FeniXX réédition numérique (Entente)
Lorsque les pyramides hiérarchiques s'effondrent, les sociétés sont-elles condamnées au choix entre bureaucratie technocratique ou anarchie ? Un modèle original de relations sociales, dans la municipalité comme dans l'entreprise, nous est décrit à travers l'exemple de la démocratie quotidienne d'une ville de Norvège. Élus politiques et fonctionnaires, patronat et syndicat, hommes et femmes, adultes et enfants sont solidaires pour créer une société équilibrée, malgré ses tensions entre pôles multiples. Comme les îles sont reliées par la mer, au sein de l'archipel de Kristiansand, les institutions sociales de la ville le sont par les flux vivants d'échanges. Un Français et un Norvégien, en une douzaine d'interviews avec des personnalités de cette ville, nous font entrer en plein coeur de la socialisation scandinave, et ouvrent ainsi des orientations de recherche pour une évolution de la société française vers un archipel démocratique.
"Chroniques", des histoires simples, écrites par des gens qui, n'étant pas nécessairement des professionnels de l'écriture, pourraient être chacun de nous. Ces histoires, à travers les vies, les fragments de vie qu'elles transcrivent, recroisent parfois des événements collectifs - des tragédies de notre temps - et, parfois aussi, se contentent d'exprimer la seule expérience d'un être, d'un petit nombre d'êtres. Elles le font avec tendresse, avec sérieux, avec humour... mais toujours authentiquement. C'est là leur charme et aussi leur intérêt. Georges Medzadourian, "Les exilés de la paix". Les exilés de la paix, ce sont les Arméniens devenus apatrides à la suites des événements politiques qui ont marqué l'entre-deux-guerres. Transplantés, du jour au lendemain, dans le Paris de 1922, déchirés entre le désir d'en finir avec la condition solitaire de l'exilé et la hantise de perdre leur langue maternelle, leurs coutumes, le souvenir de leurs luttes pour la liberté, tel fut le sort des immigrés arméniens. Georges Medzadourian en témoigne ici, avec infiniment de délicatesse et de simplicité, nous faisant partager les enthousiasmes, et les angoisses de ceux qui furent les premiers émigrés du XXe siècle.
Ce livre, insolite, est une tentative pour comprendre comment la réalité économique, et la plus immédiate, l'argent, se réfléchit dans les consciences individuelles. L'argent, bien sûr, c'est la réalité implacable, urgente. Mais, avec l'argent, nous réglons aussi d'autres comptes, sentimentaux, sexuels, sociaux. L'économie profonde de la personne est également concernée par l'argent, l'instinct de mort, le masochisme, la culpabilité. L'argent, c'est beaucoup plus que l'argent.
Les animateurs de Frères des Hommes - une association sans appartenance politique ou religieuse - cherchent, en partageant la vie des populations les plus déshéritées du Tiers Monde, à susciter leur autodéveloppement et leur promotion. Ce livre a été écrit à partir de rapports d'activités, lettres, bulletins, conversations et interviews, qu'ils ont réalisés sur place avec les populations concernées. Il décrit, en quelques tableaux, l'action de développement "au ras du sol" chez les paysans de la brousse de Haute-Volta, les campesinos des Andes, les Intouchables de l'Inde, les agriculteurs du Bangladesh. Il nous fait connaître la vie de ces populations et constitue un document unique, non seulement sur le sort misérable de ces hommes, mais aussi sur leurs espoirs et la capacité qu'ils ont de le prendre en main quand, peu à peu, les obstacles se lèvent. C'est aussi tout le problème du sous-développement qui est mis en lumière, et la responsabilité à cet égard des nations développées. Que doit être l'attitude des riches envers les pauvres si les hommes d'aujourd'hui veulent éviter des catastrophes et vivre demain ?
"Si tu as peur, les choses le savent. Elles t'écrasent. Mais si tu ne les crains pas, un jour ou l'autre, elles finissent par te céder." Ainsi parle Mario Gomez, le bûcheron, l'homme à la nuque raide. Sa jeunesse n'a connu que la guerre civile et la Déportation. Il s'est retiré dans un village pyrénéen, collé à la frontière, comme un animal blessé s'enferme dans sa tanière. Il faudra la ruse et l'obstination des hommes pour le rendre au monde et à ses luttes.
Le manque de flexibilité de l'emploi est, actuellement, le premier facteur de blocage de l'économie. Au plan social, il constitue le principal obstacle à la réduction du temps de travail et favorise la hausse du chômage. La législation actuelle intensifie ces blocages par peur du chômage. Lever la contrainte sociale pour les entreprises, en faisant régresser le chômage, une gageure ? Non, répondent les auteurs. Une modification du mode de calcul des prélèvements sociaux pourrait suffire. Le chômage est ici traité pour ce qu'il est : un des moyens, parmi d'autres, de concrétiser la baisse inévitable des heures travaillées, le choix politique étant dans le mode de répartition de ce temps libéré.
Entre amertume et désordre, alors que se terminent les fêtes du 8 mai 1945, Gabriel, militaire engagé pour la durée de la guerre, retrouve Paris et la fin des illusions de son adolescence, aussi bien à travers l'assassinat inexpliqué de Tania, sa maîtresse d'un moment, qu'à travers les réactions d'un chef d'îlot de la Défense Passive, par ailleurs Résistant. Vingt-quatre heures suffiront à peine à Gabriel, pour essayer de percer les arcanes d'une situation, où le présent se conjugue au passé, selon des schémas interchangeables. Ainsi, le parcours de Gabriel s'effectuera en spirale, sans autres points de convergence que ceux d'un décor couvrant cinq années de guerre et d'Occupation, autour de la vie d'un groupe d'émigrés russes, sur un fond d'air tzigane inlassablement repris.
"Ce poème est entrecoupé, multiple, déconcerté, chaque affirmation engendre sa négation, et de nombreux rayons obliques. Aucune hésitation pourtant, il ne s'agit pas de poèmes en prose assemblés sous un titre, mais d'un seul poème au long cours, d'un vaste fleuve, dont les nombreux courants ont liberté d'aller, ou de s'égarer à leur gré. (...) La rumeur puissante du poème et sa discontinuité soutiennent un discours souterrain - un seul, qui ne parle que de l'architecture de l'être intérieur, de sa naissance obscure, de ses aventures tâtonnantes, avec par-dessus, tout la beauté palpitante des ruines."
L'entreprise assurait jusqu'à maintenant, par les emplois qu'elle fournissait, la satisfaction des besoins matériels de la majorité de la population. La fin de l'expansion, qui se traduit par un chômage grandissant, ne permet plus à l'entreprise d'assurer à elle seule cette satisfaction. Le progrès humain, la satisfaction des besoins, doivent donc être recherchés d'une autre manière, si l'on veut s'acheminer vers une société sans chômage. Mais pourquoi, demande Bernard Delplanque, la société vivrait-elle toujours sur des modèles du passé ? Les difficultés actuelles de l'emploi obligent à imaginer une autre organisation de la vie sociale et de l'activité économique. Ce qui paraît utopique aujourd'hui, peut devenir (deviendra), sous le coup de la nécessité, la réalité de demain. La solution que propose Bernard Delplanque, passe par le partage de l'emploi : trois jours de travail ; quatre jours de salaire ; un cinquième de ressources à trouver. Comment se procurer ce cinquième, autrement que par l'emploi ou l'assistance ? En imaginant et en expérimentant des solutions hardies, dont l'esquisse est proposée dans ce livre.
Des histoires simples, écrites par des gens qui, n'étant pas nécessairement des professionnels de l'écriture, pourraient être chacun de nous. Ces histoires, à travers les vies, les fragments de vie qu'elles transcrivent, recroisent parfois des événements collectifs - des tragédies de notre temps - et, parfois aussi, se contentent d'exprimer la seule expérience d'un être, d'un petit nombre d'êtres. Elles le font avec tendresse, avec sérieux, avec humour... mais toujours authentiquement. C'est là leur charme, et aussi leur intérêt.
Quand s'ouvrent les clôtures, que devient l'homme croyant ? Perd-il la foi reçue, ou découvre-t-il des horizons insoupçonnés ? Dans sa jeunesse, des barrières sociales lui avaient fermé l'avenir. Après l'éblouissement des paroles évangéliques, d'autres clôtures, austères mais protectrices, l'avaient comblé. Quand elles s'ouvrirent devant lui, il découvrit - dans les bouleversements du temps - un nouveau chemin qu'une crise transforma brutalement en un chemin sans appui. Il partagea alors les incertitudes des hommes qui l'entouraient, et accueillit les changements profonds que la vie et les événements lui imposèrent dans la manière d'habiter le monde, d'espérer, et d'aimer. Restaient les clôtures qu'il portait en lui-même, et le travail jamais achevé de les rompre pour s'ouvrir au Mystère indicible de Dieu. Telle est l'aventure spirituelle que décrit le narrateur, saisi lui aussi par le Mystère divin, que les mystiques soufis lui avaient révélé. Deux itinéraires différents, qui se croisent et attestent que des Croyants venus d'horizons divers - ici le christianisme et l'islam - peuvent communier ensemble profondément, et oeuvrer pour que les hommes se reconnaissent dans leurs différences. Chronique d'un temps - de l'occupation des usines en 1936 aux camps d'extermination, de la crise des révolutions et des Églises au conflit algérien, de Mai 68 aux interrogations d'aujourd'hui - ces pages voudraient témoigner qu'une spiritualité ouverte - et l'émerveillement devant la beauté de la création - peuvent conjurer les intolérances et les fanatismes, religieux ou non, qui déchirent actuellement le monde.
Évocation poétique, mais toujours réaliste, précise, du vécu et de la mémoire : le chemin de Maria Brandon-Albini part du terroir de sa Lombardie natale, au sein d'une famille mi-catholique, mi-libérale, passe par le Milan des années 1920-1935, déjà déchiré par les luttes anti-fascistes auxquelles elle participe, s'achemine vers Paris, la Résistance, la paix retrouvée. Chemin d'une personnalité passionnée et indépendante, toujours férue de liberté, chemin qui débute avec le siècle et qui va jusqu'à 1946. À travers son récit, c'est la vie italienne, puis française, qui revit : politique certes, mais surtout culturelle, où l'on rencontre Croce, Gramsci, les poètes et peintres d'avant-garde, les mouvements féministes aussi, et Jean Cassou, Aragon, et de beaucoup plus près, Pierre Brandon, avocat, écrivain, et l'un des dirigeants de la Résistance.
1940, pour la grande majorité des Français, est l'année de l'invasion allemande et de la débâcle. Pour certains, 1940 est aussi l'année de la guerre contre le Siam. Paul Esmérian a vécu cette guerre dans les jungles indochinoises. La première partie de son Journal - griffonné dans un style souvent télégraphique, sur des feuilles de papier de fortune - reconstitue la vie quotidienne des hommes qui subissent cette « drôle de guerre » aux confins du Cambodge où, aujourd'hui, le peuple khmer agonise. À l'arrivée des Japonais à Saigon, il part pour les Philippines. Peu après, Pearl Harbor est attaqué et les Philippines envahies par les Japonais. Sympathisant gaulliste, il est interné à Santo Tomas. Dans cette deuxième partie du Journal, par touches rapides et simples, Paul Esmérian redonne aux femmes, enfants et hommes de Santo Tomas, cette troisième dimension qui les fait revivre. Participant quotidiennement aux drames et aux joies, aux travaux et aux distractions du camp, aux espoirs et aux angoisses des internés qui attendent, il a su transcrire dans son Journal leur authenticité.
Le 16 octobre 1944, un capitaine de la 6e Compagnie du Régiment F.F.I. d'Auvergne accepte l'engagement d'une jeune Parisienne de 18 ans comme infirmière bénévole. Quelques jours plus tard, sur sa demande, elle entre dans les rangs, en tenue de soldat, en tant que combattante volontaire. Pendant six semaines, elle participe aux activités de cette compagnie, y compris aux combats sur la ligne de feu, Ses frères d'armes l'appellent leur « Jeanne d'Arc » en raison de son patriotisme combatif, et de son courage hors du commun. Puis, le 26 novembre, en Alsace, dans le Bois d'Oberwald, lors d'un combat particulièrement meurtrier, elle tombe, blessée à mort, aux mains de l'ennemi. C'est alors qu'un silence impénétrable s'abat sur son sort. Malgré des recherches poussées, sa tombe reste introuvable, Les archives de l'Armée ne font mention ni de ses états signalétiques, ni de ses services. C'est l'oubli et l'abandon, pour ne pas dire le reniement. Ce n'est que 40 ans après qu'Antonin Cubizolles - aidé de ses autres compagnons d'armes - réussit à faire admettre, légalement, son statut de combattante, et à lui faire officiellement attribuer la mention « Morte pour la France ». À travers le récit de la vie et de la mort d'Evelyne au sein de la 6e Compagnie, nous découvrons les joies et les souffrances des volontaires du 152e R.I. et de la 1re Armée pendant la campagne d'Alsace - récit émouvant, parfois humoristique, toujours authentique, tragique aussi.
À une époque où le changement est de mise, les coopératives de consommation sont de plus en plus interrogées : d'où viennent-elles ? que sont-elles ? que veulent-elles ? À une époque où surgissent de partout de petites coopératives, parfois aussi sauvages qu'éphémères, mais séduisantes dans leur idéalisme, quel est l'avenir des COOP dans ce mouvement ? Ni plaidoyer ni réquisitoire, cet ouvrage montre comment les coopératives sont surgies au XIX siècle pour faire pièce au petit commerce, puis ont été acculées à épouser les formes du grand commerce face au raz de marée du succursalisme et des "machines à vendre". Elles ont réussi à tenir sans tout à fait perdre leur âme, et même en développant des expériences originales de défense des consommateurs. Aujourd'hui, elles sont appelées à jouer un rôle spécifique et efficace au sein de l'économie sociale qui se développe de plus en plus.
Près d'un millier d'entreprises fonctionnent en France actuellement sous forme de coopératives de production. Créations nouvelles ou reprises de faillites par les salariés eux-mêmes, les SCOP se multiplient à un rythme accéléré. Au-delà de la seule réponse au crucial problème de l'emploi, la coopération représente également, pour les travailleurs, la possibilité d'exprimer leurs aspirations à l'autonomie et à la responsabilité, par la construction et le contrôle collectifs de l'outil et du cadre de travail. À partir de l'exemple d'une vingtaine de coopératives de production, employant de 4 à 1500 personnes, cet ouvrage donne, pour la première fois, une présentation des réalisations actuelles et une analyse des obstacles auxquels se heurtent les coopérateurs. Concilier l'efficacité économique - garante du maintien de l'emploi - et la participation des travailleurs à la gestion de la coopérative - moyen d'émancipation et de promotion collectives - paraît relever de l'utopie. Les coopérateurs relèvent le défi...