Sébastien DENIS
Sébastien DENIS
Neo, c'est « the one », l'élu, un sauveur soutenu par une vaste communauté de fans et utilisé par des Églises en tous genres comme un appât pour attirer les jeunes vers la religion. Neo donne aussi du crédit aux discours transhumanistes issus de la Silicon Valley comme de la scientologie. Neo est donc un personnage de synthèse, à la fois prophétie auto-réalisatrice et incarnation problématique du monde transhumain qu'appellent de leurs voeux les Wachowski, progressistes et transgenres. Mais, signe de son ambivalence fondamentale, ce personnage est retourné à leur avantage par de nombreux libertariens et conspirationnistes, au premier rang desquels Donald Trump ou Elon Musk, qui l'utilisent comme symbole de la puissance de la volonté individuelle face à la crise du « système ». Sébastien Denis est Professeur en Histoire, cinéma et médias à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Il travaille entre autres sur le cinéma de propagande, le cinéma d'animation et les relations entre cinéma et arts plastiques.
Cet ouvrage fait le point sur les techniques, les thématiques et les différents champs couverts depuis plus d'un siècle par le cinéma d'animation (anime japonaise, films en « 3D », films d'auteur à fort investissement esthétique...). Véritable travail de synthèse et d'analyse, il s'efforce de mettre en évidence l'extraordinaire potentiel de l'animation : un potentiel à la fois narratif, plastique et philosophique, puisque l'imaginaire des cinéastes ne connaît pour ainsi dire aucune frontière ; un potentiel économique également, au risque de la standardisation et de la banalisation de l'imaginaire animé. D'Émile Cohl à Hayao Miyazaki en passant par Norman McLaren et Walt Disney, ce sont autant d'univers différents qui s'ouvrent au spectateur et à l'historien du cinéma.
L'image est un média, peut-être le premier, le plus ancien. Depuis Lascaux, les individus, les groupes, les pouvoirs politiques et religieux en ont fait un allié ou un péril. Tout au long du xxe siècle, les images se sont immiscées partout. Acheminées par le cinéma, la télévision ou la presse écrite, véhiculées par Internet, elles s'installent au coeur du public comme du privé. Avec l'émergence des médias de masse, l'image et la politique ont renforcé leurs liens, forgeant une relation où les deux champs s'interpellent et se nourrissent intensément. L'étude du champ politique doit donc se saisir de ce corpus toujours plus foisonnant. Elle doit s'y atteler sans se fixer de limites a priori sur une définition des images politiques et sans se contenter d'étudier leur contenu (politique). Réunissant une trentaine de contributions dans une perspective internationale et interdisciplinaire, cet ouvrage croise les supports, les espaces socioculturels et les temporalités afin de mettre au jour les invariants et les ruptures, qu'il s'agisse du choix des thèmes ou des modes de mise en scène de la politique à chaque époque ou selon chaque régime. Couvrant les xxe et xxie siècles, l'ouvrage permet de relier différentes « époques médiatiques » et de voir les continuités, les filiations, les apports, les recompositions et les complémentarités entre des médias dits traditionnels (cinéma, télévision, photographie, presse écrite) et les nouveaux médias à l'âge du numérique (Internet, téléphones portables, jeux vidéo) dans leur façon de s'emparer ou d'être saisis par la politique.