Épîtres
Le père : pourquoi ? La femme : comment ? Ces deux questions hantent la psychanalyse depuis ses origines ; Freud, lui-même, ressentait l'insuffisance de ses propres réponses... Ainsi, en cette place, s'annonçait ce livre lors de sa première parution ; ces questions n'ont, loin de là, rien perdu de leur actualité. Cette nouvelle édition, tout en demeurant parfaitement fidèle au texte originel, ne l'en a pas moins revu, réaménagé et actualisé : elle est vraiment nouvelle. La collection Épîtres n'existait pas en 1974 ; l'esprit de ce livre lui aurait pourtant convenu.
La crise de la psychanalyse, c'est d'abord celle du psychanalyste qui ne sait plus où il en est, remarque S. Viderman ; de 1970 jusqu'à sa mort en 1991, il consacra toute une part de son oeuvre à interroger, de façon incisive, quelques-uns des repères proposés. M. Neyraut, en rassemblant des textes devenus peu accessibles, a su mettre en évidence cette démarche décapante - et parfois dérangeante. Il les discute et les critique dans sa Préface introductive.
Amour et destruction, liaison et déliaison, investissement narcissique et objectal, sous-tendent la relation familière et inquiétante à la mère, comme le lien de l'enfant avec son père. Dans la cure, ces doubles polarités vont se trouver mises en jeu avec une efficacité respective variable, et de manière très diverse selon les patients. Comment restituer aux schèmes fantasmatiques originaires - de séduction maternelle, de perte de l'objet et/ou du pénis, et de scène primitive - leur pouvoir organisateur sous primat oedipien ? Comment parvenir à ce que les traumatismes passés acquièrent, dans leur répétition transférielle, des effets génératifs de positivité ? Comment mobiliser la négativité prévalente du transfert, qu'elle prenne des formes froides, immobilisantes ou des formes brûlantes ? L'auteur illustre les différentes étapes de cette réflexion par des récits cliniques à deux voix, celles du patient et de l'analyste qui, dans la dissymétrie constitutive du cadre, sont les artisans de la rencontre interprétative.
Le complexe d'OEdipe : la situation est tragique ; il y a trois personnes ; deux ont le même sexe, pas le ou la troisième ; deux sont de la même génération, pas le ou la troisième. Le complexe de castration : la situation se dramatise ; il y a du désir, de la menace, de l'angoisse, de l'interdit. Grâce à la coupure, on passe de la fusion à l'altérité ; et à la copule. Comment dans l'évolution des organisations pulsionnelles communes à tous les individus, se fabriquent, en après-coup, la singularité de chaque personne, ses seuils d'intensité affective et la permanence de son caractère. Comment advient le sexuel : je veux de l'autre, mais quel autre, et pourquoi faire ? Parce qu'ils parlent et vivent en société, parce qu'ils reconnaissent la différence des sexes et celle des générations, les êtres humains sont oedipiens ; même si les psychanalystes eux-mêmes ont, d'aventure, parfois tendance à s'en distraire...
L'ouvrage est divisé en trois parties : l'expérience de l'analyste, son « travail » de formation, sa propre analyse, puis les expériences pratiques dans l'analyse des patients, les phases de régression, les implications du corps dans l'analyse avec des manifestations psychosomatiques ... SOMMAIRE Prologue I -- Métapsychologie de l'analyste en séance II - Devenir psychanalyste : une tâche interminable III - Du corps à l'oeuvre : trajectoire de la douleur
Ni Dieu ni loup, l'homme est un effet de l'évolution, singulière et collective, de sa question vitale : qu'est-ce-que l'homme pour l'homme ? Qui suis-je pour l'autre ? Qui est-il pour moi ? En donnant à cette interrogation métaphysique son statut scientifique, la psychanalyse freudienne avance que l'homme est un effet de Kulturarbeit, un effet de l'évolution de sa question vitale, voie de la guérison au sens psychanalytique de ce terme.
« Les jeux sont d'emblée déjà faits. Le premier regard sur soi est féminin : l'enfant de chacun des deux sexes ne lit-il pas, ne croit-il pas lire fondamentalement son destin dans le regard maternel ? ... Dans le miroir l'enfant recherche sur toute la palette du plaisir à l'angoisse ce qui peut donner sens au regard maternel.... Enfin sera interrogée cette peur, voire cette terreur, que reflète à divers moments critiques de son évolution, le visage de l'autre, sa découverte comme étranger, différent de la mère. Pour la fille quitter la mère se désintriquer d'elle, oblige à trouver des voies identificatoires avec elle suffisamment triangulées pour ne pas risquer le réengloutissement, la perte de toute altérité. Le garçon lui sera secondé par son sexe différent et sa crainte de perdre ce sexe l'éloignera de sa mère et le rapprochera de son père, si tout se passe bien... » Ces textes regroupent pour la plupart des articles déjà parus parfois remaniés pour la publication dans ce livre
Sans nos objets internes, nous ne pouvons pas vivre. Mais nous pouvons aussi être étouffés par eux, jusqu'à en mourir. C'est de leur fait que nous devenons lâches ou héroïques dans l'adversité, courageux ou pleutres au quotidien. Ce sont eux qui nous poussent à nous tourner vers les autres, eux aussi qui nous incitent à demeurer dans un isolement narcissique superbe. D'où viennent-ils donc, ces compagnons internes incontournables ? Comment se sont-ils emparés de notre force pulsionnelle ? Quel est leur degré de parenté avec les personnes qui nous entourent, et tout spécialement avec ceux qui ont présidé à nos premières expériences du monde dans un environnement donné ? En quels termes peut-on se figurer leur surgissement premier et leurs relations avec ce qui fait notre originalité propre - notre Moi ? Quel rôle joue notre mémoire subjective dans leur constitution et leurs modifications ultérieures ? Que devient leur compagnonnage avec le Moi, lors des séparations et des pertes inhérentes au déroulement psycho-biologique de la vie et, pis encore, lors des traumatismes graves qui peuvent briser le cours d'une existence ? Si l'on se souvient que le but de la cure analytique est le remaniement de la névrose infantile au travers de l'organisation d'une névrose de transfert dans l'expérience de la relation analytique, y compris dans la cure psychanalytique de l'enfant ? Sur ces multiples questions, l'auteur de cet essai propose un mode de réflexion, bien davantage qu'elle ne prétend apporter de réponses. A la suite d'une première partie plus théorique, la deuxième partie du livre regroupe des études cliniques intéressant l'interprétation, dans la cure analytique, de la relation d'objet et des identifications au masculin et au féminin qui leur sont corollaires.
S'il est un génie incontestable, il est aussi un patient comme les autres. Pour quelques séances d'analyse... de plus !, Freud est allongé sur le divan et dévoile les ressorts de sa quête d'identité a partir de ses caprices d'enfant, de ses rivalités de jeune homme, de son homosexualité latente, de sa violente jalousie et jusqu'à la découverte de son cancer. Le processus et le thème de l'identification à l'agresseur et son affect de culpabilité sont récurrents à des moments cruciaux de sa vie et de son oeuvre : deuil de sa mère et mort de son frère, disparition de la nourrice, humiliation de son père, emprisonnement de son oncle ; de Freiberg à Vienne et à Londres... L'auto-analyse de Freud n'a pas permis le dévoilement du versant narcissique de l'OEdipe que l'auteur aborde ensuite à partir des récits mythiques, à travers l'étude : de l'incestuel avec Mérope avant l'inceste avec Jocaste, de la pésophilie de Laïos et du meurtre du père, de l'homosexualité d'OEdipe et de la perversion d'Antigone. Au nouage des investissements narcissiques et objectaux, entre moi idéal et idéal du moi, une réflexion sur le rôle de l'identification a l'agresseur dans la quête identitaire conduit au coeur des processus de symbolisation et de subjectivation.
Quand on parle de pratique en psychanalyse, de quoi parle-t-on ? De l'exercice du praticien, de la méthode proposée au patient ? de la clinique qui la justifie ou de la théorie qui la fonde ? La pratique c'est l'expérience de la cure, c'est aussi sa discussion et sa transmission.
De la cure type divan au face à face puis au psychodrame analytique, l'un des buts essentiels de l'analyse est de dégager la fonction symbolisante hors de certains clivages et de laisser le sujet se l'approprier en son propre nom.
Dans ce livre est étudiée « du côté de l'analyste », l'analyse du transfert et surtout du contre-transfert. Cinq tournants clés ou étapes fondamentales se présentent dans toute cure : -- La prise en analyse -- Les choix techniques appropriés -- La tenue et l'élaboration du travail interprétatif -- L'élaboration des réactions face à l'absence -- La fin de la cure. Si le travail d'analyse n'atteint pas son but, on se trouve alors devant un sixième tournant, en réalité voie sans issue : la réaction thérapeutique négative qui peut provenir du patient comme de l'analyste.Les composantes de ces cinq tournants sont suivis « du côté de l'analyste ».
L'expression somatique à tous les âges de la vie constitue une régulation qui engage le corps, mais celle-ci, en particulier si on la « parle », aide le plus souvent à favoriser la poursuite de la vie et non pas à en hâter la fin. Certains cas le montrent particulièrement ce qui autorise à faire un éloge de l'expression somatique.