Les Avrils
Paris, 1942. Servane, 17 ans, découvre que la survie n’a pas de morale. La guerre exige son prix.
Sacha, ouvrière de 7 à 17 heures, écrit pour survivre à l’usine et au chaos du monde. Un roman brut et poétique.
Sur les traces de " Little Edie Beale " à Grey Gardens, figure fascinante de l'histoire américaine, symbole de la déchéance aristocratique et d'une liberté excentrique revendiquée.En 1971, dans la très huppée station de East Hampton, à quelques pas de l'océan, les services de Santé interviennent dans une villa envahie par la végétation, les détritus et les chats. C'est " Grey Gardens ", une propriété autrefois superbe, désormais insalubre, où vivent quasi-recluses Edith Bouvier Beale et sa fille, " Little Edie ", respectivement tante et cousine de Jackie Kennedy. Comment ce lieu idyllique s'est-il ensauvagé en même temps que ses habitantes ? Quel piège s'est refermé sur Little Edie pour qu'elle renonce, à seulement 35 ans, à sa vie de mannequin et de socialite à Manhattan et se retranche hors du monde et des conventions durant un quart de siècle ? Surtout, que nous dit-elle en continuant coûte que coûte à chanter et danser dans ce manoir fantôme au jardin fou, en turban et vison au milieu des ruines ? Troublée par l'histoire de Grey Gardens et la personnalité complexe d'Edie Beale, la narratrice explore les dates et scènes clefs d'une vie abondamment commentée pour établir sa version des faits et regarder Little Edie " comme elle voulait qu'on la voie ", dans cette intériorité qu'elle devine immense et à laquelle elle nous donne peu à peu accès. On la dit incapable de se marier et de travailler, victime d'un père absent, d'une mère toxique, ensorcelée par la maison hantée et son jardin clos, on la dit malade et folle... Mais ce qui captive ici, ce n'est pas la déchéance glauque et chaotique d'une belle aristocrate ruinée. Car Edie ne se présente jamais en victime. Elle chute mais toujours elle refuse les injonctions, elle joue, improvise avec une conviction totale, transforme son quotidien en spectacle poétique permanent. Émerge une figure mystérieuse, rêveuse, brillante, inépuisable. Profondément libre.
Après , Bertrand Guillot nous entraîne au Moyen Âge dans un Paris intellectuel en pleine ébullition. Un miroir tendu à notre époque.
Une année sur l'Atlantique pour s'éveiller au monde et aux autres. Après le retour de Martin Dumont à l'écriture de la mer.
Une héroïne incandescente prise dans les rouages de l'influence. Troisième roman puissant d'Alexandra Matine.
Un premier roman énergique et sensible autour du MMA (Mixed Martial Arts) et de l'émancipation féminine par le sport.
Domestique au service des bourgeois, elle est travailleuse, courageuse, dévouée. Mais ce week-end-là, elle redoute de se rendre chez les Daniel. Exceptionnellement, Madame a accepté d'aller prendre l'air à la campagne. Alors la petite bonne devra rester seule avec Monsieur, un ancien pianiste accablé d'amertume, gueule cassée de la bataille de la Somme. Il faudra cohabiter, le laver, le nourrir. Mais Monsieur a un autre projet en tête. Un plan irrévocable, sidérant. Et si elle acceptait ? Et si elle le défiait ? Et s'ils se surprenaient ?
Paris, 1865. Dans l'appartement des Bonis, personne ne touche au piano. Mais à sept ans, Mélanie s'y aventure, apprend à jouer. À dix-huit, elle est repérée par César Franck qui lui propose de rejoindre le Conservatoire. Alors, Mélanie peut rêver. Elle se voit pianiste, " compositeur ". Elle progresse, fréquente Debussy, Satie, signe bientôt ses premières oeuvres et fait la rencontre d'Amédée-Louis Hettich, poète et chanteur. Ensemble, ils créent. Plus que tout, ils s'aiment. Mais les parents de Mélanie préfèrent la marier à un riche industriel. Alors, déchirée entre ses obligations d'épouse et de mère, les conventions de l'époque et la passion qui gronde, Mel s'obstine. Et jusqu'à son dernier souffle, invente sa musique.
C'est aujourd'hui ou peut-être demain qu'Édouard Bonnefoy sortira de prison. D'elle, il connaît tout : les codes, les personnages, les odeurs, les sons. Il a déjà été incarcéré à cinq reprises. Mais à quarante ans, Édouard veut y croire, ce séjour sera le dernier. Car dehors, il y a un père honteux à reconquérir, un fils presque inconnu à retrouver, un frère si parfait à affronter. C'est cette histoire et ses échos infinis qu'il raconte à Hervé, l'écrivain avec lequel il a lié une étonnante amitié. Alors, des mondes opposés peuvent enfin se rencontrer
C'est une année ordinaire et périlleuse, qui transforme radicalement le rapport au temps, au corps, à la famille, à la mémoire, à l'écriture. Une année où la vie apparaît. Une fille comme un lapin de velours. À la sortie du terrier, dans la lumière de l'automne, le présent n'est soudain plus le même. Car dans l'expérience de la maternité, le langage s'ouvre à un réel amplifié.
Danser pendant trois jours à Berlin, perdre la notion du temps, enchaîner les drogues : à 25 ans, Victoire ne vibre que pour la prochaine fête. Car c'est là, dans la brûlure du plaisir et le défi à la norme, qu'elle trouve sa place, se sent invincible. Un glissement piégeux jusqu'à la trentaine. Alors, la réalité percute les illusions d'une jeunesse qui a fini par lui échapper. Et dans le grand bassin de la vie d'adulte, il faut choisir : se laisser couler ou apprendre à nager.
France 2030. Kamel Kassim vit dans le quartier de Belleville et depuis trois mois, des affrontements entre coalition de gauche et milice d'extrême droite embrasent Paris et sa banlieue. Pour préserver ce qu'il reste de ses idéaux, Kamel évite de sortir de chez lui. Jusqu'au jour où une attaque au pied de son immeuble l'oblige à s'impliquer. Il plonge alors dans la noirceur d'un pays fracturé : ses rouages politiques, ses intrigues sinistres. Ses ultimes zones d'humanité qui aident à espérer.
Le Havre. Vingt-cinq ans, célibataire, la narratrice écrit une histoire, celle de Flora et de Zak. Flora est une adolescente d'aujourd'hui, classe moyenne, envie d'aimer qui cogne fort. Zak, garçon inquiet et mystérieux, vient des quartiers Est. Mais au coeur du paysage ouaté, l'attraction est immédiate. Se déploient alors l'attente, le désir tâtonnant, le vertige de l'autre. Et tandis que leur rencontre flamboie et s'altère comme toutes les premières fois, la narratrice affronte ses propres pertes ; celles d'un garçon et de l'enfance qui doucement s'en va.
Depuis le mois de mai, plus de mille députés sont réunis à Versailles. Pour la plupart inconnus, ils s'apprêtent pourtant à faire tomber un régime à bout de souffle : l'État est en déficit chronique, les plus riches échappent à l'impôt et, partout, le peuple se rebelle. Cette nuit du 4 août 1789, ces hommes, hésitants ou décidés, vont poser les bases d'une nouvelle organisation de la société. Ce système est encore le nôtre, et voilà qu'à nouveau, il agonise. Rigoureux sur le plan historique, moderne dans son ton, ce récit captivant éclaire notre présent.
Félix vit à Belleville. À trente ans, il vient de devenir père et gagne sa vie en jouant de la guitare dans les bars, avec le rêve tenace de voir sa carrière solo décoller. Car la gloire, Félix l'a déjà frôlée ; le groupe de rock qu'il avait monté plus jeune a brièvement percé. Et puis, tout s'est effondré. Pourtant, il se rappelle : la fièvre, l'excitation, la création, le collectif, l'amitié. Et la chute qu'il n'a pu empêcher. Alors que faire aujourd'hui ? Tenter une dernière fois d'accéder au sommet ou trouver ailleurs l'apaisement.
Il a neuf ans et vit seul avec sa mère et sa petite soeur. C'est un enfant fragile, rêveur, à part. Alors qu'en cette fin d'année 1975, les Marocains démarrent leur Marche Verte vers le Sahara, lui décide de se lancer dans une autre aventure. Tel Moïse guidant son peuple vers la montagne de Dieu, à la tête d'une petite troupe de copains, il entame une extravagante traversée de Casablanca. Des quartiers délabrés aux avenues les plus modernes, son périple le mènera à la rencontre de personnages hauts en couleur : devineresse rusée ou gamins des rues... Et d'un passé bien caché.
Comment hérite-t-on d'une langue, d'un deuil, d'un pays qu'on n'a jamais habité ?Comment raconter le pays qu'on porte en soi mais qu'on n'a jamais habité ? Peut-être en s'adressant aux fantômes. Depuis Bruxelles, le narrateur s'y emploie et retranscrit pour sa tante, morte adolescente dans une Espagne étouffée par le franquisme, tout ce qu'elle a manqué : l'exil des siens vers la Belgique en 1970, la communauté des emigrantes, l'obstination de sa soeur, Rosy, à ne jamais désapprendre le pays natal. Et puis lui, né de cet arrachement mais riche d'un goût pour les mots passant d'une langue à l'autre. Jusqu'à en faire son métier.
Une ferme, trois étés, deux soeurs face à l'avenir. Un huis-clos sombre, poétique, rural.Des champs à perte de vue. Une cour et son marronnier. La Basse-Croix. C'est là, au coeur de la Beauce, dans la ferme des grands-parents, que vivent Mathilde et son mari. Là que, chaque été, sa jeune soeur Lucie vient pour aider. Elles s'adorent. Mais au mitan des années 1960, un vent nouveau se met à souffler. Et si l'aînée embrasse son héritage, Lucie espère la liberté. Alors leur lien, bouleversé par la rudesse du travail, la violence des hommes et leurs propres désirs, commence à s'éroder.