Payot & Rivages (réédition numérique FeniXX)
Qui est Philippe Séguin ? Où va-t-il ? Chef de file des "jeunes turcs" du RPR, il a joué durant les folles semaines de la rénovation, au printemps 1989, un rôle aussi déterminant que contesté. Ses proches s'y perdent parfois. Il intrigue et déconcerte. Raison de plus pour en savoir davantage sur lui. De son enfance tunisienne à l'ENA, de son élection à la mairie d'Epinal en 1983 à son poste de ministre des Affaires sociales et de l'Emploi en 1986, son parcours ne cesse de surprendre. Interrogé par Pierre Servent, Philippe Séguin retrace son itinéraire, évoque ses souvenirs, livre ses déceptions et ses convictions. Mais il lève aussi le voile sur ses relations avec Jacques Chirac, donne sa vision du débat politique dans le cadre de la démocratie apaisée qu'il appelle de ses voeux, et s'explique sur les méthodes qu'il propose pour réconcilier les Français avec la politique. L'horizon électoral étant dégagé, l'occasion était à saisir pour engager un dialogue qui ne soit pas sous influence. C'est chose faite.
Comment a-t-on conçu le rapport de la pensée de l'Histoire et du savoir politique, avant Hegel et Marx, en un temps où s'effondraient les anciens modèles (imperium romain, déterminisme des climats), avant même le choc révolutionnaire, et où on essayait déjà de bâtir, par des voies diverses, une politique « naturelle », ou d'en dépasser les pesanteurs dans une société du contrat ? La question n'est assurément pas d'érudition, et, si on l'approfondit et la diversifie, elle peut prendre un air étrangement familier. Qu'est-ce qui permet de comprendre dans une réflexion théorique un cycle complet d'expérience historique et politique ? Pourquoi faut-il finalement chercher, en dehors de l'expérience historique même, ce qui peut seul assurer, serait-ce dans l'ordre du religieux, la cohésion de la société civile ? Qu'est-ce qui fait que l'Histoire est une machine politique aux terribles déperditions d'énergie, oscillant entre le cauchemar simplificateur de la vérité armée et le rêve trompeur d'une société civile spontanément harmonique ? Comment et à quel prix faire le « travail de deuil » d'un modèle historique devenu caduc ? Les hommes des Lumières se sont posé ces questions, qui sont à nouveau les nôtres, et ils ont rencontré dans leur recherche des obstacles intellectuels qui nous sont très proches. Il arrive à l'histoire des idéologies de paraître curieusement anachronique. Mais on a voulu surtout, à travers la description du travail de quelques grandes pensées, retrouver le terrain originel d'une interrogation sur le politique.
Pour la première fois, Tom Bishop parle à la première personne dans un livre qui tient à la fois de l'itinéraire intellectuel, du carnet de croquis et du recueil de souvenirs. Livre d'humeur, Le passeur d'océan est aussi un essai sans complaisance sur le « microcosme » français.
« J'ai fermé les registres. J'ai regardé le ciel. [...] Je m'avançais désormais à la tête d'une cohorte. Elle ne cesserait de grossir au fil des mois, rassemblée en cent ans de misères. Avec leur crâne rasé, leurs sabots, leurs pantalons de treillis, leurs vestes grises, ils se ressemblaient tous, ces enfants en prison. Je voulais les suivre au travail, pendant lequel il était interdit de parler, sur le chemin des champs ou de l'atelier ; au dortoir, glacé l'hiver, rempli l'été à l'heure du coucher, d'une grande clarté chaude, encore diurne ; dans leurs courses d'évadés, dans les cachots où ils inscrivaient leur nom ; devant la pitance du réfectoire dans le bruit des écuelles de fer... » M.R. Ce livre est un pèlerinage dans les lieux encore visibles, les registres d'écrou, les dossiers, tout ce que gardent - ou taisent - les archives de ces pénitenciers pour enfants qu'on appela les « petits bagnes ». L'auteur nous conduit dans un voyage hallucinant auquel il ne manque ni le poids et l'odeur des heures, ni le goût du pain de troupe, ni les paysages et les saisons du ciel. L'art de raconter, l'écriture charnelle et minutieuse ressuscitent ces enfants sans enfance, au long d'un récit poignant.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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Et si la démocratie se jouait avant tout dans la tête des citoyens ? Le pouvoir et l'opinion d'Alfred Sauvy, pionnier de la démographie et fin observateur des mécanismes sociaux, explore l'écart entre les faits et les croyances.
Quels mécanismes cachés façonnent notre psyché ? La psychologie des profondeurs d’Alfred Farau et Herbert Schaffer explore les racines de la psychanalyse, de Freud à Jung, en passant par Adler.
Et si la disparition de Jeanne cachait bien plus qu’un simple enlèvement ? Simon, rongé par l’angoisse et les doutes, se retrouve au cœur d’une intrigue où mensonges, soupçons et secrets familiaux s’entremêlent.
Terrain, vérité, engagement : voici ce que propose L'ethnologue et son ombre, un essai percutant où Michel et Françoise Panoff révèlent les coulisses de la recherche ethnologique.
Explorez ZORNproject Book #1 ; nouvelles schyzophréniques, une anthologie audacieuse où la littérature rencontre la schizophrénie.
En 2099, Montréal n’abrite plus que 2 389 francophones sous un dôme protecteur. Quand un groupe de rebelles décide de briser leur isolement, l’aventure tourne au satire hilarante et mordante.
Novembre 1942, Tunisie. Au cœur de la Seconde Guerre mondiale, Au prestigieux rendez-vous de Carthage plonge le lecteur dans les combats méconnus qui ont marqué la libération de l’Afrique du Nord.
Londres, début du XXe siècle. Quand des cartes anonymes frappées d’un cercle rouge sèment la terreur parmi les hommes d’affaires, Scotland Yard se mobilise.
Et si la ville se dessinait d’abord par les pas de ses habitants ? Les lignes de désir explore comment les chemins tracés spontanément par les citoyens révèlent leurs besoins réels et questionnent la rigidité des plans urbains.
Et si le sexe, ou son absence, devenait le miroir de nos vies ? Les gens qui ne font pas l’amour de Christophe Balland mêle humour et finesse pour explorer nos rapports intimes, avec ou sans étreintes.
1934, Cameroun sous mandat français : Le Cameroun de Joseph Wilbois offre un témoignage rare sur la vie des populations locales, l’action des colons et l’influence des missions.
1918, l'Europe se relève à peine de la Grande Guerre. Les loups de Benjamin Vallotton n'est pas un simple recueil de nouvelles : c'est un cri de révolte contre la barbarie, où l'ombre des loups rôde autant que celle des hommes.
1921, dans une Europe encore marquée par les séquelles de la Grande Guerre : À tâtons... plonge le lecteur au cœur du quotidien des soldats aveugles, confrontés à un monde qui ne les attend plus.
Le monstre médiéval apparait à travers l'oeuvre des peintres et graveurs de la fin du Moyen Âge comme une création très mystérieuse : notre époque, pour tenter d'en retrouver le sens, lui prête des intentions subversives, des origines pathologiques, une inspiration redevable aux hallucinogènes, etc. (toutes grilles qu'on a voulu appliquer à Jérôme Bosch, par exemple). Ces essais d'explication, pour la plupart, n'entrent pas réellement dans l'univers médiéval. Ce livre se propose de cerner le monstre, et la notion de monstre, par une exploration aussi respectueuse que possible des données propres au Moyen Âge : structures de l'univers, paysage de mentalités, pensée mystique et mythique. La tradition gréco-romaine (et son héritage oriental), la tradition des divins docteurs médiévaux s'entre-mêlent pour maintenir et enrichir l'existence des monstres. Le XVe siècle, dans une hantise accrue et aiguë du diabolique, engendre une nouvelle génération monstrueuse qui, cependant, coexiste avec les précédentes et entretient des rapports étroits avec elles. L'auteur chasse le monstre à travers des textes littéraires et para-littéraires (descriptions du monde et récits de voyage en particulier du XIIIe au XVe siècle, en vue de restituer le regard du passé sur ses propres créations, tout en s'accordant la liberté d'user des ressources du XXe siècle pour jeter des ponts entre cette époque et la nôtre. Une iconographie abondante et en grande partie inédite illustre le propos.
Autant de questions qui angoissent les Français car, très bientôt, et quoi qu'on en pense, l'Europe sera devenue une réalité. L'Europe des Douze. Alors, onze contre un ? Tous contre la France ? Les Allemands, les Italiens, les Espagnols, les Britanniques et tous les autres ? On sait ce que la France, terre de bien-vivre, apportera d'inestimable dans la corbeille commune. Mais les autres, qu'apporteront-ils ? Le Français est bon garçon, il ne répugnera pas à recevoir chez lui, à sa table, toute une suite d'énergumènes aux habitudes excentriques. Mais il ne tolérera pas que ces individus lui tiennent la dragée haute. Messieurs les étrangers, quand on est invité, on ne casse pas la vaisselle. Premier dictionnaire du chauvinisme français, Peut-on vraiment faire confiance à des étrangers ? est également un authentique traité de savoir-vivre européen, utile à l'étudiant comme au touriste, au musulman comme au bourgeois. Un livre de souche.
Épidémiologique et médicale, l'histoire du choléra est aussi l'histoire sociale d'un grand fléau. En 1832, lors de sa première manifestation en France, il a tant frappé les esprits, qu'un néologisme, inspiré par le teint du malade, en est issu, celui de peur bleue. Affolés par les premières atteintes du mal, les gens s'enfuient alors loin des villes ou se terrent dans leurs maisons. Les boutiques ou les ateliers se vident, les travaux des champs sont délaissés, et les marchés ne sont plus guère fréquentés. Les pouvoirs publics tentent de maintenir les règles essentielles de la vie sociale : ils dirigent la prévention et la lutte contre la maladie, et ils organisent les secours portés aux victimes. Depuis le XIXe siècle, favorisées par les relations multipliées entre les continents, sept grandes pandémies se sont ainsi succédé. L'analyse de leurs itinéraires et de leurs vecteurs a conduit les auteurs à privilégier certaines hypothèses de propagation, puis à les vérifier dans le cadre français. Ils illustrent ainsi comment l'étude d'un passé-laboratoire peut rejoindre les plus récentes recherches épidémiologiques, qu'il s'agisse du rôle des porteurs-sains dans la contagion, ou du débat sur une prédisposition génétique au choléra. Face à un danger énigmatique, la permanence des comportements humains apparaît avec évidence, mais les mêmes angoisses et les mêmes questions contribuent aussi à l'évolution de l'hygiène privée et publique, ainsi qu'à la médicalisation accrue de la société.
Et si l’exclusion des handicapés était avant tout une construction politique ? Infirmités et inadaptation sociale déconstruit les mécanismes par lesquels le capitalisme et l’État transforment les différences en marginalisation.
Novembre 1989... Le mur de Berlin tombe, le passé resurgit, une jeune femme s'interroge sur son enfance : une communauté comme il en exista des centaines, peut-être des milliers en France, au début des années 70. Celle où vécut sa mère s'appelait La grande verrière, un ancien atelier vitré transformé en salle commune, dans un immeuble pittoresque de Besançon : sous la bulle de verre : Didier, Claire, Éric, Joëlle, Le Filou, Laure, Marie-Pascale, un couple d'établis, et quelques autres, tentent de vivre autrement ; conscients de ce qu'ils refusent ; hésitants sur ce qu'ils désirent. La Grande Verrière est traversée des regards fascinés, ou critiques, de l'entourage. Vont-ils réussir à inventer de nouveaux modes de vie, repenser l'amour, le couple, le partage, l'éducation des enfants ? Tant de rêves les habitent. Rêves que croisent les appels à l'autogestion des ouvriers de Lip, les luttes des femmes pour leurs libertés, souvenirs qui hantent la cité utopique toute proche d'Arc-et-Senans. Deux ans de recherches et d'espoirs...
En Afrique noire, la mort n’est pas une fin, mais une renaissance. La mort africaine explore comment les rituels, les mythes et la pensée ancestrale transforment l’angoisse de la précarité en une vision cyclique de la vie.
Et si notre identité n’était qu’un perpétuel équilibre entre le même et l’autre ? Le double jeu d’Alexandre Dumas explore cette question centrale en psychanalyse, entre conscience et inconscient.
Explorez 101 positions inspirées du Kama-Sutra pour réinventer l’intimité et sublimer vos moments à deux. Ce guide audacieux et accessible, enrichi d’un chat interactif, vous accompagne pas à pas vers une sexualité plus épanouie et créative.
Artisanat : le terme évoque plutôt l'imagerie que la réalité, et l'on songe à ces métiers aux traditions enracinées dans le passé, les ébénistes, les potiers, les dentellières ou les tailleurs de pierre... Plus prosaïques peut-être, mais infiniment plus nombreux, viennent s'y ajouter aujourd'hui les plombiers, les dépanneurs, les garagistes ou les coiffeuses, qui avec 2.000.000 de personnes, travaillent dans 800.000 entreprises familiales et forment 10 % de la population active de ce pays. Cherchant dans le passé les traces de ces traditions, à travers les métiers urbains, les corporations et les compagnonnages, on ne trouve finalement que de minces traits de ressemblance entre les artisans d'hier et ceux de maintenant. À l'heure de la grande industrie, du commerce intégré et de la consommation de masse, ce secteur est-il condamné à disparaître ou à s'intégrer aux firmes tentaculaires ? Malgré tous les discours sur sa marginalité ou son archaïsme, l'artisanat contemporain se révèle comme un secteur vivant, mouvant, qui ne cesse de s'adapter, et plus que jamais en cette période de crise. Obéit-il aux mêmes lois que l'ensemble du système économique ? Et cette indépendance à laquelle les artisans sont si attachés, même si elle se paye cher, même si elle se traduit par une grande insécurité, est-elle factice ou réelle ? Provisoire ou durable ? C'est ce que doit élucider l'examen de la place et de l'évolution de l'artisanat dans notre société.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Paris, février 1617, un gueux insulte Concini, Maréchal d'Ancre, à sa sortie de Saint-Germain l'Auxerrois. En avril, la même année, Concini est mis à mort, enterré puis déterré, son cadavre traîné par les rues, mis en pièces, mangé, brûlé. Deux voyageurs italiens, en route pour la capitale, racontent à la manière d'un choeur antique, l'incroyable ascension puis la chute de Concino Concini, la cour de France sous le roi Henri IV et la régence de Marie de Médicis, le temps où Louis XIII « fait l'enfant » pour mieux donner le change et, avec quelques amis sûrs, abattre le favori et établir les fondements d'un pouvoir monarchique absolu. Car, en venant en France pour épouser le plus inconstant des monarques, Marie de Médicis, héritière de riches banquiers florentins qui prêtent à toute l'Europe, a amené avec elle une suite nombreuse avide de places, de faveurs, de prébendes et qui, avec Concini et sa femme Léonora Galigaï, s'emploiera à piller le trésor amassé à la Bastille par le vieux Sully. Sous la plume de l'auteur, surgissent de l'ombre les gueux qui, après avoir simulé tout le jour des maux qui font d'eux des infirmes, manchots ou culs-de-jatte, se retrouvent le soir pour danser, rire et chanter. C'est la cour des miracles, le Paris des marginaux, loin des fastes de la cour, dans le pittoresque quotidien de la rue, que nous fait visiter Massin. Tout au long de ce récit, plein d'esprit et de situations embrouillées, où la raison d'État se mêle à l'amour, Massin, après Le Branle des voleurs, Les Compagnons de Marjolaine (Éditions de la table ronde), et La Dernière Passion (Albin Michel), Massin poursuit ici avec bonheur sa carrière de romancier.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Sait-on de quoi l'on parle lorsqu'on évoque le pouvoir comme la raison illimitée de nos malheurs ou bien comme l'élément infiniment petit de notre assujettissement ? On ne trouvera ici ni le pouvoir-comédie, c'est-à-dire vu du côté de ceux qui le gagnent ou le perdent au gré du Prince, du Peuple ou des Sondages ; ni le pouvoir-tragédie, c'est-à-dire vu du côté de ceux qui croient en souffrir : grand Pouvoir pour philosophes dépités, conseillers congédiés du tyran marxiste ou conseillers en place du tyran freudien. Ce livre introduit au « Matérialisme politique » - discipline post-marxiste mais non anti-marxiste du pouvoir et des corps politiques. Il reformule dans cette problématique les concepts de la lutte politique (Dissidence, Résistance, Lutte des classes, Masses, Parti, Révolution). Et comme il commence par la question du sens du pouvoir, il termine par celle du pouvoir du sens, soit des techniques qui furent toujours comprises sous le nom d' « interprétation ». Il ébauche les grandes lignes d'une « herméneutique » mineure ou minoritaire, matérialiste à sa manière, et portant sur les modes d'être politiques du sujet.