Cinéma / Arts Visuels
La Corée du Sud, de Snowpiercer (2013) à Parasite (2019), occupe une place de choix dans l'industrie mondiale du cinéma contemporain. Cette ascension a débuté dans les années 1960, dans un pays ballotté entre visées nationalistes et libéralisation débridée. Pour appréhender la singularité de ce nouveau cinéma coréen, Barnabé Sauvage revient sur une histoire parfois paradoxale, en dépassant les tensions entre une identité marquée par les traumatismes nationaux - de la colonisation japonaise à la partition des deux Corées - et une logique internationale de soft power inspirée de Hollywood. Une réflexion historique, économique et esthétique qui fait la part belle aux analyses de films et permet au lecteur de se forger, point par point, un avis éclairé sur la question.
Découvrez les secrets du langage cinématographique avec La grammaire du cinéma - 3e éd., l'ouvrage de référence pour maîtriser prise de vues, montage et effets visuels.
Comment analyser une séquence de film ? Qu'on s'y lance pour le plaisir ou dans le cadre d'un examen, il est prudent de partir bien équipé ! Conçu comme une boîte à outils, ce livre fournit les bases indispensables à l'exercice d'analyse, en technique comme en esthétique. Chacun des outils est présenté à l'aide d'exemples de films puisés dans l'histoire du cinéma. Nul besoin d'être un cinéphile accompli pour se les approprier. Enfin des descriptifs d'épreuves, parmi celles qui comportent une analyse de séquence, sont fournis et commentés : l'option cinéma du bac et des agrégations de lettres et d'arts plastiques, les concours d'entrée à l'ENS (Lyon et Paris), à la Fémis, à Louis-Lumière et à l'INSAS (Bruxelles).
Depuis sa première édition il y a 25 ans, l'Analyse des films est devenu un classique des études cinématographiques. Après avoir défini l'activité analytique, l'ouvrage présente successivement l'analyse du fait narratif et du récit, l'analyse plastique et sonore, et enfin le rapport à l'histoire. Jacques Aumont et Michel Marie y démontrent que l'analyse prend tout son sens si elle débouche sur une réflexion générale, qui dépasse le cas particulier de l'oeuvre étudiée. Ils se sont efforcés de décrire et de commenter les meilleures analyses publiées en français et dans d'autres langues, et d'en retenir les acquis méthodologiques. Les divers outils d'analyse sont illustrés à l'aide de tableaux, de schémas ou de photogrammes, et portent sur des films puisés dans toute l'histoire du cinéma. Cette quatrième édition enrichie d'exemples récents de l'Analyse des films est plus que jamais « une bible et un sésame » pour tous les étudiants en cinéma et les cinéphiles.
Depuis sa première édition en 1990, cet ouvrage, traduit en plusieurs langues, est devenu un texte de référence pour l'enseignement du son au cinéma. L'auteur y démontre comment une perception (le son) influence l'autre (la vision) et la transforme : on ne voit pas la même chose quand on entend, on n'entend pas la même chose quand on voit. Cette audio-vision fonctionne essentiellement par projection et contamination réciproques de l'entendu sur le vu, ou bien en creux, par suggestion. C'est donc, au sens technique du mot, un illusionnisme dont le cinéma a su exploiter les mille ressources. À la fois théorique, historique et pratique, cette 6e édition actualisée décompose le rapport son/image à l'aide d'extraits choisis dans le cinéma classique, de genre et contemporain, puis esquisse une méthode d'observation et d'analyse filmique.
Ce livre s'appuie sur l'histoire de l'art, la narratologie, la sémiologie et la psychanalyse, ainsi que sur de multiples exemples de films, pour présenter l'essentiel des aspects théoriques et esthétiques du cinéma. L'ouvrage s'articule autour de cinq questions, développées en détail à travers cinq chapitres : la perception et la forme, le récit, la signification, le dispositif et le spectateur, l'art. Dans un dernier chapitre, une réflexion plus prospective sur le numérique rappelle que nous vivons une ère hautement évolutive. Paru initialement en 1983, ce volume résolument interdisciplinaire a été, pour des générations d'étudiants, l'un des « classiques » des études cinématographiques. Remettant l'ouvrage sur le métier une quarantaine d'années plus tard, les quatre auteurs, théoriciens attentifs à la réalité sociale et vivante du cinéma, l'ont enrichi afin que cette 5e édition d'Esthétique du film prenne en compte les changements survenus, tant dans le cinéma lui-même que dans son étude. Une référence fondamentale toujours indispensable aujourd'hui.
Cet ouvrage propose une méthode destinée à guider le lecteur dans l'analyse de films documentaire : Une première partie présente et clarifie d'abord les grandes questions auxquelles se trouve confronté le documentaire, et qui en déterminent la définition : comment penser le rapport au réel en documentaire ? Faut-il considérer que le documentaire est un produit relevant de l'industrie et de ses normes, ou une oeuvre artistique singulière qui échappe aux logiques du marché ? Comment se repérer dans une diversité documentaire qui échappe au désir de maîtrise et de catégorisation ?Une deuxième partie présente une méthodologie qui offre un socle à partir duquel réaliser le travail interprétatif. Ce modèle d'interprétation présente les trois grands schémas de représentation, ou « grilles de lecture », à partir desquels saisir un film documentaire : « Le genre de la transparence », « le genre du regard » et « le genre de l'expérimentation ».Enfin une troisième et dernière partie met en oeuvre l'analyse de 15 films documentaires. Des films variés dans la forme, mais portant sur 5 thématiques distinctes (l'économie, les chemins de fer, l'artiste, la violence et l'écologie) afin de permettre des comparaisons et rapprochements, et donner à voir comment un film peut être considéré comme relevant d'un paradigme plutôt qu'un autre, alors même que le sujet est commun.
Longtemps dans l'ombre des films, les séries sont désormais un objet d'analyse incontournable auquel de nombreux professeurs et étudiants consacrent cours, mémoires, thèses et autres travaux. Mais devant la multitude d'objets d'étude offerte par les séries, comment structurer une analyse pertinente ? Quels sont les outils et les méthodes qui permettent de construire un cours, un mémoire ou un exposé ? Conçu comme un guide pratique, applicable à tous les types de séries et à toutes les typologies de travaux, cet ouvrage répondra de manière concise et pédagogique à la question : « J'ai envie d'analyser une série télé, comment je fais ? ». Construit autour de quatre chapitres conçus de manière chronologique (production, récit, langage et réception) et enrichis d'exemples concrets et de conseils méthodologiques, il se révélera le compagnon indispensable de toute personne souhaitant mieux comprendre une série.
Associer des images en un certain ordre, les agencer selon un certain rythme, créer des ruptures ou des continuités, tel est l'art du montage. L'auteur trace un captivant panorama des différentes conceptions du montage tout au long de l'histoire du cinéma et propose une analyse de cette technique au coeur de nombreux domaines de représentations audio-visuelles. À travers de multiples exemples de montage de films, notamment ceux d'Orson Welles, de Maurice Pialat ou encore de Martin Scorsese, il montre en quoi l'évolution des techniques et des pratiques de montage influe naturellement sur l'esthétique des films.
Confronté à l'emprise du système télé-audiovisuel et à la concurrence renouvelée de la production américaine, le cinéma français, qui a pourtant de nombreux atouts, semble structurellement marqué par la vulnérabilité. Économie du cinéma offre un cadre conceptuel pour étudier le jeu des acteurs en présence et pour analyser les options, les déploiements et les conditions de mise en oeuvre de leurs stratégies. La nouvelle édition de cet ouvrage de référence permet de mieux comprendre le fonctionnement de la filière cinématographique et de tracer ses principales perspectives dans une période de transformation qui affecte tant les techniques et les usages que les modalités de création et de diffusion.
Qu'est-ce qu'un « bon » scénario ? Comment savoir si son ultime version est prête à tourner ? Comment aider un scénariste à écrire ? Qu'attendons-nous d'un scénario, qu'espère-t-on y trouver ? Qu'ont en commun ceux qui ont donné des films forts et mémorables ? Ce livre apporte des réponses précises à toutes ces questions. Illustré de nombreux exemples de scénarios puisés dans l'histoire du cinéma et de la télévision, il nous invite à découvrir les multiples manières d'écrire, de lire et d'imaginer un scénario. Et comme nos manières de lire un scénario importent autant, sinon plus que son écriture, la rédaction et la lecture sont traitées ici comme un couple inséparable. Cette deuxième édition enrichie propose deux nouveaux chapitres consacrés à l'écriture documentaire et à la scénarisation élargie d'oeuvres destinées aux nouveaux médias.
Non, il n'y a pas qu'une manière d'analyser les films... Parmi toutes celles qui ont les faveurs des cinéphiles, des critiques et des universitaires, en voici six, qui se répondent et se complètent : historienne, esthétique, culturelle, genrée, cognitive et philosophique. Leur point commun ? Nous faire comprendre comment les films font sens, nous captivent ou nous émeuvent. De la vue muette au blockbuster, des frères Dardenne à Intouchables en passant par toutes sortes de genres et d'époques, c'est plus d'un siècle de cinéma qui défile en 31 films à travers ces manières différentes d'analyser - donc d'aimer - le cinéma.
Interpréter un film est la manière la plus naturelle et la plus personnelle d'y réagir. Mais l'interprétation est souvent critiquée pour sa subjectivité, qui la rend invérifiable. Le propos de ce livre est de montrer que cette activité inventive peut aussi être pratiquée avec profit, autant que l'analyse ou la critique. Il a existé plusieurs tentatives pour donner forme théorique rigoureuse aux procédures d'interprétation, toujours à propos d'oeuvres écrites. Ce livre expose les principales de ces traditions, de l'exégèse et de l'herméneutique jusqu'à la déconstruction, et montre comment elles ont été, souvent sans le savoir, utilisées pour l'interprétation des films. On verra également qu'elles répondent à de nombreux problèmes de théorie du film, auxquels elles permettent d'apporter des réponses fécondes. Il s'agit en fin de compte de réhabiliter une attitude mal considérée et cependant essentielle, en montrant qu'elle n'est pas condamnée à l'erreur ni à l'arbitraire, mais qu'elle est la source même de toute compréhension.
Submergé par la déferlante du numérique, qui brouille radicalement les frontières entre les médias (cinéma, télévision, BD, Internet, téléphonie, etc.), le cinéma serait en train de mourir : la chaleur du photochimique a cédé le terrain à la froideur du pixel et le hors-film a commencé à envahir, avec ses transmissions par satellite, les salles dévolues au septième art. Pourtant le cinéma est partout : il s'inscrit sur de nouveaux supports et s'affiche sur de nouveaux écrans. On peut néanmoins se demander si un film en DVD vu sur écran vidéo, c'est encore du cinéma, et si les images encodées du compositing numérique et de la motion capture relèvent toujours du cinématographique. En s'appuyant sur leur hypothèse de la « double naissance des médias », les auteurs interrogent les soubresauts identitaires que le cinéma traverse aujourd'hui et proposent des clefs pour comprendre l'impact du numérique sur l'univers médiatique actuel. Serions-nous en train d'assister à une troisième naissance du cinéma ?
Dès sa naissance, l'industrie du cinéma rivalise d'audace pour exprimer les idées visuelles les plus singulières en concevant et en expérimentant des effets spéciaux spectaculaires qui marquent le spectateur, conscient et souvent ravi de leurs présences. Or, les dinosaures, superhéros et autres sorciers ne constituent qu'un pan du champ des effets spéciaux. D'autres trucages, imperceptibles pour le public, servent aussi à optimiser un budget décoration, à contourner des contraintes logistiques, à contrôler les aléas d'un tournage... Cet ouvrage offre un éclairage inédit sur 120 ans de créations à travers le monde, notamment en France où originalité et inventivité sont de mise, et en questionne les enjeux technologiques, esthétiques et économiques. Une référence indispensable pour l'étudiant ou le lecteur curieux de découvrir ces univers fertiles et passionnants, et de revisiter le cinéma sous un nouveau jour.
Le documentaire est un style à part, né loin des studios avec le développement des caméras légères. De Robert Flaherty à Raymond Depardon, les noms qui jalonnent son histoire témoignent de sa participation active à l'élaboration et au développement du langage cinématographique. Cet ouvrage est depuis longtemps la référence de l'étudiant comme du cinéphile. Du cinéma muet à l'image numérique, il retrace l'histoire de cet « autre cinéma » à travers les continents, en analysant son esthétique originale et sa confrontation au réel. À l'occasion de cette cinquième édition, les biographies et les filmographies de cinéastes majeurs ont été actualisées, et deux études ajoutées, consacrées aux récents National Gallery de Frederick Wiseman et À la recherche de Vivian Maier de John Maloof et Charlie Siskel.
Le cinéma espagnol, profondément inscrit dans l'histoire du pays, est le reflet fidèle des questionnements de sa société. Les auteurs de cet ouvrage, européens et américains, en montrent ici toute la richesse. Loin des clichés et des stéréotypes, cette étude est menée à travers le prisme de l'histoire culturelle, en privilégiant quatre axes : l'identité nationale, la différenciation sexuelle, la représentation de l'autre et la mémoire. L'Espagne présente un cas très particulier par les changements radicaux qu'elle a connus et par le rôle essentiel que le cinéma a joué dans la construction de l'imaginaire national. Longtemps soumis à la censure, ce pays a ouvert depuis l'avènement de la démocratie une voie de renouvellement spectaculaire. Modernité, forte présence des nationalismes régionaux, révolution des moeurs, essor économique puis confrontation à la crise irriguent le propos des cinéastes et construisent une identité nationale en constante évolution.
Cet ouvrage fait le point sur les techniques, les thématiques et les différents champs couverts depuis plus d'un siècle par le cinéma d'animation (anime japonaise, films en « 3D », films d'auteur à fort investissement esthétique...). Véritable travail de synthèse et d'analyse, il s'efforce de mettre en évidence l'extraordinaire potentiel de l'animation : un potentiel à la fois narratif, plastique et philosophique, puisque l'imaginaire des cinéastes ne connaît pour ainsi dire aucune frontière ; un potentiel économique également, au risque de la standardisation et de la banalisation de l'imaginaire animé. D'Émile Cohl à Hayao Miyazaki en passant par Norman McLaren et Walt Disney, ce sont autant d'univers différents qui s'ouvrent au spectateur et à l'historien du cinéma.
L'espace constitue un enjeu majeur des réflexions esthétiques et philosophiques sur le cinéma, autour duquel s'articule toute l'histoire des formes filmiques. Comment les films représentent-ils l'espace ? Comment l'organisent-ils par la mise en scène, le montage et le rapport image-son ? Quel(s) espace(s) vivons-nous au cinéma ? Comment influencent-ils notre façon de percevoir le monde et d'y penser notre situation ? Pour répondre à ces questions, l'ouvrage définit l'espace cinématographique comme une puissance dynamique de l'image en mouvement, dotée d'un fort impact sensoriel sur ses spectateurs. Cette approche cinéplastique et rythmique de l'espace trouve son aboutissement dans un concept original : l'image-espace. L'ouvrage s'appuie sur l'analyse de nombreux films, et notamment sur le travail de réalisateurs tels que Buster Keaton, Orson Welles, Michelangelo Antonioni, Andreï Tarkovski, Gus Van Sant, ou encore Jia Zhang-Ke. Il se révèle particulièrement fécond pour comprendre les grandes évolutions du cinéma contemporain.
Héritières des serials cinématographiques et des magazines pulp, les séries de science-fiction accompagnent la production télévisuelle depuis ses débuts. Elles ont soutenu, et souvent même mené de front, l'évolution de la complexité narrative de ce format au fil des décennies, hier au sein de la production nord-américaine, aujourd'hui à travers le monde, participant ainsi largement au renouvellement du genre. Cet ouvrage remonte aux origines des séries de science-fiction et s'appuie sur plusieurs exemples représentatifs d'aujourd'hui pour présenter leurs grands prototypes narratifs et leurs principaux motifs. Il permet de comprendre ce que la science-fiction a apporté à la télévision, et ce qu'en retour le petit écran a offert au genre de l'imaginaire le plus à même d'interroger notre avenir et ses possibles. De Star Trek à X-Files, de l'utopie à la dystopie, il révèle comment, épisode après épisode, année après année, les séries de science-fiction explorent des mondes extraordinaires, reformulent et rendent plus concrets nos craintes et nos espoirs...
Le Moyen Âge nous a légué un réservoir de récits, un trésor d'anecdotes et de situations, une galerie de personnages et un répertoire de motifs et de situations visuelles propices à la création cinématographique. De Jeanne d'Arc de Georges Méliès au Nom de la Rose de Jean-Jacques Annaud, en passant par Robin des Bois de Alan Dwan et Kingdom of heaven de Ridley Scott, cet ouvrage dresse un vaste panorama du cinéma d'inspiration médiévale ou dont l'action se situe explicitement au Moyen Âge : un Moyen Âge vulgarisé, revisité, hérité et transmis par une longue chaîne d'oeuvres et de représentations qui ont évolué tout au long du vingtième siècle. Plus de 100 ans de cinéma qui nous renseignent moins sur cette période phare de notre histoire que sur notre propre identité.
Qu'est-ce qu'un « bon » film ? Quels sont les critères qui permettent de juger de sa qualité et de son intérêt ? Comment définir et analyser le « beau » au cinéma ? Un bon film n'est-il pas tout simplement un film qui impacte notre vie d'une façon ou d'une autre ? Cet ouvrage tente de répondre à ces questions en proposant une réflexion sur ce qui fait la valeur d'un film et sur la façon de l'estimer : contextes artistique et sociopolitique, référents cinématographiques et historiques, théories des catégories et des genres... Pour étayer son propos, l'auteur s'appuie sur les concepts philosophiques de jugement, de goût, de valeur, de plaisir et d'usage, qu'il confronte à de nombreux exemples de films, de Glen ou Glenda d'Ed. Wood à Batman : le défi de Tim Burton, en passant par Ludwig de Luchino Visconti, Scarface de Brian de Palma et bien d'autres.
Dans la France des années 60 et 70, des écrivains et des cinéastes comme Jean-Paul Sartre, Jean Genet, Jean-Luc Godard ou Chris Marker s'engagent en faveur des luttes tiers-mondistes. Après l'engouement des intellectuels pour l'URSS au début du siècle et les luttes de décolonisation, la révolution cubaine, la résistance vietnamienne et le mouvement palestinien symbolisent désormais l'espoir d'un socialisme à visage humain. Cette floraison de témoignages - articles, essais, pièces de théâtre, films de fiction et films militants - permet l'émergence d'une nouvelle forme d'engagement artistique : un engagement critique qui n'exclut ni la lucidité idéologique ni la sensibilité esthétique. À travers une rhétorique comparée de la littérature et du cinéma engagés, cet essai propose une exploration d'oeuvres parfois méconnues d'artistes pourtant majeurs, qui s'interrogent sur les conditions d'une authentique politisation de l'art.
Le rêve de transporter, de projeter et d'animer les images est peut-être immémorial et l'histoire de ceux qui ont voulu faire vivre ce rêve est déjà longue quand, en 1895, les frères Lumière projettent la vie, prise sur le vif, sur l'écran du cinématographe. Cette anthologie rassemble quelque cent textes qui nous invitent à parcourir une histoire culturelle de la vision, de ses moyens et dispositifs, de l'idée que nous nous faisons du visible, des attentes, des croyances et de l'imaginaire qui s'y rattachent, afin de mieux comprendre nos propres façons de voir et de vivre avec les images. De Platon à Jules Verne, avant le cinéma, sans le cinéma, se croisent les préoccupations philosophiques, artistiques et littéraires autant que sociales, scientifiques et techniques. Autour des jeux de l'ombre et de la lumière, de la chambre noire, des lanternes magiques, de la fantasmagorie, des panoramas, de la photographie, des machines optiques et des images en mouvement, dialoguent, parmi bien d'autres, Vinci, Kepler et Sterne, Kircher, Inés de la Cruz et Leibniz, Robertson, Balzac et Strindberg, et encore Kleist, Wordsworth et Hawthorne, Lichtenberg, Hoffmann, Hugo, Marx et Zola, Arago, Poe, Delacroix et Nadar, Plateau, Baudelaire, Marey et Edison, Villiers de l'Isle-Adam, H. G. Wells et Charles Cros... Daniel Banda, professeur agrégé, enseigne la philosophie au Lycée Victor Hugo à Paris et l'esthétique à l'université de Paris I Panthéon- Sorbonne. José Moure, ancien élève de l'École normale supérieure, est professeur en études cinématographiques à l'université de Paris I Panthéon- Sorbonne. Ensemble, ils ont publié Le Cinéma : naissance d'un art. 1895-1920 et Le Cinéma : l'art d'une civilisation.1920-1960.
Entre littérature et cinéma, les relations ont souvent été envisagées à travers le prisme de l'adaptation des textes littéraires, dont la pratique a alimenté des débats - parfois très vifs. Mais les rapports entre les deux arts ne se limitent pas à cette problématique, dont on peut penser au contraire qu'elle a longtemps fait écran à d'autres échanges. Sans négliger cette question, on essaiera donc ici de déséquilibrer les confrontations bipolaires traditionnelles afin d'examiner comment, dans l'intervalle entre littérature et cinéma, des transactions se négocient, et dans les deux sens, pour des enjeux qui n'appartiennent proprement ni au cinéma ni à la littérature. C'est dans cette interaction que se reformulent aujourd'hui les enjeux de la représentation cinématographique et littéraire. En effet, sur le plan des langages comme du récit, de l'image ou de l'Histoire, des affinités électives déterminent un régime de déstabilisation réciproque extrêmement fécond pour chacun des deux arts. Jean Cléder est maître de conférences en littérature comparée (Université Rennes 2). Il a publié de nombreux articles sur les relations entre littérature et cinéma, et des ouvrages collectifs consacrés à Marcel Proust, Marguerite Duras, Éric Rohmer, Patrice Chéreau, Benoit Jacquot.
En proposant une analyse de la professionnalisation et des métiers du cinéma à partir des acquis de la sociologie interactionniste, La fabrique filmique replace l'usage du film dans sa dimension concrète. Saisir l'envers du décor permet ici d'appréhender de l'intérieur les processus de fabrication d'un film. Comment décrire ces différentes catégories de métiers de l'audiovisuel et du cinéma dans la longue durée sous l'angle de constructions professionnelles plus complexes au croisement des Politiques Publiques menées en France depuis 1936 et des évolutions actuelles du marché de l'intermittence ? À partir de nombreuses enquêtes dans différents studios (France, Europe centrale, États-Unis, Inde, Russie...), l'ouvrage propose une mise en perspective de ces marchés spécifiques du travail sous l'angle de la globalisation pour mieux comprendre l'histoire anonyme de ceux qui ont fabriqué le cinéma. Kristian FEIGELSON, sociologue habilité à diriger des recherches, enseigne le cinéma à l'Université de la Sorbonne- Nouvelle (IRCAV). Chercheur associé au Centre de sociologie politique Raymond Aron (Ehess), il collabore à différentes revues.
Quand le cinéma de science-fiction est-il né ? Quelles sont les formes qu'il a prises avant de s`imposer comme un genre à part entière ? Que peut-on y lire et que nous apprend-il du regard que nous portons sur le monde qui nous entoure ? De ses débuts comme genre dans l'Amérique des années 1950 jusqu'à aujourd'hui, toutes les facettes de ce cinéma sont ici décrites et analysées selon des angles résolument novateurs. Grâce à de très nombreux exemples, nous découvrons comment, de la peur atomique des années de Guerre froide à l'émergence, trente ans plus tard, du cyberpunk, les films de science-fiction nous éclairent sur les évolutions technologiques et esthétiques de leur époque. Dans un second temps, l'ouvrage propose une typologie des figures visuelles et narratives, depuis l'imagerie du voyage dans l'espace ou celle de l'extraterrestre jusqu'à la critique sociale et politique, et montre combien ce genre cinématographique, qui est création d'un monde, est fondé sur la désorientation de l'homme face à ses propres repères. Éric DUFOUR est professeur à l'Université de Grenoble. Il est spécialiste d'esthétique et a écrit plusieurs ouvrages sur la musique et sur le cinéma.
L'adaptation cinématographique des oeuvres littéraires soulève des questions d'ordre technique et esthétique. Mais c'est aussi une opération qui, au gré de succès et d'échecs variés, demeure problématique. S'appuyant sur la notion de travail, l'auteur interroge ce qui motive, dynamise ou contraint et limite les auteurs d'adaptation. L'adaptation sera donc envisagée comme vol ou détournement d'oeuvre, puis comme jeu et comme tremplin pour la rêverie des cinéastes, enfin comme travail des formes cinématographiques et littéraires, lieu de rencontres parfois conflictuelles mais souvent fécondes entre cinéma et littérature. De nombreux exemples approfondissent ces questionnements, de l'Amérique recréée de J. Ford avec Cooper et Twain aux espaces cinématographiques de Kubrick ou Bertolucci ou aux fidélités/infidélités de Chabrol et Leconte à Simenon...
À partir des archives de la Triangle Film Corporation, Marc Vernet retrace ici l'histoire courte et mouvementée de cette firme pionnière du cinéma hollywoodien et, à travers elle, des premières implantations de studios dans la région de Los Angeles au cours de la seconde moitié des années 1910. Il décrit les mutations décisives qui ont lieu dans un temps où le 7e art est en train de s'inventer et de s'établir : course à l'indépendance, passage de l'Est à l'Ouest, du court au long métrage, des entreprises locales aux stratégies nationales, de la lumière naturelle à l'éclairage artificiel, du prestige européen à l'américanisation du cinéma... Illustré par des documents d'exception, cet ouvrage démêle les logiques dynamiques au coeur de la création de Hollywood, dans un contexte économique de forte croissance, et politique d'une grande instabilité. Des années décisives pour l'art cinématographique, qui connaîtront l'émergence de stars prenant leur carrière en main, ainsi qu'une très vive concurrence opposant non seulement producteurs, distributeurs et exploitants, mais également les grands du moment : Griffith, Ince, Sennett, DeMille...
Rédigé par deux pionniers de la narratologie du cinéma, Le Récit cinématographique est devenu, depuis sa première édition en 1990, un classique reconnu pour sa clarté. Véritable manuel d'introduction, mais aussi ouvrage de synthèse particulièrement précieux, il se destine aux enseignants et aux étudiants en cinéma et en communication, ainsi qu'à tous ceux qui veulent comprendre les concepts et les mécanismes du récit : la narration, l'espace, la temporalité et le point de vue. À l'occasion de cette troisième édition revue et augmentée, les références cinématographiques ont été actualisées, l'étude du récit a été étendue aux séries télévisées et des analyses de séquences de films et de séries ont été ajoutées pour illustrer l'usage que l'on peut faire des concepts. « [...] rarement on aura vu autant de clarté et de concision dans un ouvrage traitant de narratologie et de cinéma. [...] Parce qu'on ne se lasse pas d'un discours conjuguant limpidité et intelligence et parce qu'un bon ouvrage de synthèse manquait cruellement aux écrits sur la narratologie, voilà un petit essai auquel on reviendra souvent » (Marcel Jean, directeur de la Cinémathèque québécoise).
Selon Francis Ford Coppola, l'essence du cinéma, c'est le montage : une combinaison de moments d'émotions humaines mises en image et formant une sorte d'alchimie. Cet essai est consacré au montage au cinéma. Outre un rappel de la façon dont il est envisagé par différents cinéastes (Eisenstein, Vertov, Epstein, Tarkovski, Pelechian, Renoir, Godard, Bresson, Rohmer, Van der Keuken...), l'ouvrage propose une analyse de ce qu'est le montage : ses objectifs, ses lois et son langage. Nécessaire à toute analyse d'un film, cette " théorie du montage " permet d'en saisir toute l'essence, au-delà des considérations syntaxiques, narratives et plaqtiques. Elle est constuite comme une théorie scientifique, avec comme postulat de départ l'existence d'une énergie portée par les plans d'un film, prise en charge et " polarisée " par le montage. L'auteur illustre son propos de nombreux exemples issus de l'histoire du cinéma.
Star Wars, comme disent ses fans, c'est " tellement plus que du cinéma " ! Il y a les romans, les jeux, les BD, les sites internet, les costumes, les encyclopédies sans parler du programme de la défense nationale des États-Unis. Un univers qui s'adopte et qu'on utilise à la manière d'un jeu de construction pour produire à son tour et aussi pour réfléchir à des questions importantes, et parfois même un style de vie. A la veille de la sortie du 7e épisode de cette saga légendaire et si populaire du cinéma, cet ouvrage décortique les films (leurs grands thèmes, les inspirations mythologiques et littéraires, les ressorts naratifs...), les compare aux classiques de l'histoire du cinéma et analyse l'engouement des fans (notamment ce foisonnement de courts-métrages amateurs, à la fois hommages et parodies de l'oeuvre). Un livre pour tous ceux et toutes celles qui ont envie de (re)découvrir Star Wars, à la fois phénomène de cinéma et de société.