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Et si le réel n’était plus qu’une option ? Avec À l’assaut du réel, Gérald Bronner explore comment nos sociétés, sous l’effet des désirs dérégulés et des technologies, redéfinissent leur rapport à la vérité.
Un meurtre obscur en Silésie, cinq SA ivres, un État de droit qui s’effondre : voici comment un fait divers a scellé la fin de la République de Weimar.
Où êtes-vous en ce moment ? Probablement dans une capsule, espace clos et protégé, connecté au surconscient numérique et régi par les règles de la transaction. Nous vivons désormais dans un objet technique total, une capsule dont la nature est exclue. Elle répond à un désir d'optimisation à l'oeuvre dans toute la société, qui a inversé l'esprit des Lumières. A la grande promesse d'autonomie et de technologie née avec la Modernité, succèdent aujourd'hui deux nouvelles logiques : la technonomie (la normativité technique) et l'autologie (le discours sur soi-même). Dans ce monde ambigu qui prend soin en aliénant, une autre aspiration fait surface : un désir de justesse. Comme dans la mythe platonicien de la caverne, la volonté d'aller vers le dehors est puissante, et se marque ici par le besoin de relations nouvelles. C'est un nouveau regard et une nouvelle culture. Comment faire converger optimisation et justesse ? Que désirons-nous devenir ? Quel destin dans nos capsules ?
De l'invasion russe de l'Ukraine aux projets expansionnistes de Donald Trump, l'impérialisme, qu'on croyait appartenir à un passé révolu, se replace au coeur de notre actualité. Forme de domination politique parmi les plus anciennes et les plus universelles, l'impérialisme n'est pas pour autant uniforme et atemporel. Remis en cause depuis le XIXe siècle par la progressive affirmation du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, il n'a eu de cesse d'être réinventé. Mobilisant les compétences d'une cinquantaine d'historiennes et d'historiens, cette somme sans équivalent propose une histoire mondiale et totale des impérialismes contemporains. Des empires continentaux - austro-hongrois ottoman ou chinois - aux empires coloniaux - français, britannique ou japonais - en passant par les impérialismes soviétique ou états-unien, ce livre donne à voir et à comprendre, à travers une approche à la fois régionale et thématique, les multiples formes prises par l'impérialisme du XIXe jusqu'à nos jours. Il permet surtout de mesurer son rôle cardinal dans la genèse - et le devenir - de notre monde.
Et si la vraie sagesse était de savoir quand vivre plutôt que quand mourir ? Dans L’opportunité de vivre, André Comte-Sponville clôt son triptyque philosophique en explorant, avec Épicure, Montaigne et Spinoza, l’art de juger chaque instant.
Drakkar terrifiant, insolite casque à cornes, pirates sanguinaires buvant dans le crâne de leurs ennemis, guerrières farouches : l'imaginaire viking déborde de clichés. Pourtant, la réalité historique est bien plus complexe et souvent plus fascinante. Cet ouvrage propose de déconstruire le mythe pour (re)découvrir les voyageurs et voyageuses audacieux, qui sillonnèrent les mers et les fleuves de Scandinavie, d'Europe occidentale et orientale, jusqu'en Méditerranée et même aux portes du continent américain, en passant par l'Islande et le Groenland. Découvertes archéologiques et relecture des textes permettent de mieux cerner le phénomène viking, entre la fin du VIIIe et le milieu du XIe siècle, dans un monde en pleine mutation, entre affrontements et échanges, méconnaissance de l'autre et adaptation. Les vikings ont pleinement participé aux mélanges culturels et ethniques, à l'origine d'une grande diversité de profils. Au-delà des ruines, des cendres et des massacres que nous léguèrent les auteurs chrétiens médiévaux, les vikings incarnent aussi l'inventivité et l'audace, la curiosité et l'absence de limites.
Et si l’égoïsme n’était plus un choix, mais une contrainte imposée par notre société ? Le triomphe des égoïsmes de Camille Peugny déconstruit avec brio les mécanismes d’une compétition généralisée.
« Armée paraétatique », « garde prétorienne », organisation idéologique ou terroriste... Le corps des gardiens de la révolution islamique, formé lors des premiers mois de la République islamique en avril 1979, est dépeint dans bien des analyses contemporaines comme une armée monolithique, définie par sa corruption et son aversion quasi dogmatique à l'égard de l'Occident. Dans cet essai, Sophia Mahroug retrace, à rebours d'une lecture figée d'un corps ordonné et désincarné, l'histoire d'une légion plurielle - dont l'ossature, les hommes et les fractures restaient jusqu'alors méconnus. Elle décrit comment, à partir de sa culture de la « défense sacrée » (Defa'-e moqaddas), ce corps a été érigé par la propagande en armée divine. Grâce à une enquête historienne inédite du Web et une traduction du persan de la littérature scientifique des gardiens, elle expose comment ceux-là ont puisé dans ce récit pour forger leurs propres institutions culturelles et leur doctrine de guerre douce (jang-e narm) face à l'Occident. Elle fait émerger enfin une sociologie bigarrée de petits fonctionnaires devenus archivistes, de technocrates obsédés par l'ascension professionnelle et d'élites militaires théoriciennes de la guerre informationnelle.
Et si la maladie n’était pas seulement une épreuve physique, mais une catastrophe intime qui ébranle jusqu’à notre identité ?
Où en sont les écosystèmes et les vivants qui les composent sous la pression conjointe de huit milliards d'humains, de leurs infrastructures, de leurs systèmes économiques, financiers et agricoles associés, et des pollutions que ces derniers engendrent ? Quelles sont les perspectives, sous contrainte climatique, de l'évolution du vivant sur Terre dans les prochaines décennies ? Telles sont les questions auxquelles s'attelle le dernier volet de cette enquête de la revue La Pensée écologique. Propos recueillis par Dominique Bourg.
Et si nos relations avec les IA reproduisaient celles que nous entretenons avec nos proches ? Serge Tisseron explore comment les chatbots deviennent des confidents, des coachs, voire des substituts affectifs.
Survenant à la fin du XIXe siècle en France, l'affaire Dreyfus marque une rupture déterminante dans la haine des juifs. L'arbitraire politique, les attaques contre les libertés individuelles, et les menaces contre ce peuple sans État ont alors été porté à leur comble. Mais cette Affaire a aussi été la scène d'une lutte inédite contre l'antisémitisme, rendue possible grâce à l'action d'une rare mais courageuse minorité d'esprits libres, assumant les conséquences d'interventions publiques, prêts à révéler et repousser un danger mortel. Dans l'affaire Dreyfus se sont accompli des combats premiers, modèles pour l'avenir et la survie des sociétés démocratiques. Si l'histoire de l'antisémitisme a été très largement étudiée, celle des combats contre l'antisémitisme demeurent largement méconnue. Centré sur l'affaire Dreyfus au tournant du XXe siècle, ce livre questionne aussi notre temps, dominé par le défi de lutter une nouvelle fois, et avec une détermination intacte, contre ce fléau. L'importance de ces combats anciens réside dans le soubassement philosophique qui les anime. Il n'en est que plus urgent de retrouver l'histoire, de l'écrire et de la faire.
Du désespoir le plus profond naît aussi l'espoir le plus intime. L'espoir nous propulse vers l'inconnu, nous met sur la voie de la nouveauté, de ce qui n'a jamais existé. Guerres, migrations massives, attentats, catastrophes climatiques, crises et pandémies : des scénarios apocalyptiques très divers nous confrontent à une menace imminente d'effondrement et d'extinction. Et tandis que nous passons de catastrophe en catastrophe, notre vraie vie s'étouffe et se réduit à une simple survie. Cependant, l'espoir nous ouvre des temps futurs et des espaces inédits, dans lesquels nous entrons en rêvant. C'est toute une manière d'exister, qui ne résulte pas de faits donnés, mais qui rend possibles de nouveaux événements précisément lorsqu'ils semblent les plus impossibles.
Utilisée avec parcimonie, voire démonisée, la notion d'Occident est essentielle à l'intelligence de l'histoire universelle, comme à celle des équilibres géopolitiques des temps présents. De part et d'autre de l'Atlantique Nord et jusqu'aux antipodes, nombreux sont ceux qui voudraient ôter tout contenu concret et valeur objective à cette identité de civilisation. En d'autres termes, l'Occident ne serait qu'un discours creux ; il n'existerait pas. Ainsi le Quai d'Orsay s'interdit-il longtemps d'employer le terme d'Occident : la France était « ailleurs ». Mais les puissances hostiles de l'axe eurasiatique, leurs alliés et leurs affidés, ne sont pas dupes de tels jeux de langage ; Moscou, Pékin, Téhéran, d'autres encore, désignent l'Occident comme leur ennemi. Cela au moment où l'« Amérique-puissance » s'éloigne de la vieille Europe. Aussi la notion d'Occident et les vertus associées doivent-elles être réinvestis.
Entre le XIe et le XIIIe siècle, la chrétienté médiévale est le théâtre d'une véritable révolution commerciale dont les acteurs sont les marchands et les banquiers. C'est une époque de paix - certes relative - qui permet les voyages lointains, mais c'est aussi l'époque d'un essor démographique considérable. C'est enfin et surtout l'âge de naissance ou de renaissance des villes. Que l'on songe à Florence, Rouen, Bruges, Gênes ou Amiens, et bien sûr aux grandes foires médiévales, c'est bien dans ce cadre urbain en plein développement que le commerce, s'émancipant de la tutelle religieuse et favorisant les activités artistiques, s'épanouit et que le capitalisme voit le jour. Publié pour la première fois en 1957, cette synthèse exceptionnelle, remarquable de concision, sur la figure du marchand médiéval est devenu un classique de l'histoire des mentalités. Préface de Patrick Boucheron.
Publié en 1967, la même année que De la grammatologie et L'écriture et la différence, La voix et le phénomène est l'un des trois ouvrages fondateurs qui érigent le concept phare de la philosophie derridienne : la « déconstruction ». Reprenant rigoureusement la théorie de Husserl de la voix intérieure comme lieu de la conscience, Derrida montre que le sens n'est en réalité jamais immédiatement présent à la conscience car il dépend toujours d'une forme de médiation. Il y a impossibilité d'une présence pure, la trace précédant le signe. On trouve dans cette oeuvre les prémices du concept à venir de « différance ». Préface de Catherine Malabou.
Cet ouvrage propose de saisir le moment de bascule où la rivalité américano-soviétique se cristallise en système. Signature du traité de l'Atlantique Nord, création de la RFA et de la RDA, bombe atomique soviétique, victoire de Mao : en quelques mois, l'équilibre international se transforme et l'affrontement idéologique devient confrontation militarisée et mondialisée. Cette évolution n'est cependant ni linéaire ni consensuelle : les espoirs de paix issus de la Seconde Guerre mondiale, les oppositions internes aux États-Unis et les trajectoires propres des pays décolonisés nuancent la logique de blocs. En articulant histoire européenne, dynamiques globales et jeux d'acteurs péricentriques, Justine Faure montre comment l'année 1949 structure durablement l'ordre bipolaire, façonne les sociétés et matérialise le rideau de fer. Entre fermeture des frontières, guerre politique et stratégies d'endiguement, un monde nouveau se dessine, tendu entre peur nucléaire, ambitions impériales et résistances locales. Une lecture essentielle pour comprendre la fabrique de la guerre froide.
Quand on invoque la « fin du grand partage » entre nature et culture, on en vient souvent à assimiler ses deux principaux inspirateurs, Bruno Latour et Philippe Descola. Or, si ces deux anthropologues ont en effet battu en brèche une telle distinction, ils l'ont fait selon des modalités tout à fait distinctes, pour ne pas dire opposées. Latour affirme ainsi que « nous n'avons jamais été modernes », au sens où nous n'aurions jamais vécu dans un monde séparant effectivement la nature et la culture ; Descola, quant à lui, relativise ce grand partage bien plus qu'il ne le dissout, et réaffirme sa prégnance dans l'ontologie moderne - qu'il appelle « naturalisme » - en la comparant avec celles des peuples étudiés par l'ethnologie. Ce livre se propose de reconstruire, pour la première fois de manière systématique, les tenants et les aboutissants de ce débat encore méconnu dans la pensée écologique.
Et si l’espace intime était la clé de notre bonheur ? La poétique de l’espace de Gaston Bachelard, édition enrichie par Gilles Hieronimus, révèle comment la maison, le tiroir ou le nid deviennent des lieux de rêverie et d’épanouissement.
« S'intéresser à la protection de l'environnement et à l'écologie sans mettre en question le progrès technique, la société technicienne, la passion de l'efficacité, c'est engager une opération non seulement inutile, mais fondamentalement nocive », annonce Jacques Ellul dans l'article de 1972 que nous reproduisons ici. Dans ce texte aux allures de pamphlet, Ellul dénonce l'hypocrisie de ceux qui se prétendent défenseurs de l'environnement sans pourtant ne rien vouloir remettre en cause du monde industriel. Pour lui, l'écologie ne peut être que radicalement technocritique. En refusant la logique technicienne et la réduction de la nature au rang de « ressource » à gérer - par des experts, des scientifiques et autres ingénieurs -, c'est, selon Ellul, notre liberté qu'il s'agit de défendre. La société technicienne en détruisant les milieux naturels puis en s'imposant comme l'unique recours pour les protéger déploie une logique dont l'oeuvre d'Ellul dénonce le caractère totalitaire.
En 2013 était lancée la ligne des « Histoires personnelles de France » avec l’ouvrage de Bruno Dumézil, Des Gaulois aux Carolingiens. L’ambition affichée est alors de donner carte blanche à un panel de spécialistes, un par période, pour constituer une histoire de France non seulement la plus juste scientifiquement, mais aussi la plus abordable. Les sept volumes de la collection ont été ici réunis, formant un récit vivant et d’une cohérence impeccable. De cette continuité entre les récits de chacun ressort clairement qu’il n’existe qu’une histoire de France, complexe et articulée, faite de mouvements plutôt que de moments, dont les contours sont connus et admis ; seuls les angles d’approche varient, et c’est dans cette subjectivité que réside la force de l’ensemble coordonné par Claude Gauvard.
Le nombre d'animaux domestiques dans les foyers a explosé ces dernières années. Au-delà de leur familiarité et de leur présence dans nos maisons, chats et chiens sont devenus, pour nombre de leurs maîtres et de leurs maîtresses, leurs plus chers compagnons. Que ce soit chez l'enfant, ou chez l'homme ou la femme, ils jouent un rôle dans nos vies et dans nos inconscients. Héritier de nos doudous, alter égo, image dans le miroir, que disent de nous nos animaux de compagnie ? Dans un style clair et agréable, à partir de sa clinique, de son expérience personnelle et d'oeuvres littéraires et cinématographiques, Patrick Avrane met au jour les multiples facettes de nos liens évidents ou cachés avec nos animaux, nos intimes compagnons.
En 1290, le roi Edward Ier ordonne l'expulsion des Juifs d'Angleterre. Avec ce décret, deux siècles de présence juive semblent s'effacer de l'histoire du royaume. Pourtant, depuis leur installation au XIe siècle, les communautés juives ont occupé une place essentielle dans la société médiévale anglaise. Protégés par la Couronne, bénéficiant du droit exclusif de prêter de l'argent avec intérêt, des hommes et des femmes juifs financent chantiers, activités urbaines et études universitaires ; ils possèdent des maisons, louent des terres, fréquentent tavernes et marchés. Les sources révèlent un quotidien fait d'échanges, de voisinages et parfois d'intimités partagées avec les chrétiens. Mais cette coexistence suscite aussi peurs et convoitises. Les autorités ecclésiastiques dénoncent la proximité entre les confessions ; les crises politiques, notamment sous le règne de Henry III, attisent les violences. Endettés, certains rebelles s'en prennent aux créanciers juifs, tandis que se diffusent accusations de complot et de crimes rituels, appelées à une longue postérité dans l'antisémitisme européen. En revisitant ce passé méconnu, ce livre met au jour une réalité plus complexe : l'Angleterre du XIIIe siècle fut à la fois un espace d'interactions fécondes et l'un des creusets majeurs des imaginaires antijuifs.
Dans L'Avenir d'une illusion, l'un des textes freudiens qui relie psychanalyse et anthropologie, Freud propose une psychogenèse de la religion. L'oeuvre s'inscrit dans la démarche d'une compréhension de la société au prisme des pulsions humaines. Son apport le plus original réside ainsi dans l'homologie faite entre névrose et religion. Celles-ci sont en effet pensées comme deux réponses du même type, l'une individuelle, l'autre collective, à la tension entre la revendication pulsionnelle et la nécessité de s'opposer à la puissance destructrice de celle-ci. Cette homologie fait des religions un objet d'étude privilégié de la pyschanalyse, la religion étant pensée comme une illusion consolatrice héritée du besoin infantile de protection. Le texte est accompagnée d'une préface de Jacques André et d'un avant-propos inédit.
1802-1885 : comment un fils de général républicain devient-il écrivain, bon bourgeois, père aimant et tragique, époux adultère, grand-père modèle ? Comment passe-t-on de la position contre-révolutionnaire au napoléonisme, puis au libéralisme 1830, puis au soutien à la Monarchie de juillet, puis au républicanisme, puis à la dénonciation de Napoléon III ? Quels furent le choix et les enjeux d'une carrière littéraire, le statut de l'écrivain au XIXe siècle, la question des genres, celle de la langue et des thèmes ? Pourquoi adopta-t-il la posture du chef de file du romantisme, de Mage et de Prophète ? Comment sut-il être écrivain et homme politique au XIXe siècle ? Comment fut-il la voix de la conscience tout en disant le siècle, avant, pendant et après l'exil ? Victor Hugo fut tout cela et plus. Truchement de l'Universel, par son rapport au divin et à l'humanité, chantre de la France, homme-siècle, homme du siècle, écrivain national, écrivain du coeur et de la justice, joyau de notre patrimoine, il repose au Panthéon, entouré de ses personnages, d'Hernani à Jean Valjean, de Quasimodo à Ruy Blas, de Cosette à Gwynplaine, de Bug-Jargal à Gilliatt. Visitons ensemble le monument Hugo.
L'An Mil est un chrononyme, un de ces noms d'époque fabriqués par les historiens pour qualifier un morceau de temps, parfois à partir de l'histoire des sociétés étudiées, souvent à partir de leur interprétation du passé. Promu par le grand historien médiéviste George Duby pour saisir les sociétés chrétiennes un millénaire après l'incarnation de leur seigneur, ou par le géographe médiéviste André Miquel pour rendre compte d'un monde islamique à son zénith impérial, l'An Mil évoque tour à tour l'enchâtellement, le féodalisme, la splendeur des cours des califes, ou encore des sociétés régulées par la vie religieuse... Bien qu'ayant été étendu, le rayonnement géographique de l'An Mil est resté confortablement confiné aux oekoumènes des deux grands monothéismes. L'An Mil, Afrique de l'Ouest dépayse volontairement les quelques familiarités attachées au chrononyme. Moment d'un premier optimum du commerce caravanier transsaharien, d'affirmation des traditions religieuses ouest-africaines mais aussi des débuts de l'islamisation au sud du Sahara... l'Ouest africain prit dans les rets de la science arabe médiévale émerge comme un centre majeur d'un An Mil mondialisé.
Être en vie, c'est avoir le temps. Pourtant, rien n'est plus courant que le sentiment de n'avoir pas le temps. Qu'est-ce, alors, que cet avoir que l'on n'a pas ? Pour le savoir, on montre comment le temps de l'individu est transformé par les quatre grandes valeurs du temps portées par la civilisation occidentale : le Destin (impératif biologique de la vie à la mort), le Progrès (impératif de l'avenir), l'Hypertemps (tyrannie du présent et du technocapitalisme) et le Délai (compte à rebours de la possible catastrophe écologique). Ces quatre formes temporelles se liguent le plus souvent contre nous pour nous empêcher de vivre. Jamais aucune civilisation n'a vécu l'antagonisme d'autant de conceptions du temps incompatibles, qu'il nous faut pourtant concilier. Avoir le temps se révèle donc comme le défi humain par excellence : celui de faire de cette quantité d'avoir une oeuvre de qualité.
Avril 1945, Berlin en ruines : la mort d'Hitler ne marque pas la fin du IIIe Reich. Emmanuel Droit révèle comment le régime nazi tente de survivre à Flensbourg, entre illusions et capitulation inévitable.
Comment la Russie de Poutine a-t-elle forgé son identité politique ? Cet essai décrypte trois décennies de récits, d’idéologies et de stratégies qui transforment aujourd’hui la Russie en puissance eurasiatique rivale du libéralisme occidental.
1906, 1979 : deux révolutions, deux Iran. Comment un pays pionnier de la modernité politique a-t-il basculé vers la théocratie ?
Publié en 1895, Les règles de la méthode sociologique pose les fondements d’une science nouvelle : la sociologie.
Publié en 1893, De la division du travail social reste l’un des piliers de la sociologie moderne. Émile Durkheim y explore comment la spécialisation des tâches, loin de fragmenter la société.