Éditions des Syrtes
La rencontre annoncée dans cette correspondance entre deux génies de la poésie russe du XXe siècle est un événement littéraire exceptionnel. Boris Pasternak et Marina Tsvetaeva s'étaient rencontrés à Moscou en 1918. Ce n'est qu'en 1922 qu'ils se sont véritablement découverts à travers leurs écrits respectifs. Pendant quatorze années, ils ont entretenu une correspondance d'une intensité rare dans laquelle se tissent, étroitement mêlées, passion sentimentale et poésie. Dessinant une courbe en arc de cercle, la relation se noue, suit un mouvement ascendant jusqu'à atteindre un pic paroxystique, décroît, se dénoue et finit par se défaire définitivement. Il faut lire les lettres de Tsvetaeva et de Pasternak comme leur poésie, comme une oeuvre à part entière. Véritable laboratoire d'écriture, mais également laboratoire de la vie, car c'est au gré de ces lettres que se façonnent les événements majeurs de leur biographie. Les mots échangés sont dérobés à la vie, au quotidien, à la famille.
Ce livre est un essai dans lequel l'auteur dresse un portrait lucide et sans concession de la France contemporaine, tout en lançant un appel à l'espérance et au sursaut collectif. Il s'inspire des travaux de nombreux intellectuels et propose une réflexion profonde sur les valeurs, les défis et les ressources de la France pour surmonter la crise actuelle. C'est un ouvrage qui mêle analyse historique, réflexion philosophique et propositions concrètes pour le renouveau national. Dans une société de plus en plus crispée et divisée et dans la ligne de pensée de Nicolas Baverez, Nikola Mirkovi´c met en garde contre le déclin français, tout en proposant des solutions permettant de l'enrayer. Nikola Mirkovi´c est essayiste, diplômé de la European Business School, auteur de plusieurs ouvrages de géopolitique, parmi lesquels L'Amérique empire (Temporis, 2021), Bienvenue au Kosovo (Le Rocher, 2019) et Le Martyre du Kosovo (France-Empire, 2013). Riche de sa double culture franco-yougoslave, il apporte avec cet ouvrage sa contribution citoyenne au débat politique national.
Une île qui ne figure sur aucune carte géographique, dans aucun livre d'histoire. Son histoire est racontée par trois voix : celle de chroniqueurs qui se succèdent et qui donnent leur version des faits, et la double voix d'un couple princier qui les commente et rectifie, semant le doute sur la version officielle de l'histoire qui nous parvient. Nous voici donc plongés, à la manière d'une chronique médiévale, dans plus de 300 ans d'histoire, le tout raconté avec un humour ravageur et une subtile ironie par Vodolazkine. Le passé et le présent s'interpénètrent dans cette métaphore de la Russie autant que de la civilisation occidentale, et les événements fantastiques d'un royaume magique ne sont pas sans rappeler Tolkien et sa Terre du milieu. Evgueni Vodolazkine est écrivain, philologue, médiéviste et critique littéraire. Son oeuvre a é
Années 1960-1970, vies et destins dans un village moldave à travers les yeux d'une petite fille, puis d'une adolescente, qui n'a qu'une seule envie : partir. Tout ce qu'elle fait a pour but de préparer son départ pour le grand monde, celui de ses rêves. La voix solaire et tempétueuse de la petite fille nous accompagne au fil des pages. Lorina Balteanu retranscrit admirablement la solitude, les angoisses et les réflexions obsessionnelles, à la fois naïves et matures de cette enfant. Un très beau roman d'apprentissage sur l'enfance, le passage à l'adolescence, la relation à la famille et à la communauté. Mais Cette corde qui m'attache à la terre est surtout un livre d'une grande sensibilité, qui porte en lui une petite musique profonde, drôle, délicate, inoubliable. Lorina Balteanu est née à Chisinau et vit à Paris. Elle a publié plusieurs volumes de poésie. Cette corde qui m'attache à la terre est son premier roman.
Ray et Elena se rencontrent lors d'une nuit dramatique à New York. Elle est une fille de pêcheurs du delta du Danube, lui un artiste sans succès qui croit encore pouvoir percer. Elle doit ramener les cendres de sa mère en Amérique, lui, il veut réaliser ce que son grand-père espérait pour lui-même. Leurs vies mystérieuses se rejoignent et entraînent le lecteur à New York, de 1899 à nos jours, et dans l'univers magique du delta du Danube. Dans ce roman passionnant et riche en surprises, se dessine le tableau d'un siècle fantastique et dur, entre la mer Noire et la métropole américaine. Un roman plein de tragédie et de drôlerie, qui est aussi un hommage à la capacité de l'homme à chercher le bonheur, à survivre et à aimer en dépit de l'adversité. Catalin Dorian Florescu est né en 1967 à Timisoara et passe son enfance et sa jeunesse en Roumanie. En 1982, la famille s'enfuit et s'installe en Suisse. Il est l'auteur de nombreux romans dont Le Masseur aveugle (Liana Lévy, 2008) et Le Turbulent destin de Jacob Obertin (Seuil, 2013). Ses livres ont reçu un accueil enthousiaste et ont été traduits dans plus de dix langues. Il est lauréat de prestigieux prix littéraires dont le Prix suisse du livre (2011).
Dostoïevski, un écrivain dans son temps est un modèle de biographie littéraire. Parue initialement en cinq volumes, dans les années 1970, elle a été condensée par l'auteur en 2010, avec une préface inédite. Joseph Frank aborde la biographie du grand écrivain russe dans une ample vision englobant littérature et temps historique : il entreprend une « reconstruction massive » de l'époque, en y insérant l'oeuvre de Dostoïevski afin de mieux l'éclairer. Il sagit plus précisément dune expérience qui allie biographie, critique littéraire et histoire socioculturelle, tout en se concentrant sur les idées que Fiodor Dostoïevskia défendu avec vigueur durant sa vie. Trois qualités essentielles se dégagent de cette oeuvre. La première réside dans son art de brosser des grands tableaux de la Russie de Dostoïevski et d'en dégager les idées directrices. Il y a ensuite le travail des sources : à chaque moment de la vie de l'écrivain, à chaque description, à chaque analyse de l'oeuvre, Joseph Frank refait une lecture complète des sources, si bien que sa biographie devient critique et analytique. La troisième qualité du biographe est de pénétrer la psychologie profonde, l'esprit de Dostoïevski. Chez Joseph Frank le critique littéraire et le philosophe de l'esthétique cheminent au côté de l'érudit, de l'historien et du biographe. Le travail d'analyse débouche sur des éléments originaux, jamais mis en évidence auparavant. Par exemple, l'affirmation que Dostoïevski est le seul des grands écrivains russes de la première moitié du XIXe siècle qui ne soit pas issu de la noblesse terrienne ; de ce fait, il a été le plus apte à percevoir le conflit entre l'ancien et le nouveau dans la société russe. L'écriture est alerte, ferme, concise, où l'érudition n'entrave jamais la saisie profonde du mouvement de la création. Joseph Frank (1918-2013), professeur de littérature comparée à l'université de Princeton, a conquis ses lettres de noblesse dans la critique philosophique et esthétique. Il a consacré sa carrière à l'étude de la vie et du travail de Fiodor Dostoïevski. Les cinq volumes de sa monumentale biographie parus dans les années 1970 ont été couronnés par plusieurs prix prestigieux aux États-Unis.
Les Jours de Saveli est un petit traité de survie, écrit de manière très originale de la perspective d'un chat, mélange de tendresse, d'humour, de tristesse et de résignation, véritable métaphore de la vie humaine. Le chat Saveli nait dans une cour d'immeuble délabré et ouvre les yeux dès l'instant où il vient au monde. Doué d'une curiosité insatiable, Saveli met son museau dans chaque recoin, attentif à tout et attiré par des lieux inconnus. Du jour où Vitia le prend chez lui, les aventures s'enchaînent: il devient notamment employé officiel de la galerie Tretiakov et le colocataire d'un perroquet fou. En même temps qu'une pseudo-biographie écrite le sourire en coin, Les Jours de Saveli est une fresque de Moscou d'hier et d'aujourd'hui, élégante, pleine de charme et libre d'esprit. Grigori Sloujitel est né en 1983 à Moscou. Diplômé de l'Ecole internationale de cinéma de Moscou et de la filière «mise en scène» de l'Académie russe des arts du théâtre, il a joué dans de nombreux films et pièces de théâtre. Les Jours de Saveli, paru en 2018, est son premier roman. En 2019, il a remporté le prix littéraire Iasnaïa Polian dans la catégorie «Choix des lecteurs» et s'est classé deuxième dans les deux catégories (jury et lecteurs) du grand prix littéraire Bolchaïa Kniga.
Le Livre des nombres est un roman monumental : à la fois fresque d'une époque, saga familiale, monographie d'un village d'Europe centrale, depuis 1900, en passant par les tragiques années 1950 et l'instauration du régime communiste et jusqu'à nos jours.Le lecteur assiste à l'entreprise d'un homme qui se lance dans l'écriture du roman de sa famille dans un village de Transylvanie. Peu à peu, se dévoile à lui une histoire impressionnante sur quatre générations de deux familles apparentées. Dans une construction littéraire originale, les personnages se racontent afin de reconstituer un arbre généalogique séculaire, bien ancré dans la terre, et sur les branches duquel il y a des noms que l'histoire n'a pas retenus. Faulkner et son Bruit et la Fureur ne sont jamais loin... Née en 1968, Florina Ilis est sans doute l'écrivaine la plus douée de sa génération et l'une des grandes plumes de littérature roumaine contemporaine. Elle débute en 2000 avec un recueil de haïkus, mélange de poésie et de calligraphie.En 2010 paraît en français La Croisade des enfants et en 2015, Vies parallèles.Outre le prix Courrier international du meilleur roman étranger 2010 pour La Croisade des enfants, elle est lauréate de nombreux prix littéraires roumains et internationaux.
Avec La Conquête du Caucase on comprend mieuxquelle histoire portent les gens qui s'affrontent aujourd'hui. Jonathan Littell La force de ce livre est si grande que cette épopée s'animesous nos yeux. Les pages deviennent images, reportages dans le passé. La plume se fait voix, voix off, sobre et retenue... Comment ne pas sortir plus serein de ce superbe livre, inquiet bien sûr, mais avec tellement plus d'intelligence du présent ? Bernard Guetta, France Inter Une oeuvre magnifique, destinée à devenir une référence incontournable pour tout débat géopolitique du Caucase. Thierry de Montbrial Une enquête historique aussi exhaustive qu'érudite. Rémi Kauffer, Le Figaro Ancien journaliste de la presse écrite suisse romande, Eric Hoesli est professeur à l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) où il dirige un programme multidisciplinaire consacré au monde russe. Il est l'auteur de L'Épopée sibérienne. La Russie à la conquête de la Sibérie et du Grand Nord, paru en 2018 aux éditions des Syrtes, unanimement salué par la critique et le public.
Le Monde d'avant, Les Derniers Jours de l'aristocratie russe raconte l'histoire des « perdants » de la révolution russe, c'est-à-dire la destruction totale d'une classe sociale. C'est l'un des aspects ignorés de la révolution russe et l'une de ses tragédies. Elle préfigure la destruction d'autres groupes sociaux en Russie et plus largement, les atrocités futures du XXe siècle. La vie des familles Cheremetiev et Golitsyne sur plusieurs générations sert de fil conducteur au récit, car leurs destins sont représentatifs de ce qu'ont vécu les nobles dans leur majorité. Épique, précis et déchirant, Le Monde d'avant est le premier livre à retracer l'histoire de l'aristocratie prise dans le maelstrm de la révolution bolchevique jusqu'à la terreur stalinienne. Douglas Smith est un historien américain, auteur de six ouvrages sur la Russie traduits dans plus d'une douzaine de langues. Paru en 2013, Les Derniers Jours de la noblesse russe a été un best-seller au Royaume-Uni et a remporté le prix inaugural du livre russe de la Maison Pouchkine en 2013. Son premier livre, La Perle : la véritable histoire d'un amour interdit dans la Russie de Catherine la Grande, est paru en français aux éditions Autrement, en 2010.
Purextase plonge le lecteur dans l'underground des années 1990 et 2010, entre la Russie et l'Allemagne. Tollian, célèbre rappeur, est en tournée à Dortmund quand une rencontre imprévisible fait ressurgir son passé. On le retrouve à Rostov-sur-le-Don en 1990, où règnent le trafic de stupéfiants, le chômage, et la guerre en Tchétchénie. Tollian se démarque des autres par son don d'écrire du rap sans trop y croire. De l'hôpital psychiatrique il va tout droit au monastère d'où il est tiré par une jeune femme qui croit en son talent. Il se met à écrire du rap, guérit de la dépendance narcotique, devient célèbre et découvre qu'il y a d'autres extases que celle procurée par la drogue : celles de la création et de l'amour. Un roman sur la recherche de soi et la possibilité de la rédemption. Andreï Guelassimov est né en 1965 à Irkoutsk. Son premier roman, La Soif, paru en 2004, lui a assuré une notoriété jamais démentie sur la scène littéraire russe et internationale. Il est l'auteur de sept romans et nouvelles publiés en français qui font découvrir chaque fois une nouvelle facette de l'écrivain. Il est publié pour la première fois aux Éditions des Syrtes avec La Rose des vents, roman historique et d'aventure. Il aborde un nouveau thème dans Purextase, celui du rap salvateur.
Bulgarie au début du XXe siècle, une société pétrie de préjugés religieux, de superstitions et de normes morales. Myriam, jeune fille indépendante, fière et obstinée, tombe amoureuse d'Ahmed, le Turc. Elle brave le refus de ses parents de la voir épouser un musulman, décide de vivre avec lui, puis de le suivre à Istanbul. Mais le destin s'acharne et afin de survivre, un impossible choix se pose devant elle. Un roman sur des conflits générationnels et les ravages de l'intolérance. Un roman sur des femmes qui défendent leur droit d'aimer librement et sur l'arbitraire des choix. Un roman sur un amour qui ne tolère pas les limites, dont le titre résonne telle l'harmonie de la musique merveilleuse et magique des Balkans, entre l'Orient et l'Occident. Maria Kassimova-Moisset (1969) est née dans une famille d'artistes. Après des études de lettres à l'université de Sofia, elle collabore aux rubriques culturelles de plusieurs journaux et magazines (dont Demokratsia, Sega, Elle, Kapital light, Amica, MAX, L'Europeo). Elle est actuellement journaliste free-lance et consultante. Elle vit entre la France et la Bulgarie. Rhapsodie balkanique (éd. Colibri, Sofia, 2018) est son premier roman.
Théodora Dimova explore les stigmates laissés par l'épuration sanguinaire lors de l'arrivée au pouvoir des communistes, en 1944. Un tribunal populaire juge sommairement l'élite qualifiée de "monarcho-fasciste". Ces mois de terreur, de disparitions, d'assassinats, sont évoqués par trois femmes et une petite fille dont les maris et père sont abattus. Elles se retrouvent lors d'un matin froid de février 1945, au bord de la fosse dans laquelle on a jeté les corps de ces hommes qu'elles aimaient. Les Dévastés est un portrait collectif de l'élite bulgare détruite par la terreur et le portrait d'une société dans laquelle la tragédie était le plus souvent un secret profondément caché. L'écriture de Dimova tient en haleine, bouleverse et chamboule jusqu'à la dernière page. Théodora Dimova est née à Sofia en 1960. Elle est l'auteur de plusieurs pièces de théâtre qui lui ont valu des prix littéraires dans son pays. En 2001 parait son premier roman, Eminé, qui connait un grand succés. En 2004 elle a obtenu le prix Rassviet du meilleur roman bulgare, pour Mères (éditions des Syrtes, 2006 et 2019 en Poche). En 2008 est paru Adriana aux éditions des Syrtes. En 2020, Les Dévastés a obtenu le prix du roman bulgare de l'année.
Si Marina Tsvetaeva (1892-1941) compte aujourd'hui parmi les grands poètes russes du XXe siècle, on ledoit au destin et au tempérament hors du commun de sa fille, Ariadna Efron (1912-1975), seule survivante d'une famille broyée par la Terreur stalinienne. Aprèsseize ans de Goulag, elle consacre les vingt dernièresannées de son existence à faire publier l'oeuvre de Marina. La « fille prodige » deviendra le premier éditeur de sa mère. Je t'aime affreusement est une lettre fictive qu'Ariadna aurait pu écrire, depuis le premier jour de sa libération, en 1955, jusqu'à sa mort, en 1975. Une lettre d'outre-tombe adressée à celle qui est mortedepuis longtemps pour lui dire ce qu'elle n'a jamaissu : les sentiments qu'elle, Alia, a éprouvés auprès d'une mère à la personnalité excentrique et exaltée,qui lui a transmis le meilleur et le pire, le goût de lalittérature et la condamnation à l'exil. Une lettre où elle laisserait enfin éclater sa colère, face à l'injustice, face au sacrifice d'une vie vouée à ce seul devoir : sauver de l'oubli la poésie de Marina Tsvetaeva. Pour y dire aussi l'impuissance, le pardon, et le mystère d'un père absent. Pour faire entendre la voix de cette fillette aux grands yeux bleus, qui a vécu à l'ombre de sa mère, à l'ombre de l'histoire. Formée à la philosophie et au théâtre, Estelle Gapp collabore depuis dix ans à l'émission Ça peut pas faire de mal de Guillaume Gallienne sur France Inter. En 2017, elle a produit, sur France Culture, un documentaire intitulé Ariadna Efron (1912- 1975), dans les labyrinthes de l'histoire. Je t'aime affreusement est son premier récit.
Adolf Tolkatchev est ingénieur à l'Institut de recherches sur les radars et a accès à des informations ultrasecrètes et essentielles dans la course à l'armement entre les États-Unis et l'URSS. Après avoir convaincu la CIA d'accepter sa collaboration, il photographie entre 1978 et 1985 des documents d'une immense valeur pour lesquels il reçoit de grosses sommes d'argent. Dénoncé par un agent double il est arrêté et exécuté pour haute trahison en 1986. S'appuyant sur des documents jusqu'alors secrets et sur des entretiens avec des témoins, David E. Hoffman dresse un portrait saisissant et sans précédent de Adolf Tolkatchev. Passionnant, imprévisible, au rythme enlevé mais extrêmement précis, L'Espion qui valait des milliards est un document brillant doublé d'un formidable récit d'espionnage. David E. Hoffman est journaliste et rédacteur en chef adjoint au Washington Post. Il est l'auteur de The Oligarchs et The Dead Hand, sur la fin de la course aux armements pendant la guerre froide, pour lequel Hoffman a été lauréat du prix Pulitzer en 2010.
Mères a été inspiré à son auteur par un fait divers d'une violence inexplicable dans un lycée bulgare, signe que dans cette société, toutes les limites ont été dépassées. L'écriture de Dimova, au rythme effréné, haletant, bouscule les conventions et nous laisse bouleversés et sans voix. Mères confirme ainsi la naissance d'un grand écrivain qui méritait d'être redécouvert par le public français. « Un roman bouleversant. » Le Nouvel Observateur « Brillant ! » Femina « Un livre universel sur les liens de sang et les coups de pied au rêve. » L'Express Théodora Dimova est née à Sofia en 1960. Elle est l'auteur de pièces de théâtre qui lui ont valu des prix littéraires dans son pays. En 2001 parait son premier roman, Eminé, qui connait un grand succés. En 2004 elle a obtenu le prix Rassviet du meilleur roman bulgare, pour Mères (éditions des Syrtes, 2006 et 2019 en Poche). En 2008 est paru Adriana aux éditions des Syrtes. En 2020, Les Dévastés a obtenu le prix du roman bulgare de l'année. Dimova est traduite en français par Marie Vrinat.
La Fatigue du matériau est LE roman de la migration, une géographie de la peur qui exhorte ses lecteurs à se mettre dans la peau d'un migrant. Ici pas de réflexion politique, économique ou jugement moral, car c'est un livre volontairement physique, chaque phrase interpelle le lecteur, et l'oblige à vivre avec le héros. La force du roman tient dans le fait que le lecteur ne consomme pas l'histoire mais la vit profondément, emporté dans le froid, la faim et le désespoir de ce que l'auteur appelle la conscience noire de l'Europe. Sans nom, sans pays, sans destination, les héros deviennent les archétypes du migrant. Ayant perdu leurs parents dans un bombardement, deux frères ont gagne separement l'Europe dans des conditions inhumaines, et tentent de se retrouver dans une quête désespérée. Marek Sindelka est ne en 1984. Deux fois laureat du prestigieux prix Magnesia Litera, il a connu la consécration grâce à La Fatigue du matériau (2017). Il est apprecie pour sa finesse, son style maitrise et souvent poetique.
Chisinau, en République de Moldavie. Lastocika, jeune moldave de sept ans, est adoptée dans un orphelinat par une marchande (plutôt ramasseuse) de bouteilles en verre d'origine russe, Tamara Pavlovna. La fillette découvre avec joie et étonnement une nouvelle vie. Elle va à l'école, apprend le russe alors qu'elle préfère le moldave et lorsqu'elle écorche les mots russes, elle est punie. Mais Tamara Pavlovna veut-elle lui offrir un avenir prospère ? Ou l'exploiter comme main d'oeuvre gratuite de façon aussi impitoyable que dans Dickens ?Avec ce nouveau roman Tatiana Tibuleac revient au thème maternel, à l'enfant aimé/non aimé, aux conséquences tragiques du manque d'amour, du remords, dans un livre aussi troublant que L'Eté où maman a eu les yeux verts. Née à Chisinau (République de Moldavie), longtemps journaliste dans l'audiovisuel, Tatiana Tibuleac est une personnalité reconnue du monde culturel roumain. Dorénavant installée à Paris, elle y travaille dans la communication.L'Eté où maman a eu les yeux verts, son premier roman traduit en français, est paru aux éditions des Syrtes en 2018.
Tout Biely est à la jointure entre mort et naissance, entre naissance et mort, qui fait les très grandes oeuvres. Pétersbourg est la fin d'un monde, la possible naissance d'un autre, à peine entrevu, dessiné dans le brouillard de la ville la plus fantastique et la plus terroriste du monde. Aussi ce roman-poème nous poursuivra longtemps après la dernière page. Longtemps après que nous aurons laissé Nicolas Apollonovitch absorbé par la lecture du philosophe vagabond ukrainien qu'il lit après la bombe, après sa fuite en Égypte, après la mort du sénateur, retombé en enfance... Un livre mirage, retombée de brouillard, retombée de mots qui persécutent. Georges Nivat
Croix rouges est une interrogation sur la mémoire individuelle qui sefface peu à peu, tout autant que sur la mémoire collective en Russie et qui disparaît avec les derniers survivants dune histoire tragique.
À cinquante ans, Gleb Ianovski, musicien virtuose, qui a connu le succès à Munich, est atteint de la maladie de Parkinson. Un auteur russe rencontré dans un avion lui propose d'écrire sa biographie ; c'est ainsi que Gleb remonte le fil de ses souvenirs, en tentant de trouver un sens à son existence. Le hasard lui fait rencontrer Vera, treize ans, fille d'un amour de jeunesse, pianiste talentueuse, atteinte, elle aussi d'une grave maladie. Roman à deux voix, oscillant entre passé et présent, Brisbane est un roman symphonique dans lequel la mort est vaincue non pas par la musique, ni par l'amour mais par la force de la mémoire et de la parole. Evgueni Vodolazkine, né à Kiev en 1964, est chercheur à l'Académie des sciences de Russie, spécialiste du Moyen Âge. Tous ses romans ont des univers très différents: Les Quatre Vies d'Arséni (Fayard, 2013; Syrtes Poche, 2020), entraîne le lecteur dans la Russie médiévale alors que L'Aviateur (Syrtes, 2019) fait redécouvrir Saint-Pétersbourg du XXe siècle.
Dans ce deuxième roman traduit en français, l'écrivain biélorusse Sacha Filipenko raconte la traque d'un journaliste qui enquête sur un homme politique. Pour se débarrasser de ce gêneur le notable ne reculera devant aucune intimidation, puis devant aucun crime. Il lance à sa poursuite ses hommes de main et gagne son combat. Le journaliste est complètement isolé et démuni, malgré toute sa ténacité, son bon sens et son courage ; il est d'avance condamné, personne ne l'aidera à faire triompher la vérité. Sacha Filipenko place au coeur de son intrigue la corruption et l'hypocrisie des hauts fonctionnaires, leur enrichissement illicite, dans un monde où tout peut s'acheter. Une fiction captivante et très efficace, mélange de fable politique universelle et de thriller psychologique. La Traque est le deuxième roman traduit en français du jeune écrivain biélorusse Sacha Filipenko, né en 1984. Paru en 2018, Croix rouges a été salué par le public et la critique francophone.
Croqué avec des traits stylistiques dune violence éclatante, dune beauté effarante, LÉté où maman a eu les yeux verts est le portrait dune mère laide que la dernière saison de sa vie, passée aux côtés dun fils rebelle, transfigure et rend gracieuse. Le lecteur découvre lhistoire de cette famille ordinaire aux origines polonaises, installée en Angleterre et transplantée pour un été dans le nord de la France, comme sil devait composer petit à petit limage terrifiante et fascinante dun puzzle. Chaque chapitre est une petite pièce en soi, brève, autonome, concrète et poétique, presque indifférente au voisinage des autres morceaux. Forte en jeux de séduction façon trompe-lil, Tatiana ?îbuleac sait peindre en filigrane la rage qui sadoucit, sans diminuer pour autant la tension de lécriture, sans édulcorer ni le sort des personnages ni les mots qui la disent. Cest le charme âpre de cette jeune écrivaine déjà mûre, impitoyable, manipulatrice et séduisante dès ses premières lignes.
La Philosophie de l'oeuvre commune est un corpus monumental qui regroupe l'enseignement du philosophe russe Nikolaï Fiodorov, père du cosmisme russe.Totalement inconnue en France, la pensée utopiste de Fiodorov a irrigué la culture du XXe siècle russe et demeure une référence importante en Russie. De nombreux écrivains y puiseront leur inspiration: Tolstoï, Dostoïevski, Velimir Khlebnikov, mais aussi des savants comme Tsiolkovski,le père de l'aéronautique soviétique. Les idées de Fiodorov trouveront indirectement leur expression dans des textes de la science-fiction soviétique. Fiodorov combine un imaginaire archaïque (le culte des ancêtres) avec des percées spectaculaires vers le futur et vers des préoccupations qui se révèlent actuelles, notamment l'écologie ou la recherche spatiale. Nikolaï Fiodorov (1829-1903) est un philosophe russe, précurseur du mouvement cosmiste russe. De son vivant, Fiodorov n'a publié que quelques articles. Poursuivant un idéal ascétique, il était réticent à diffuser son oeuvre, se contentant d'une modeste activité d'enseignant puis de bibliothécaire. "La Philosophie de l'oeuvre commune" a vu le jour entre 1906 et 1913 en Russie grâce à ses disciples.
La Rose des vents est un roman d'aventures inspiré de faits réels. Tandis qu'aux États-Unis la conquête de l'Ouest bat son plein, l'Empire russe est engagé dans une course pour asseoir sa puissance dans l'Extrême-Orient et sur la côte pacifique. C'est alors que le tsar confie une mission d'importance au navigateur Guennadi Nevelskoï. Le 12 mai 1849, le navire Baïkal entre dans la baie d'Avatcha, mais un changement de destination intervient et le vrai but de l'expédition est révélé. En lisant ce roman aux nombreuses péripéties, à la trame sentimentale discrète et plein de suspens, on a le sentiment de toucher du doigt ce qu'il faut d'efforts, d'ingéniosité, d'intrigues, de hasards... pour parvenir à une décision politique et humaine à l'effet déterminant sur l'histoire du monde. Andreï Guelassimov est né en 1965 à Irkoutsk. Son premier roman, La Soif, paru en 2004, lui a assuré une notoriété jamais démentie sur la scène littéraire russe et internationale. Il est l'auteur de 6 romans et nouvelles publiés en français (Actes Sud et Babel) qui font découvrir chaque fois une nouvelle facette de l'écrivain. Avec La Rose des vents Guelassimov, désormais un auteur publié aux des Syrtes, se lance dans le roman historique et d'aventure.
Le Cantique du Toungouse est une ode à la nature où la taïga enneigée est décrite avec beaucoup de poésie, dans une narration à la fois sobre, précise et très fluide. Le lecteur découvre le jeune Toungouse Michka, dernier représentant d'une ethnie ancienne et maître véritable de la taïga, prisonnier, mais tellement habile que, même grièvement blessé, il parvient à s'échapper sans laisser de traces. On découvre également que Michka a passé beaucoup de temps avec sa grand-mère, descendante d'une chamane, qui lui transmet un amour profond de la taïga, une compréhension instinctive de sa beauté.Le roman est avant tout une déclaration d'amour pour le Baïkal et pour sa nature envoûtante. Oleg Ermakov, né en 1961, est un écrivain russe confirmé et reconnu dans son pays - ses oeuvres ont été sélectionnées à plusieurs reprises pour différents prix littéraires prestigieux en Russie - et à l'étranger puisque traduit dans près de dix langues. C'est son quatrième livre traduit en français.
Alexandre Dumas na pas laissé la Russie hors de sa géographie romanesque, ni de ses itinéraires personnels. Bien avant son voyage de 1858, il écouta avec attention le récit de son maître darmes, Augustin Grisier (1791-1865), revenu dun séjour de dix ans au pays des tsars, où il enseignait lart de lescrime aux jeunes aristocrates de Saint-Pétersbourg et de Moscou. Parmi ceux-ci figurait Ivan Alexeïevitch Annenkov, déporté en Sibérie pour avoir participé à la conspiration de décembre 1825. Une jeune Française, Pauline Gueble, modiste dans la capitale russe, partagea son sort et passa le reste de sa vie à ses côtés. Dumas fit de Grisier le narrateur, et de son récit la base du Maître darmes. En 1826, la France est ruinée par les campagnes napoléoniennes et la Russie apparaît comme un pays de cocagne. En quête de gloire et de fortune, Grisier, part donc pour Saint-Pétersbourg. Après un voyage éprouvant, il se lie damitié avec Louise Dupuis, une modiste française expatriée, ainsi que son amant le comte Alexis Vaninkoff, jeune lieutenant de la garde de lempereur. À la mort du tsar Alexandre, des conspirateurs, avec lesquels Alexis sest laissé entraîner par désuvrement, profitent du trouble pour essayer dinstaurer une république. Cependant, mal préparé, ce complot des décembristes, est un échec. Tous les protagonistes sont arrêtés et le comte Alexis est condamné à lexil perpétuel en Sibérie. Sensuivent des ennuis inattendus pour notre maître darmes. À la croisée de ces destins, périls et prouesses, complots abjects et intrigues amoureuses se succèdent sous la plume dAlexandre Dumas dans un style palpitant. Il met ici tout son amour pour une Russie qui le fascine et quil sefforce de comprendre. Le Maître darmes dévoile une facette surprenante de conteur et décrivain-voyageur. Lorsque Dumas se rend en Russie en 1858-1859, le gouverneur de Nijni Novgorod lui fait la surprise de lui présenter Pauline (personnage de Louise), et le comte Ivan Annenkov (Alexis) qui avaient été autorisés par Alexandre II à revenir dexil.
Szenttamás, petite ville de Voïvodine, dans lEmpire austro-hongrois à la veille de la Première Guerre mondiale. István Gallai, personnage principal et narrateur, évoque son adolescence au cur dun monde rural où cohabitent Serbes, Souabes et Hongrois, pauvres et mieux lotis. Il se soustrait à une vie besogneuse et brutale grâce à sa cithare et à son imagination. Autour dIstván, gravitent Ádám Trk, lindomptable de la rue Zld, Stefan Krebs le meunier souabe hostile aux Hongrois et aspirant à la fortune, sa fille Rézi, garçon manqué, Gilike le petit porcher rêveur qui raconte des histoires avec ses doigts ou János Váry le châtelain cynique et hautain. Tous ces personnages se croisent, se rapprochent ou saffrontent sur trois scènes, le moulin et le barrage du Sziv, le château et surtout la terrasse du calvaire. Istvan y découvre sur une peinture de la Passion, le soldat à la fleur, figure dissonante qui va le plonger dans une quête permanente de lorigine du bonheur et la fuite dans limaginaire. Mais pour István, convaincu dêtre servi par la chance, le passage à lâge adulte va saccomplir dans la tourmente et changer bien des choses pour lui-même et ses proches.
Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 disparaissaient Nicolas II et sa famille à Ekaterinbourg, dans la maison de lingénieur Ipatiev, où ils étaient détenus depuis le 30 avril. Contrairement à ce qu'on a pu croire, les exécutants et les complices de cet assassinat se sont beaucoup confiés, mais sous le sceau d'un secret rigoureusement gardé jusqu'aux dernières années de l'existence de l'URSS. Quatre des gardes rouges de la maison de l'ingénieur Ipatiev avaient été retrouvés et interrogés par les enquêteurs blancs dès 1918-1919, et leurs dépositions constituent les premiers documents publiés. En 1919 également fut rédigée par Iakov Iourovski, le dernier commandant de la maison Ipatiev et principal acteur de l'exécution de ses occupants, sa célèbre Note, qui ne fut révélée qu'en 1989 et qui connut rapidement une résonance internationale. Après Iourovski, d'autres participants livrèrent leurs confidences, restées secrètes jusqu'à la fin du pouvoir communiste en Russie. Leurs témoignages sont ici publiés pour la première fois. Mais les récits des assassins du tsar et de leurs complices ne concernent pas uniquement l'exécution et l'inhumation improvisée des détenus de la maison Ipatiev. Ils racontent leur vie d'avant la révolution de 1917, leurs combats durant la guerre civile, jusquà la tragédie d'Ekaterinbourg. Ils y étaient tous volontaires et ont accompli leur mission en connaissance de cause. Leur personnalité et leur biographie éclairent leurs actions et leurs motivations. Ces textes dévoilent également l'atmosphère lourde et éprouvante des derniers jours de Nicolas II et des siens. Ils illustrent, par ailleurs, le projet des dirigeants bolcheviks, qui avaient entrepris d'exterminer tous les Romanov. Il fallait, par ce sang, sceller une Russie du futur totalement coupée de ses racines historiques.
Louvrage est consacré à lexploration de la Sibérie et du continent eurasien du XVIe au XXe siècle, la spectaculaire « conquête de lEst ». Premier ouvrage complet écrit et publié en français sur le sujet.
Avec une férocité jubilatoire, Guy Mettan pulvérise les truismes de la pensée correcte et dynamite les idoles de l'affligeante morale du temps. Dans la veine satiriste d'un Philippe Muray, il démonte les mécanismes de la softlangue, ce nouveau langage qui s'emploie à emmieller le vocabulaire et à le noyer de néologismes à consonance anglaise pour mieux répandre les bienfaits du Bien. En deux cents mots-clés, l'auteur élabore le guide de la bonne pensée que les esprits paniqués à l'idée de sortir du moule attendaient, tout en aidant les autres à débusquer les postures et les impostures, les hypocrisies et les faux-semblants engendrés par cette recherche éperdue d'un Bien qui finit par faire beaucoup de mal. Guy Mettan est journaliste et homme politique suisse. Auteur de plusieurs livres sur la Suisse et les relations internationales, il a notamment écrit Russie-Occident. Une guerre de mille ans (Éditions des Syrtes, 2015), traduit en six langues et Le Continent perdu (Éditions des Syrtes, 2019).
Soloviov est un jeune historien qui rédige une thèse sur la vie de Larionov ; il cherche à comprendre pourquoi ce général de l'Armée blanche, une fois tombé aux mains des Rouges, non seulement n'a pas été exécuté, mais a même reçu une pension des Soviétiques. Parti à Yalta sur les traces de son héros, Soloviov est précipité dans une cascade d'événements tous plus rocambolesques les uns que les autres. Vodolazkine offre un roman décalé et plein d'humour, qui se moque avec tendresse du sérieux du monde universitaire, et où sont déjà présentes toutes les caractéristiques de ses oeuvres ultérieures: un style parfaitement maîtrisé, une intrigue prenante, des personnages attachants, complexes et entiers à la fois, ainsi qu'une réflexion sur le temps qui déstabilise le lecteur. Evgueni Vodolazkine, né à Kiev en 1964, est chercheur à l'Académie des sciences de Russie, spécialiste du Moyen Âge. Ses romans ont des univers très différents: Les Quatre Vies d'Arseni (Fayard, 2013; Syrtes Poche, 2020) entraîne le lecteur dans la Russie médiévale alors que L'Aviateur (Syrtes, 2019) fait redécouvrir Saint-Pétersbourg du début et de la fin du XXe siècle et Brisbane propose une réflexion sensible sur la maladie, la vie et la musique.