Idées reçues - Grand angle
Depuis quelques décennies la fin de vie a dépassé le cadre de l'intime pour devenir l'enjeu d'une société qui refuse de plus en plus la mort. Certains « cas » très médiatisés ont également conduit à la « sensationnalisation » d'un débat qui peine à être mené sereinement, alors même qu'il nous concerne tous : collectivement, par les réponses que les soignants et le législateur apporteront, individuellement par l'appréhension que nous avons de notre finitude. Pionnier dans la recherche sur la fin de vie et les soins palliatifs, Régis Aubry en aborde tous les aspects dans leur complexité et avec une profonde humanité. Ce faisant, il nous invite aussi à réfléchir sur la vie et le sens que nous voulons lui donner.
Si la transidentité n'est pas un fait nouveau, les franchissements de genre suscitent toujours préjugés, brutalités, théories et pressions sur les existences des personnes concernées. Lorsque l'on évoque les transidentités, des questions viennent ainsi inéluctablement : comment un homme pourrait-il devenir une femme ? Une femme, un homme ? Ces formulations ont-elles un sens ? Pour qui et pourquoi ? Une autre question surgit : quel est le sens du mot devenir ? Car les transidentités, appréhendées par le concept d'identité de genre ou sous l'idée d'expériences de vie trans, réinterrogent l'analogie « naissance = assignation ». C'est tout l'enjeu de cet ouvrage que de montrer que les transitions sont plurielles et bien plus complexes qu'un passage sans retour d'un point A à un point B, que le verbe « devenir » doit être pris au sens fort de « devenir enfin la personne que l'on est ». Être trans est ainsi une expérience du monde qui questionne la construction sociale qu'est la binarité. On ne naît pas, on devient...
Le travail organise nos existences, influe sur notre santé, trame nos échanges quotidiens et fait l'objet de politiques. S'il ne laisse personne indifférent, c'est que ce mot polysémique charrie de multiples enjeux et valeurs. Or les idées reçues sur le travail en France sont légion : il se limiterait à l'emploi, il coûterait trop cher, son Code serait trop complexe, les jeunes ne l'aimeraient plus, les robots remplaceraient les humains, on peinerait à recruter, le salariat serait d'un autre temps, tandis qu'on pourrait trouver le bonheur dans les start-up... 37 chercheur·es - sociologues, économistes, historiens, psychologues, ergonomes, linguiste et médecin - auscultent de près ces idées reçues concernant l'emploi, l'activité et son organisation pour démêler le vrai du faux et nous permettre de penser le travail autrement. Ont contribué à cet ouvrage : Sarah Abdelnour, Amélie Adam, Laure Bereni, Sophie Bernard, Antonio A. Casilli, Hadrien Clouet, Collectif Rosa Bonheur, Nicolas Da Silva, Mireille Eberhard, Corinne Gaudart, Isabelle Gernet, Baptiste Giraud, Aurélie Gonnet, Golçe Gulkan, Fabienne Hanique, Florence Ihaddadene, Lionel Jacquot, François Jarrige, Nicolas Jounin, Josef Kavka, Franck Lebas, Dominique Lhuilier, Fabienne Muller, Luca Paltrinieri, Émilien Ruiz, Maud Simonet, Annie Thébaud-Mony, Jens Thoemmes, Serge Volkoff, Laurent Willemez et Michaël Zemmour.
Régulièrement présente dans les médias depuis une dizaine d'années, l'Ukraine est au coeur de l'actualité internationale depuis l'invasion russe du 24 février 2022 qui a transformé en guerre chaude un conflit qui semblait gelé à l'est depuis 2014. Les nombreuses analyses et débats consécutifs à cette invasion furent l'occasion de mesurer combien notre connaissance de ce pays était lacunaire, se limitant souvent aux clichés d'une Ukraine berceau de la Russie, terre des cosaques, grenier à blé de l'URSS et d'une succession de gouvernements entachés par une corruption massive. Partant de ces idées reçues, auxquelles s'ajoutent désormais celles directement liées à la guerre, Alexandra Goujon dresse un portrait précis et documenté de cette Ukraine qui nous est désormais plus familière. Nouvelle édition revue et augmentée
Géopolitique et géoéconomie, de plus en plus présentes dans le débat public, souffrent de contours flous et très discutés. Ces imprécisions nourrissent bon nombre d'idées reçues quant à leur nature même et leurs objectifs, tant la géopolitique - que l'on réduit souvent aux relations internationales -, que la géoéconomie parfois considérée à tort comme la remplaçante de la géopolitique. Or, ces deux disciplines apportent, ensemble, des éléments de compréhension du monde dans un contexte de nouveau désordre international, où la conflictualité semble l'emporter durablement sur la paix, à rebours de tous les discours sur la « Fin de l'histoire ». La guerre et les nouvelles crises dépassent désormais le seul cadre militaire pour gagner l'économie, la technologie, l'information, etc., et se déploient dans un espace géographique élargi, terrestre, maritime et aérien, mais aussi spatial et cyberspatial. Déclinant débats, puissances et conflits en 20 idées reçues parmi les plus répandues, Cédric Tellenne dresse un tableau précis, riche en exemples et citations, des enjeux géopolitiques de ce début du XXIe siècle.
Aujourd'hui, qui n'est pas populiste et qu'est-ce qui n'est pas populiste ? Dernièrement, le terme a pu être utilisé pour qualifier aussi bien Éric Zemmour, Vladimir Poutine, Didier Raoult, Emmanuel Macron que Podemos, les Gilets jaunes ou encore le Brexit. Mais ce terme est-il bien le plus adapté pour qualifier des individus ou des mouvements aussi différents ? Et à force de tout signifier... signifie-t-il encore quelque chose ? En déconstruisant les idées reçues liée s à ses innombrables usages, ce livre entend proposer un point de vue profondément renouvelé sur le « populisme ». Il revient sur la très grande élasticité et variabilité de la notion, décrypte ses définitions et ses conceptualisations et passe en revue ses multiples applications. Il démontre en définitive, et contrairement à ce que l'on pourrait penser, que le populisme n'est pas forcément un concept pertinent. Il peut obscurcir plus qu'éclairer, et renvoie moins à une réalité tangible qu'il n'existe à travers ses innombrables emplois.
"La réforme du communisme n'a pas conduit à l'effondrement du régime de Pékin mais a permis une croissance économique spectaculaire qui fonde aujourd'hui son pouvoir. État fort mais puissance fragile en raison des inégalités sociales et d'une grave crise environnementale, la Chine entend s'affirmer sans devenir le gendarme du monde. Elle s'oppose à l'Occident mais fait tout pour lui ressembler. La Chine qui, de nos jours, semble étrangère à ses propres traditions, serat- elle tentée de renouer avec son passé ? Le monde se laissera-t-il, à son tour, tenter par le « modèle » chinois ? Ce livre puise à la source de notre imaginaire et du rapport de la Chine à elle-même pour analyser la nature de son pouvoir et la réalité de sa puissance. Il propose un panorama approfondi des grandes problématiques du pays du nouveau dirigeant Xi Jinping, au-delà des clichés orientalistes et des jugements hâtifs sur la menace ou le miracle chinois."
Jérusalem est l'une des rares villes à combiner autant de contrastes, l'un de ces endroits où le passé « a du mal à passer », où l'antique n'est pas simplement mémoriel mais aussi revendicatif. Et c'est la Vieille Ville, gardienne des Lieux Saints où les temporalités s'entremêlent, qui cristallise les passions. Au coeur d'un conflit presque centenaire, convoitée par les Israéliens et les Palestiniens dans un rapport de force déséquilibré, Jérusalem est une ville divisée et revendiquée à la fois par les nationalismes et les monothéismes. Archétype de la ville frontière, Jérusalem ne serait-elle pas condamnée à rester hors du temps ?
Le Royaume-Uni des dernières décennies est indissociable des crises multiples qu'il a affrontées et qu'il continue d'affronter. Certaines culminent avec le Brexit, qui en retour en provoque d'autres. Crise économique et aggravation des inégalités sociales, nationalisme exacerbé, velléités de sécession de l'Écosse, instabilité de l'Irlande, services publics exsangues, syndicats laminés par quinze ans de thatchérisme et perte d'influence sur la scène diplomatique européenne et mondiale... Ces tensions qui parcourent la société britannique sont aussi les défis auxquels il lui faudra faire face à l'aube de cette nouvelle époque pour retrouver une identité commune sereine. Contextualisant ces crises au regard du temps long de l'histoire britannique, Clémence Fourton analyse les dynamiques à l'oeuvre qui expliquent comment le Royaume-Uni en est arrivé là.
On entend souvent que la société française se serait « moyennisée », provoquant la disparition pure et simple des classes populaires qui, soit auraient accédé à la classe moyenne, soit auraient été rétrogradées parmi les « pauvres »... Or, si les classes populaires ont effectivement changé depuis la désindustrialisation des années 1970, elles continuent bel et bien d'exister et les idées reçues à leur sujet ne manquent pas. Reléguées dans la France périphérique, les classes populaires se vautreraient dans la consommation de masse, s'abêtiraient devant la télé et le foot, seraient réac, sexistes, racistes, voteraient pour l'extrême droite et auraient pour rêve ultime l'achat de leur pavillon... Ce ouvrage, écrit par les meilleurs chercheurs et chercheuses, dépasse ces clichés et dresse un portrait documenté de ces classes populaires qui subissent de plein fouet la montée des inégalités.
À vieilles civilisations, vieilles idées reçues... L'Iran est le pays des poètes et des roses, la patrie des Mille et Une Nuits, celle de Farah Diba, de Khomeyni et de la République des mollas. C'est aussi le pays qui cherche à se doter de la « bombe islamique », celui où la condition féminine est déplorable et dont le peuple aspire à sortir de la révolution religieuse. Pour dépasser ces idées reçues, il faut d'abord commencer par parler de l'Iran comme d'un pays ordinaire, façonné par son histoire longue et différenciée selon les époques. Il faut aussi prendre appui sur l'observation des pratiques sociales concrètes des Iraniens et de leurs effets, parfois inattendus, sur l'avenir du pays.
Au coeur de l'actualité depuis plus d'une décennie, la Syrie offre un visage meurtri par une guerre interminable qui occulte sa puissance et sa richesse passées. Focalisé sur cette guerre, on en oublie la Syrie « d'avant », celle de l'Antiquité, d'Alep, de Damas, de Palmyre et, plus récemment, la Syrie des accords Sykes-Picot qui devient le coeur du nationalisme arabe. Passée en coupe réglée sous le régime Assad, les images qui nous parviennent depuis sont souvent caricaturales : État laïc, mosaïque communautaire, présidence modernisatrice de Bachar, collusion avec l'Iran et lutte sans merci contre Israël... et pour finir, l'alternative du « soit Assad, soit Daech ». S'appuyant sur une analyse précise de l'histoire et de la société syriennes, Manon-Nour Tannous nous invite à dépasser les idées reçues et les raccourcis sur cet acteur majeur du Moyen-Orient.
Il n'est pas un ouvrage de médecine ou un magazine « santé » qui, lorsqu'il est question du vieillissement physiologique des femmes, n'évoque la ménopause. Pourtant, l'étude de cette cessation des menstruations est relativement récente (XIXe siècle), lorsque l'on commence à considérer le corps de la femme de façon singulière et non comme celui d'un homme inversé. Malgré tout, au-delà des changements physiologiques décrits, la ménopause et ses représentations renvoient à une perception très stéréotypée des femmes, loin des expériences hétérogènes vécues par celles-ci. Mêlant dimension médicale, historique, anthropologique et sociale, Cécile Charlap livre ici une analyse fine de ce que la ménopause dit du regard que la société porte sur les femmes.
Mégafeux en Californie ou en Australie, précipitations hors norme et inondations dans le sud de la France, ouragans dévastateurs en Asie... les catastrophes climatiques semblent se multiplier et s'intensifier. Elles suscitent effroi et inquiétude au sein des populations. Disparition de sociétés, déclenchement d'événements historiques majeurs, source de conflits et de guerre, de maladies et de migrations de masse... les nombreuses idées reçues liées à ces phénomènes climatiques inquiètent ! Cependant, ces catastrophes climatiques sont-elles inéluctables ? De tous les périls, sont-elles les plus graves ? Ne sont-elles pas autant d'opportunités pour repenser et transformer nos sociétés ? La science et le progrès technique peuvent-ils nous mettre à l'abri ? Au Nord comme au Sud ? Ces 21 idées reçues mêlant histoire, science et géographie nous permettent de démêler le vrai du faux sur ces catastrophes climatiques qui effraient autant qu'elles fascinent.
Pays laïc et musulman, situé entre Orient et Occident, démocratie en proie à des dérives autoritaires... la Turquie déroute autant qu'elle inquiète. Et la multiplication des crises politiques, militaires et humanitaires qui secouent la région depuis plusieurs années rend plus ardue encore la compréhension de la société turque. Pour tenter d'en saisir la complexité, il est essentiel de sortir des catégories d'analyse trop facilement mobilisées lorsque l'on parle de ce pays : laïcité, modernité, démocratie, nationalisme, etc., qui contribuent à renforcer un discours souvent caricatural. C'est l'objectif de cet ouvrage, fruit de plus de quinze années de travail de terrain et d'une analyse sociologique indispensable à la compréhension des faits sociaux, politiques et culturels.
Tout ou presque a été écrit sur le nazisme, faisant de celui-ci l'objet de recherche historique le plus commenté d'après-guerre. Nous pensons donc savoir, sentiment renforcé par l'incarnation symbolique de l'horreur conférée au nazisme depuis la Shoah : quiconque entre dans le débat politique et/ou historique se heurte tôt ou tard au danger du point Godwin. Or, si le nazisme se fait argument suprême, ne légitimant aucune contre-expertise car indépassable dans la représentation de l'horreur qu'il suscite, cela tient en grande partie aux idées reçues que le nazisme et sa mémoire ont suscitées pour justifier de son aberration, associé à une lecture parfois décontextualisée de l'histoire. Cette anatomie du nazisme propose donc de plonger aux racines du phénomène et de battre en brèche les idées reçues ayant pollué et fragmenté son histoire et sa mémoire. Derrière le scalpel de l'historien se joue le diagnostic d'une société éclairée.
Principale partenaire de la France, avec qui elle a impulsé le projet européen, l'Allemagne ne cesse de nous dérouter. Entre des milieux économiques en admiration devant le modèle allemand et de vieux démons toujours prêts à ressurgir, les clichés ne manquent pas : « Les Allemands sont trop disciplinés pour descendre dans la rue », « Les réformes du marché du travail ont accru la précarité », « L'armée allemande est en retrait », « Berlin a ouvert ses frontières aux migrants », « L'Allemagne impose sa volonté au reste de l'Europe », « L'extrême-droite est de retour en Allemagne »... À l'heure où la France et l'Allemagne tentent, ensemble et à tous les niveaux (politique, économique, sociétal...), de formuler des propositions pour renforcer une Europe fragilisée, une connaissance approfondie et sans préjugés de notre voisin s'impose.
Depuis Marco Polo évoquant le lointain Cipango, le Japon fascine les Occidentaux. Et il intrigue aussi ses voisins Chinois. L'argumentaire sur la singularité des Japonais, vus comme impénétrables, spéciaux sinon bizarres, nourrit depuis des siècles une avalanche d'idées reçues que le passage dans la modernité technique apparemment contradictoire avec une tradition réinventée n'a fait que renforcer. Des anciennes générations du « péril jaune », qui se complaisaient à dire que les Japonais étaient incompréhensibles et dangereux, à la fascination actuelle, et planétaire, pour la « J-Pop culture », mélangeant animê, manga, samurai, sushi, karaoke, tofu, sûdoku, origami et autres yakuza... les clichés sont légion qui méritent d'être décortiqués dans cet ouvrage, véritable panorama du Japon contemporain. 3e édition revue et augmentée
Aujourd'hui, les ordinateurs sont présents dans toutes nos activités quotidiennes. Une machine a vaincu le champion du monde du jeu de go, on construit automatiquement des connaissances à partir d'immenses masses de données (Big Data), des automates reconnaissent la parole articulée et comprennent des textes écrits en langage naturel... Les machines seraient-elles vraiment devenues intelligentes, posséderaient-elles un esprit, voire une conscience ? La complexité de l'intelligence artificielle dépasse notre entendement immédiat et suscite nombre d'idées reçues. Ainsi, l'intelligence artificielle reproduirait l'activité de notre cerveau, elle ferait que les ordinateurs ne se trompent jamais et... qu'à terme nous en devenions les esclaves. Jean-Gabriel Ganascia, en distinguant la réalité du pur fantasme, nous permet de comprendre ce qui se joue avec l'intelligence artificielle, quelles sont ses potentialités et ce qu'elle ne sera jamais... sauf au cinéma.
Tout le monde connaît au moins une personne phobique, qu'elle ait une peur maladive des araignées, du sang, des ascenseurs ou encore des avions ! Et parmi ces phobies, il y a celles dont on parle et sourit volontiers et celles, plus nombreuses, que l'on garde secrètes. Par pudeur, embarras, honte parfois car ces angoisses sont incontrôlables. Les tentatives d'explications sont légion, des plus personnelles aux plus générales, associées à des croyances variées sur la signification, les conséquences et les solutions à y apporter : « Il faut chercher la cause des phobies dans l'inconscient », « Les phobiques sont surtout des femmes », « Les parents transmettent leurs phobies à leurs enfants », « Il faut se confronter à sa peur », etc. Antoine Pelissolo passe ici en revue les nombreuses idées reçues sur les phobies et les analyse à la lumière des connaissances psychologiques et neuroscientifiques actuelles, mais aussi des observations issues de son expérience de praticien.
Le suicide est un cri adressé aux autres, un cri trop souvent étouffé par tous ceux qu'il dérange. Il est un rendez-vous manqué avec les vivants, une protestation, un refus de toutes les injustices sociales qui mènent au désespoir et facilitent le passage à l'acte. Étudiants précarisés, salariés épuisés, harcelés, agriculteurs isolés, enseignants oubliés, policiers stigmatisés, chômeurs fragilisés, femmes violées... il faut aller au-devant de toutes celles et ceux que la société laisse au bord du chemin, entendre leur cri pour prévenir l'irréparable. Mais la prévention n'est possible que par une connaissance précise, approfondie de la réalité du suicide, des groupes les plus exposés et de celles et ceux qui doivent vivre l'épreuve indicible du suicide d'un proche. En interrogeant les idées reçues qui entourent ce sujet encore tabou, cet ouvrage répond à un enjeu essentiel : mieux comprendre afin de mieux prévenir. Car la France, très en retard dans ce domaine, doit de manière urgente faire de ce drame personnel et social une grande cause nationale de santé.
Difficilement traduisibles en français, apparemment « importées » des États-Unis, les éthiques du care répondent à une préoccupation de plus en plus prégnante dans notre société, celle du soin, au sens ordinaire et non médicalisé du mot. Or, si le care est largement étudié outre-Atlantique, il a fait l'objet de peu de publications en France jusqu'à présent, alors même que depuis plus de quinze ans un vrai travail interdisciplinaire a été mené par les chercheurs et chercheuses françaises (philosophes, sociologues, psychologues, politistes, etc.). Le rayonnement de ces travaux au niveau international faisant d'ailleurs que l'on parle désormais d'« école française du care ». La perspective du care, encore peu connue, est un enjeu majeur de notre monde commun. Les autrices cherchent ici à en montrer les multiples aspects afin que chacun puisse en percevoir les contours pour, in fine, y prendre sa part.
Schizophrénie : tout le monde a déjà entendu ce terme qui est passé dans le langage courant sans que l'on sache précisément ce qu'il recouvre. Rien d'étonnant d'ailleurs, car la plupart des travaux sur la schizophrénie revêtent d'emblée un caractère spécialisé. Cet ouvrage se propose de répondre aux questions les plus simples que le public se pose à propos d'une maladie qu'il sait grave et stigmatisante : à quels signes reconnaît-on la schizophrénie ? Quels sont les causes, les traitements ? Que peut faire l'entourage pour aider le patient ? Et pour le patient lui-même, comment vivre avec cette maladie ? Faut-il renommer la maladie ? Bernard Granger et Jean Naudin mettent en commun leur expérience de praticiens et d'enseignants pour analyser les mécanismes de cette maladie mentale et en détailler les traitements. 3e édition revue et augmentée
Peu d'animaux disparus ont suscité autant d'engouement auprès du public que les dinosaures, au point que certains, comme le tyrannosaure, nous semblent parfois plus familiers que bien des êtres vivants d'aujourd'hui. Rançon de la gloire et de cette vulgarisation « de masse », les idées reçues abondent, qui puisent parfois aux sources d'anciens savoirs non actualisés. Les dinosaures seraient ainsi des animaux gigantesques, vivant dans des zones marécageuses, qui se seraient éteints de manière mystérieuse et sans descendance, et que le paléontologue pourrait aujourd'hui reconstituer à partir d'un seul os, voire retrouver tout entiers congelés dans les glaces des pôles ! Autant de poncifs repris par la BD et le cinéma où les hommes préhistoriques côtoient les dinosaures... alors que plusieurs dizaines de millions d'années les séparent. Faisant le point sur les découvertes les plus récentes, Eric Buffetaut nous permet de dépasser ces clichés et de connaître plus précisément ces dinosaures en apparence si familiers. Nouvelle édition revue et augmentée.
L'économie collaborative connaît ces dernières années une ascension fulgurante et touche désormais tous les secteurs de notre société : consommation, production, finance, éducation, santé, culture, déplacement, etc. Certains y voient une innovation majeure susceptible de transformer le capitalisme en profondeur, voire de le dépasser. D'autres, au contraire, dénoncent une ubérisation de la société et une marchandisation des rapports humains, ultime stade d'un capitalisme débridé. L'économie collaborative ne laisse personne indifférent et pose légitimement question. Il ne s'agit pas dans ce livre de prendre parti pour ou contre l'économie collaborative, mais d'apporter l'éclairage le plus objectif possible pour se forger sa propre opinion sur les principaux sujets en discussion.
S'il existe un Eldorado des idées reçues, c'est bien la Russie ! Vue de France, et plus globalement d'Occident, son image tour à tour magnifiée ou caricaturée se focalise alternativement sur le Bien ou le Mal... mais toujours dans une belle unanimité. De George Turberville qui en 1568 écrit : « en peu de mots, le pays est trop froid et les gens sont bestiaux », à l'équation sommaire « Poutine = Staline », la Russie de Catherine II fut louée par Voltaire, celle de Staline chantée par Aragon, et la gorbimania submergea un Occident qui ne pardonnera jamais à Eltsine d'avoir mis fin au rêve d'un « socialisme à visage humain ». Ces visions manichéennes de la Russie traversent les siècles sans prendre une ride, s'accordant bien à cet autre poncif d'une « Russie éternelle ». Analysant une quinzaine d'idées reçues sur la société, l'économie ou les relations internationales de la Russie contemporaine, Pascal Marchand nous permet, grâce à une réflexion approfondie et nuancée, de mieux comprendre ce « rébus enveloppé d'un mystère au sein d'une énigme » (Churchill).
Les débats sur la laïcité, qui agitent à intervalle régulier l'espace politico-médiatique en France depuis une trentaine d'années, n'ont malheureusement pas contribué à éclaircir la définition de ce principe essentiel de notre République. Reflets d'anciennes positions antagonistes réactivées par une visibilisation accrue du religieux dans nos sociétés si profondément sécularisées, ils prennent souvent un tour idéologique qui excède largement l'esprit initial de cet outil juridico-politique à la fois pragmatique et libéral. Ces confrontations nous font parfois oublier qu'il n'y a pas une Laïcité, mais des formes diverses et contextualisées de laïcités. Chaque type de laïcité est en effet le résultat d'un processus historique long de modernisation politique et sociale, différencié selon les espaces politiques et les forces en présence, qu'elles soient civiles ou religieuses. C'est à l'éclaircissement des attendus de ce débat, souvent passionnel et parfois confus, que cet ouvrage est consacré.
Le « genre » véhicule peurs et fantasmes. Mal connu, le mot est aujourd'hui employé à tort et à travers et instrumentalisé politiquement ; ce qui réduit généralement les débats à un florilège d'idées reçues. Il serait ainsi une « mode américaine », une « lubie de féministes » ou encore une « théorie fumeuse », voire dangereuse, cherchant à nier les différences entre les femmes et les hommes et à s'immiscer dans les salles de classe et les têtes des enfants... Face à tant de confusion, il est fondamental d'apporter un éclairage sur ce que le genre est, et sur ce qu'il n'est pas. Car le genre est un concept bien précis et tout à fait sérieux. Il constitue un outil qui a été historiquement mobilisé - et continue de l'être - au coeur des mobilisations féministes relatives aux rapports de pouvoir entre les sexes, servant notamment à mettre à jour la nature sociale des processus qui attribuent à chacune des catégories sexuées des caractéristiques présentées comme naturelles. Les études sur le genre constituent aujourd'hui en France un champ de recherche florissant et dynamique, au sein duquel sont formulées et analysées des questions fondamentales portant sur des sujets aussi variés que le travail, la santé, le langage, la violence, la sexualité ou encore le sport, la famille, la religion, etc. Ces questions, comme les réponses qui peuvent leur être apportées, concernent tout le monde. C'est précisément pour cela qu'il est essentiel de rendre les réflexions sur le genre accessibles au plus grand nombre, au-delà du milieu universitaire où elles sont encore trop souvent confinées.
Les jésuites ont toujours suscité l'intérêt d'un large public et la récente élection du pape François l'a encore montré. Ils ont leurs amis, qui ne voient pas toujours leurs défauts, et leurs ennemis, qui ne voient que leurs défauts. Dans un cas comme dans l'autre, c'est un terreau fertile pour les idées reçues : « L'ordre des jésuites a été créé par Ignace de Loyola », « Le supérieur général est appelé le "pape noir" », « Les Exercices spirituels sont la "bible" des jésuites », « Les jésuites sont critiques vis-à-vis de l'Église », « Ils sont hypocrites et opportunistes », « L'éducation jésuite est un enseignement d'excellence », etc. Au travers d'une approche historique mais aussi spirituelle, Mark Rotsaert interroge la Compagnie de Jésus, ses fondements, ses événements marquants et ses hommes d'hier et d'aujourd'hui.
Phénomène à succès de la littérature et du cinéma, les templiers ne cessent d'intriguer et de fasciner. Membres d'un ordre religieux et militaire n'ayant même pas vécu deux siècles, les templiers suscitent pourtant un grand nombre d'idées reçues : ils étaient les banquiers de l'Occident, ils possédaient neuf mille commanderies, ils ont été condamnés pour hérésie, ils ont caché un fabuleux trésor, ils ont maudit le roi de France Philippe le Bel et le pape, ils ont survécu dans la franc-maçonnerie, ils étaient proches des cathares... des fantasmes qui se substituent trop souvent à la véritable histoire du Temple. Cet ouvrage est l'occasion de faire la part de la réalité historique et des mythes encore très ancrés dans les mentalités.
Chaque année, l'apparition des premiers froids place le mal-logement au coeur de l'actualité. À croire que depuis l'appel de l'abbé Pierre et ce fameux « hiver 54 » rien n'a changé. Dans cette France qui s'enorgueillit d'être la 5e puissance mondiale, des femmes, des hommes et parfois même des enfants vivent encore sans logement. Difficile de dire pourtant que rien n'a été fait depuis 60 ans. En témoignent les nombreuses lois, les plans de construction et la multiplicité des acteurs impliqués. Certes, pour sortir du mal-logement, la France a besoin de moyens accrus, mais elle a aussi besoin d'y voir plus clair sur la réalité de ce que vivent les mal-logés et d'abandonner un certain nombre d'idées reçues qui faussent le débat, comme par exemple, croire que le mal-logement ne toucherait qu'une frange très marginale de la population, supposer que les locataires sont surprotégés, qu'il suffirait de construire tous azimuts ou, à l'inverse, que l'utilisation des logements vacants résoudrait à elle seule le problème... Cet ouvrage cherche à montrer la réalité du mal-logement. C'est un livre pour comprendre, mais aussi pour débattre et partager. Car le pire serait de ne rien dire, de ne rien faire ou, pire encore... de ne rien vouloir voir.
Rendre à Darwin ce qui lui appartient, en même temps que lui retirer ce qu'on lui attribue à tort, constitue aujourd'hui un devoir proportionné aux enjeux d'une lecture cruciale qui est encore loin d'être acquise: celle de son oeuvre. Simplifications inexactes ("l'Homme descend du Singe"), accusations polémiques ("le darwinisme est immoral"), réécritures opportunistes ("Darwin glorifie la loi du plus fort"), dénis de scientificité ("la théorie de la sélection naturelle ne repose sur aucune preuve"), arguties créationnistes ("l'oeil est un miracle de la Création"), récupérations religieuses sous couvert d'agnosticisme ("il n'y a pas de contradiction entre la foi et Darwin"), jugement trop hâtif de Marx ("Darwin projette le capitalisme sur la nature"), griefs de racisme, d'esclavagisme, d'eugénisme, de sexisme, voire de pré-nazisme: autant de biais aux implications dramatiques qui ont fini parfois par s'imposer. La clé de la plupart de ces "incompréhensions" est le contournement (innocent ou tactique) d'une logique impérative, liée chez Darwin à la sélection de l'instinct social: celle de la destitution tendancielle de la sélection naturelle éliminatoire au cours de l'émergence (pourtant sélectionnée) de la civilisation et de la morale.