Perspectives littéraires
Les six essais rassemblés s'interrogent sur ce que fait la poésie. Des poètes parlent de leur oeuvre comme d'une prière, celle-ci n'étant pas seulement un thème, mais un fait dont le sens n'est pas religieux. Sans les dieux, la poésie est précaire (du lat
Les livres de chasse composés aux XIVe et XVe siècles par Gace de La Buigne, Henri de Ferrières et Gaston Febus, conservés dans des manuscrits somptueusement illustrés, donnent, dans toute sa complexité, l'image de ce qui était à la fois un divertissement, un rituel sophistiqué et un moment important de la parade aristocratique. « Copyright Electre »
Au cœur du Moyen Âge, la folie n’est ni maladie ni simple extravagance : elle devient un miroir tendu à la société.
Comment le XIXe siècle a-t-il réinventé le lien entre mythe, histoire et poésie ? Le Légendaire au XIXe siècle de Claude Millet explore cette fusion unique, où la légende devient le ciment d’une communauté en quête d’unité et d’identité.
Les écrivains du XVIIIe siècle ont réservé à la forme épistolaire le destin le plus brillant de son histoire : en déjouant les clivages traditionnels entre littérature et philosophie, réalité et fiction ; en donnant à la création littéraire les règles de l'échange social ; et surtout en reléguant au second plan la hiérarchie classique des genres. « Copyright Electre »
Et si l’écriture était avant tout une question de morale ? La morale dans l’écriture interroge le lien profond entre l’éthique personnelle de l’auteur et son œuvre, à travers les parcours de Camus, Char et Cioran.
Les oeuvres romantiques apparaissent comme une véritable anthologie de crimes de sang et de scènes capitales. Mais, fondant un nouveau plaisir d'écriture comme de lecture, le meurtre semble moins un thème qu'un principe littéraire et esthétique. « Copyright Electre »
Cette poétique de l'espace romanesque du XVIIIe siècle permet de mieux lire les romans de cette période, d'apprécier les variations, la banalité ou l'exception. Elle dessine du même coup plusieurs formes du rapport de l'homme au monde, où le XVIIIe siècle prend ses aises, jaillit du XVIIe et enjambe la Révolution. « Copyright Electre »
Quelles sont les raisons de l'engouement qu'a connu la pastorale dans le premier tiers du XVIIe siècle français ? Pourquoi pareille fascination pour les bergers ? Pourquoi précisément à ce moment de l'histoire culturelle ? Telles sont quelques-unes des qu
Dans le processus complexe qui a abouti, au XIIe siècle, aux premières formes romanesques de la littérature française, l'«Enéide» a joué un rôle essentiel. L'une des toutes premières mises en roman est née en effet de son adaptation. Mais d'une langue et d'une culture à l'autre se sont opérées d'importantes métamorphoses. « Copyright Electre »
Polyvalente, protéiforme, la figure du pèlerin constitue le vecteur d'une analyse conduite à travers plus de quatre-vingts oeuvres de la chanson de geste. Le pèlerin, caution du poète, représentant et modèle du récepteur, se porte garant de la vérité de la matière épique, dont il assure l'impact sur le public. L'importance de son rôle structurel dévoile les enjeux profonds de l'épopée médiévale. « Copyright Electre »
A la Renaissance, époque joyeuse, s'élabore une théorie du rire, oeuvre surtout des médecins. Aidés par les philosophes, ils découvrent sa complexité. Mais le rire possède pour eux quelque chose de démesuré, lié à certaines formes de culture populaire. Rire, oui, mais à condition que la raison puisse se servir du rire. « Copyright Electre »
Des artistes du XXe choisissent de s'inspirer de récits médiévaux pour ranimer des mythes, ressusciter des figures, réactualiser des formes anciennes. D'Ezra Pound à Michel Rio, de Julien Gracq à Edward Bond, de Robert Bresson à John Boorman, en écoutant Yves Bonnefoy et Florence Delay, il s'agit de suivre cette trace médiévale qui désigne notre rapport poétique au Moyen Age. « Copyright Electre »
Au terme d'une enquête incluant les livres de souvenirs, les journaux intimes, les revues consacrées et d'avant-garde, les correspondances d'écrivains et les archives d'éditeurs, les auteurs restituent les caractéristiques de la Belle Epoque littéraire (marché du livre, structures de diffusion, instances de consécration, formes de la production, stratégies des écrivains). « Copyright Electre »
L'imaginaire poétique et romanesque, la méditation des moralistes et des mémorialistes, la dévotion à laquelle convient les auteurs spirituels, autant d'expressions glorifiant le discours de la retraite. Objet historique peu étudié, ce discours invite aussi à une réflexion sur notre époque, puisqu'en ses avatars se raffine la conversation, s'affirment l'espace privé et la vie intérieure. « Copyright Electre »
À une passante de Baudelaire a inspiré l’un des mythes les plus énigmatiques de la modernité. Claude Leroy en retrace la genèse et les métamorphoses, de la rencontre fugitive à l’écriture comme rituel de l’absence.
En marge d'une réflexion philosophique qui s'est efforcée de penser la modernité, M. Raimond présente ici une défense et illustration, mais aussi une critique du monde moderne, par les écrivains français de l'entre-deux-guerres. « Copyright Electre »
Cette réflexion sur le sonnet mène de Ronsard et Du Bellay à Cassou et Bonnefoy. Des analyses de poèmes montrent les thèmes propres à chaque auteur, l'évolution de la forme d'une oeuvre à l'autre. La construction du sonnet organise la progression et l'ambiguïté de tout sens poétique. « Copyright Electre »
Et si la lecture était avant tout une rencontre entre le texte et son lecteur ? Approches de la réception explore ce dialogue invisible qui façonne chaque œuvre littéraire.
Au cœur du XVIIIe siècle, l’intellectuel s’impose comme une figure majeure de la culture européenne. Didier Masseau retrace ici la naissance de ce modèle, entre pouvoir, écriture et reconnaissance publique.
Est-il possible de travailler à la structure et à la cadence d'une phrase « comme si dans ce petit cercle de paroles nous devions trouver le souverain bien et la dernière félicité » ? Cette question, que Guez de Balzac pose dans une lettre à un ami, représente, voire symbolise, la situation de l'auteur devant son texte. Le projet de ce livre est de recenser et de décrire, dans un domaine linguistique et historique déterminé (le XVIIe siècle français), les documents qui témoignent d'une prise de conscience de cette situation. D'où l'analyse d'une terminologie, dans ses variations et dans ses stratifications, dans son instabilité sémantique. A l'intérieur des « arts » transmis par la tradition, se dessine ainsi une conception plus « moderne » de l'écriture - de l'écriture en tant qu'acte du sujet et en tant qu'objet de connaissance.
Cet ouvrage se subdivise en sept chapitres : A la recherche d'une théorie du spectacle -- La scène -- Le costume, une exigence nouvelle -- Le jeu dans le tableau -- Le tableau, un concept de poétique dramatique -- L'espace et le temps -- Mise en cause du modèle
Le thème du jardin ne doit pas être seulement défini comme symbole institué, interprété dans la tradition occidentale comme paradis perdu. Il doit aussi être interprété comme lieu d'un pouvoir instituant un ordre symbolique, comme pouvoir symbolique. Les significations dont le thème du jardin est porteur dans la tradition occidentale, les fonctions qu'on lui confère dans les conceptions contemporaines de la ville, la position " esthétique " de l'art des jardins dans l'art contemporain, tous ces éléments en font un des lieux et même le lieu qui résisterait à l'emprise de la technique et de la techno-science, tout en étant le produit le plus achevé.
Pierre angulaire du discours anthropologique à l'âge classique, la notion de caractère permet d'« expliquer la nature humaine» (Saint-Evremond), de « déchiffrer » (Gracian) autrui comme à livre ouvert. La grille qu'elle appose sur le monde prétend rendre compte de la « différence des esprits », de celle des nations, des divers types de la comédie humaine. La polysémie du terme caractère conduit à découvrir d'organiques rapports entre les écrits de ces « philosophes de la vie » (Dilthey) que sont les moralistes et des domaines aussi divers que l'imprimerie et la typographie, la cosmographie, la cartographie. L'attention portée aux« replis » du coeur, à l'origine d'une anthropologie plus « évolutive » qui concurrence la millénaire explication théophras tienne, est à rapprocher des progrès de l'anatomie avec Vésale. Le « modèle médical » façonne un autre regard sur l'homme. Cependant que le moraliste anatomise, son discours, se pliant aussi au goût des mondains, s'atomise en donnant naissance au fragment. Résolument pluridisciplinaire et comparatiste, accordant une grande attention aux minores représentatifs de la pensée « moyenne », la présente étude montre à quel point les écrits des moralistes, tout littéraires qu'ils sont, constituent des documents de premier ordre pour cerner le discours sur l'homme qui, durant plus de deux mille ans, a fait autorité dans la culture occidentale.
Une présence habite le Moyen Age, lui impose sa marque et s'offre au regard : celle du christianisme et de l'Eglise. Ce livre ne traite pas de la poésie religieuse du Moyen Age puisqu'il refuse de séparer une poésie religieuse d'une autre qui ne le serait pas. Il cherche à découvrir comment la poésie en elle-même définit sa nature et cherche à justifier son existence au regard de la conversion. Pourquoi la conversion ? Parce que, au Moyen Age, c'est ce vers quoi doit tendre toute une vie, le mouvement d'une âme vers Dieu. Et la poésie héritière du paganisme, chargée de dangereuses séductions, revendique aussi sa part et son rôle dans ce mouvement de conversion, le poète se veut prophète.