FeniXX réédition numérique (Perrin)
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Grièvement blessé sur la Marne en octobre 1914, René Cassin, dès sa convalescence, met ses connaissances juridiques au service des victimes de la guerre et devient en quelques années président de l'Union fédérale des anciens combattants, puis « père » des pupilles de la nation. Délégué de la France à la SDN auprès de Briand, il rejoint à Londres, dès juin 1940 le « général rebelle ». Artisan des accords Churchill-de Gaulle, secrétaire permanent du Conseil de défense de l'Empire, commissaire à la Justice et à l'Instruction publique au sein de la France libre, président de l'Alliance israélite universelle à partir de 1942, vice-président du Conseil d'État entre 1944 et 1960, président du Conseil constitutionnel, cet « homme des droits de l'homme » s'est très vite affirmé comme l'une des grandes consciences de son temps. S'il prend une part active à la fondation de l'Unesco, sa grande oeuvre restera néanmoins d'avoir été le rédacteur principal de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, texte qui, à ses dires, constitue « le premier manifeste d'ordre éthique que l'humanité organisée ait jamais adopté ». Sa vie et son oeuvre, tout entières dévouées aux droits de l'homme, lui vaudront de recevoir le Prix Nobel de la paix en 1968. Depuis 1987, les cendres de René Cassin reposent au Panthéon.
Comme le dit Jean Dutourd, « une tribu d'hommes portant des plumes sur la tête » campe sur le quai Conti depuis plus de trois siècles. C'est l'Académie française. Un mystère l'enveloppe. Elle intrigue. On l'admire et on la désire. On la dénigre aussi quand on n'a pas la moindre chance d'en faire partie ou quand on ne songe pas encore à en briguer les suffrages. Bref, elle ne laisse jamais indifférent. Que faut-il faire ou ne pas faire pour y entrer ? Comment se passent les visites ? Quelles difficultés posent les discours, l'habit vert, l'épée ? Comment se déroulent les « jeudis » consacrés au dictionnaire ? Quelles charges incombent aux « hommes verts » en échange des honneurs qui les comblent ? Élisabeth du Closel a traqué les académiciens, épiant leurs manies, leur dispensant des retenues et des bons points, comme ils le font entre eux. Elle s'est entretenue avec dix-sept « hommes verts ». On le verra, les « immortels » ne sont pas tristes. Cela donne un livre piquant avec, dans l'humour, un zeste d'impertinence qui n'agacera que ceux qui se prennent trop au sérieux. Des dessins de Trez accompagnent la promenade d'Élisabeth du Closel au sein de cette compagnie dont le sang perpétuellement renouvelé nourrit constamment l'actualité.
Des milliers d'ouvrages ont été consacrés à la franc-maçonnerie et à ses membres. Aucune société, secrète ou non, ne s'est vue attribuer un rôle aussi important dans l'histoire de la France. Aucune n'a été l'objet de tant d'erreurs, qu'elles proviennent de maçons trop soucieux d'exalter son influence et son idéal, ou d'adversaires trop soucieux de démontrer l'existence permanente d'un pouvoir occulte. Il manquait un livre qui s'attache, par rapport aux légendes et aux rumeurs, à établir avec toute la précision et toutes les nuances possibles la réalité de l'influence maçonnique de la Révolution à nos jours. Les francs-maçons ont-ils constamment, depuis deux siècles, tiré les ficelles du pouvoir et orienté le cours de notre histoire ? Ont-ils joué un rôle décisif dans l'avènement et le déroulement de la Révolution française ? Ont-ils été les pères fondateurs des IIe et IIIe Républiques et les sous-marins d'une bonne partie des gouvernements de cette dernière ? L'arrivée au Palais Bourbon en juin 1981 du plus gros contingent de frères que l'on ait vu depuis 1936 signifie-t-elle que la franc-maçonnerie a retrouvé son poids antérieur ? L'influence des maçons doit-elle se mesurer seulement au nombre de portefeuilles ministériels et de sièges de députés ?
La France naît, dit-on, en 843, au moment du traité de Verdun qui partage l'Empire franc entre les fils de Louis le Pieux. Trois royaumes sont constitués dont l'un, attribué à Charles le Chauve, la Francia occidentalis (englobant l'Aquitaine et la Bourgogne), sera le seul à conserver le souvenir du nom franc. La Gaule devenait la France et, en novembre 843, à Coulaines, près du Mans, une assemblée réunissant le roi, les évêques et les « grands » définissait les droits et les devoirs de chacun. Ainsi étaient dessinés les traits fondamentaux de la royauté française. Mais l'événement de 843 était en fait l'aboutissement d'une évolution profonde. Aussi Renée Mussot-Goulard remonte-t-elle dans le temps pour analyser l'héritage gaulois, puis gallo-romain et enfin mérovingien, racines de l'identité française. L'auteur insiste particulièrement sur le rôle immémorial dévolu aux groupes d'hommes qualifiés de « princes » ou de « grands » selon les temps, met en évidence l'évolution et le poids de la structure sociale de la France en gestation. Elle termine avec le couronnement d'Hugues Capet qui clôt la période initiale de la France. C'est un essai particulièrement bienvenu à l'approche du 1500e anniversaire du baptême de Clovis, événement clef dont l'auteur explique précisément le cheminement et l'extraordinaire importance dans l'histoire de la France et de l'Europe.
Pendant vingt ans, une dizaine d'individus, tous aussi peu connus les uns que les autres, ont corrompu, intoxiqué, surveillé, retourné les plus puissants personnages de la Révolution, de l'Empire mais aussi des cours européennes. En puisant dans les vastes archives inexplorées des ministères des Affaires étrangères et de l'Intérieur, Olivier Blanc découvre les réseaux de l'argent caché qui expliquent les étranges recrutements de Lebrun ou de Brissot, les fuites du Comité de Salut public, la subversion anti-tsariste menée via Hambourg. On y apprend aussi la vérité sur Barère, Montgaillard et le comte d'Antraigues ; les « intox » et les complots fomentés au sein du Conseil secret de Louis XVI comme par le génie de Talleyrand, dont on ne sait s'il organise ces manigances à son service, à celui de l'État ou de son maître, Bonaparte. On y découvre enfin une curieuse affaire des Irlandais qui rappelle un épisode récent et prouve que la raison d'État obéit à des mobiles éternels. Voici dévoilée pour la première fois la toile d'araignée de la diplomatie secrète et des groupes d'influence à une période décisive de l'histoire européenne.
Le 16 avril 1953, un petit groupe de soldats du corps expéditionnaire français en Indochine, prisonniers des forces viêtminhs, atteint le camp 113, dans la haute région du Tonkin. Parmi eux, le sergent Baylé, âgé de vingt-trois ans. Commencent alors neuf mois d'enfer. Écrit voilà vingt ans, ce livre est le récit, sobre et violent, d'une lutte quotidienne contre la mort, qui là-bas emportera près de deux détenus sur trois. À la malnutrition, à la maladie - paludisme, dysenterie, béribéri -, à la saleté immonde, aux corvées et aux punitions qui font du camp 113 un mouroir, s'ajoute une misère morale peut-être pire encore. En effet la rééducation politique est assurée, et de quelle façon, par le Français Georges Boudarel, jeune philosophe communiste entièrement gagné à la cause de ce qui est alors l'ennemi. À ses compatriotes affamés, épuisés, voire moribonds, le commissaire politique Boudarel, adjoint au directeur du camp, prodigue sans relâche la saine doctrine communiste. Dans l'espoir d'une libération pour « bonne conduite », les prisonniers, contraints à l'autocritique et au dénigrement de leur pays, sombrent dans l'hypocrisie, la délation, la haine de soi et des autres, la folie parfois. Pour Claude Baylé, survivant d'une tragédie oubliée ou inconnue de l'opinion, cette blessure à l'âme est irréparable.
Ce livre est une plongée dans la vie ordinaire des Françaises au moment où le pays, sous le règne de Louis XII, bascule du Moyen Âge à la Renaissance. Grâce aux milliers d'archives enregistrées par le tribunal ecclésiastique de Troyes, Jacques Solé a pu reconstituer non seulement leur vie quotidienne, mais aussi les événements majeurs - naissance, mariage, mort - et les aléas le plus souvent dramatiques de ces femmes qui ont laissé la trace de leur parole. Elles sont de toutes conditions, paysannes, nobles, bourgeoises ou domestiques ; elles partagent aussi souvent les mêmes espoirs et les mêmes craintes. On lit l'histoire de la conquête des maris ou du refus de ceux qu'on veut leur imposer ; on mesure la sacralisation que confère la maternité, les contraintes que crée l'éducation des enfants en ces temps de nourriture rare, et les dangers qui pèsent sur les veuves, les concubines, les sorcières ou les prostituées. On saisit la violence des rapports conjugaux, la force de certaines femmes qui imposent leur personnalité, qui prennent leur liberté, qui osent rompre une union et qui savent utiliser les faiblesses des hommes. Grâce à ce travail d'exploration méthodique et savoureuse, Jacques Solé montre la complexité de la société française au tournant du XVIe siècle et la place essentielle qu'y tiennent les femmes.
« Je n'ignore pas le danger d'idéalisme ou d'intellectualisme. Certains, à la lecture de cet essai, auront tendance à le formuler. L'idéalisme devient utopie lorsque l'homme se méprend sur l'état actuel de la société ou lorsque, enivré des horizons qu'il découvre, il méconnaît les difficultés d'être exigeants dans notre volonté de renaissance. [...] On ne trouvera d'ailleurs, dans ces pages, aucun idéal "original", mais l'idéal qui anime et fait vivre notre civilisation : l'idéal au service de la personne humaine, l'idéal d'humanisme. »
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Au mépris des formes traditionnelles de la « littérature » que manifestaient depuis la dernière guerre de nombreux jeunes écrivains pour qui le « document humain » sur notre époque était la seule forme qui justifie l'acte d'écrire, s'oppose depuis quelques années une réaction salutaire, tendant à rendre à la littérature son caractère de fiction et à ne plus sous-estimer l'art de l'écriture. C'est dans cette voie, à contre-courant de la littérature contemporaine, que Gilles Quéant s'engage délibérément, avec une originalité et un humour qui le préservent de la convention. Moraliste, en quelque sorte malgré lui, imposant une direction et une discipline à son imagination, Gilles Quéant ne se contente pas de « raconter des histoires » - vraies ou fantastiques. La plupart de ses « bulles » de couleurs et de dimensions variées, tenant tantôt de la nouvelle, tantôt du conte, tantôt du poème en prose, illustrent une pensée qui se dégage après lecture. Si la « bulle » éclate, il en reste le principe, un problème posé, un rêve, une réalité ; il en reste... Gilles Quéant et tout ce qu'il a de commun avec nous.
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Cette première biographie de Pierre Bérégovoy a été entreprise en juin 1992 alors qu'il était Premier ministre. Elle n'est donc pas née du désir d'exploiter l'émotion suscitée par son suicide. Résistant à la tentation de s'attacher uniquement aux « affaires », Christiane Rimbaud a voulu embrasser l'ensemble de sa vie et de sa carrière. Elle raconte la success-story de ce fils d'un officier ukrainien émigré en France en 1918 et devenu normand. Né en 1925 près de Rouen, Pierre Bérégovoy est le premier homme politique français issu d'un milieu ouvrier qui soit parvenu à la tête d'un gouvernement... et cela sans le moindre diplôme et sans assise électorale. Ses classes, il les a faites à Gaz de France et, parallèlement, à la SFIO et au PS. Peu connu du public à la veille du triomphe socialiste de mai 1981, il ne doutait pourtant pas d'atteindre les plus hautes fonctions. Tout en étant épaté par son propre parcours, cet autodidacte était trop conscient de ses capacités et de sa compétence pour ne pas trouver naturel de prétendre à Matignon. Il souffrira même de ne pas y accéder plus tôt. En lisant Christiane Rimbaud, on mesure que l'intelligence, la puissance de travail et le sens du terrain et de l'organisation ne suffisent pas à expliquer une telle ascension. À côté de ses convictions de militant socialiste, l'ambition, l'habileté, la capacité pragmatique d'adapter son discours et ses actes aux réalités sont constamment présentes. On sait comment son destin, si maîtrisé jusqu'à l'orée de 1993, lui échappa brusquement, comment, atteint dans son image d'honnête homme par l'affaire du « prêt Pelat », miné par une solitude soudaine et par la lourde défaite des socialistes, il choisit de se donner la mort le 1er mai 1993. Christiane Rimbaud a su faire surgir les nuances et l'évolution d'une personnalité que les trois derniers mois de sa vie ont fini par masquer ou par réduire. Pour cela, elle a interrogé de très nombreux témoins - hommes politiques, chefs d'entreprise, hauts fonctionnaires, syndicalistes, collègues et supérieurs de Bérégovoy à GDF - et bénéficié d'entretiens exclusifs avec la famille de l'ancien Premier ministre.
Une promenade historique à travers les sociétés primitives, archaïques, antiques et plus récentes montre que, de tout temps, l'humanité a éprouvé le besoin de placer certains objets, personnages, institutions ou principes au-dessus du monde ordinaire. C'est cela, le sacré. Mais l'esprit de contestation peut-il s'en accommoder ? Et qu'arriverait-il si plus rien ne représentait l'absolu, la transcendance ? Ce livre met en évidence, dans la société moderne, les substituts laïcisés et les contrefaçons, notamment le culte de la personnalité, les rois du ballon, les idoles du music-hall, les « monstres sacrés », les exaltations, les paradis artificiels et quelques comportements irrationnels. Ainsi se révèle la permanence de ce besoin incessant mais impérieux que tente de satisfaire le faux sacré, le sacré qui ne veut pas dire son nom.
Le spectacle de Robert Hossein vu par un Anglais : « Devant les trois mille fauteuils du Palais des Congrès de Paris. Robert Hossein fait représenter « Celui qui a dit non », un étonnant et grand spectacle historique, à couper souvent le souffle, avec plus de cent acteurs qui jouent au milieu d'une foule de figurants. » De 1940 à 1945, années de l'exil de De Gaulle et de sa lutte pour son identité et sa suprématie. le producteur-metteur en scène-chorégraphe Robert Hossein (qui travaille dans la tradition d'Orson Welles et d'Eisenstein, mais il n'y en a pas beaucoup d'autres...) contrôle partisans, soldats, politiciens, Français libres, nazis, collaborateurs, communistes, victimes de camps de concentration, et en plus Franklin Roosevelt, pour évoquer l'histoire de la Seconde Guerre mondiale à travers le regard sévère, implacable, intraitable de De Gaulle mais aussi de ceux qui le combattent, qui se battent pour lui ou qui, comme Churchill, Eden et Roosevelt, ne savent jamais ce qu'ils peuvent faire avec cet opiniâtre récalcitrant... « Autour de son vaste auditorium, Hossein plante espions, collaborateurs et militaires armés, de sorte que plusieurs batailles sont en fait livrées hors de la scène et dans la salle... Celui qui a dit non est à la fois une biographie politique, une reconstitution épique de la guerre et une série de réunions de résistants... Tout cela dépasse beaucoup le territoire épique que nous a donné Hollywood jusqu'ici. Son spectacle n'est pas une célébration de De Gaulle dans une envolée de drapeaux... » « Il faut, sans autre discussion et avant toute chose, voir « Celui qui a dit non ». Vous avez jusqu'en février pour prendre l'Eurostar, assister à une matinée et revenir de même. Faites ça à vos risques et périls : c'est exactement ce que le théâtre a toujours voulu être et que jusqu'ici il n'a jamais été. »