Monographies de psychanalyse de la Revue
Certaines approches anglo-saxonnes de la psychanalyse, historiquement marquées, américaines pour l'essentiel, se sont succédé, se superposant sans s'effacer et accentuant leurs déviances. Se voulant d'abord théoriques, elles ne sont pas sans conséquences sur les pratiques. Il en est ainsi, pour ne citer que celles-là, de la théorie de l'adaptation et du moi autonome, de celle de la relation d'objet, de l'intersubjectivité ou encore de l'analyse mutuelle, sans compter quelques autres... Parfois présentées comme approfondissements ou critiques ponctuelles du corps freudien, parfois comme reformulations voire comme refondations de la psychanalyse, elles n'apparaissent pas acceptables à nombre d'analystes, tant américains qu'européens, malgré des environnements culturels assez différents. En dépit ou en raison de ces conflits, elles offrent un ferment de débats et de controverses multiples, voire d'encouragements à des dérives qui ne sauraient être méconnues. Ne prétendant nullement à la neutralité, mais s'efforçant de conserver une certaine distanciation, cette monographie cherche à témoigner de ces controverses qui demeurent souvent mal connues de ce côté-ci de l'Atlantique. Elle en montre les enjeux de tous ordres, interrogeant certes les analystes, mais aussi toute personne qui reconnaît la psychanalyse comme fait culturel en mouvement.
L'auteur s'attache à restituer le processus théorisant de Freud. A travers le parcours de son chantier, le surmoi révèle l'ambiguïté de ses fonctions et son essentielle paradoxalité. Le travail sur la règle fondamentale constitue une illustration de la
Les troubles de la sexualité eurent un rôle privilégié dans l'invention freudienne ; ils se retrouvent encore souvent parmi les symptômes mis en avant par ceux qui consultent les psychanalystes. Même s'ils ne sont plus considérés comme la meilleure indication de la cure analytique, ils n'en fournissent pas moins des thèmes privilégiés aux associations qui s'y déploient. C'est ainsi que l'expérience analytique peut conforter l'importance de la psychosexualité et de ses avatars. Cette monographie n'est ni une nouvelle compilation, ni un recensement exhaustif et descriptif de ces troubles ; elle entend traiter d'une problématique essentielle, située au coeur de la réalité physique et psychique de l'humain.
Freud avait d'abord conçu la cure psychanalytique comme une entreprise de remémoration et de redécouverte : comme l'archéologue, le psychanalyste accéderait à une vérité historique, dont il exhumerait les traces enfouies pour restituer le passé. Mais quel passé ? Un long cheminement avait conduit Freud à admettre que, par le jeu du fantasme et de l'après-coup, la mémoire crée ses objets autant qu'elle les recrée. Le psychanalyste a perdu aujourd'hui l'illusion d'une restitution du passé ad integrum ; il s'agit d'une reconstruction, et peut-être de la construction, d'un passé personnel où le sujet puisse se reconnaître pleinement. Si toute l'histoire est construite, l'analogie s'impose avec ce qui guide la réflexion et le travail de l'historien moderne. L'écart entre les deux disciplines n'est pas moins évident quant à l'objet et quant aux méthodes. Si l'histoire est le produit de l'homme, l'homme est, dans son histoire personnelle, le produit de l'histoire. Comment s'articulent l'histoire collective et les histoires individuelles ? Le présent volume invite à un renouvellement de la réflexion sur ces thèmes fondamentaux.
Freud, on le sait, a introduit très tôt dans son oeuvre la notion de bisexualité ; on la trouve assez souvent référée, mais elle n'y a jamais fait l'objet d'un exposé
Le traité de Maestricht ne modifiera pas, dans l'état actuel des législations, la pratique de la psychanalyse en France, car la psychanalyse n'est une profession reconnue dans aucun des États de la Communauté. Mais bien des réglementations encadrent la formation des analystes, leur éthique, leur mode de rémunération, et le remboursement de leur cures par les Sécurités sociales. Inexistantes dans certains pays, contraignantes dans d'autres, elles peuvent être à l'origine de conflits juridiques, qui déboucheront peut-être un jour sur un statut européen de la psychanalyse. L'Europe donne à la Société psychanalytique de Paris l'occasion de regarder, d'un autre oeil, ce qu'elle souhaite pour la pratique de la Psychanalyse en France.
En 1926, dans Inhibition, symptôme et angoisse, Freud propose une nouvelle théorie de l'angoisse dans laquelle le Moi joue un rôle capital. Dans ce nouveau cadre, le Moi fait plus que ressentir l'angoisse, il la produit. Cette théorie s'oppose à celle qui la précédait où l'angoisse était une transformation, dans certaines conditions, de la libido. On peut opposer ces deux théories en disant que l'une, la plus ancienne, était pulsionnelle, alors que l'autre est topique. Il est bien entendu que la topique sur laquelle se fonde cette dernière théorie, est la nouvelle topique introduite pour l'essentiel après 1920. Mais celle-ci ne peut se concevoir, selon l'auteur, que fondée sur la dernière théorie freudienne des pulsions introduite, elle aussi, après 1920 et ceci, en dépit du fait que certains de ses éléments sont apparus avant cette date. En fonction de quoi, l'auteur pense qu'il faut ajouter une troisième étape théorique où l'angoisse est bien produite par le Moi (la théorie topique), mais où le danger qui la suscite, ainsi que sa production même dans le Moi, ont des sources pulsionnelles. Cette troisième étape a, selon l'auteur, valeur de synthèse des deux autres. Ainsi, s'ouvre la possibilité d'un renouvellement théorique-métapsychologique de l'angoisse, sans pour cela changer la phénoménologie de celle-ci, surtout son rôle dans la névrose et dans la psychopathologie en général. De cette façon est satisfaite, pour ce cas, une exigence métapsychologique fondamentale, à savoir montrer la genèse des phénomènes psychiques, surtout les plus importants, à partir des pulsions, c'est-à-dire à partir des sources de la vie psychique.
Les contributions psychanalytiques à la compréhension des oeuvres d'art ont souvent évolué dans le registre de l'interprétation des contenus, agrémentée ou non de considérations tirées de la biographie de l'auteur. Cette monographie est, par contre, centrée sur les processus psychiques inconscients à l'oeuvre dans le travail créateur. La création artistique et littéraire, l'élaboration scientifique ont retenu notre attention, sans omettre leur lien à la dimension créatrice du processus analytique. Un critique d'art et un scientifique ajoutent leur contribution aux perspectives ouvertes par l'étude du point de vue de Feud et les développements proposés par plusieurs psychanalystes contemporains.
La notion de castration présentait un sens assez précis dans les écrits de Freud : celui d'une menace, entendue ou fantasmée, d'ablation du pénis, l'angoisse ainsi éveillée jouant un rôle organisateur essentiel dans le développement et la résolution du drame oedipien. Mais si le petit garçon peut redouter un tel châtiment des motions pulsionnelles qui l'animent, qu'en est-il de la petite fille ? On n'a pas manqué de relever à cet égard les incertitudes, les obscurités, voire les contradictions de Freud. Les études sur la sexualité féminine, les apports de l'ethnologie, l'accent mis par certains auteurs sur la castration symbolique, etc., ont considérablement enrichi notre réflexion sur ces problèmes ; mais, élargissant considérablement le paysage, elles ne l'ont pas clarifié pour autant. Le présent volume se propose d'apporter des points de repère à qui tente de s'y orienter.