Continents Noirs
De Ouagadougou à Lomé, Daouda marche seul. Reliant des points, arpentant les limites d'un territoire personnel, homme-ombre ou homme-lumière, il va à pied, tel un fantôme du passé, dans un monde en pleine mutation. Des femmes et des hommes le recherchent, l'attendent, l'espèrent. Ils ont soif de guérison et d'avenir. Daouda écoute, fait germer les récits. En sorcier, il réconforte les corps ; en devin, il sait aussi apaiser les âmes. Pas simple pourtant de panser les plaies suintantes d'alcool d'Everett, de soutenir la quête d'Abou d'un monde plus juste à l'égard des femmes, de consoler le chagrin de Bonaventure, c'est même si lourd, à la fin, que lorsqu'il faut se trouver un successeur, le choix de l'élu devient à son tour tout un roman.Modèle vivant et romancière, Annie Ferret compte parmi ses livres deux romans : Les hyènes (Grasset, 2021) et Un petit miracle (Project'îles, 2024). En 2025, elle a publié avec Sami Tchak Profaner Ananda aux éditions Gallimard, dans la collection Continents Noirs.
Une créature vous observe chaque nuit. Des milliers d'esclaves sont portés disparus. Une mère et sa fille n'ont plus qu'une poignée de jours à vivre. De la lumière jaillit d'une maison abandonnée. Un homme découvre sept têtes un dimanche matin. Treize nouvelles qui ont pour cadre l'île de La Réunion. Treize histoires qui dépeignent des femmes et des hommes confrontés à des phénomènes étranges, intrigants, extraordinaires, qui ébranlent leurs convictions cartésiennes. Des lois, des êtres inconnus de nous interfèrent-ils avec notre réalité ? Y a-t-il quelque chose là où nos yeux ne voient rien ? Dans ce recueil, l'autrice raconte des faits troublants ou fantastiques survenus à La Réunion, île ancrée dans un océan de peurs et de mystères.
Une créature vous observe chaque nuit. Des milliers d'esclaves sont portés disparus. Une mère et sa fille n'ont plus qu'une poignée de jours à vivre. De la lumière jaillit d'une maison abandonnée. Un homme découvre sept têtes un dimanche matin. Treize nouvelles qui ont pour cadre l'île de La Réunion. Treize histoires qui dépeignent des femmes et des hommes confrontés à des phénomènes étranges, intrigants, extraordinaires, qui ébranlent leurs convictions cartésiennes. Des lois, des êtres inconnus de nous interfèrent-ils avec notre réalité ? Y a-t-il quelque chose là où nos yeux ne voient rien ? Dans ce recueil, l'autrice raconte des faits troublants ou fantastiques survenus à La Réunion, île ancrée dans un océan de peurs et de mystères.
Prix Goncourt de la Nouvelle 2025. Voici seize nouvelles où l'étrangeté est partout : dans le caractère bien trempé des personnages, dans les rencontres, dans le rire ou même dans la mort. Les héroïnes ont en partage la puissance de leur imaginaire. Un grain de folie, une énergie jubilatoire sont à l'oeuvre lorsqu'elles transforment un banc public en caravelle, un peigne en poignard, un sac à main en machine de guerre. Elles sont inquiétantes comme Adèle, la grand-mère empoisonneuse, passionnées comme Émilie promenant son bienaimé en fauteuil roulant, violentes comme cette mère de famille poussée à bout. La relation est rarement paisible entre l'orpheline du Bumidom et le Kalinago érudit, entre la petite Parisienne et l'enfant africain surgi d'un placard, entre l'aide-ménagère et sa patronne bobo. Le dialogue se tisse de malentendus, le chemin est jonché de surprises.
Prix Goncourt de la Nouvelle 2025. Voici seize nouvelles où l'étrangeté est partout : dans le caractère bien trempé des personnages, dans les rencontres, dans le rire ou même dans la mort. Les héroïnes ont en partage la puissance de leur imaginaire. Un grain de folie, une énergie jubilatoire sont à l'oeuvre lorsqu'elles transforment un banc public en caravelle, un peigne en poignard, un sac à main en machine de guerre. Elles sont inquiétantes comme Adèle, la grand-mère empoisonneuse, passionnées comme Émilie promenant son bienaimé en fauteuil roulant, violentes comme cette mère de famille poussée à bout. La relation est rarement paisible entre l'orpheline du Bumidom et le Kalinago érudit, entre la petite Parisienne et l'enfant africain surgi d'un placard, entre l'aide-ménagère et sa patronne bobo. Le dialogue se tisse de malentendus, le chemin est jonché de surprises.
Onisha, Princesse tikar à la beauté foudroyante, a éconduit un vieux prétendant et s'échappe de son royaume pour un autre. À l'ombre bienveillante d'un Sultan redouté, elle organise des manifestations originales, comme cette foire panafricaine des têtes récalcitrantes. Désigné vainqueur des intransigeants, l'étrange Zam-Zam, au crâne de pierre, éblouit d'abord la Princesse, avant d'être à son tour congédié lors d'une nuit des joutes oratoires et des taloches. Il en perd la raison, mais pas la foi en son destin. Le Royaume de Pamanga est soudain submergé par un mystérieux et dévastateur virus qui tue quiconque sombre dans la tristesse. La panique devient générale, car l'on doit rire en permanence. L'apocalypse se rapproche de la capitale Pamanga, l'épicentre du phénomène, quand éclate un violent incendie dans la forêt sacrée, qui menace de tout emporter. Ce dixième roman d'Eugène Ébodé dans la collection « Continents Noirs » est poétique, drôle, poignant et vertigineux.
Onisha, Princesse tikar à la beauté foudroyante, a éconduit un vieux prétendant et s'échappe de son royaume pour un autre. À l'ombre bienveillante d'un Sultan redouté, elle organise des manifestations originales, comme cette foire panafricaine des têtes récalcitrantes. Désigné vainqueur des intransigeants, l'étrange Zam-Zam, au crâne de pierre, éblouit d'abord la Princesse, avant d'être à son tour congédié lors d'une nuit des joutes oratoires et des taloches. Il en perd la raison, mais pas la foi en son destin. Le Royaume de Pamanga est soudain submergé par un mystérieux et dévastateur virus qui tue quiconque sombre dans la tristesse. La panique devient générale, car l'on doit rire en permanence. L'apocalypse se rapproche de la capitale Pamanga, l'épicentre du phénomène, quand éclate un violent incendie dans la forêt sacrée, qui menace de tout emporter. Ce dixième roman d'Eugène Ébodé dans la collection « Continents Noirs » est poétique, drôle, poignant et vertigineux.
"Ladji Harouna ployait sous le poids d'une décision qu'il n'avait pas encore prise, mais qui affectait déjà le reste de son existence et la suite de sa relation avec Allah. Ses pensées cheminaient entre les pages du Coran et la réalité médicale implacable, à la recherche d'une issue acceptable entre sa foi et sa vie. Sa foi et sa fonction d'imam lui commandaient de rejeter sans hésiter cette offre impie. Or, il voulait vivre de toutes ses forces." Après trois infarctus, l'imam Harouna Cissé a besoin d'un nouveau coeur. Hélas, la liste d'attente et les délais sont très longs. L'alternative que lui offre la médecine va bouleverser sa vie en le confrontant à ses certitudes les mieux ancrées.
"Ladji Harouna ployait sous le poids d'une décision qu'il n'avait pas encore prise, mais qui affectait déjà le reste de son existence et la suite de sa relation avec Allah. Ses pensées cheminaient entre les pages du Coran et la réalité médicale implacable, à la recherche d'une issue acceptable entre sa foi et sa vie. Sa foi et sa fonction d'imam lui commandaient de rejeter sans hésiter cette offre impie. Or, il voulait vivre de toutes ses forces." Après trois infarctus, l'imam Harouna Cissé a besoin d'un nouveau coeur. Hélas, la liste d'attente et les délais sont très longs. L'alternative que lui offre la médecine va bouleverser sa vie en le confrontant à ses certitudes les mieux ancrées.
Paula est issue d'une grande famille de Blancs créoles, distillateurs d'un rhum réputé dans toute la Caraïbe et installés depuis plusieurs générations sur l'île de Marie-Galante. Lorsque ses parents l'envoient y vivre, en 1929, son grand-père Gaëtan règne en maître sur l'Habitation Saint-Sulpice, coeur de la distillerie, et sur la maison familiale située à bonne distance, en bord de mer. Une existence protégée, à l'abri des difficultés matérielles, des conflits et de la violence ? Il n'en est rien. Car comment vivre lorsque vous êtes imprégnée des préjugés raciaux de votre milieu et que, pourtant, le sang de vos ancêtres indiens coule dans vos veines ? Tel est le dilemme auquel Paula sera confrontée tout au long de sa vie, de la Guadeloupe à la France en passant par la Martinique et le Maroc. Une grand-mère cachée, une mère déshéritée et même le meurtre installeront pour longtemps la honte du métissage au sein de la famille. Cette honte fera de Paula et de ses quatre frères et soeurs des victimes, des rebelles ou des exclus de cette société où, aujourd'hui encore, le métissage n'a pas le même sens pour tous. Une saga familiale qui jette un éclairage cru sur ce que fut la violence du système colonial, véritable machine à broyer les individus quelle que soit la couleur de leur peau.
Paula est issue d'une grande famille de Blancs créoles, distillateurs d'un rhum réputé dans toute la Caraïbe et installés depuis plusieurs générations sur l'île de Marie-Galante. Lorsque ses parents l'envoient y vivre, en 1929, son grand-père Gaëtan règne en maître sur l'Habitation Saint-Sulpice, coeur de la distillerie, et sur la maison familiale située à bonne distance, en bord de mer. Une existence protégée, à l'abri des difficultés matérielles, des conflits et de la violence ? Il n'en est rien. Car comment vivre lorsque vous êtes imprégnée des préjugés raciaux de votre milieu et que, pourtant, le sang de vos ancêtres indiens coule dans vos veines ? Tel est le dilemme auquel Paula sera confrontée tout au long de sa vie, de la Guadeloupe à la France en passant par la Martinique et le Maroc. Une grand-mère cachée, une mère déshéritée et même le meurtre installeront pour longtemps la honte du métissage au sein de la famille. Cette honte fera de Paula et de ses quatre frères et soeurs des victimes, des rebelles ou des exclus de cette société où, aujourd'hui encore, le métissage n'a pas le même sens pour tous. Une saga familiale qui jette un éclairage cru sur ce que fut la violence du système colonial, véritable machine à broyer les individus quelle que soit la couleur de leur peau.
Roman ou essai ? Parcours initiatique ou déclaration d'amour ? Peu importe, Profaner Ananda est avant tout la construction d'un mythe autour d'Ananda Devi à travers un double regard sur son oeuvre et sa tout aussi double inscription dans la fiction. Dans une intimité complice à trois, Annie Ferret et Sami Tchak chantent l'autrice du Sari vert, chantent l'écriture, chantent la vie et son ombre fidèle, la mort, porte de l'oubli ou de la postérité. "Ce livre est notre "enfant d'âme" à tous les trois, comme le dirait Henri Michaux. C'est la confluence ultime de nos trois écritures, de nos trois personnes, de nos trois corps." Ananda Devi
Roman ou essai ? Parcours initiatique ou déclaration d'amour ? Peu importe, Profaner Ananda est avant tout la construction d'un mythe autour d'Ananda Devi à travers un double regard sur son oeuvre et sa tout aussi double inscription dans la fiction. Dans une intimité complice à trois, Annie Ferret et Sami Tchak chantent l'autrice du Sari vert, chantent l'écriture, chantent la vie et son ombre fidèle, la mort, porte de l'oubli ou de la postérité. "Ce livre est notre "enfant d'âme" à tous les trois, comme le dirait Henri Michaux. C'est la confluence ultime de nos trois écritures, de nos trois personnes, de nos trois corps." Ananda Devi
Il n'y a pas d'histoire sans rencontre. Ce sont les rencontres qui amorcent le mouvement de la vie et qui la font avancer. Ce recueil est composé de trois histoires où chacun des personnages va faire la rencontre de trop, celle qui marque à jamais ou celle qui demande du temps avant de redevenir soi-même. Dans « Le blues du dimanche soir », Henri comprend mais trop tard qu'il est peut-être passé à côté de l'amour de sa vie parce qu'il a eu peur d'aimer une fille de la nuit. Dans « Sois homme et tais-toi ! », Robert, le don Juan lassé de séduire, reprend goût au jeu de la séduction lorsqu'il rencontre Annie mais il ne sait plus jouer quand il se trouve pris au piège de ses sentiments. Dans « Le jour de ma mort », à travers la figure d'une petite fille aux allures innocentes mais au discours trop empreint de maturité, Jean Turkyilmaz en vient à remettre en question tout ce qu'il croyait savoir sur la vie, la mort et l'au-delà. Ainsi en va-t-il des rencontres qui se révèlent ici comme les vrais carrefours du destin.
Il n'y a pas d'histoire sans rencontre. Ce sont les rencontres qui amorcent le mouvement de la vie et qui la font avancer. Ce recueil est composé de trois histoires où chacun des personnages va faire la rencontre de trop, celle qui marque à jamais ou celle qui demande du temps avant de redevenir soi-même. Dans « Le blues du dimanche soir », Henri comprend mais trop tard qu'il est peut-être passé à côté de l'amour de sa vie parce qu'il a eu peur d'aimer une fille de la nuit. Dans « Sois homme et tais-toi ! », Robert, le don Juan lassé de séduire, reprend goût au jeu de la séduction lorsqu'il rencontre Annie mais il ne sait plus jouer quand il se trouve pris au piège de ses sentiments. Dans « Le jour de ma mort », à travers la figure d'une petite fille aux allures innocentes mais au discours trop empreint de maturité, Jean Turkyilmaz en vient à remettre en question tout ce qu'il croyait savoir sur la vie, la mort et l'au-delà. Ainsi en va-t-il des rencontres qui se révèlent ici comme les vrais carrefours du destin.
«On ne nous aimait pas, enfermés dans un milieu clos, sans marques d'affection ni la possibilité de fixer des repères. Nous étions dans le même guêpier, égarés dans un tunnel ou une voie sans issue, et à mesure que nous avancions, la neige effaçait les empreintes de nos bottes pour prouver que nous n'existions pas.» Dans chacun de ses romans, Jean-François Samlong ne cesse d'interroger la violence qui secoue La Réunion. Cette fois-ci, dans un style percutant et concis, il nous convie à découvrir l'histoire des enfants de la Creuse. En fait, une véritable tragédie s'est déroulée entre 1962 et 1984, avec l'exil forcé en métropole de plus de deux mille mineurs réunionnais. Mensonges. Fausses promesses. Trahisons. Harcèlement sexuel. Viols. Tentatives de suicide, et suicides. Séjours en hôpital psychiatrique. Une catastrophe invisible. Enfin, le 18 février 2014, l'Assemblée nationale a reconnu la responsabilité morale de l'État français dans la terrifiante transplantation des enfants. Ici, deux jeunes garçons, Tony et Manuel, et leur soeur courage, Héva, qui témoigne des vies séparées, suspendues, piégées au coeur du froid et du racisme.
«On ne nous aimait pas, enfermés dans un milieu clos, sans marques d'affection ni la possibilité de fixer des repères. Nous étions dans le même guêpier, égarés dans un tunnel ou une voie sans issue, et à mesure que nous avancions, la neige effaçait les empreintes de nos bottes pour prouver que nous n'existions pas.» Dans chacun de ses romans, Jean-François Samlong ne cesse d'interroger la violence qui secoue La Réunion. Cette fois-ci, dans un style percutant et concis, il nous convie à découvrir l'histoire des enfants de la Creuse. En fait, une véritable tragédie s'est déroulée entre 1962 et 1984, avec l'exil forcé en métropole de plus de deux mille mineurs réunionnais. Mensonges. Fausses promesses. Trahisons. Harcèlement sexuel. Viols. Tentatives de suicide, et suicides. Séjours en hôpital psychiatrique. Une catastrophe invisible. Enfin, le 18 février 2014, l'Assemblée nationale a reconnu la responsabilité morale de l'État français dans la terrifiante transplantation des enfants. Ici, deux jeunes garçons, Tony et Manuel, et leur soeur courage, Héva, qui témoigne des vies séparées, suspendues, piégées au coeur du froid et du racisme.
"Je n'ai pas assisté à l'enterrement de ma mère. Pendant une interminable année, des assauts de culpabilité m'ont rongé. Il m'a semblé, pour en sortir, qu'un catafalque de papier me permettrait non point d'ensevelir la disparue, mais de reconstituer son existence et de m'apaiser. L'ancienne danseuse qui ne savait ni lire ni écrire s'est alors redressée, telle qu'elle avait toujours été, opiniâtre, énergique et tournée vers un impératif : faire de chacun de ses nombreux enfants un être accompli. En écrivant ce qu'elle a aimé, détesté ou combattu, m'est bien sûr revenu notre secret ; enfant, alité et agonisant dans un hôpital, un vieil inconnu murmura à Mère une formule qui me sauva la vie : "Mbil idou inga kat kara." Par-delà nos espaces désormais disjoints, Mère intervient toujours. Ce livre en est la preuve. Il redonne voix et corps à celle qui m'invitait à habiller le ciel de prières pour détourner de mon chemin de furieux orages." E. É.
"Je n'ai pas assisté à l'enterrement de ma mère. Pendant une interminable année, des assauts de culpabilité m'ont rongé. Il m'a semblé, pour en sortir, qu'un catafalque de papier me permettrait non point d'ensevelir la disparue, mais de reconstituer son existence et de m'apaiser. L'ancienne danseuse qui ne savait ni lire ni écrire s'est alors redressée, telle qu'elle avait toujours été, opiniâtre, énergique et tournée vers un impératif : faire de chacun de ses nombreux enfants un être accompli. En écrivant ce qu'elle a aimé, détesté ou combattu, m'est bien sûr revenu notre secret ; enfant, alité et agonisant dans un hôpital, un vieil inconnu murmura à Mère une formule qui me sauva la vie : "Mbil idou inga kat kara." Par-delà nos espaces désormais disjoints, Mère intervient toujours. Ce livre en est la preuve. Il redonne voix et corps à celle qui m'invitait à habiller le ciel de prières pour détourner de mon chemin de furieux orages." E. É.
« Peu importe ce que j'ai dit. J'ai changé d'avis, lance l'homme en surveillant du coin de l' oeil la colonne de fumée blanche qui s'élève tel un panache au-dessus de la ville. Et ne parlez pas créole, vous savez que je vous l'interdis. » C'est ainsi que le docteur Dancenis avait sauvé sa fille Passion d'une mort certaine. Cent ans plus tard, la petite-fille de Passion s'interroge sur les coïncidences de dates entre l'éruption catastrophique de la montagne Pelée et plusieurs événements douloureux de sa propre histoire. Confrontés avec les archives, les récits familiaux mettent en lumière de multiples failles. Pourquoi a-t-on prétendu que la population aurait pu être évacuée avant l'éruption ? Qui était vraiment Passion ? Quel lourd secret l'oncle Victorin porte-t-il sur ses épaules ? ... L'histoire de la famille Dancenis, rongée par les événements du passé, révèle que l'étendue des dégâts, 28 000 morts sous les cendres ardentes et les fleuves de lave, dépasse de loin l'île de la Martinique, et nous plonge dans les pires aspects de l'histoire coloniale de la France.
« Peu importe ce que j'ai dit. J'ai changé d'avis, lance l'homme en surveillant du coin de l' oeil la colonne de fumée blanche qui s'élève tel un panache au-dessus de la ville. Et ne parlez pas créole, vous savez que je vous l'interdis. » C'est ainsi que le docteur Dancenis avait sauvé sa fille Passion d'une mort certaine. Cent ans plus tard, la petite-fille de Passion s'interroge sur les coïncidences de dates entre l'éruption catastrophique de la montagne Pelée et plusieurs événements douloureux de sa propre histoire. Confrontés avec les archives, les récits familiaux mettent en lumière de multiples failles. Pourquoi a-t-on prétendu que la population aurait pu être évacuée avant l'éruption ? Qui était vraiment Passion ? Quel lourd secret l'oncle Victorin porte-t-il sur ses épaules ? ... L'histoire de la famille Dancenis, rongée par les événements du passé, révèle que l'étendue des dégâts, 28 000 morts sous les cendres ardentes et les fleuves de lave, dépasse de loin l'île de la Martinique, et nous plonge dans les pires aspects de l'histoire coloniale de la France.
Un couple de Sud-Africains blancs, Donovan et Mélania Bertens en voyage de noces à l'île Maurice, sont contraints de séjourner à Mayotte. Choqué par la misère de l'île, Donovan convainc Mélania de s'y installer afin d'apporter leur aide à la population. La menace d'affrontements entre communautés, l'insécurité et les mouvements sociaux les obligent à vivre reclus.
Un couple de Sud-Africains blancs, Donovan et Mélania Bertens en voyage de noces à l'île Maurice, sont contraints de séjourner à Mayotte. Choqué par la misère de l'île, Donovan convainc Mélania de s'y installer afin d'apporter leur aide à la population. La menace d'affrontements entre communautés, l'insécurité et les mouvements sociaux les obligent à vivre reclus.
À quatre-vingts ans passés, Mado, née d'un père suédois et d'une mère camerounaise, vit à Perpignan et se souvient : de son enfance à Edéa, au Cameroun, sur les bords de Rivière blanche et rouge, avant que n'éclate la deuxième guerre mondiale, ses horreurs et ses bouleversements. Elle revoit son départ inattendu vers la France où l'entraîne une mère adoptive aux nerfs fragiles. Les voici en escale à Témara, au Maroc, ovationnant le général de Gaulle venu stimuler la 2ème DB du général Leclerc en route vers le débarquement en Normandie. Lui revient aussi son escale à Constantine, en Algérie, où la Victoire des Alliés s'achève dans des explosions de joie mais aussi de colère. Arrivée à Perpignan, Mado déplore et le froid et les regards de biais sur une Métisse chagrine qui, longtemps, a cru sa mère biologique morte. C'est à Céret que Mado deviendra l'amie et l'égérie secrète de plusieurs artistes de renom : Picasso, Matisse, Haviland, Soutine, Chagall, Masson, Dali...
À quatre-vingts ans passés, Mado, née d'un père suédois et d'une mère camerounaise, vit à Perpignan et se souvient : de son enfance à Edéa, au Cameroun, sur les bords de Rivière blanche et rouge, avant que n'éclate la deuxième guerre mondiale, ses horreurs et ses bouleversements. Elle revoit son départ inattendu vers la France où l'entraîne une mère adoptive aux nerfs fragiles. Les voici en escale à Témara, au Maroc, ovationnant le général de Gaulle venu stimuler la 2ème DB du général Leclerc en route vers le débarquement en Normandie. Lui revient aussi son escale à Constantine, en Algérie, où la Victoire des Alliés s'achève dans des explosions de joie mais aussi de colère. Arrivée à Perpignan, Mado déplore et le froid et les regards de biais sur une Métisse chagrine qui, longtemps, a cru sa mère biologique morte. C'est à Céret que Mado deviendra l'amie et l'égérie secrète de plusieurs artistes de renom : Picasso, Matisse, Haviland, Soutine, Chagall, Masson, Dali...
"Je suis quelqu'un qui a vu un enfant un jour, un nourrisson qui a disparu. Je suis quelqu'un qui connaît un secret. Probablement que je le sais depuis longtemps, parce que ça ne me détruit pas d'apprendre son existence. Je suis choquée, par contre, que mon père en dise le nom à haute voix : "le fils de l'Autre!" Personne ne l'a jamais fait, nommer l'innommable." Un secret hante les membres d'une famille éclatée entre la France et le Sénégal. Mais un jour de juin, le silence se rompt. Commence ainsi une quête de vérité où différentes voix se déploient. Celle de Penda, la mère, qui se livre dans un journal intime, et celle d'Estelle, sa fille, au travers de délires cathartiques. Face à elles, l'insaisissable Éric entretient le trouble avec ses promesses. À tour de rôle, les personnages démêlent les ficelles du temps et démasquent les injustices historiques qui façonnent nos vies intimes. Dans ce roman polyphonique on traverse alors les beaux quartiers dakarois, où des drames se consomment sans dépasser les haies des villas. On parcourt aussi les cités et les squats parisiens. Pour découvrir que ce qui semble à tous la ruine d'une famille est, en réalité, sa rédemption.
"Je suis quelqu'un qui a vu un enfant un jour, un nourrisson qui a disparu. Je suis quelqu'un qui connaît un secret. Probablement que je le sais depuis longtemps, parce que ça ne me détruit pas d'apprendre son existence. Je suis choquée, par contre, que mon père en dise le nom à haute voix : "le fils de l'Autre!" Personne ne l'a jamais fait, nommer l'innommable." Un secret hante les membres d'une famille éclatée entre la France et le Sénégal. Mais un jour de juin, le silence se rompt. Commence ainsi une quête de vérité où différentes voix se déploient. Celle de Penda, la mère, qui se livre dans un journal intime, et celle d'Estelle, sa fille, au travers de délires cathartiques. Face à elles, l'insaisissable Éric entretient le trouble avec ses promesses. À tour de rôle, les personnages démêlent les ficelles du temps et démasquent les injustices historiques qui façonnent nos vies intimes. Dans ce roman polyphonique on traverse alors les beaux quartiers dakarois, où des drames se consomment sans dépasser les haies des villas. On parcourt aussi les cités et les squats parisiens. Pour découvrir que ce qui semble à tous la ruine d'une famille est, en réalité, sa rédemption.
Admiré par toute une génération (celle de Sony Labou Tansi et Tierno Monénembo), Tchicaya U Tam'si domine la production poétique de la postnégritude, sans compter la force unique de ses romans et nouvelles. Marqué par la disparition tragique de Lumumba, viscéralement attaché au Congo, Tchicaya U Tam'si mêle sa souffrance et ses voluptés à celles de sa terre natale, dans une écriture travaillée par collages savoureux et ruptures baroques : 'Ma poésie, disait-il, est comme le fleuve Congo, qui charrie autant de cadavres que de jacinthes d'eau.' Léopold Sédar Senghor : 'Car l'image est le seul fil qui conduise le coeur au coeur, la seule flamme qui consume l'âme. De la tête de Tchikaya, de sa langue, de sa plume, de sa peau jaillissent donc les images comme d'un kaléidoscope, avec la force du geyser. Images touffues, changeantes, tournantes, tout en rythmes et en couleurs, tout en sucs et sèves : images vivantes. C'est un feu d'artifice, un volcan en éruption.' Et Senghor savait juger en la matière.
Admiré par toute une génération (celle de Sony Labou Tansi et Tierno Monénembo), Tchicaya U Tam'si domine la production poétique de la postnégritude, sans compter la force unique de ses romans et nouvelles. Marqué par la disparition tragique de Lumumba, viscéralement attaché au Congo, Tchicaya U Tam'si mêle sa souffrance et ses voluptés à celles de sa terre natale, dans une écriture travaillée par collages savoureux et ruptures baroques : 'Ma poésie, disait-il, est comme le fleuve Congo, qui charrie autant de cadavres que de jacinthes d'eau.' Léopold Sédar Senghor : 'Car l'image est le seul fil qui conduise le coeur au coeur, la seule flamme qui consume l'âme. De la tête de Tchikaya, de sa langue, de sa plume, de sa peau jaillissent donc les images comme d'un kaléidoscope, avec la force du geyser. Images touffues, changeantes, tournantes, tout en rythmes et en couleurs, tout en sucs et sèves : images vivantes. C'est un feu d'artifice, un volcan en éruption.' Et Senghor savait juger en la matière.
'Mon amie Madeleine m'a demandé d'écrire son histoire. Elle m'a téléphoné et m'a lancé, de but en blanc, qu'elle allait me raconter quelque chose et que j'allais en faire un livre. D'abord, j'ai pensé : mon amie me demande de raconter son histoire. J'ai souri : mon amie sollicite mes compétences d'écrivaine, mon amie reconnaît mon talent. Puis je me suis rappelé : Madeleine n'est pas mon amie. Pas à proprement parler. Elle l'a été, au lycée. Elle ne l'est plus. Aujourd'hui, ça fait à peu près vingt ans que je n'ai plus revu Madeleine volontairement. Au téléphone, elle a simplement précisé: "C'est quelque chose qui m'est arrivé pour de vrai. Ça fera une bonne histoire. Un livre qui te rapportera de l'argent, je pense."' Qu'était-il donc arrivé à Madeleine Démétrius, la Mulâtresse, 'fille de médecin, médecin elle-même, bien mariée, légitime', qui méritât que l'on en fasse un livre? Pour la narratrice, Martiniquaise à l'enfance- pauvre venue s'exiler à Paris, mère célibataire vivant de chick lit, ces retrouvailles sont surtout l'occasion de démêler les fils d'une amitié brisée et d'exhumer de douloureuses questions enfouies, non sans de grandes bouffées d'ironie et de bonheur.
'Mon amie Madeleine m'a demandé d'écrire son histoire. Elle m'a téléphoné et m'a lancé, de but en blanc, qu'elle allait me raconter quelque chose et que j'allais en faire un livre. D'abord, j'ai pensé : mon amie me demande de raconter son histoire. J'ai souri : mon amie sollicite mes compétences d'écrivaine, mon amie reconnaît mon talent. Puis je me suis rappelé : Madeleine n'est pas mon amie. Pas à proprement parler. Elle l'a été, au lycée. Elle ne l'est plus. Aujourd'hui, ça fait à peu près vingt ans que je n'ai plus revu Madeleine volontairement. Au téléphone, elle a simplement précisé: "C'est quelque chose qui m'est arrivé pour de vrai. Ça fera une bonne histoire. Un livre qui te rapportera de l'argent, je pense."' Qu'était-il donc arrivé à Madeleine Démétrius, la Mulâtresse, 'fille de médecin, médecin elle-même, bien mariée, légitime', qui méritât que l'on en fasse un livre? Pour la narratrice, Martiniquaise à l'enfance- pauvre venue s'exiler à Paris, mère célibataire vivant de chick lit, ces retrouvailles sont surtout l'occasion de démêler les fils d'une amitié brisée et d'exhumer de douloureuses questions enfouies, non sans de grandes bouffées d'ironie et de bonheur.
"Le volcan un instant tranquillisé s'est de nouveau réveillé. Les oeufs, autour de nous, se sont craquelés. Il en sortait des moineaux et des poules, des vipères et des tortues, des chauves-souris et des agoutis, des solitaires et des anguilles. Ces dernières se sont faufilées vers nous, s'entortillant autour de nous comme si nous étions leurs parents. La vie comme un oeuf, as-tu dit... J'ai été écartelée. Au-dessus de moi, un bec attendait de percer mon coeur. Mais au moment où il s'abaissait, tu t'es jeté sur moi. Le bec du moineau a traversé ton coeur et le mien... Chien noir, ange noir, baobab ou moineau, bébé balafré à la mèche d'albinos, ou bien autre chose encore. Regard noir dans le ventre du monde." Extraits de la postface d'Ananda Devi. Un lumineux détour d'admiration et d'amour baigné d'une extrême tendresse pour dire l'auteur et son moineau, au fil, au coeur cruels de cette fable africaine et universelle.