Jean-François Beauchemin
Jean-François Beauchemin
Plongez dans Souvenirs d’avant la naissance, un recueil poétique et nostalgique où Jean-François Beauchemin célèbre 30 ans d’écriture.
Deux ans après la mort de son frère, qui souffrait de schizophrénie, un homme revisite leur histoire commune au fil de son quotidien. Grâce à l'amour de ses proches - sa femme Livia, leur vieux chat Lennon, la voisine madame Vermeulen -, grâce aussi à l'intarissable splendeur du monde, il réapprend doucement la joie. Son témoignage prend ici la forme d'un herbier, c'est-à-dire d'une collection de souvenirs semés puis recueillis dans la vaste vallée fleurie de sa mémoire, et destinés, comme dans les albums photos, à une certaine immortalité. La mort d'un être aimé est presque toujours un éboulement. Mais cette dégringolade de pierres favorise sur la pente dévalée, labourée par le mouvement impétueux du matériau, la poussée prochaine de nouvelles fleurs. C'est de cette reconfiguration d'un certain sol de l'esprit, de l'âme, des sens, de la volonté et du destin lui-même que sont nées les pages qui commencent ici. Voici la chronique d'un retour au calme, une histoire où perce sur quelques rameaux printaniers le bref bourgeon des souvenirs. Une évocation dont la manière d'être, la disposition générale s'apparentent à celles d'un jardin aux pétales peut-être abîmés, mais exposés à nouveau aux chauds rayons solaires. Voici le récit d'un chagrin apaisé.
Mayron Schwartz, écrivain juif athée et néodarwinien, nous livre des mémoires aussi tendres que décalés, où chaque anecdote devient une ode à l’amour, à la famille et à la nature.
J'étais assis sur mon banc préféré, au milieu du petit parc, lorsqu'un inconnu est venu s'asseoir à son tour pour se confier à moi. Son récit m'a ému surtout par son caractère unique et, je dirais, son pragmatisme rêveur : c'était une histoire vraie, mais en quelque sorte tapie dans les angles morts de la réalité. Je songeais, en le regardant ensuite s'éloigner, que des milliers d'anecdotes tout aussi passionnantes attendaient sans doute d'être racontées. L'idée m'est alors venue de provoquer les choses en ce sens. Pendant trois ans, chaque semaine ou presque, je suis retourné m'installer sur ce même banc. Lorsque quelqu'un venait m'y rejoindre, je lui demandais s'il avait une histoire de ce genre à me raconter. Les témoignages, peu nombreux au début, ont au bout d'un temps commencé à affluer. C'est comme ça qu'est né ce livre, qui est une espèce d'anthologie de l'improbable. Car il faut bien, un jour ou l'autre, assumer que la goupille carrée de certains faits n'entre pas tout à fait dans le trou rond de la réalité.
Dans une cabane perdue au fond des bois québécois, père Courge et son fils vivent coupés du monde, jusqu’au jour où la maladie les force à affronter la civilisation.
Automne 1971, Québec. Une famille de six enfants et leurs parents vivent une dernière saison de bonheur à la campagne, avant que la maladie de la mère ne les sépare.
Au coeur de ce récit, pourrait-on dire autobiographique, palpite une amitié : celle d'un homme et de son chien, tous deux mus par une intuitive et mutuelle compréhension. S'y tissent doucement les contours de leur attachement profond, ainsi qu'une réflexion sereine sur l'inexorable passage du temps. À cette confession s'entremêle bientôt le souvenir ému des proches disparus, dont l'absence prolongée dans la mort laisse présager celle, à venir, du fidèle compagnon. Mais qu'on ne s'y trompe pas : tout entier tendu vers la lumière, cet assemblage sensible d'images présentes et passées n'a d'autre objectif que la secrète célébration de la beauté du monde et de l'existence.
Dans la douceur d’une campagne québécoise, un écrivain partage son quotidien avec sa femme, ses animaux, et surtout son frère schizophrène.
En plongeant ma cuillère dans le mi-cuit j'ai pensé : je n'ai rien d'un conteur et j'ignore pour l'essentiel comment se construit une histoire, et la façon de créer du suspense. Mais un jour je raconterai les faits entourant ma rencontre et ma vie auprès de cette femme dont je suis depuis ce soir si follement amoureux. Manon sous le marronnier, c'est le titre que je donnerai à ce récit commencé en un sens sous le marronnier du pâturage, et dans lequel il y aura justement beaucoup d'arbres, car Manon est une forêt mixte avec ses feuilles caduques et ses sapins de Douglas, ses ruisselets qui contournent les obstacles, ses pistes de chevreuil, son ombre trouée de lumière, ses espèces menacées, ses zones protégées et ses coupes à blanc. La conclusion je crois sera comparable à la sortie triomphante des pousses de rhubarbe printanières, puisque ce sera la section où les phrases cerneront le mieux Manon, décriront avec le plus de vérité ses mains belles comme une remise pleine d'outils, son coeur avec ses battements comme des pas dans l'allée, son âme comme le prix Goncourt catégorie Récit de voyage, sa vie qui repeint les persiennes avec du bleu de Prusse. Oui, je me disais ces choses. Eh bien ça y est, ce jour est venu. Voici l'histoire.
Aujourd'hui, la vie sentimentale se déploie en une myriade de formes. C'est dans cette diversité qu'ont puisé les auteurs de ce collectif pour créer de délicieuses et surprenantes nouvelles, à l'invitation de la romancière Claire Bergeron. Jean-François Beauchemin, Sophie Bérubé, Claire Bergeron, Georges Brossard, Normand de Bellefeuille, Micheline Duff, Ginette Durand-Brault, Danielle Goyette, Jacques Hébert, Martin Larocque, Lucie Pagé, Louise Portal, Francine Ruel et Cynthia Sardou Inspirés par les méandres de l'amour, ces quatorze auteurs, le temps d'une nouvelle, ont imaginé des univers où les coeurs palpitent, où les corps frémissent. Sous la plume unique de chacun, on vibre au rythme des émotions, des rires, des chagrins ou des déceptions, en découvrant la quête amoureuse des différents personnages. Qu'ils soient octogénaires ou quarantenaires, veufs ou divorcés, affairés devant leur ordinateur ou en pleine aventure africaine, craintifs ou audacieux, ils sont tous ardents, rêveurs, rejoints par leur passé, étonnés par leur avenir, reconquis, séduits... amoureux !
Au fin fond des forêts québécoises, un père et son fils vivent coupés du monde, dans un univers où la folie rôde et où les morts parlent encore.
D'un côté, il y a un père bricoleur grand amateur de Bach, de l'autre, il y a une tribu de six enfants (cinq garçons et une fille), tous nés à un an d'intervalle, et entre les deux, une mère qui brûle systématiquement le roastbeef. Voilà les principaux acteurs de ce roman qui raconte le quotidien d'une famille bigarrée et qui s'intéresse à cette formidable «course à relais générationnelle» qui fixe l'identité des individus. Laissée pour compte par un père pas très doué pour la communication, la tribu constituée de Jacques, Christiane, Pierre, Jean-François, Jean-Luc et Benoît, n'a d'autre choix que de chercher la vérité avec les moyens du bord et d'appréhender le réel en « masse compacte ». La force et la cohésion du groupe face à un homme seul crée chez ces êtres espiègles le goût de faire les choses autrement, à suivre d'autres chemins que celui qui leur est tracé. C'est grâce à l'un des membres de cette sympathique tribu - témoin on ne peut plus privilégié de la mécanique familiale - , qu'on a accès au processus de la «mue» de l'enfance à l'âge adulte par un regard à la fois rétrospectif, introspectif, mais surtout tendre sur la filiation.
Du fond de sa cellule, un condamné à mort écrit les quelques pages qu'il souhaite laisser en témoignage. D'abord aux prises avec la justice des hommes, c'est aux lois de sa propre lucidité qu'il se soumet à présent. L'essentiel lui apparaît bientôt : cette prison de pierre où on l'a mis n'est rien. C'est à une autre cage qu'il réfléchit, plus profonde et plus obscure, dans laquelle s'enferment eux-mêmes ses frères humains, et qui est l'équivalent d'un « ajournement du bonheur », un « désaveu envers la terre qui porte les hommes ». Car ce roman allégorique, où résonne une voix intime, mais faisant alliance avec l'universel, est aussi une réflexion sur la place de l'homme dans le monde. C'est peut-être surtout, par l'évocation d'une certaine figure qui le traverse de bout en bout, une authentique histoire d'amour. Par le jeu de la fiction, Jean-François Beauchemin commet un crime grave qui le repousse dans ses derniers retranchements. Le lecteur, en quelque sorte invité à entrer dans l'esprit de l'auteur, partage avec lui le fruit de sa réflexion. Un livre d'une grande force, un trait de plus donné à l'étonnant portrait du genre humain patiemment élaboré depuis quelques années.
À l'automne de l'année mille-neuf-cent-soixante-et-onze, une famille composée de six enfants délurés et de leurs parents vit une existence paisible à la campagne. Puis le malheur frappe, et les enfants s'engagent de leur mieux dans une lutte à finir contre le chagrin et la peur. À leur récit s'enchevêtrent divers événements ponctuant l'histoire du Québec et du monde. Comme si l'aventure humaine n'était en vérité ni petite ni grande, mais jalonnée de faits, de courants et de hasards, tragiques ou frivoles, formant à la fin un collier, ou une chaîne, celle de cette existence dérisoire et merveilleuse que nous traversons tous.