Éditions Payot
L'extrême droite est aux portes du pouvoir. Dans les urnes comme dans les esprits, ses thèmes, son narratif et son vocabulaire s'imposent, alors que le front républicain se fracture. À l'international, les forces réactionnaires construisent une collaboration puissante. Il est encore temps d'inverser cette tendance, à condition de comprendre les rouages de cette progression et de réagir urgemment.
Si vis pacem, para bellum... Qu'est-ce que la guerre ? Comment faire pour l'éviter ? Un point sur la situation très préoccupante autour de nous et une tentative de regarder la réalité en face par une reporter de guerre.
La liberté reproductive des femmes est sous pression, l'étau se resserre sur nos droits, menacés par la montée des conservatismes d'un côté et les risques géopolitiques de l'autre. Comment lutter pour conserver notre liberté de procréer ou pas, et pourquoi lutter pour cela, c'est préserver la démocratie.
"Dépossédées", c'est l'histoire de ces violences économiques conjugales dont on ne parle presque jamais - alors qu'elles sont présentes dans l'immense majorité des situations de violences au sein du couple.
L'Amérique devait être le rempart de la démocratie, la nation qui avait vaincu Hitler et terrassé le fascisme. Pourtant, une autre histoire hante les États-Unis : celle d'un courant autoritaire, raciste et illibéral qui, loin d'avoir disparu après 1945, n'a cessé de se réinventer. Du Ku Klux Klan aux néonazis, du mouvement white power aux milices armées, jusqu'à l'univers MAGA, des idées longtemps jugées infréquentables ont désormais pignon sur rue, jusqu'à la Maison-Blanche. Alors, comment expliquer qu'un pays qui s'est construit contre les dictatures ait vu le fascisme s'enraciner sur son propre sol ? En retraçant cette histoire souterraine, ce livre montre comment des hommes pétris de haine ont fini par ébranler les équilibres politiques et institutionnels américains. Il nous invite aussi à réfléchir à la fragilité des démocraties libérales face à des mouvements qui savent exploiter leurs propres règles pour mieux les subvertir.
Dervla Murphy (1931-2022) est une Irlandaise têtue, drôle et dure à la peine - et son livre, le plus célèbre récit de voyage à vélo du XXe siècle. En 1963, elle réalise son rêve d'enfant : rejoindre Dehli en solitaire, quasiment sans équipement, avec sa bicyclette à une vitesse (un Armstrong Cadet qu'elle a surnommé Roz, en référence à la monture de Don Quichotte), à travers l'Europe, l'Iran, l'Afghanistan et le Pakistan, sans autre plan que la découverte des lieux et des gens. Ses mille aventures et l'intensité de sa présence au monde feront d'elle, grâce au livre qu'elle en rapporta, l'un des grands noms de la littérature de voyage anglaise, aux côtés de Patrick Leigh Fermor, Bill Bryson, Eric Newby, Paul Theroux et Robert MacFarlane.
En France, une poignée de milliardaires s'emparent depuis peu des sources d'information : médias, maisons d'édition, écoles de journalisme... Comme informer coûte cher et n'est que peu rentable, leur intérêt n'est pas économique. Il est urgent de lutter contre cette concentration dangereuse pour la démocratie.
Les deux textes composant cet ouvrage constituent une présentation de la psychanalyse qui s'adresse d'abord aux non-spécialistes.
Implantation à marche forcée de data centers avides d'énergie et d'eau, bouleversement du marché du travail, usages militaires affranchis de toute éthique, robots conversationnels se substituant aux vrais amis, chaos sur les réseaux sociaux... La réalité de l'intelligence artificielle que les grandes entreprises de la tech veulent nous imposer est à des années-lumière de la nouvelle ère d'abondance qu'elles nous vendent. Si nous avons une vague conscience du danger, il nous est souvent difficile de nous figurer l'étendue de ce qui se joue. C'est l'objet de ce livre : appréhender tous les impacts de manière systémique pour comprendre qu'ils ne sont pas des bugs indésirables dans la machine, mais la conséquence logique de la concentration du pouvoir dans les mains de quelques-uns. Il est urgent de mettre en débat la place de l'IA dans nos vies, de poser des limites à son usage et de reprendre le pouvoir sur notre quotidien. Lou Welgryn et Théo Alves Da Costa codirigent Data for Good, une association de citoyens experts de la tech qui mettent à disposition leurs compétences au service de la justice sociale et environnementale et de la protection de nos démocraties.
Peut-on tout dire, à qui le dire, et pourquoi le dire ? Ces questions sont au coeur de ce recueil où George Orwell pourfend l'uniformisation de la pensée et la passivité politique. Exprimer son désaccord envers son propre camp, est-ce faire le jeu de l'adversaire ? Faut-il défendre la liberté de parole même pour ses propres ennemis ? Comment critiquer les institutions culturelles et médias qui ont le pouvoir ? Pouvoir dire ce qu'on pense être juste et vrai est une liberté, mais celle-ci doit absolument reposer sur les faits ; notre époque de post-vérité montre déjà tous les danger d'une déconnexion entre liberté et réalité.
Les raffineries et les cimenteries tournent à plein régime, la bataille contre le changement clima-tique est au point mort et le green backlash atteint des sommets. Difficile d'imaginer que l'écologie puisse l'emporter. Ce portrait global ne dit pas tout. Partout en France, des territoires entrent en résistance. Des luttes locales sont menées afin de barrer la route à des projets écocidaires, et les victoires sont nombreuses depuis les années 1970. En faisant plier un industriel, une collectivité ou même l'État, des collectifs ont réussi à stopper la construction d'autoroutes, d'incinérateurs, de golfs ou encore de mégacentres commerciaux. Autant de projets inutiles et destructeurs qui menacent nos terri-toires. Ces victoires sont trop souvent méconnues, passées sous silence ou oubliées. Il est temps de raconter cette histoire de luttes victorieuses : pour se remémorer et commémorer la combativité des militant·es, mais surtout pour mieux préparer celles de demain.
La réélection de Trump confirme la renaissance d'une internationale fascisante que traduit notamment un violent backlash sur nos droits. Riposter à l'injure qui nous est faite implique d'en connaître les acteurs et les menaces, de donner une mémoire à nos luttes et de fonder notre combat sur la puissance d'un collectif uni.
"J'insiste ici sur le fait qu'il faut prendre ses responsabilités face au suprémacisme blanc et, plus précisément, aux productions culturelles qui donnent l'impression d'aborder des questions de race, de genre et de classe alors qu'elles se contentent de réaffirmer des idéologies de domination. Ne voulant pas m'en tenir à ce spectacle désolant, j'aborde aussi ce qui nous permet de créer des liens en dépit des différences, en insistant sur les schémas propices aux transformations positives. Surtout, je m'efforce de m'affranchir, dans ma pensée et mon écriture, des frontières qui nous racialisent toutes et tous à l'excès. Trouver le moyen de dépasser la race n'est pas seulement l'objectif de la pensée critique, c'est le seul chemin menant à la longévité émotionnelle, le seul chemin vers l'émancipation."
En 1897, la rumeur enfle : on aurait découvert de riches filons d'or au nord, le long du fleuve Yukon et de la rivière Klondike. Après avoir parcouru l'Amérique d'est en ouest, sautant de train en train avec les vagabonds, Jack London s'embarque pour l'Alaska, puis prend la route des montagnes. Destination : Dawson City. Comme plus de 100 000 hommes partis sur la piste du Grand Nord, il rêve de fortune et d'aventures. Piètre orpailleur, il passe plutôt l'essentiel de son temps dans les saloons à écouter les histoires des chercheurs d'or. Il rentre un an plus tard, 4,50 dollars en poche, mais riche d'une expérience qui fera de lui le grand écrivain du Nord.
Culture insurgée (Outlaw Culture) est un ouvrage majeur de bell hooks. La vingtaine d'essais inédits en français qui le composent se situe sur le versant des études culturelles, de la critique sans concession de certaines dérives de la pop culture, principalement la musique et le cinéma. Comment les oeuvres produites par des personnes non blanches sont-elles reçues, perçues, interprétées ? Comment des femmes transgressives sont-elles transformées en produits culturels ? Comment repérer les partis pris sexistes jusque dans des oeuvres labellisées féministes ? D'Ice Cube à Spike Lee en passant par Jean-Michel Basquiat ou Madonna, de La Couleur pourpre à Bodyguard en passant par Boyz N the Hood , sont abordées de multiples représentations, dont celles des femmes noires par les hommes noirs, des couples interraciaux, de la parentalité noire, mais aussi le white gaze, le backlash antiféministe, la dégradation des femmes dans le rap gangsta, le capitalisme culturel, et plus largement les rapports de domination, sans que jamais bell hooks ne cesse d'affirmer un chemin d'émancipation qui tient en trois mots : montrer, combattre, changer.
En 1894, l'Amérique se remet difficilement d'un important krach boursier. Les travailleurs sans emploi se comptent par milliers. Fauché, vivotant de petits boulots, Jack London quitte San Francisco et prend la route à la recherche d'une vie meilleure, en quête de liberté. Sautant d'un train à l'autre, il traverse l'Amérique d'ouest en est, du sud au nord, et gagne ses lettres de noblesse de vagabond sous le pseudonyme de « Kid-de-Frisco ». Il fera ainsi l'expérience de la vie de hobo : la liberté et la solidarité qui la caractérisent, mais aussi les périls et les dangers qui l'accompagnent. Ces récits de Jack London inspireront d'autres vagabonds célèbres comme John Steinbeck et Jack Kerouac.
Après avoir magistralement décrit dans "Et Rome s'embrasa" le Grand Incendie de l'an 64, le journaliste Alberto Angla enquête sur celui vers qui tous les espoirs se tournent après le sinistre : Néron. Un "Joker de l'Histoire", même si l'on nuance aujourd'hui les portraits à charge d'autrefois. Le plus controversé des Césars va certes rebâtir sa capitale, il va exercer jusqu'en Grèce ses talents d'artiste et de conducteur de char, mais il persécutera les chrétiens, accusés d'avoir mis le feu à Rome, et sèmera la mort dans la haute société romaine après l'échec de la conspiration de Pison. Une fin de règne entre tragédie antique et péplum à suspense. Le portrait d'un tyran de plus en plus déconnecté de la réalité, et qui lorgnait - déjà - la Crimée.
L'élevage intensif est un traître à nos traditions, à notre souveraineté, à la justice sociale, à la santé publique, à l'environnement et à la paix rurale. Il trahit chacune de vos valeurs, y compris celles qu'il prétend défendre. Il est temps d'en sortir : c'est même urgent et relativement simple !
Devons-nous continuer à tolérer un système agro-alimentaire qui crée de toutes pièces des inégalités révoltantes et met en grand péril notre santé ? Bien sûr que non !
"La liberté, je crois, c'est seulement de rester plus fort que les événements. Je ne pense pas que l'important soit ce qui nous arrive - mais uniquement ce que nous en faisons."
« Personne, à l'exception de celles et ceux qui en ont fait l'expérience, ne mesure le problème. » On lui aurait pourtant donné le bon Dieu sans confession... Féministe, indignée par l'injustice sociale, Nellie Bly a inventé au XIXe siècle le journalisme d'infiltration, se faisant accepter sous une fausse identité, non sans risques, dans les milieux où elle souhaitait enquêter : un bureau de recrutement de domestiques, une usine d'emballage, une agence matrimoniale, un foyer de charité, un poste de police, etc. Racontés à la première personne, vifs et vivants, ironiques, cruels, attentifs aux faits, les reportages inédits réunis dans ce recueil s'apparentent à de petites nouvelles, mais décrivent une réalité crue, celle de femmes au bord du gouffre sous le regard des hommes. Bien plus tard, Tom Wolfe parlera de « nouveau journalisme ».
« Enrichir la terre pour nourrir la planète », tel est le mot d'ordre des grands producteurs d'engrais. Mais à quel prix ? Alors qu'en Europe, les engrais phosphatés font verdir nos champs, au sud de la Méditerranée, les industries minière et agrochimique qui les produisent accélèrent la désertification. Sans compter que leur transformation chimique fait appel à des produits hautement toxiques, détruisant habitats et écosystèmes. L'extraction des roches phosphatées prive les paysans de leurs terres, désormais défigurées, tandis que l'agrobusiness s'impose toujours plus comme l'unique alternative. Du Maroc à la France, de la Tunisie à l'Italie, en passant par l'Éthiopie et le Liban, ce livre retrace la chaîne de production des phosphates. Des mines aux champs, il souligne les origines coloniales de cette industrie, qui continuent de façonner les pratiques, et en révèle les effets délétères sur les humains et la planète.
La beauté, c'est ce qui nous rend supportable la monotonie ; la grâce, c'est ce à quoi on s'abandonne lorsqu'on à fait taire le moi. Ces deux thèmes traversent toute l'oeuvre de Simone Weil. Ce nouveau recueil de la philosophe, tiré principalement de ses célèbres cahiers, permet d'aborder les notions de contemplation, d'attention, de nature, d'esthétique, de religieux et de mystique.
Les hauts potentiels ont connu trois "identités" : dans la première, ils étaient définis par le QI et la performance logico- mathématique ; la deuxième a élargi cette vision à l'intuition, l'intelligence émotionnelle, la créativité et la sensibilité ; la troisième - défendue ici par Béatrice Millêtre, qui s'appuie sur les dernières découvertes scientifiques - délaisse les "hauts" potentiels pour célébrer les potentiels singuliers, ancrés dans une façon inédite d'habiter le monde. C'est en les connaissant mieux et en leur faisant une meilleure place que nous pourrons nous ouvrir à une société moins toxique, une société où la norme n'est plus une contrainte et où la singularité de chacun fait la force de tous. Docteur en psychologie, spécialiste en sciences cognitives, Béatrice Millêtre est l'une des meilleures spécialistes des hauts potentiels. La majorité de son oeuvre est publiée aux Éditions Payot.
Vêtements, médicaments, divertissements ou nourriture : nos sociétés reposent encore massivement sur l'exploitation des animaux. Pour notre seule alimentation, chaque année, plus de 2 000 milliards d'animaux sont mis à mort. Et tout cela se passe parfois à quelques kilomètres de chez nous, sans que nous ne le voyions. Cachés, dissimulés, ces animaux-marchandises naissent, grandissent et meurent dans l'ombre d'espaces conçus pour leur seule exploitation. L'invisibilisation n'y est pas un effet secondaire, mais l'une de ses conditions de possibilité. Abattoirs, fermes-usines, laboratoires d'expérimentation, zoos, réseaux de transports et de distribution forment une géographie spéciste qui s'inscrit matériellement dans l'architecture et l'organisation des territoires. Il est temps de démanteler cette architecture, de fissurer cet ordre spatial et de réinventer de nouveaux espaces permettant des relations plus justes entre les humains et les autres animaux.
«Les voix noires radicales, en particulier celles qui jouissent de certains privilèges, doivent avoir le courage de parler de la classe.» Que signifie vraiment, quand on est racisé·e, de changer de classe sociale et de faire partie d'une élite? Comment éviter le mépris de classe et ne pas se laisser corrompre par la culture blanche? Cette question est un angle mort des luttes féministes et antiracistes. bell hooks s'y attaque dans quatre essais ("Classe et race: les élites noires", "Féminisme et pouvoir de classe", "Rester près de chez soi: classe et éducation", et "Les intellectuelles noires") où elle montre comment l'ascension sociale de quelques personnes noires est utilisée par la suprématie blanche pour mieux diviser et étouffer toute possibilité de révolte. Revenant également sur sa propre expérience, elle partage les moyens qu'elle a trouvés pour garder un lien avec son passé et sa communauté, cultiver sa propre vigilance critique, et ne pas faire passer le pouvoir de classe et les privilèges économiques avant la solidarité raciale. Critique culturelle, pionnière de l'intersectionnalité, bell hooks est l'un des grands noms de l'afroféminisme avec Audre Lorde, Angela Davis, Patricia Hill Collins et Kimberlé Crenshaw. Elle est l'autrice, aux Éditions Payot, de Regards oppositionnels, Blackness et Sororité.
Entre le vélo et Zola, son plus efficace ambassadeur à la fin du XIXe siècle, ce fut une histoire d'amour. Outre le plaisir de monter, le romancier y voyait un symbole de la modernité et avait le projet de lui consacrer un roman ; sa mort accidentelle l'en empêcha. Antoine de Baecque a rassemblé dans ce grand éloge de la "petite reine" les articles de l'époque consacrés (parfois ironiquement) à cette passion de l'écrivain, les interviews de Zola lui-même sur le sujet, mais aussi sa correspondance et les pages de "Paris" (1897) et de "Fécondité" (1899) où le vélo tient le beau rôle.
« Ne détournez pas le regard. » Quel est l'impact des systèmes de domination sur l'amour, le couple et la sexualité ? Comment échapper aux schémas sexistes dans la sphère intime ? En quatre essais percutants et inédits en français, où elle aborde, à partir d'exemples tirés de la culture populaire et de son expérience personnelle, des thèmes comme l'érotisation de la violence, les dégâts causés par le racisme sur les relations affectives entre personnes noires, les violences intrafamiliales, ou encore la possibilité pour les femmes de dessiner des désirs et des fantasmes qui ne soient pas subordonnés au regard masculin, bell hooks nous rappelle qu'aimer, c'est d'abord se libérer.
Contournement des faits, minimisation de leur gravité, création de vérités alternatives : les propos tenus au procès des viols de Mazan ont pu ressembler à un exercice d'esquive. Un enjeu majeur des audiences aura été, pendant trois mois, de retrouver le contact avec le réel. En analysant les discours des différentes parties, Mathilde Levesque met en lumière notre difficulté collective à nommer et donc reconnaître les violences sexistes et sexuelles.
Dublin, été 1933. Juste après la Conférence économique de Londres, qui avait réuni les représentants de 66 pays avec l'objectif de remettre en marche l'économie mondiale, Keynes plaide pour une dose de protectionnisme dans les politiques économiques des pays...
Pour conquérir le pouvoir, il faut d'abord prendre l'opinion publique, donc la culture. La politique se joue autant dans les esprits que dans les urnes. Antonio Gramsci (1891-1937) est le grand théoricien de cette hégémonie culturelle qui passe par une lente préparation idéologique au sein de la société civile. Les idées doivent infuser dans les esprits, ériger en "sens commun" les valeurs que l'on défend, afin d'organiser une idéologie dominante, partagée par le plus grand nombre. Du temps de Gramsci, cela passait déjà par l'école, la presse, l'Église ou les syndicats ; aujourd'hui, s'y adjoignent les associations, les think tanks, les médias et les réseaux sociaux. Qui remporte la bataille des idées, ouvre les portes du pouvoir.