Littérature d'Amérique
Deux ans après la mort de son frère, qui souffrait de schizophrénie, un homme revisite leur histoire commune au fil de son quotidien. Grâce à l'amour de ses proches - sa femme Livia, leur vieux chat Lennon, la voisine madame Vermeulen -, grâce aussi à l'intarissable splendeur du monde, il réapprend doucement la joie. Son témoignage prend ici la forme d'un herbier, c'est-à-dire d'une collection de souvenirs semés puis recueillis dans la vaste vallée fleurie de sa mémoire, et destinés, comme dans les albums photos, à une certaine immortalité. La mort d'un être aimé est presque toujours un éboulement. Mais cette dégringolade de pierres favorise sur la pente dévalée, labourée par le mouvement impétueux du matériau, la poussée prochaine de nouvelles fleurs. C'est de cette reconfiguration d'un certain sol de l'esprit, de l'âme, des sens, de la volonté et du destin lui-même que sont nées les pages qui commencent ici. Voici la chronique d'un retour au calme, une histoire où perce sur quelques rameaux printaniers le bref bourgeon des souvenirs. Une évocation dont la manière d'être, la disposition générale s'apparentent à celles d'un jardin aux pétales peut-être abîmés, mais exposés à nouveau aux chauds rayons solaires. Voici le récit d'un chagrin apaisé.
Mayron Schwartz, écrivain juif athée et néodarwinien, nous livre des mémoires aussi tendres que décalés, où chaque anecdote devient une ode à l’amour, à la famille et à la nature.
Mona, fille d’un écrivain charismatique et manipulateur, se débat entre l’amour filial et la quête de liberté. Sa fille de Claudia Dey explore avec une intensité rare les liens toxiques, la trahison et la reconstruction de soi.
Dans une cabane perdue au fond des bois québécois, père Courge et son fils vivent coupés du monde, jusqu’au jour où la maladie les force à affronter la civilisation.
1815, France. Jean Valjean, ancien forçat, tente de se reconstruire après 19 ans de bagne. Entre rédemption et trahison, son destin croise celui de Fantine et de sa fille Cosette, dans une fresque sociale aussi puissante qu’intemporelle.
Automne 1971, Québec. Une famille de six enfants et leurs parents vivent une dernière saison de bonheur à la campagne, avant que la maladie de la mère ne les sépare.
Cette nuit-là, quand la sonnerie a hurlé, ma mère a plaqué sa main sur sa bouche pour étouffer un cri. Un téléphone qui rugit au milieu de l'obscurité, ça annonce toujours un malheur. On n'appelle pas les gens à trois heures du matin simplement pour dire que les choux-fleurs sont en solde ou pour emprunter une bouilloire électrique. On les réveille pour leur annoncer un événement tragique. À 29 ans, Charlie n'a plus de temps à perdre. Sa liste de choses à régler est interminable. Elle entreprend un périple vers le pardon et le deuil, accompagnée de son frère détesté, de sa cheeky best friend, du fantôme de son père, de sa mère trop intense et de son amoureux qu'elle soupçonne de garder dans ses poumons le parfum d'une autre femme. Un récit porté par une prose à la fois crue et candide, qui fait jaillir la lumière même dans ses coins les plus sombres. Catherine Larochelle est diplômée du Conservatoire d'art dramatique de Québec. Si vous la cherchez, vous avez des chances de la trouver sur les planches d'un théâtre, peut-être sur un écran de cinéma, dans votre télévision, dans un café, en train d'écrire sur un napperon, ou dans un parc, parmi les pigeons et les enfants. J'irai déterrer mon père est son premier roman.
Je ne suis pas dupe : relater des événements qui se sont déroulés trente-quatre ans plus tôt constituera inévitablement une expérience de fiction. Mais comme je raconterai des choses que je sais déjà, ça ne risquera pas de me plonger dans les angoisses et les déchirements de mes deux livres précédents.J'entame donc la rédaction de ce récit. Je comprends rapidement ma méprise : ces quelques jours, que j'ai traversés avec la force et l'innocence de mes dix-neuf ans, ont non seulement imprégné profondément ma psyché : peut-être ont-ils constitué l'événement le plus important de ma vie. Pas le plus spectaculaire, mais sûrement l'un des plus déterminants. Même quand il me prend l'envie de raconter des choses légères, je n'y arrive pas. C'est foutu. À dix-neuf ans, Luc Mercure va à la rencontre d'Yves Navarre, son idole, lauréat du Goncourt. Rien ne se déroulera comme il l'avait imaginé.
Maude rentre à reculons dans sa petite ville du Nord-du-Québec pour se rapprocher de sa mère malade. Justine, au contraire, rêve de cette région et souhaite s'y réinventer après sa sortie de prison. Elle veut aussi trouver là-haut la réponse à une question qui la brûle depuis l'enfance. La rencontre des deux jeunes femmes bouleverse tout. Les fantômes du passé grignotent leurs recommencements, un secret bien enfoui menace et, tandis que flambent les coeurs et les forêts, le destin frappe.
Antica, cité divine où les destins se réécrivent. Chaol Westfall, ancien capitaine brisé, y cherche une guérison et des alliés pour sauver Erilea.
Au coeur de la forêt boréale, Cherououny apprend à chasser selon les traditions des ancêtres, tandis qu'à des milliers de kilomètres, Étienne Brûlé laisse derrière lui la campagne morne pour s'embarquer vers le Nouveau Monde. Sur les rives du Saint-Laurent, leurs destins se lient alors que s'élève une première habitation française et que l'avenir de leurs peuples se redessine. Épopée captivante empruntant des éléments au fantastique et au réalisme magique, Dans la gueule du fleuve raconte la croisée des mondes. Entre les complots meurtriers, la faim dévorante et la maladie, qui survivra au premier hiver?
En plongeant ma cuillère dans le mi-cuit j'ai pensé : je n'ai rien d'un conteur et j'ignore pour l'essentiel comment se construit une histoire, et la façon de créer du suspense. Mais un jour je raconterai les faits entourant ma rencontre et ma vie auprès de cette femme dont je suis depuis ce soir si follement amoureux. Manon sous le marronnier, c'est le titre que je donnerai à ce récit commencé en un sens sous le marronnier du pâturage, et dans lequel il y aura justement beaucoup d'arbres, car Manon est une forêt mixte avec ses feuilles caduques et ses sapins de Douglas, ses ruisselets qui contournent les obstacles, ses pistes de chevreuil, son ombre trouée de lumière, ses espèces menacées, ses zones protégées et ses coupes à blanc. La conclusion je crois sera comparable à la sortie triomphante des pousses de rhubarbe printanières, puisque ce sera la section où les phrases cerneront le mieux Manon, décriront avec le plus de vérité ses mains belles comme une remise pleine d'outils, son coeur avec ses battements comme des pas dans l'allée, son âme comme le prix Goncourt catégorie Récit de voyage, sa vie qui repeint les persiennes avec du bleu de Prusse. Oui, je me disais ces choses. Eh bien ça y est, ce jour est venu. Voici l'histoire.
Dans une cabane isolée, l'auteure accueille malgré elle Jade et son fils, confrontés à une tragédie. À des kilomètres de là, l'inspectrice Lefèvre enquête sur un double meurtre. L'atroce vérité se dévoile à mesure que leurs vies s'entrelacent. Véronique Marcotte explore le côté sombre de l'humain dans ce roman féministe sans compromis, entre le polar et l'autofiction.
En secret, Nan Sappo traverse les bois nocturnes du Kavela. Elle ne ressent pas les morsures de l'hiver et de la faim. Sous son manteau, le crâne de sa soeur qu'elle destine au sommet d'Eien, le mont le plus haut, dont les neiges promettent de redonner la vie. Périple fantastique à la poésie sombre, Du ventre des montagnes déploie une histoire d'amour et d'horreur d'une sensualité troublante.
Le concept est simple. On fait s'asseoir en cercle une poignée de personnes - toutes celles qui ont infligé des blessures, toutes celles qui ont été blessées -, et on les laisse échanger. Pour certaines personnes, c'est un pas vers la guérison, c'est sûr. D'autres arrivent en colère et repartent avec une autre sorte de colère. Elles apprennent en quoi la faute revient au système, à l'histoire, au colonisateur, à ces grandes choses qui sont plus difficiles à changer qu'une seule mauvaise personne. Le jour que Cedar redoutait et attendait à la fois est enfin arrivé : sa soeur Phoenix sort de prison. Tandis que les effets de cette libération se répercutent dans toute la communauté métisse, une nouvelle onde de choc secoue le quartier : Phoenix est portée disparue. Racontée par une constellation de voix réunies comme dans un Cercle de justice réparatrice, l'histoire se déplie d'un personnage à l'autre afin de révéler différentes perspectives sur les événements, nous offrant ainsi un portrait nuancé, un roman d'ombre et de lumière.
Un week-end en famille au bord d’un lac bascule dans l’horreur après un incident anodin. Baignades d’Andrée Michaud explore, avec une tension implacable, comment la violence et la peur peuvent tout détruire.
Dans une maison de punks décrépite, Myriam rencontre Allison, qui y donne un concert. Débute alors une exubérante histoire d'amour, mais laquelle? Qu'est-ce qui les attend si elles deviennent mères en trouvant un bébé dans une ruelle? Guérissent la dépression de l'une en lui faisant manger la chair de l'autre? Réapprennent à communiquer grâce à la course à pied? Se marient pour mousser les ventes de leur livre sur les relations lesbiennes? À la fois sombres et sexy, drôles et déchirants, tendres et crus, les huit récits de Ce qui nous attend se promènent d'une réalité à l'autre, permettant à Myriam et Allison de réinventer leur couple encore et encore dans l'espoir d'échapper aux périls de l'amour.
Stella n'est pas forte avec Mikaël. Il est une personne qui l'affaiblit. S'il la fait chier, elle se durcit sous l'effet de la colère et pavane sa fermeté devant lui avant de se retirer pour souffrir. S'il est gentil, le pire se produit : elle en est atrocement touchée et se répand en flaque à ses pieds. Rien d'équilibré n'est possible. Pourquoi? Stella et Mikaël ont à peine eu le temps d'être un couple qu'ils étaient déjà parents, à vingt ans. Leur fille Lou était bébé lorsque leur union a éclaté. Maintenant adolescente, Lou constate que rien ne s'est vraiment terminé entre ses parents : un irrésistible élan ne cesse de les ramener l'un vers l'autre. Stella tente souvent de garder ses distances, car dès qu'elle se rapproche de Mikaël, la voilà magnétisée, capturée. Mais pourquoi résister? N'est-on pas en vie pour vivre? Témoin de leurs embrasements et déchirements, Lou aimerait une vie plus sereine pour elle et ses parents. Mais il leur faudra peut-être aller au bout du pire pour refaire ou défaire l'amour.
Par une nuit de décembre, l'urgentiste Romain Bellerose soigne un jeune homme qui vient de faire une chute sur un trottoir glacé. À partir de ce moment, leurs deux vies seront inextricablement liées. Une adolescente plongée dans l'émoi d'un premier amour, une femme en pleine crise mystique, un homme à tout faire aussi prompt à rendre service qu'à tordre le nez aux voyous, une amoureuse incapable de résister à l'appel du gâteau au chocolat : on reconnaît avec bonheur la marque de l'auteur du Matou dans la riche palette de personnages qui composent ce roman. Une nuit de tempête pourrait être l'oeuvre ultime d'Yves Beauchemin, lui qui se plaît à dire qu'« écrire sénile, c'est pathétique. Écrire mort, extrêmement difficile ».
Années 1980. Désirant oublier une trahison douloureuse, Alice part à l'aventure au coeur de la jungle amazonienne. Trente ans plus tard, à Québec, Flora tente de découvrir la vérité sur ses origines. Quelles eaux troubles relient les deux femmes?
« Et vous, qu'avez-vous fait de votre mère pour pouvoir vivre? » C'est la question soulevée dans ce roman. Car tout le monde ou presque a des histoires de mères à régler. Voici celle de Noémie, la femme au noyau froid, déchirée entre une fille absente et une mère folle. Poignant, riche en rebondissements, cruel mais tourné vers l'espoir, Un monde sans mères est aussi le récit d'une réconciliation entre mère et fille, d'une réconciliation avec soi-même.
Après Sainte-Souleur et Saint-Calvaire, la trilogie des Récits du presque pays s'achève en sept autres épisodes marquants de notre histoire collective. C'est le couvent des Ursulines de Québec en 1663, secoué par de violents tremblements de terre et par des apparitions claires obscures. C'est une chercheuse universitaire obsédée par le phénomène du Wendigo, bientôt dévorée par l'objet de sa quête. C'est le ressac aux origines de Normandie, où saignent les plages dans le vacarme des obus. C'est l'ascension et la chute d'une jeune femme aux cent noms, des bordels du Red Light aux feux de la rampe des cabarets. C'est un militant du FLQ devenu agent double pour la GRC qui se demande s'il ne se ment pas d'abord à lui-même. C'est un motard saguenéen noyé par le remords qui s'accroche à ce qu'il peut pendant le Déluge, comme la petite maison blanche. C'est une préposée aux bénéficiaires dans un CHSLD pris dans la tourmente pandémique du printemps 2020. C'est le récit polyphonique d'un passé plus près de nous qu'on pense, qu'on oublie trop souvent mais qui demeure et qui ne cessera de s'écrire.
Bill et Marion, des voisins que tout sépare en apparence, se débattent tous deux avec la violence qui ravage leur vie. Marion est recluse dans son magnifique condo montréalais, confinée dans la peur, meurtrie dans sa chair, dans ses pensées. Sur les pages d'un carnet secret, elle déverse des mots pour remonter le cours des choses, cerner l'origine de toute cette souffrance. Cette fois où elle est restée, celle où elle est revenue alors qu'il était encore possible de partir, de dire non, cette fois où elle a accepté que l'amour de Jean-François avait tous les droits et que le sien devait pardonner. Bill, un ferrailleur itinérant, a changé de repères, d'emploi et de ville dans l'espoir de semer son passé et d'être transformé. De se tenir loin du trouble, surtout. Mais lorsque sa route croise celle de Marion, il reconnaît sur le visage de la jeune femme une peur familière qui ne lui laissera ni quiétude ni repos. Dès lors, il cherchera à tout prix à aider cette voisine qu'il connaît pourtant à peine.
Dans les bureaux du journal L'Union nationale, Charles rêve d'influencer l'Histoire et de participer à renverser ce maudit projet de Confédération canadienne. Mais que peut donc faire un apprenti typographe qui passe le balai et vomit sa soupe aux pois lorsque les puissants mettent le destin en marche? Un siècle et demi plus tard, Édouard se complaît quant à lui dans son avachissement. Traducteur désenchanté depuis l'échec référendaire de 1995, il est devenu un éternel ambigu qui nuance, tergiverse... jusqu'à ce que sa belle voisine et une formidable découverte fassent souffler un vent fou sur sa vie apathique. Entre Charles et Édouard, un même mystère à résoudre : Louis-Joseph Papineau a-t-il rencontré Alexis de Tocqueville lors de son passage à Montréal en 1831? Le voyage du philosophe français cachait-il quelque chose d'inconnu jusqu'à aujourd'hui? Des révoltes des Patriotes aux manifestations du printemps érable, ce roman détricote l'Histoire et y ajoute quelques chatoyants brins de laine. Toutes les révolutions n'ont pas été tranquilles au pays de ceux dont on ne redoute rien.
Douze auteurs et autrices écrivent le deuil et investissent le salon funéraire de leur imaginaire. Une collection d'histoires éclectiques, certaines douces et réconfortantes, d'autres violentes ou terrifiantes, pour nous aider à faire face à l'inévitable. MATHIEU VILLENEUVE - Le nouveau traitement DAVID GOUDREAULT - S'en tenir au texte CASSIE BÉRARD - La dérive des clowns tristes NICHOLAS GIGUÈRE - Madame Lomer Bolduc ELLIE MARTINEAU-LAVOIE - Chez nous ÉLISE GRONDIN - La fête triste MEGAN BÉDARD - Voyage à la mer ROSALIE ROY-BOUCHER - Tourlou ! MATTHIEU SIMARD - Presque une cravate AUDREY BOUTIN - L'intérim PATRICK SENÉCAL - Dernière soirée de travail FANIE DEMEULE - Reliques
Cette histoire commence un mardi soir de février sur Facebook, se poursuit dans des inbox et des messages textes. Elle parle de scénarios inventés, de faire l'amour pas très bien dans une chambre sans rideaux, de soirées entre amis à regarder son cell aux deux minutes, de s'oublier soi-même. D'amour ? Ça, Jolen elle-même ne sait pas. Avançant à tâtons dans une période floue de sa vie, elle s'accroche à son téléphone et à l'idée qu'elle se fait du magnifique Joseph. Avec un humour mordant et une langue contemporaine colorée, Lily Pinsonneault raconte les bons et les moins bons coups de cette jeune femme qui cherche à se réapproprier ses désirs, ses besoins, sa vie.
Roman aux accents autobiographiques, Insoumissions met en scène un jeune Allemand arrivé au Québec en 1969. Pour lui, l'agitation lors de la crise d'Octobre amplifie les nouvelles qui lui parviennent de son pays d'origine, où le terrorisme tient en otage toute l'Allemagne de l'Ouest. Tandis que les chocs culturels se suivent, à l'Université Laval où il enseigne, son supérieur, un arriviste magouilleur, tente d'avoir sa tête. Mais le jeune homme ne se laissera pas faire... Le directeur place devant moi un stylo, me tend une feuille à en-tête de l'université : « Votre signature. » Je lis ma démission. Le coup est ignoble, je connais la femme qui a rédigé ce torchon. « La fourberie appuyée sur le bras de la méchanceté », aurait dit Chateaubriand. Je me lève, saisis la lettre. « Je ne signe rien de ce qui vient de vous. Je partirai au moment qui me conviendra. » L'autre hurle : « De l'insoumission ? Des menaces ? Vous refusez d'obéir ? »
« Il est impossible de délimiter la géographie du bonheur. Chacun sa cartographie. » Après avoir assisté sa femme dans son suicide, Jaco découvre que celle-ci a longtemps mené une double vie : il y a quatorze ans en Haïti, Marine a mis au monde Clara. Avec une vieille amie bienfaitrice, Jaco quitte Montréal pour se rendre sur place afin de découvrir la vérité sur sa femme et pour remettre à Clara l'héritage qui lui est dû. Mais à son arrivée, la jeune fille a disparu. Au contact de l'entourage de Clara, Jaco en apprendra davantage sur l'adolescente. Il fera aussi la connaissance d'une écrivaine québécoise en résidence d'écriture en Haïti, madame V., qui a pris Clara en affection et décidé d'écrire son histoire. Cette histoire à la fois tragique et lumineuse, profondément humaine, constitue la trame de La géographie du bonheur. Un roman d'une grande maîtrise littéraire qui va droit au coeur.
Seule femme dans un monde d'hommes qui lui est hostile, Marie est conductrice de train minier dans le Nord québécois. Un soir de tempête, son convoi s'immobilise. Déraillement ? Elle se précipite au-dehors pour mesurer les dégâts et se retrouve face contre neige, blessée. Elle est recueillie par un mystérieux ermite, envoûtant et lettré. Sur fond de préoccupations environnementales, de tensions entre Blancs et autochtones, se tisse une histoire d'amour. Une histoire périlleuse et sauvage, comme le territoire que Marie sillonne avec son train. Ce que je vois en rouvrant les yeux est plus glaçant que l'hiver de la Côte-Nord. Mon haleine se fige dans le soleil froid. L'orignal blanc est là, juste devant la fenêtre. La bête que j'ai écrasée sous les roues de mon train me dévisage de ses yeux vides d'où s'écoulent des larmes rouges. Sa grosse tête trône sur une table de bois. Secouée, je me replie à l'intérieur et ferme la fenêtre. C'est quoi cette mise en scène débile ? Qu'est-ce que je fous ici ?
Au cœur du Massif bleu, la nature se déchaîne et emporte Marie Saintonge et Ric Dubois dans une spirale d’angoisse et de mystère.
Abélard croyait avoir mis tout ça derrière lui. Déshumanisé, arraché à ses proches, malmené, torturé puis, enfin, réfugié, il a refait sa vie dans son nouveau chez-lui, à Cocagne, capitale de l'archipel, pour suivre une formation médicale exhaustive et offrir à son tour ses soins aux gens qui en ont grandement besoin. Désormais psychiatre et psychanalyste, il laisse se déposer sur la page blanche de son visage les désarrois, les craintes et les désirs refoulés de ses patients, s'émerveillant chaque fois du cheminement de ceux-ci. Or, un jour, son patient le plus notoire lui confie vouloir démissionner. Paul, gouverneur de l'archipel récemment arrivé à la démocratie, souffre de la fatigue liée à sa tâche. Abélard, appréhendant une catastrophe, passera les mois suivants à se demander comment il aurait pu intervenir pour éviter à son pays d'adoption une dépression politique.
Née dans un pays en guerre, une jeune enfant assiste aux déchirements de son foyer jusqu'au jour où un bateau les éloigne de leur terre natale. Ce déracinement ne met pourtant pas fin à leurs problèmes - loin s'en faut. Commence alors une série d'expériences qui obligeront Ryma à se construire une nouvelle identité. L'enfant, peu à peu, se transforme en une jeune femme en quête d'épanouissement, entre féminisme et tradition, adaptation et repli, émancipation et nostalgie. Elle découvre que sa famille, aussi imparfaite soit-elle, n'est peut-être pas la pire des familles et que, derrière les remontrances et l'apparente dureté, parfois, c'est un océan d'amour qui bouillonne. Plein d'humour, de tendresse et d'émotions, ce récit saura vous transporter dans l'univers particulier, mais si universel, du passage de l'enfance à l'âge adulte - cette période qui n'est encore que le prélude à l'âge de la sagesse.