L'An Mil est un chrononyme, un de ces noms d'époque fabriqués par les historiens pour qualifier un morceau de temps, parfois à partir de l'histoire des sociétés étudiées, souvent à partir de leur interprétation du passé.
Promu par le grand historien médiéviste George Duby pour saisir les sociétés chrétiennes un millénaire après l'incarnation de leur seigneur, ou par le géographe médiéviste André Miquel pour rendre compte d'un monde islamique à son zénith impérial, l'An Mil évoque tour à tour l'enchâtellement, le féodalisme, la splendeur des cours des califes, ou encore des sociétés régulées par la vie religieuse... Bien qu'ayant été étendu, le rayonnement géographique de l'An Mil est resté confortablement confiné aux oekoumènes des deux grands monothéismes.
L'An Mil, Afrique de l'Ouest dépayse volontairement les quelques familiarités attachées au chrononyme. Moment d'un premier optimum du commerce caravanier transsaharien, d'affirmation des traditions religieuses ouest-africaines mais aussi des débuts de l'islamisation au sud du Sahara... l'Ouest africain prit dans les rets de la science arabe médiévale émerge comme un centre majeur d'un An Mil mondialisé.