Graduate Institute Publications
Nous avons voulu, avec ce livre, créer un espace de connaissance autour de la thématique genre et développement, apporter des outils de réflexion aux femmes francophones, et aux hommes bien évidemment, et cela dans un esprit d'ouverture envers nos devancières - anglaises, américaines, latino-américaines - qui ont repris des concepts féministes ou en ont forgé de nouveaux pour les adapter aux situations spécifiques créées par les politiques et les projets de développement : repères intellectuels pour toutes celles et tous ceux qui cherchent, avec bonne volonté, à comprendre la formidable complexité du développement afin que leur action soit plus efficace, plus complète, et non plus source de distorsions socioéconomiques préjudiciables à tous, ou pire, source de détresses matérielles et psychologiques.
Ce nouveau corpus « Éclairages » est le fruit d'une mise en réseau internationale de chercheuses en sciences sociales, autour du lieu d'échanges et de réflexions VisaGe : Violences fondées sur le genre, données, santé, jeux d'échelles. L'ouvrage donne à voir dans leurs dimensions les plus actuelles et les plus localisées certaines des opérations de reconnaissance des violences vécues par les femmes les filles, par les dissident.es de l'ordre hétéro-normé, par les défenseuses des droits humains. Il rappelle l'importance, dans un contexte où les prises de conscience récentes paraissent saturer l'espace médiatique, de préserver une approche historique et une documentation de première main. Le corpus portant sur l'Amérique latine, nous avons mêlé les langues française et espagnole dans l'économie générale de l'ouvrage.
Le présent ouvrage s'attache à souligner la diversité et la richesse des mouvements de femmes de par le monde, qui se sont organisés autour d'enjeux variés, que ce soit autour du droit de vote des femmes, du droit des filles à l'éducation, des luttes anticoloniales, des discriminations racistes envers des femmes ou de divers autres droits. Il explore aussi les débats sur l'articulation des différentes appartenances de classe, race, caste, genre et comment ces catégories se croisent, se renforcent. Ce débat est déjà ancien, puisqu'il a été abordé dès le xixe siècle, par exemple avec les textes de Flora Tristan, en Chine dans les années 1920, ou dans les années 1960 aux États-Unis avec les femmes du mouvement Black Feminism. À partir des années 1980, se développe une démarche critique de l'hégémonie d'une certaine pensée féministe, blanche, occidentale, qui n'avait pas suffisamment reconnu les tensions dans les débats et luttes féministes, pourtant âpres, autour des questions de classe, de race ou de nation. Cette démarche de décolonisation du féminisme est inspirée par des militantes et théoriciennes issues de la migration, des minorités, et surtout par des militantes et théoriciennes dans les pays du Sud. La réflexion sur l'intersectionnalité des catégories de genre, classe, race, caste, a permis de construire de nouveaux champs théoriques qui ont souvent précédé l'institutionnalisation du champ d'études postcoloniales. Cet ouvrage permet aussi que s'expriment et soient rapportés les expériences concrètes des femmes et des mouvements de femmes, dans toute leur diversité, et les savoirs qui sont élaborés par et avec elles. Ce travail correspond à une reconnaissance, non seulement des capacités d'agir mais aussi des capacités de penser, de manière critique, des femmes de différentes appartenances et de divers horizons culturels, et dont les théories féministes sont redevables.
Social heterogeneity results in a lower supply of public goods because of the conflict, diverse preferences and political insecurity that predominate in socially heterogeneous contexts. Despite its multiple stratifications along religious, caste and linguistic lines, India has scarce academic research on the impact of social heterogeneityon economic outcomes. I study the impact of religious polarization, measured through religious heterogeneity, on the supply of public goods at the sub-district level in India. I use anovel fixed effects panel and spatial data approach to establish this relationship and find a significant negative impact of religious polarization on public goods provision. We extend our heartfelt thanks to the Vahabzadeh Foundation for financially supporting the publication of best works by young researchers of the Graduate Institute, giving a priority to those who have been awarded academic prizes for their master's dissertations.
Avec plus de 270 millions d'habitants, l'Indonésie est le quatrième pays le plus peuplé de la planète. Sur le plan politique, c'est aussi la troisième plus grande démocratie du monde et la seule et unique à ce jour dans le monde musulman auquel elle appartient et dont elle compte le plus de fidèles sur terre. Enfin, au niveau économique, elle regorge de ressources naturelles et fait partie du groupe des principaux pays émergents sur la scène internationale. Malgré cela, elle reste largement ignorée et est sûrement le plus méconnu des membres majeurs du concert des nations. Cet ouvrage a précisément pour objectif premier de contribuer à combler cette lacune dans une littérature française encore assez mince sur ce pays majeur. Après avoir dressé le cadre naturel particulier du plus grand archipel volcanique du monde, évoqué sa diversité humaine et son riche passé précolonial puis évalué le poids décisif de sa longue et dure colonisation, il se concentrera sur l'histoire de son développement. L'analyse proposée couvrira donc surtout les 75 années écoulées depuis la proclamation de l'indépendance de l'Indonésie, en août 1945, jusqu'à aujourd'hui, où le pays est confronté comme tous les autres aux ravages de la pandémie de COVID-19, en examinant les différentes phases du ce parcours de développement mouvementé. Toutefois, ce livre se fixe un second objectif plus ambitieux : permettre au lecteur, à travers l'étude de cas emblématique indonésien, de mieux comprendre la dynamique du développement, ce processus de changement global qui se solde par la transformation économique, sociale, politique et même culturelle d'un pays. La nature emblématique du cas examiné résulte non seulement du fait que le pays, parti de très bas, a eu un certain succès en matière de développement, mais est aussi lié à la relation complexe et ambiguë entretenue par ce dernier avec la dictature et la démocratie, les deux régimes politiques qu'il a connu depuis son indépendance. L'analyse de ce lien constituera de fait le fil rouge de l'ouvrage, avec pour ambition de clarifier la question classique consistant à savoir lequel des deux régimes en question, de la dictature ou de la démocratie, à été le plus favorable ou nocif pour le développement de l'Indonésie. Note sur la photo de couverture : La photo d'une affiche murale de propagande politique représentant l'actuel président de l'Indonésie Joko « Jokowi » Widodo à bicyclette a été prise par l'auteur à l'aéroport Sentani de Jayapura, capitale de la province de Papua, le 18 septembre 2018. Elle essaye bien évidemment de donner l'image d'un homme du peuple simple et modeste conduisant en souriant son pays sur la voie du développement vers un avenir plus prospère.
Le regard colonial sur la construction de la « femme du Tiers-monde » a été dénoncé depuis longtemps par des chercheures féministes du Sud et leur contribution au renouvellement de la pensée critique sur la mondialisation est maintenant reconnue. Cependant, l'économie globale de la connaissance, y compris dans les études féministes, continue de privilégier des concepts et des théories développées au Nord, sans reconnaître justement les contributions théoriques des Suds. Cet ouvrage propose de présenter des regards critiques sur la production et la circulation de connaissances dans le domaine des études féministes et de genre à partir des perspectives du Sud global. Il expose des analyses critiques de l'économie globale de la connaissance, discute de la colonialité du pouvoir et des savoirs, des épistémologies féministes et des méthodologies que la recherche féministe privilégie. Il explore le champ social des expertes en genre à partir d'analyses dans différents contextes. Il aborde enfin des savoirs locaux des femmes et des féministes et comment ceux-ci renouvellent l'analyse critique de programmes de « développement ». Les textes ici réunis témoignent de la richesse des apports du Sud global au champ des savoirs féministes dans son ensemble, tant au niveau des théories qu'au niveau des pratiques. Ils remettent en question l'hégémonie des savoirs occidentaux. Cet effort de reconnaissance des savoirs « des autres » féministes proposée par cette collection, demande à être amplifié, pour transformer les rapports de genre, de classe, de race et géopolitiques inégaux et construire un monde soucieux de justice sociale et de genre. Les Cahiers genre et développement constituent une collection d'ouvrages portant chacun sur une problématique spécifique. Ils réunissent des articles et textes de référence qui permettent de mieux faire connaître l'outil d'analyse qu'est le genre, de croiser les théories féministes avec les théories du développement, les théories et pratiques dans le domaine du genre qui se déploient à partir du Sud global. Ils proposent un choix de documents, accessibles et en langue française, dans le champ des études genre et développement.
Trop souvent, la faim est attribuée à la démographie, au manque de pluies, et à l'agriculture « rudimentaire » pratiquée par les petits paysans des pays du Sud. Il est pourtant reconnu depuis longtemps, dans la littérature spécialisée, que le déficit alimentaire est en grande partie imputable aux transformations des systèmes agraires liées au marché des produits agricoles. Le titre d'un ouvrage paru lors de la grande famine de 1972 au Sahel était évocateur : Qui se nourrit de la famine en Afrique ? Quarante ans ont passé, les disettes se répètent. La petite production paysanne continue d'être ignorée, dévalorisée et peu appuyée par les politiques publiques (Meillassoux et Verschuur 1985, également dans le présent ouvrage) et les femmes insérées dans cette forme de production le sont encore plus. À considérer « le » paysan comme neutre, les femmes de paysans sont ignorées, alors qu'elles travaillent durement sur les champs familiaux mais aussi comme travailleuses agricoles, commercialisent des denrées agricoles et des produits transformés, s'impliquent dans des luttes et contribuent aux changements agraires. Cet ouvrage propose de donner matière à réfléchir sur les processus d'appauvrissement des paysannes et paysans et sur la persistance de la faim dans le monde.
Les études féministes ont souligné l'importance d'étudier le travail auparavant invisible des femmes, productif et reproductif, et la nouvelle division du travail productif et reproductif dans la mondialisation du capitalisme. L'analyse du capitalisme mondialisé dans une perspective décoloniale permet de comprendre qu'il n'est pas seulement un système économique ni seulement un système culturel mais un réseau global de pouvoir intégré par des processus économiques, politiques et culturels qui constituent un ensemble. Partout on observe un système, social, économique, culturel, moral d'organisation de la reproduction sociale, y compris le care, entendu comme échange économico-affectif, qui implique des biens et des services liés à l'économie capitaliste. Dans le nouvel ordre économique global, que l'on pourrait toujours qualifier de colonial, caractérisé par la nouvelle division internationale du travail, l'articulation entre rapports sociaux dans l'économie domestique et capitaliste prend de nouvelles formes. Mais le système repose toujours sur l'organisation de l'ensemble des activités et des rapports indispensables à la reproduction sociale, par-delà les frontières, dans des réseaux et foyers transnationaux, en s'appuyant sur des discours de genre et de race, voire de classe. Dans ce système, les femmes migrantes sont particulièrement présentes. Elles constituent un maillon essentiel du système de protection sociale aux Nords, y contribuent à la production de richesses, tout en assurant l'organisation de la reproduction sociale aux Suds, dans les foyers qu'elles ont gardés dans leurs pays d'origine.
Le nouvel ordre économique néolibéral modifie la division internationale du travail, ce qui entraîne un accroissement des populations migrantes de travailleurs et de travailleuses. Actuellement, une personne sur dix dans les régions développées est migrante, et les femmes représentent la moitié de ce nombre. Longtemps, pourtant, la figure du migrant a été représentée comme masculine, en raison des représentations stéréotypées ou erronées du rôle et de la place des femmes et des hommes dans les sociétés, et les recherches ou programmes relatifs aux migrants ont ignoré la composante féminine des migrations. Or, les femmes migrent bien, elles aussi. Une grande partie des femmes migrantes - même qualifiées - travaillent dans le secteur des soins ou des emplois domestiques. Le transfert international des soins et de l'attention aux autres (care) - sorte de nouvelle matière première extraite des pays du Sud pour être consommée dans les pays riches - est un nouvel échange inégal. Les espaces où se réalise le travail des migrantes restent souvent invisibles, lieus de peu de droits. Si les discriminations et les abus sont à dénoncer, l'image de victime accolée aux migrantes et cependant loin de convenir. La trajectoire migratoire demande pugnacité et courage. Et nous pouvons nous demander s'il ne s'agit pas du départ des personnes les plus combatives de la société... Les identités se transforment dans l'expérience de la migration : comme le dit l'une d'elles, « je ne suis plus celle que j'ai laissée derrière moi ». Des réseaux transnationaux se construisent, accompagnés d'une circulation d'idées, de nouvelles représentations, de projets, de flux financiers. En 2002, les revenus du travail des migrants atteignaient 73 milliards de dollars, un montant plus élevé que celui de l'aide internationale au développement. Un nouvel ordre colonial s'instaure avec la nouvelle division internationale du travail. Mais les migrations des femmes et des hommes à travers les pratiques sociales nouvelles, les transformations des identités, les renégociations des rapports de genre et la constitution de réseaux transnationaux, contribuent peut-être aussi à la recherche d'alternatives pour toutes et pour tous.
Cet ouvrage a pour objectif d'offrir un premier éclairage de l'ensemble des situations dans lesquelles les femmes sont insérées économiquement mais également les principales notions qui informent structurellement ces situations, comme celles de la division sexuelle du travail, de l'articulation entre les rapports de production domestique et les rapports de production capitalistes. La diversité culturelle et politique à l'oeuvre dans les contextes géographiques variés que l'on trouvera dans cet ouvrage démontre l'invariabilité de l'exploitation du travail effectué par les femmes et la « mauvaise volonté » des planificateurs et des donateurs pour faire changer cet état de fait.
Avec la mondialisation néolibérale, on observe le renforcement du pouvoir monopolistique des grandes entreprises multinationales, l'affaiblissement des prérogatives des Etats et la privatisation des biens publics... Cela s'accompagne d'une inégalité croissante dans la participation aux décisions et au contrôle de leur application. Les inégalités de pouvoir entre hommes et femmes, aux niveaux domestique, local ou national, sont elles aussi puissantes. Cette situation génère de forts sentiments d'injustice, mais aussi des réactions de révolte et des initiatives de changement...
L'émancipation des femmes, la défense de leurs droits, le « progrès », ont souvent été associés à la laïcité alors que la religion était associée à la tradition, au maintien de normes conservatrices défavorables à l'autonomie des femmes. La « modernité » semblait aller de pair avec une privatisation de la religion. Les mouvements féministes ont contesté les interventions des institutions religieuses à l'encontre des droits des femmes, par exemple dans le domaine des droits sexuels et reproductifs ou des droits à l'héritage. On a toutefois pu observer que certaines organisations confessionnelles cherchaient à contribuer à des changements sociaux et à se mobiliser en faveur des plus exclu-e-s, y compris les femmes marginalisées. Et, de nos jours, la religion prend une place croissante dans l'espace public où elle est de plus en plus politisée. Au nom de la défense des droits des femmes, certaines religions se voient associées à des cultures ou à des groupes dans lesquels ces droits sont supposés être davantage bafoués que dans d'autres. Les textes que nous avons choisis pour ce premier numéro de la collection « Genre et développement. Éclairages » permettent d'apporter un éclairage sur ces rapports épineux entre genre et religion. Ils traitent de l'une des questions où l'opposition entre égalité de genre et religion a toujours été des plus frontales : celle de l'avortement, à partir des évolutions récentes qu'ont connues deux pays d'influence catholique, la Pologne et le Mexique. L'actualité montre que cette question revient régulièrement dans les débats politiques, dans divers pays, et que les droits à l'avortement acquis au terme d'années de lutte peuvent à tout moment être remis en question.
La fin du xxe siècle a été marquée par un phénomène nouveau dans l'histoire - une succession de transformations d'Etats à économie planifiée en Etats à économie de marché. Les études de ces processus de transition peuvent-elles avoir quelque rapport avec celles qui concernent le processus de développement ? Les textes rassemblés dans ce Cahier sont riches, mais aussi hétérogènes. Ils mettent en lumière un processus très complexe qui est celui de la « transition » des économies socialistes à des economies dominées par le marché. Ce processus est loin d'être terminé, il est lui-même hétérogène et diversifié et encore très mal connu. L'avenir de ces pays demeure affecté de multiples incertitudes.
Sida, vache folle, fièvre aphteuse, tabac, amiante, mais aussi effets de la pauvreté et de la précarité sur la santé ou encore décryptage du génome... Jamais les grands enjeux de la santé publique n'ont autant fait irruption dans notre vie quotidienne qu'au cours de ces dernières années. Au même moment, à l'autre bout du monde la diarrhée, le paludisme ou la tuberculose continuent chaque jour à tuer silencieusement des milliers de personnes. Il est remarquable de constater à quel point la mondialisation du commerce, des investissements et de la communication amplifie ces enjeux et leur donne, par le biais de leur valeur économique et sociale, un relief particulièrement menaçant. Des spécialistes de disciplines diverses (santé publique, économistes, sociologues, anthropologues, acteurs de terrain) nous font partager leurs interrogations quant au lien entre problèmes de santé publiques et les approches néolibérales de l'économie.
L'intention initiale était de proposer quelques règles générales pour déconstruire la rhétorique internationale en mettant en lumière les différents procédés qu'elle utilise pour s'imposer. Montrer, par exemple, comment le discours qui se prétend référentiel et qui est donc censé décrire la réalité, parvient à construire cette réalité et à inciter à l'action. Expliquer comment le recours à des formules passe-partout ou à des affirmations invérifiables permet d'obtenir l'assentiment du lecteur. Débusquer les fausses causalités qui, par la conjonction de deux faits, font croire que l'un est la conséquence de l'autre. Cette entreprise s'est heurtée toutefois à deux difficultés...
Aux errances intellectuelles qui ont caractérisé certains débats sur la corruption (considérée tour à tour comme tonique ou toxique, comme vecteur d'intégration ou d'exclusion sociale, comme moyen d'influence politique ou ultime recours d'une citoyenneté amputée), les auteurs de cet ouvrage ont préféré une entrée résolument empirique, méthodologiquement éclectique et à vocation comparative. La nature de l'objet l'impose. C'est justement en raison de son ubiquité, à la fois spatiale et temporelle, que la nébuleuse des « échanges occultes » offre un terrain de recherche aussi accidenté que fécond...
Ce cahier traite de l'"ingérence économique" des acteurs internationaux, définie ici comme l'intervention autoritaire des gestionnaires de l'économie mondiale dans la gestion des économies nationales. Ce phénomène est à la fois salué et violemment critiqué. Ce dossier contradictoire n'a d'autre ambition que d'intensifier une réflexion critique plus que jamais nécessaire, à la fois sur la nature de la mondialisation de l'économie et sur les mécanismes de soumission qui en résultent.
La théorie économique peut-elle expliquer et guider le processus de développement ? La discipline définie par les termes d'"économie du développement" a-t-elle encore un sens ? Ou bien n'est-elle plus qu'une vaste mystification au profit de quelques intérêts particuliers, obscurs mais puissants ? L'ambition de ce cahier est de souligner les écarts profonds qui se creusent entre la réalité sociale du développement telle qu'elle apparaît aux yeux de ceux qui tentent de la comprendre - et, autant que possible, de la maîtriser - et les représentations et dérives qui découlent du recours à la théorie économique dominante en matière de développement.
La crise. Sujet rebattu. Point d'ancrage du discours dominant. La crise. Tout le monde - ou presque - en parle ; tout le monde - ou presque - la vit (sous une forme ou l'autre). Dès lors, à quoi bon céder à la mode et lui consacrer ce Cahier ? Les interrogations les plus redoutables - et les plus exigeantes - sont toujours celles qui concernent les prénotions ou les prétendues évidences : c'est une chose que d'utiliser le terme de crise pour s'expliquer et expliquer les difficultés que traverse la société ; c'en est une autre que de s'interroger sur le sens même de la notion. Or, comment s'étonner qu'une réflexion sur la crise soit avant tout critique ?
L’Altiplano andin, entre héritage aymara et domination moderne. Ce cahier explore comment les populations locales résistent à l’emprise économique et politique, tout en préservant leur identité culturelle.
Entre le hameau et la ville, le village. Chacun sait ce qu'est un village et l'identifie à une communauté locale, à un espace géographique, économique et politique. Or, il est évident qu'au-delà de cette première référence, un village est infiniment plus que cela : organisations, relations, qui peuvent aussi se formuler en termes de réseaux, de systèmes fluides, avec des extensions lointaines, même internationales. Des chercheurs se sont retrouvés autour de thématiques qui s'imposent, même parfois s'opposent. Une trame cohérente fait finalement ressortir le contour et un certain contenu des "villages" que nous visitons dans ce Cahier à travers quatre perspectives : morphologie sociale (rapports territorialité/parenté, mouvements et sédentarité) ; reproduction ; identité face à l'observateur ; lieu de modernité et de changement.
Plongez dans une enquête percutante sur les besoins fondamentaux et leur instrumentalisation par les organisations internationales. Il faut manger pour vivre... déconstruit les discours dominants et interroge notre rapport à l’aide humanitaire.
L’auto-promotion peut-elle transformer les rapports de force dans la coopération internationale ? Jeux et enjeux de l´auto-promotion explore cette approche alternative, entre solidarité.
Pensée traditionnelle et rationalité scientifique sont destinées à s'entrecroiser dans les allées de la modernité et du développement. D'abord parce qu'en Occident nous croyons qu'il existe une rationalité alors que la science est aussi une croyance - et non seulement le champ des techniques expérimentales - et qu'après tout l'irrationnel est toujours là, prêt à surgir. À ce titre il est aussi important de comprendre le fondement de la science que celui des croyances pour que cesse la suprématie de l'une sur l'autre au nom d'un universel culturel et technique qui invaliderait et appauvrirait, sans doute, cette autre "richesse", celle des nations dans leur différence.
Ce Cahier n'est ni un ouvrage sur l'industrie du sucre, ni une critique du modèle de développement de la Côte-d'Ivoire. Il ne s'agit pas davantage d'un essai sur la pratique des architectes. Notre propos, plus modeste, est de faire converger vers une problématique concrète des réflexions diverses allant des questions d'évaluation et de prise de décision jusqu'aux problèmes du marché du sucre, observés aussi sous l'angle historique, en passant par une analyse théorique du phénomène « urbanisation » et de propriété foncière. Ces réflexions diverses peuvent converger vers un même constat : lorsqu'ils s'interrogent sur la destination de leurs efforts ou sur le moteur des transformations auxquelles ils contribuent, les « experts » voient qu'ils ne contrôlent que très imparfaitement les transformations qu'ils sont censés prôner, promouvoir ou opérer...
Une réflexion théorique d'ensemble sur la pratique des sciences de l'éducation est-elle possible aujourd'hui ? En effet, les schémas de formation semblent dénués de tout axe directeur et font preuve d'une certaine incohérence qui en rend l'application aléatoire. On en vient à se demander par exemple si l'oubli du respect de la diversité n'est pas à l'origine de cette difficulté. En d'autres termes, le manque d'audace politique, le refuge dans le conformisme, l'unicité des sources d'inspiration ne révéleraient-ils pas ce qui, en définitive, est crise d'imagination et crise du pouvoir? A des degrés divers, et selon des modes d'appréhension qui leur sont propres, la vingtaine d'auteurs de ce quatrième Cahier se placent dans cette problématique. Ils cherchent tous à cerner les points d'impact de ces crises sur leur propre terrain de travail...
Et si les nouveaux médias accéléraient l’uniformisation culturelle plutôt que la liberté ? Les nouvelles chaînes interroge, avec une lucidité rare, l’impact des satellites.
Ce Cahier place la production sous le signe de l'ambivalence. Il ne faut pas conférer à ce terme une connotation péjorative mais plutôt le comprendre de manière nuancée, comme possibilité multiple, mouvance d'un réel aux mille facettes, pratique aux frontières indéfinies, mêlant, dans l'élan de sa propre création, respect des rites collectifs et émergence de l'inédit, du spontané. C'est justement pour illustrer cet aspect double de la production, débordant de la stricte finalité utilitaire, que les auteurs ont voulu d'emblée commencer par le terrain ; il leur fallait restituer, sans les détruire, ces entités sociales où rien n'est jamais définitivement canalisé ni articulé sur un but unique : les formations communautaires qu'ils nous présentent dans la partie pratique s'organisent en fonction de logiques diverses et spécifiques.
Plongez dans Objets chers et funestes, une analyse percutante de notre rapport aux objets en Occident. Ce livre collectif, signé par l’Équipe Des Cahiers, interroge avec brio la surconsommation et ses impacts culturels, sociaux et politiques.
Un quart environ des populations rurales des pays du Sud sont confrontées aux problèmes de l'aridité. Au Moyen-Orient arabe, le contrôle de la dégradation des ressources dans les zones sèches constitue aujourd'hui un des enjeux majeurs pour l'avenir de ces régions. Au cours des quatre dernières décennies, les politiques agricoles ont été concentrées sur le développement de périmètres irrigués au détriment des steppes, régions traditionnellement dévolues à l'élevage et à la production fourragère. Le processus de marginalisation économique de ces régions s'est accompagné d'une marginalisation socio-politique des éleveurs et des agro-pasteurs. Agronomes, archéologues, économistes, ethnologues, géographes, historiens et politologues s'interrogent dans cet ouvrage sur les transformations écologiques des steppes, les stratégies d'adaptation de leurs habitants, les politiques de développement et les relations de pouvoir entre populations locales et décideurs. Quelle est la réalité des phénomènes de dégradation de la végétation et des sols ? Quelles en sont les conséquences à terme ? Qu'est-ce qu'une tribu aujourd'hui et quel est son rôle dans l'organisation de la production ? Qui sont les nouveaux acteurs sociaux qui, outre les groupes bédouins, interviennent dans la transformation des zones sèches ? Dans quelle mesure les États du Moyen-Orient arabe sont-ils maîtres des politiques de développement mises en oeuvre ? Autant de questions auxquelles il serait prudent de répondre avant d'entreprendre de nouvelles politiques de développement...
Le voisinage n'est pas nécessairement le garant d'une bonne connaissance mutuelle. Et ce qui vaut pour les hommes peut s'appliquer aussi aux disciplines scientifiques. Les « études du développement » ne font en effet que de rares emprunts explicites aux travaux des géographes, comme si la longue appartenance de ceux-ci à la tradition académique devait nécessairement priver leur démarche d'une réelle pertinence pour les problèmes urgents du monde contemporain. Ce Cahiers donne la parole aux géographes pour tenter de saisir aussi bien la spécificité de leur perspective que le débat dont elle fait l'objet... Au moment où les études du développement s'occupent d'environnement et d'écologie, elles ne peuvent négliger l'apport de la géographie qui a fait de ce facteur un de ses thèmes de réflexion...
Les migrations sont-elles une réponse universelle à une situation de crise ? Poser cette question ouvre sans doute le plus vaste débat sur l'histoire du mouvement des hommes. Cet ouvrage illustre bien la diversité et la multiplicité de cette incroyable richesse qu'est le mouvement des hommes et des peuples sur notre planète. Tout changement est un déséquilibre et, réciproquement, ce sont les déséquilibres qui permettent le changement. Est-il possible d'anticiper, dès lors, sur le futur ? Peut-on imaginer ce que sera demain la grande mouvance des peuples ? Engendrera-t-elle autant de peurs que d'innovations ? Comme le prévisage Albert Jacquard, les migrations de masse sont des catastrophes. Ainsi, "préparer demain", nécessite des changements fondamentaux dans nos "visions du monde" politiques, économiques et sociales tout autant que dans notre mode d'exploitation des ressources naturelles.