Littérature Payot
Zweig aimait Freud ; Freud appréciait Zweig. L'auteur de «La Confusion des sentiments» lui rendit hommage en 1932 avec ce portrait saisissant qui célèbre la puissance de l'esprit.
Transformer le théâtre, c'est aussi révolutionner notre vie. Publié en 1938, alors qu'il vient d'être interné, Le Théâtre et son double est un recueil de conférences, articles et lettres dans lequel Artaud entend "briser le langage pour toucher la vie". Il y développe notamment, en deux célèbres manifestes, son concept de "théâtre de la cruauté". Il y défend la dimension sacrée du théâtre, la prééminence du langage du corps sur le texte, et accorde au metteur en scène ("maître de cérémonies sacrées") plus d'importance qu'à l'auteur. Il y montre aussi que le théâtre est comme une seconde réalité, une "réalité virtuelle". Avec une préface de Pacôme Thiellement.
Ce wagon plombé qui fera « voler en éclat l'ordre du monde », c'est bien sûr le récit du fameux retour de Lénine en Russie, fin mars-début avril 2017, raconté ici par Zweig à la fois comme « un passionnant roman d'espionnage » et comme l'un des moments clés de l'histoire mondiale. Ce récit est suivi de « Voyage en Russie », où Zweig relate son voyage de 1928. Pour lui, la Russie est d'une importance cruciale - moins politique et plus littéraire que, par exemple, chez Walter Benjamin, qui, exactement au même moment, séjourne à Moscou (voir son Journal de Moscou). Le livre comprend également « La plus belle tombe du monde » (sur Tolstoï), et « Sur Maxim Gorki » (1931).
Qu'est-ce qu'un héros ? Deux textes de Stefan Zweig à redécouvrir, dans la veine du Wagon plombé. Deux textes sur deux explorateurs, deux moments de l'Histoire, deux lieux cruciaux pour aujourd'hui (les océans, les pôles). Le premier, qui donne son titre au livre, raconte la découverte du Pacifique, en septembre 1513, par Vasco Nunez de Balboa (cette « fuite dans l'immortalité » renvoie au fait que Bilboa, sorte de bandit rebelle dont la tête risquait d'être mise à prix, n'avait pas d'autre issue pour s'en sortir que de devenir un héros). Le second, intitulé « La lutte pour le pôle Sud », raconte la dernière et tragique expédition de Robert Falcon Scott en Antarctique, en janvier 1912.
Partir c'est mourir. De peur. La "bourgeoise à cambouis" a repris sa moto, direction l'Amérique du Sud, où règne la "violencia". Pendant six mois, seule sur sa moto, elle parcourt la Colombie, l'Argentine et le Brésil : 21 000 kilomètres d'une aventure presque punk au temps du Sentier lumineux, et toujours, chevillée à l'âme et au coeur, une soif de rencontres, de liberté et d'indépendance. Par l'autrice de "Et j'ai suivi le vent".
Ce que sont les histoires d'amour, un garçon, une fille, à l'âge du premier baiser, nous le disent aussi bien que les adultes. Aimer, être aimé ; se tromper, blesser ; rougir sans savoir pourquoi, rêver ; sentir les corps mieux que les mots : entre marivaudage gothique et conte cruel, Une histoire au crépuscule (1908) et Petite nouvelle d'été (1906) racontent deux adolescents aux prises avec des sensations et des sentiments qu'ils ne comprennent pas encore. Quiproquos, fausses pistes, coups de théâtre - la surprise est reine dans ces récits où le simple fait d'ouvrir une lettre ou de laisser parler son coeur peut bouleverser une vie.
Ecrit à la fin de savie, alors que Zweig a été contraint par les nazis de s'exiler au Brésil, c'est le récit poignant d'une addiction au jeu et de ses effets dévastateurs.
L'antisémitisme, le judaïsme et la guerre : deux nouvelles de Zweig, écrites l'une alors qu'il a vingt ans, l'autre sur la fin de sa vie, explorent l'ambivalence à l'égard de ses origines de celui qui se disait volontiers "juif par hasard". Dans un shtetl d'Europe centrale, au moment de fêter un mariage, les juifs doivent soudain fuir dans la nuit et la neige une bande de tueurs : Dans la neige, récit peu connu de 1901, livre comme une préfiguration des persécutions nazies. Il est suivi du Chandelier enterré, longue nouvelle écrite en 1937, alors que les persécutions sont devenues réalité. Zweig y dépeint, à travers les pérégrinations du chandelier à sept branches du temple de Jérusalem aux Ve et VIe siècles, le désespoir du peuple en exil, l'oppression, l'injustice et la détermination des juifs à retourner en Terre sainte.
Du Nevada à la Californie, de Saint-Louis à San Francisco, À la dure raconte sept années d'aventures burlesques et tumultueuses d'un pied-tendre absolument maladroit, le genre à déclencher un vaste incendie tandis qu'il se prépare juste à dîner au bord d'un lac, ou à être pris dans une tempête de neige et se préparer à y mourir alors qu'il se trouve à quelques mètres d'un refuge. Ode comique à la nature sauvage, livre effervescent, à la fois débridé et d'une maîtrise narrative absolue, voici le Far West du père du roman américain, Mark Twain, le maître de Hemingway et Faulkner, Dos Passos et Steinbeck !
Texte majeur, mais totalement méconnu, même par ses fans, Joséphine la cantatrice est l'ultime écrit de Kafka. On peut le considérer comme son testament littéraire. Rédigé en mars 1924, deux mois avant sa mort, et publié le 20 avril, il brosse le portrait grinçant d'une cantatrice pleine de superbe, sans doute la dernière artiste de son pays, qu'on adule sans pour autant apprécier son chant, ni même la musique en général. Mais quelle est donc cette société où l'art semble n'avoir plus qu'une fonction d'ornement ? Avec une préface de Sarah Chiche.
Six textes inédits de Stefan Zweig sur la poésie et les poètes, et en premier lieu Charles Baudelaire, dont on va célébrer le bicentenaire, mais aussi Victor Hugo, Paul Verlaine, Rainer Maria Rilke, etc.
Chaque année, le jour de son anniversaire, un écrivain reçoit des fleurs d'une inconnue. Une année, c'est une lettre. L'inconnue se dévoile?
Ces magnifiques poèmes en prose lesbiens sont également l'une des plus belles supercheries littéraires : Bilitis n'a jamais existé, mais le "faux" confectionné en 1895 par le jeune Pierre Louÿs aveugla tous les experts de l'Antiquité. Cette cinquième oeuvre de l'un des plus grands écrivains érotiques français publiée dans la PBP (après Aphrodite, La Femme et le Pantin, Deux filles de leur mère, et Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation) rappelle les bienfaits du doute contre l'esprit de sérieux. Nous publions l'édition de 1898, avec une préface de Sandra Boehringer, historienne du genre et de l'Antiquité, maître de conférences à l'université de Strasbourg.
Un petit baron. Mondain, tête à claques et pourtant séducteur. Le désir, pour lui, est un jeu. Mais avec qui jouer ?
Le 4 décembre 1975, lorsque Hannah Arendt meurt, assise devant sa machine à écrire, un carnet repose sur l'étagère, soigneusement recouvert d'un tissu bleu gris. Rédigé par sa mère Martha, y sont consignées, de 1906 à 1918, les douze premières années de la future grande philosophe. Publié ici pour la première fois, il dessine le portrait d'une fillette surdouée puis rebelle, exprimant peu ses émotions et passionnée de littérature dès son plus jeune âge. Il est suivi de quatre textes totalement inédits de Hannah Arendt : un conte de 1929 et trois paraboles énigmatiques, denses, riches en métaphores, qui, écrites vers 1938, lors de son exil parisien, annoncent une pensée politique qui prendra son envol quelques années plus tard. Edition bilingue.
L'argent gagné sur le dos des autres, la réputation, les réseaux sociaux, tels sont quelques-uns des thèmes de cette pièce de Zweig, écrite en 1925 et adaptée du Volpone de Ben Jonson, qui fit un triomphe sur les scènes du monde entier. En France, nous n'en connaissions qu'une version plus courte, adaptée et traduite par Jules Romains, qui fut mise en scène en 1928 par Charles Dullin au théâtre de l'Atelier. C'est la version originale de Zweig, inédite en français, qui est ici traduite.
Ce célèbre conte dont Christophe Gans fera son prochain film nous parle du véritable amour, de la beauté et de la perfection, de l'érotisme et de la nature, du culte des apparences, de nos corps sans cesse retouchés, modelés...
Il lui avait tout consacré, sa vie et son argent, mais cette nuit-là, sur la Riviera, c'est le choc : le père surprend sa fille qui sort de la chambre d'un inconnu. Obsédé par cette vision, incapable d'en parler, il se laisse gagner par une étrange violence...
Jérémie le vaincu, Jérémie le prophète de la paix... La défaite nous rend-elle plus fort ? D'où vient la mystérieuse résilience du peuple juif ? Tels sont les deux thèmes de cette pièce de 1917, entre guerre et religion, ancrée à la fois dans la réalité apocalyptique de la Grande Guerre et dans une quête spirituelle et identitaire. Sans doute l'oeuvre à laquelle Stefan Zweig tenait le plus. La version que nous publions ici, qualifiée de définitive par Zweig, date de 1928. Elle est inédite en français. Figurent en annexe deux textes de Zweig sur la Galicie, datant de 1915 et eux aussi inédits en français. Avec une préface de l'historienne Annette Wieviorka, spécialiste de la Shoah et de l'histoire des juifs au XXe siècle.
Hymnes à la virilité épanouie et à la jouissance, catalogues ahurissants de toutes les pratiques, déviations, orientations ces deux textes offrent, dans un grand éclat de rire, du sexe brut emailloté dans les obsessions et fantasmes du poète.
Les observations les plus méchamment drôles du plus méchant des mémorialistes sur la cour de Louis XIV : des saillies en forme de portraits, véritables miniatures de personnages qui pourraient être de fiction, réunies par un auteur qui chez Payot s'est déjà frotté à l'humour avec ses traductions de Nancy Mitford et Deborah Devonshire.
Chef-d'oeuvre de Zweig, La confusion des sentiments est le grand roman de l'ambivalence, de la haine et de l'amour, de la passion refoulée.
Entre la jeune Concha et Mateo, l'amour est une passion qui fait mal. Il la désire éperdument, elle se dérobe et l'humilie, jusqu'au jour où Mateo, n'y tenant plus, renverse avec violence la situation.
Classique de la littérature pour adolescents, ce roman de 1878 nous parle de problématiques actuelles : quête des origines, violences contre les enfants, relation aux animaux, importance cruciale de l'art, et résilience. Avec une préface de Boris Cyrulnik.
Publié pour la première fois en 1915, ce beau roman de Rabindranath Tagore, prix Nobel de littérature, a pour cadre le Bengale du début du XXe siècle où sévissent de graves troubles. Récit à trois voix qui se croisent et se répondent, histoire d'amour centrée sur un bouleversant portrait de femme, ce livre, où se heurtent la tradition et la modernité, est aujourd'hui encore étonnament moderne, au point d'avoir inspiré au grand cinéaste indien Satyajit Ray l'un de ses plus grands films.
Après avoir brossé avec humour tant de portraits d'Américains moyens, Bill Bryson s'attaque à l'un des plus grands génies de la planète, pour prendre la mesure de ce que les archives nous apprennent réellement sur William Shakespeare. Celui-ci n'a laissé en effet que quatorze mots de sa main, mais combien de milliards d'autres écrits sur lui, qui l'on transformé en obsession d'universitaires et d'excentriques aveuglés par les idées reçues ! En campant avec truculence le décor de l'Angleterre de la fin du XVIe siècle dans un livre qui fait de l'érudition un régal. Bryson nous ramène tout simplement à l'homme qu'a pu être le dramaturge, et l'on finit par en apprendre beaucoup sur un personnage aussi mystérieux. Surtout, notre écrivain-voyageur de l'Iowa nous transporte au coeur d'une oeuvre universelle qui demeure la plus belle preuve de l'existence de William Shakespeare.
Deux célèbres textes antimilitaristes et déjantés, parmi les plus grands succès de la fin du XIXe siècle. Entre Les Sous-Offs de Lucien Descaves et Casse-pipe de Céline, Courteline y décrit avec humour et réalisme l'armée de 1870, celle-là même qui, en 1914, entrera dans la Grande Guerre. L'ensemble est préfacé par une historienne spécialiste de 14-18.
La Peau de chagrin est le dernier livre que lut Freud avant son suicide en 1939. "C'était juste le livre qu'il me fallait", déclara-t-il à son médecin Max Schurr. Cette histoire de peau qui rétrécit, de vie qui raccourcit à mesure que les souhaits sont exhaucés le renvoyait notamment à un essai qu'il publia en 1922, sur un thème similaire, et que nous proposons ici dans une traduction inédite. Dans l'un comme dans l'autre émergent des thèmes très actuels comme ceux de la tyrannie du choix, de la solitude, du non-désir, du fantasme de longévité...
Pékin, 1900. Les huit plus grandes puissances du moment s'allient pour "punir" la Chine et écraser dans le sang la révolte des Boxers. Sur place, Loti observe, atterré, le résultat de la sauvagerie coloniale et la fin d'un mythe : Pékin n'est plus la Cité interdite.
Démétrios est sculpteur, séducteur, blasé. Chrysis est courtisane, séductrice en chasse. Le sculpteur devient le jouet de la courtisane.
Rédigés pour la plupart en pleine guerre, les quatre textes réunis ici (Le monde sans sommeil, Episode sur le lac Léman, La contrainte et Ypres) restituent l'extraordinaire gamme d'émotions et de sensations qui secouèrent toute l'Europe durant et juste après le premier conflit mondial.
Près de trois cents maximes et conseils parodiant sur un mode sexuel les manuels de savoir-vivre en vogue au tournant du XXe siècle pour nous persuader que les jeunes filles de l'époque étaient moins délurées qu'on ne le croit.