Il propose de voir clair, enfin. Une lecture saisissante, rigoureuse, accessible, qui invite à revisiter la plus célèbre des victoires, et à interroger ce que l'Histoire choisit de montrer... ou d'oublier.
La biographie de référence. Cette biographie de Georges Mandel, destinée à devenir l'ouvrage de référence sur l'une des figures les plus lucides et les plus singulières de la IIIᵉ République, retrace un parcours politique d'une exceptionnelle intensité. Collaborateur de Clemenceau, ministre visionnaire, parlementaire indépendant et élu de la Gironde, Mandel apparaît ici comme un acteur majeur de l'Entre-deux-guerres, précurseur de la Résistance et l'un des tout premiers à alerter sur la menace hitlérienne. Fondé sur un vaste corpus d'archives inédites provenant notamment de ses proches collaborateurs, l'ouvrage éclaire sa pensée, ses réseaux et ses méthodes, tout en assumant les zones d'ombre d'un personnage controversé, de l'affaire Stavisky aux rivalités avec Briand, Poincaré ou Chautemps. À travers un récit particulièrement vivant, il offre une plongée dans l'effondrement de la France en 1940, le basculement vers Vichy et les origines de la Résistance. Accessible, rigoureuse et profondément renouvelée, cette histoire remet en lumière un homme d'État essentiel et revient sur la faillite de la IIIᵉ République comme sur les tensions qui ont façonné la France de la Seconde Guerre mondiale.
Quand l'histoire de France s'écrit loin de ses frontières. Et si l'histoire de France ne s'était pas jouée qu'en France ? De Québec à Dakar, de Moscou à Marignan, de Phnom Penh au Caire, ce livre explore des lieux emblématiques situés hors de l'Hexagone qui ont marqué, incarné ou transformé notre mémoire nationale. Chaque lieu raconte un moment décisif : bataille, discours, rencontre ou drame. Mais il questionne aussi une mémoire partagée — parfois glorifiée, parfois contestée — entre la France et le pays concerné. Car ces lieux, bien qu'étrangers, sont devenus des points de fixation du récit national français. Ainsi, la bataille de Marignan, scène épique du XVIe siècle, s'impose comme un tournant de l'histoire militaire et politique de la France sous François Ier, marquant à jamais le royaume. À l'autre bout du monde, le balcon de l'Hôtel de Ville de Montréal résonne encore du fameux " Vive le Québec libre ! " lancé par Charles de Gaulle, tandis que la Statue de la Liberté, dressée fièrement sur le port de New York, symbolise encore la fragile amitié franco-américaine. Rassemblant une vingtaine de contributions et autant de rédacteurs prestigieux (de Thierry Lentz à Jean-Paul Kauffman), les deux figures majeures de l'histoire contemporaine que sont Olivier Wieviorka et Michel Winock nous font donc découvrir en 24 chapitres les lieux mondiaux de l'Histoire de France avec, pour seul et unique véhicule, le plaisir de la lecture. Chaque texte constitue une escale, et le tout un voyage passionnant autour du globe qui dessine et raconte la France vue d'ailleurs.
Vingt figures, un pays. Des impératrices antiques aux artistes contemporains, des guerriers légendaires aux figures anonymes devenues universelles, ce livre propose une autre approche du Japon : 20 grandes figures du pays, célèbres ou inattendues, mises sur un pied d'égalité pour raconter plus de quinze siècles d'histoire.L'originalité de l'ouvrage tient à son regard résolument occidental -; assumé -; qui bouscule les hiérarchies traditionnelles japonaises. Empereurs, samouraïs, poètes, moines, artistes, femmes du peuple ou étrangers devenus Japonais : tous sont abordés comme des acteurs essentiels d'un récit collectif, permettant au lecteur de saisir les spécificités et les contours d'une civilisation souvent perçue comme lointaine et énigmatique.À travers des figures fondatrices comme la reine Himiko ou le prince Shõtoku, nous plongeons dans le Japon originel. Avec l'écrivaine Murasaki Shikibu, le maître du thé Sen no Rikyū ou le poète Matsuo Bashõ, nous découvrons comment ce territoire insulaire, longtemps hermétique, a produit certaines des plus grandes créations culturelles de l'histoire mondiale. Les trajectoires du samouraï Hasekura Tsunenaga ou des intellectuels Fukuzawa Yukichi et Lafcadio Hearn montrent au contraire un archipel ouvert, curieux de l'étranger, capable d'absorber et de sublimer les influences venues d'ailleurs.Le livre éclaire aussi les périodes de rupture et de violence, incarnées par les guerriers Tomoe Gozen, Tokugawa Ieyasu ou Saigõ Takamori, avant d'aborder le XXe siècle à travers deux figures radicalement opposées mais intimement liées : Hirohito, empereur d'un pays en guerre, et Sadako Sasaki, enfant d'Hiroshima devenue symbole mondial de paix.Enfin, le Japon contemporain s'incarne dans quatre figures emblématiques : Yukio Mishima, écrivain déchiré entre modernité et tradition, Yayoi Kusama, artiste vivante la plus célèbre du monde, Mineko Iwasaki, dernière grande geisha - star, et Hayao Miyazaki, maître d'un art populaire devenu universel : l'animation.Accessible sans être simpliste, érudit sans être académique, ce livre s'adresse à tous. Il révèle un pays paradoxalement proche de nous : un Extrême-Orient qui emprunte à l'Occident, sans jamais cesser d'être profondément japonais. Une révélation.
Une histoire du pouvoir à travers ses plus illustres cérémonies." Cette cérémonie toujours la même et pourtant si diverse par l'histoire, les temps, les idées, les moeurs, les usages et les coutumes." (Chateaubriand) En 2023, plus de deux milliards de personnes ont assisté en direct au sacre de Charles III dans l'abbaye de Westminster, ce rituel venu du fond des âges et continuant de passionner les foules du monde entier. Depuis des siècles, de nombreux ouvrages se sont interrogés sur ces cérémonies majeures où un nouveau monarque reçoit l'onction de l'huile sainte en même temps que la couronne. Le sacre des rois de France à Reims compte parmi les plus célèbres, Marc Bloch ayant notamment montré comment la tradition capétienne avait inspiré par la suite les monarques anglais. Cet ouvrage collectif poursuit précisément la même ambition, et vise à étudier les sacres européens comme une tradition politique, en revenant sur des cérémonies marquantes, des usages disparus ou au contraire toujours vivaces. En dix-sept chapitres enlevés sont ainsi évoqués les sacres des rois de France au Moyen Âge et à la Renaissance, ceux des empereurs carolingiens et ottoniens, des rois de Suède, des empereurs romains germaniques, des tsars de Russie et bien entendu des rois d'Angleterre. De manière plus ciblée, l'ouvrage revient sur des cas particuliers, comme Charles VII, Henri IV, Marie de Médicis, Louis XIV, Napoléon et Charles X, avant d'évoquer l'invention de rites de substitution qui forment la mémoire posthume des sacres. À travers ce lien puissant entre le politique et le sacré, l'ouvrage souligne ainsi de manière frappante le besoin de ritualisation inhérent à tout pouvoir, car il est au fondement même de la perpétuelle quête de légitimité des dirigeants. Sous la plume experte d'un collectif d'auteurs associant figures montantes de l'histoire et personnalités reconnues (Jean-Christian Petitfils, Philip Mansel, Maxence Hermant, Gérard Sabatier, Nicolas Dujin, Thierry Lentz), ce Grand livre des sacres offrira la première synthèse accessible au grand public, prenant en compte les avancées les plus récentes de la recherche tout en s'appuyant sur un corpus considérable de témoignages et d'archives inédites.
Le père du contre-espionnage français. Dans la France d'après-guerre, Roger Wybot (1912-1997) se vit parfois qualifié d'"homme le plus puissant de la IVème République" ; homme de réseaux, homme de l'ombre auréolé du prestige de la Résistance, il participe dès 1944 à la création de la redoutable et redoutée direction de la Surveillance du territoire (D.S.T.), dont il prend la tête pour une quinzaine d'années. Véritable bras armé du ministère de l'Intérieur, la DST et son illustre directeur entrent alors de plain-pied dans les intrigues de la guerre froide, traquent les fuites, filent les agents doubles et sonorisent les ennemis de l'intérieur. De l'affaire des généraux à la guerre d'Algérie, l'ancêtre de la DGSI laisse ainsi son empreinte sur nombre de dossiers du renseignement français. Craint, charismatique et volontiers iconoclaste, Roger Wybot mène également avec détermination son service dans les guerres de chapelle fratricides qui animent les services français, jusqu'à projeter sur les responsables politiques eux-mêmes une ombre un peu trop grande. À son retour au pouvoir, fin 1958, le général de Gaulle préfèrera l'évincer, laissant à l'ancien résistant la possibilité, depuis les placards dorés de Beauvau, de rêver à un retour aux affaires tout en s'adonnant à son goût pour la peinture ou l'acuponcture. Le portrait écrit et très informé d'une figure tutélaire de l'âge d'or du renseignement français.
La première guerre "totale" Si dans l'Antiquité les conflits de grande ampleur n'ont pas manqué (guerres médiques, campagnes de conquête d'Alexandre le Grand, guerres puniques, guerre des Gaules), la guerre du Péloponnèse [-447 / -394] est celle qui a le plus marqué les esprits. Durant la seconde moitié du Ve siècle avant notre ère, elle mit aux prises les deux cités d'Athènes et de Sparte, ainsi que les coalitions formées autour d'elles. Les historiens n'ont, depuis, cessé de s'y pencher, et les spécialistes de géopolitique y recourent volontiers pour déchiffrer les relations internationales, notamment les rapports des États-Unis et de la Chine. Le livre de Luciano Canfora sur la guerre du Péloponnèse suit l'ordre chronologique, mais ne se veut pas un simple récit exhaustif des événements. C'est une étude transversale qui présente, à partir d'une sélection d'épisodes, une série de réflexions sur leur signification profonde et les traces laissées sur notre époque. Philologue autant qu'historien, et classiciste aguerri naviguant dans l'histoire grecque et romaine avec une grande aisance, l'auteur multiplie les observations judicieuses au sujet du texte de Thucydide et d'autres auteurs postérieurs qui ont traité du conflit, sans jamais faire l'économie d'un récit haletant qui permet une lecture de l'histoire à hauteur d'hommes.
La légende napoléonienne redécouverte.Napoléon est le personnage de l'histoire de France dont la légende semble le mieux résister au temps et à l'entreprise systématique de déboulonnage des grands hommes. Mais la légende n'a-t-elle pas masqué la réalité ? Derrière le héros, connaît-on toujours l'homme, qui n'a pas échappé à une " légende noire ", tissée de son vivant ? Même si l'on compte sans doute plus de livres et d'articles sur Napoléon qu'il ne s'est écoulé de jours depuis sa mort, et que la Cinémathèque de Lausanne a recensé plus de mille films consacrés à l'épopée impériale, le personnage ne cesse de fasciner. Aussi est-il plus que jamais nécessaire de trier dans cette abondance le bon grain de l'ivraie. Il revenait naturellement à Jean Tulard, sacré " maître des études napoléoniennes ", la mission de distinguer le vrai du faux. Napoléon est-il un fauteur de guerres ? Celles-ci ont-elles causé la mort d'un million de Français ? A-t-il ruiné le pays ? La vente de la Louisiane constitue-t-elle une faute ? Est-il misogyne, esclavagiste et antisémite ? Se veut-il corse avant d'être français ? Joséphine a-t-elle joué un rôle important ? A-t-il été empoisonné à Sainte-Hélène ? Est-il l'ancêtre des dictateurs ?
La vie romanesque de la Duchesse du Berry (1798-1870). Née Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, la jeune veuve du duc de Berry – assassiné en 1820 – est restée dans l'histoire comme l'emblème du combat pour la légitimité. Propulsée au cœur de la monarchie française par la naissance de son fils, le " miraculé " Henri, futur comte de Chambord et "Henri V", cette princesse venue d'Italie doit soudain composer avec les jeux d'influence, les rivalités et les trahisons d'une cour qu'elle connaît à peine. L'auteur restitue avec précision ce moment où une femme presque étrangère devient l'enjeu et le pivot politique de tout un camp. Mais c'est surtout son épopée de 1832 qui confère à son destin une dimension romanesque unique : son retour clandestin en France après l'exil de la cour de Charles X, la traversée de la Vendée sous la pluie, les déguisements, les caches improvisées, les fuites in extremis, la police de Louis-Philippe à ses trousses, et la tentative insensée de restaurer la dynastie en exil. Le livre explore aussi l'envers du mythe : l'arrestation à Nantes, l'enfermement à Blaye, les trahisons, l'humiliation publique de la grossesse secrète et l'exil final dans une solitude grandissante. Porté par une narration vivante, cette biographie révèle une femme courageuse, ambitieuse, souvent seule dans un monde brutal – et profondément patriarcal. Il en ressort le portrait d'une héroïne complexe – mêlant passion, stratégie et vulnérabilité – dont l'énergie, l'audace et les contradictions résonnent avec une étonnante modernité.
Un album en majesté ! Après le succès des albums publiés en partenariat par Perrin et Radio-Classique Nos Rois de France (14 380 ex.) et Nos Reines de France (8 500 ex.), le célèbre historien a décidé avec ses deux co-auteurs de réunir les meilleurs chapitres des deux volumes en un grand ouvrage de prestige, superbement illustré comme les deux précédents. Sommaire provisoire : * Louis VII (1120 - 1180) * Aliénor d'Aquitaine (1124 - 1204) * Philippe II Auguste (1165 - 1223) * Ingeburge de Danemark (1174 - 1236) * Blanche de Castille (1188 - 1252) * Saint Louis (1214 - 1270) * Philippe Le Bel (1268 - 1314) * Charles V (1338 - 1380) * Isabeau de Bavière (1370 - 1422) * Charles VII (1403 - 1461) * Louis XI (1423 - 1483) * Louis XII (1462 - 1515) * Anne de Bretagne (1477 - 1514) * François Ier (1494 - 1547) * Claude de France (1499 - 1524) * Catherine de Médicis (1519 - 1589) * Henri III (1551 - 1589) * Henri IV (1553 - 1610) * Marguerite de Valois (1553 - 1615) * Marie de Médicis (1575 - 1642) * Louis XIII (1601 - 1643) * Anne d'Autriche (1601 - 1666) * Louis XIV (1638 - 1715) * Marie Leszczynska (1703 - 1768) * Louis XV (1710 - 1774) * Louis XVI (1754 - 1793) * Marie-Antoinette (1755 - 1793)
Napoléon (nous) parle ! Depuis plus de deux siècles, de nombreux recueils d'aphorismes et autres florilèges de citations de Napoléon ont été publiés, la plupart étant entièrement fantaisistes ou présentant des citations tronquées, réécrites et mal expliquées. Certains livres, comme le Mémorial de Sainte-Hélène, se sont par ailleurs attachés à restituer les paroles de l'empereur, mais seulement à un moment donné de son existence. En adoptant la forme originale d'une biographie par la parole, cet ouvrage reprend, dans l'ordre chronologique, les plus grandes conversations de Napoléon, depuis sa jeunesse jusqu'à son dernier exil. Tout au long de son extraordinaire ascension, la parole fut un outil de pouvoir dont l'empereur se servit à l'envi, lui permettant d'utiliser à plein sa force de persuasion, sa capacité à argumenter, à invoquer des précédents puisés dans l'histoire, à s'appuyer sur son immense culture littéraire. Son usage virtuose de la séduction, de l'autorité et de l'intimidation font de certaines de ses conversations d'extraordinaires leçons de politique ou de remarquables méditations sur la nature humaine, d'autres montrant au contraire sa folle ambition, son orgueil, ou au contraire le détachement du vaincu revenant au crépuscule de sa vie sur ses grandes actions. Les cinquante-trois conversations présentées ici sont toutes soigneusement introduites et commentées, en présentant d'abord le rédacteur du témoignage, en expliquant le contexte politique, diplomatique et militaire, en traquant les allusions les plus subtiles, mais aussi en critiquant l'authenticité du texte et son degré de réécriture. D'une page à l'autre, le souffle de la parole napoléonienne emmène ainsi le lecteur sur les traces des champs de bataille de la campagne d'Italie, en Égypte, à la Malmaison, au camp de Boulogne, aux Tuileries, à Fontainebleau, à Vienne, Berlin, Varsovie et Moscou, puis à l'île d'Elbe et à Sainte-Hélène, dans la paix comme dans la guerre, dans les moments de détente comme dans ses mauvais jours, dans la gloire comme dans la défaite.
La grande maîtresse à penser de la Révolution et de l'Empire. Germaine de Staël (1766-1817) est une femme libre. Non seulement parce qu'elle a 23 ans au début de la Révolution et que les fonctions de son père Jacques Necker lui permettent de vivre au plus près la chute de l'Ancien Régime ; mais parce que son entrée dans la vie adulte coïncide avec la naissance de la nation. Une femme se lance sur la scène du monde et publie son premier essai en même temps qu'une partie du pays brise ses chaînes et revendique l'autonomie politique. Quoi de plus enthousiasmant ? S'affranchir, malheureusement, ne se fait pas sans heurts. La jeune nation française comme Germaine de Staël déclenchent des passions. Contre elles, les obstacles s'accumulent, les haines fermentent et l'horizon du bonheur s'éloigne, quand il ne dégénère pas en violence. Comme si une femme qui pense, aime en dépit des conventions et met son talent au service du bien commun et de la culture était aussi scandaleuse que le partage des richesses et du pouvoir. Faut-il alors se résigner ? Ou préférer à la tradition rassurante la complexité du monde moderne ? Germaine de Staël, sans hésiter, choisit l'audace. À moins qu'elle ne suive son être : l'attachement à l'indépendance, personnelle et politique, le désir de dépayser les esprits et d'élargir les frontières font partie de son existence. Face à l'opinion, à Napoléon, à la peur et aux égoïsmes frileux, elle oppose une vie de courage et d'enthousiasme ; un savoir porteur d'espoir qui nous rappelle le prix de la liberté, et ce qu'il en coûte de la défendre.
" L'État national-socialiste était une sorte de dictature chantante " Carola Stern
Deux siècles de vie politique nationale. Qui n'a pas en mémoire le renversement du gouvernement Barnier en 2024, puis du Premier ministre François Bayrou un an plus tard ? Sans compter celui du premier gouvernement Lecornu qui n'a tenu que 14 heures... ou les incessantes discussions sur le budget au cours de l'hiver dernier. A tout cela, un lieu et une scène : le Palais-Bourbon.Il est vrai que sa place dans l'histoire de France a souvent été déterminante. Après avoir été pendant le XVIIIe siècle une brillante maison princière, il est demeuré durant plus de deux siècles le témoin privilégié de tous les grands événements de l'histoire de France. L'Assemblée nationale, qui y siège depuis 1798 sous différents noms - Conseil des Cinq-Cents, Corps législatif, Chambre des députés... - en a constamment été l'écho autant que l'acteur. Et ses 577 députés, dont le nombre a lui-même varié, représentants de tous les coins de France et même d'une partie du monde à l'époque coloniale, en ont été autant de porte-voix. " La bouche ouverte de l'esprit humain ", disait Victor Hugo, qui y a lui-même siégé entre 1848 et 1851. Comment oublier les coups d'État fomentés en son sein au temps du Directoire ? Son rôle majeur dans les révolutions de 1830 et 1848 ? La place qu'il a occupée dans l'avènement de la IIe République ? Puis dans l'instauration définitive de la IIIe, à la fin des années 1870 et au début des années 1880 ? Comment ne pas se souvenir de son action décisive dans la guerre de 1914-1918, la reconstruction du pays après la Seconde Guerre mondiale, la mise en place de la Ve République à partir de 1958 ? N'incarne-t-il pas, autant qu'il les scande, les alternances politiques qui se succèdent en France depuis 1981 ?Acteur de toutes les grandes lois qui ont forgé l'État depuis plus de deux siècles, il a aussi été le théâtre d'événements les plus spectaculaires : envahi par le peuple en révolte en 1848 ou 1870, après la défaite de Sedan, englouti par la Seine lors de la grande crue de 1910, cerné par les factions révolutionnaires en 1934, aux mains du Troisième Reich en 1940, incendié en 1961... C'est devant lui que se sont présentés, pour y être adoubés, tous les gouvernements depuis 1879. Ses murs évoquent d'ailleurs nombre de personnages emblématiques : Louis XV, Napoléon, Chateaubriand, Louis-Philippe, Lamartine, Morny, Gambetta, Clemenceau, Jaurès, de Gaulle, Chaban-Delmas, Pompidou, Mitterrand, Simone Veil... C'est cette histoire qui est racontée ici, pour la première fois dans sa totalité, par un fin connaisseur des lieux. Avec, à l'appui, nombre de documents inédits. Un récit où la grande histoire se mêle souvent à la petite, et le drame à la comédie.