Jean Cournut
Jean Cournut
S'étayant sur l'ensemble théorique freudien revisité par ses successeurs, la psychanalyse est actuellement une méthode aux approches diversifiées. À partir du dispositif classique du divan et du fauteuil, elle explore des cliniques, des situations, des psychopathologies différentes du schéma névrotique initial : modulations théoriques de la pratique fondamentale ; de quelques situations extrêmes : pédophilie, autisme, forcenés de la défonce ; ajustements nécessaires : à l'adolescence, pour les migrants, par le psychodrame. D'où le pluriel du mot : Pratiques de la psychanalyse.
Le complexe d'OEdipe : la situation est tragique ; il y a trois personnes ; deux ont le même sexe, pas le ou la troisième ; deux sont de la même génération, pas le ou la troisième. Le complexe de castration : la situation se dramatise ; il y a du désir, de la menace, de l'angoisse, de l'interdit. Grâce à la coupure, on passe de la fusion à l'altérité ; et à la copule. Comment dans l'évolution des organisations pulsionnelles communes à tous les individus, se fabriquent, en après-coup, la singularité de chaque personne, ses seuils d'intensité affective et la permanence de son caractère. Comment advient le sexuel : je veux de l'autre, mais quel autre, et pourquoi faire ? Parce qu'ils parlent et vivent en société, parce qu'ils reconnaissent la différence des sexes et celle des générations, les êtres humains sont oedipiens ; même si les psychanalystes eux-mêmes ont, d'aventure, parfois tendance à s'en distraire...
La notion de castration présentait un sens assez précis dans les écrits de Freud : celui d'une menace, entendue ou fantasmée, d'ablation du pénis, l'angoisse ainsi éveillée jouant un rôle organisateur essentiel dans le développement et la résolution du drame oedipien. Mais si le petit garçon peut redouter un tel châtiment des motions pulsionnelles qui l'animent, qu'en est-il de la petite fille ? On n'a pas manqué de relever à cet égard les incertitudes, les obscurités, voire les contradictions de Freud. Les études sur la sexualité féminine, les apports de l'ethnologie, l'accent mis par certains auteurs sur la castration symbolique, etc., ont considérablement enrichi notre réflexion sur ces problèmes ; mais, élargissant considérablement le paysage, elles ne l'ont pas clarifié pour autant. Le présent volume se propose d'apporter des points de repère à qui tente de s'y orienter.
« Constat transhistorique et transculturel : les hommes dominent les femmes, pourquoi ? parce qu'ils en ont peur mais pourquoi ? parce qu'elles incarnent un féminin qui menacerait en permanence l'ordre phallique, un féminin follement érotique et maternel, incompréhensible ». Ainsi l'auteur présente-t-il le thème de son livre, somme de ses recherches débutant par l'article « La castration et le féminin » paru dans la Revue française de psychanalyse en 1993. Cette réédition est augmentée d'une postface inédite d'André Green qui prend la forme d'une discussion-hommage posthume des thèses de Jean Cournut avec parfois l'expression d'un avis différent.
L'énergie de la détresse, la confusion des sentiments, le temps brisé ou suspendu, les déferlements de l'amour et de la haine : la passion. Au quotidien, quand le système représentations-affects-refoulement-symbolisation est débordé - ou sidéré - par la force pulsionnelle, la passion est encore du côté d'Eros, mais c'est tout juste. Les enthousiasmes qui défaillent, les dépressions qui rôdent, les violences affectives, les deuils ratés, la mornitude du vide, les florilèges et les misères de la sexualité, le trauma, le stress : autant de névroses du trop d'excitation, et du vide défensif contre cet excès. C'est la passion de l'analysant, et celle aussi de l'analyste qui la reçoit et la nomme.