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La Gibecière à Mots

1379 livres
ebook cover of Zig-zags en Bulgarie, by Frederic Kohn-Abrest
La Gibecière à Mots | 23 July 2025

Frédéric Kohn-Abrest (1850-1893) "J'étais parti de Paris le 22 avril 1877 par le train-poste du soir, ligne du Nord. Le lendemain je fus réveillé pour la troisième fois (les deux autres interruptions de sommeil étaient au compte des douanes belge et allemande) par le bruit assourdissant d'une nuée de gamins qui psalmodiaient sur un rythme traînant et lugubre - Zei-tung-heu-te - Zei-tung-heu-te. Ces deux notes jetées par une demi-douzaine de jeunes stentors, signifiaient que la Gazette de Cologne du jour venait d'être mise en vente. Le journal était tout frais, tout humide encore des baisers de la presse, car le convoi venait de s'arrêter dans la ville même où la volumineuse Gazette s'imprime ; au milieu de cette énorme bâtisse vitrée, la gare de Cologne où le croisement ininterrompu des trains convergeant dans tous les sens le jour et la nuit, provoque un brouhaha perpétuel dont les éclats se perdent dans l'immensité du Hall. Je donnai les 25 pfennigs à l'un des petits braillards, et certes, la Gazette valait cette somme ce jour-là. Elle contenait le discours au Reichstag de M. de Moltke sur la concentration des troupes françaises le long de la frontière - discours célèbre pendant huit jours (où êtes-vous, neiges d'antan !) et un télégramme annonçant officiellement la rupture des rapports diplomatiques entre la Russie et la Turquie, ainsi que l'entrée des Russes sur le territoire roumain. L'avouerai-je ? cette nouvelle me soulagea beaucoup. Jusqu'au dernier moment, d'incorrigibles sceptiques m'avaient inoculé des doutes sur la réalité des préparatifs militaires et avaient même doucement raillé le reporter qui en serait pour son voyage. Maintenant les sceptiques étaient confondus. Le tsar avait bien réellement fermé le temple de Janus, et non seulement je ne risquai point d'avoir entrepris un voyage inutile, il fallait encore me hâter pour arriver à temps. Mes étapes furent doublées et, après une courte halte à Berlin, je me trouvais quarante-huit heures plus tard aux frontières de l'empire du tsar." Témoignage du journaliste Frédéric Kohn-Abrest sur la guerre Russo-turque, en Bulgarie (1877). L'humour se mêle aux descriptions et aux réflexions.

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ebook cover of La grande Iza, by Alexis Bouvier
La Gibecière à Mots | 8 July 2025

Alexis Bouvier (1836-1892) "Lorsque, dans le vieux quartier du Marais, la nouvelle s'était répandue que la belle Cécile Tussaud, la fille unique de Claude Tussaud, le fabricant de bronzes de la rue Saint-François, allait se marier, épouser le grand Houdard, dit la Rosse, ça n'avait été qu'un cri de stupéfaction et de réprobation. On se refusait à croire à une semblable alliance. Depuis dix ans, tout le monde, dans le quartier du bronze, savait qu'Houdard commanditait la maison Tussaud. On disait même que c'était à la légèreté de la brune Mme Tussaud que cette commandite d'une maison ruinée, discréditée, était due. Seul - assurait-on - Claude Tussaud ignorait cette honte. Mais ce qui scandalisait tout le monde, c'est le bruit répandu que c'était Mme Tussaud qui voulait le mariage de sa fille. On est bavard au Marais ; on disait bien des choses. On disait que Tussaud allait être déclaré en faillite, et qu'il mariait sa fille pour s'associer son gendre et relever sa maison. On disait que la mère indigne mariait son enfant pour conserver près d'elle celui qu'elle aimait... une infamie enfin ! On disait encore que la jeune et belle Cécile aimait avec passion un ancien apprenti de son père, son compagnon d'enfance, presque son frère de lait, le petit Maurice, et, qu'ayant été obligé de renvoyer l'apprenti devenu ouvrier à cause de cela, on se hâtait, car il n'était que temps de marier Mlle Cécile... On disait bien des choses enfin... Mais nous allons raconter, nous, ce qu'on ne disait pas : la vérité." Maurice et Cécile s'aiment depuis l'enfance et espèrent pouvoir se marier. Mais les parents de Cécile décident de l'unir à leur associé : André Houdard dit la Rosse, afin de sauver leur entreprise de la ruine. Les deux amoureux refusent cette décision...

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ebook cover of Le démon dans l'âme, by Theo Varlet
La Gibecière à Mots | 24 June 2025

Théo Varlet (1878-1938) "Les cigales se taisaient. Le soleil, affleurant le lointain horizon des montagnes bleutées, ruisselait en feu sur la mer, pareille à un lac, dans le cadre des deux promontoires. Sous les pins-parasols, au haut de la pente qui dévale avec ses verdures de cistes, de bruyères et de myrtes jusqu'aux rochers littoraux, les deux amants (époux, d'ailleurs, pour les commodités administratives ; mais ils ignoraient ce détail, ici) allongés sur la toison rousse et feutrée des aiguilles de pin encore chaudes, contemplaient la féerie du couchant. C'était le dernier soir de leurs vacances merveilleuses. Depuis six ans, Étienne Serval et sa femme venaient chaque été sur cette île déserte, incroyablement située à trois lieues au large des côtes provençales, retremper leur idylle aux jouvences de la vie primitive ; et le souvenir de ces quinze jours passés dans la lumière de l'Éden irradiait sur eux comme un sacre. Évasion des tyrannies civilisées ! Loin des toits étouffants, loin des haleines envieuses et mesquines, la vie en liberté, la vie sauvage, allègre d'ignorer les frères-humains et les besoins artificiels... Des hamacs, suspendus aux troncs des pins bercés dans la tiède brise des nuits méditerranéennes ; un feu de « pignes » où faire cuire les produits de la pêche ; au besoin quelques vivres entreposés dans un vieux cabanon sans porte : - et les journées, toutes les journées immenses, depuis l'aube jusqu'à la brune, à vivre en Adam et Ève de ce royaume solitaire, à jouir de toutes les sensations, avec l'ingénuité des sauvages et des enfants, et avec une conscience aiguë de cerveaux civilisés." Face aux murmures inquiétants de 1914, Étienne et Ida mènent une vie d'une apparente sérénité dans le havre de leur mas provençal. Unis par un amour profond, ils sont pourtant à l'aube d'une transformation inéluctable. Tandis que le monde bascule, un "démon dans l'âme" insidieux s'éveille en chacun d'eux, remodelant leurs êtres au gré des tourments extérieurs.

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ebook cover of Les mystères de Montréal, by Auguste Fortier
La Gibecière à Mots | 17 June 2025

Auguste Fortier (1870-1932) "Sur la rive est du Richelieu, à seize milles plus haut que Sorel, s'élève le village de Saint-Denis. Vous voyez de loin le clocher de son église paroissiale et les pignons de ses maisons blanches qui se mirent dans les eaux. Quand vous approchez plus près - si vous êtes en été - vous jouissez d'un coup d'oeil magnifique. Sur une étendue qui se déroule sans accident de terrain jusqu'au pied des montagnes de Beloeil, vous voyez, autour des maisons, des blés qui jaunissent, des arbres chargés de fruits, ainsi qu'une variété infinie de fleurs. Si vous êtes en automne, vous entendez dans les champs les voix câlines des jeunes filles et les rires francs des gars qui travaillent sous le commandement du père. Il y a un demi-siècle, on y entendit tonner le canon des troupes anglaises, et ces vieux arbres qui vous ombragent portent encore des cicatrices de cette époque de troubles. S'ils pouvaient parler ils vous raconteraient de combien de vaillants défenseurs de la nationalité, de combien d'obscurs martyrs d'un gouvernement despotique, ils ont recueilli le dernier soupir. C'est à cette époque de bouleversement national - 1837 - que commence notre récit. Vers la fin d'août de cette année, François Bourdages, une jeunesse du deuxième rang de Saint-Denis, donnait ce qu'on appelle une grande veillée." Paul Turcotte est un jeune homme dont le passé est lié aux Rébellions des Patriotes de 1837-1838. Ayant participé à ces soulèvements contre le pouvoir colonial britannique, il est contraint de vivre clandestinement, son statut de patriote recherché planant constamment au-dessus de lui. Il devient marin, mais il n'oublie ni sa fiancée Jeanne ni le traitre Charles Gagnon, prêt à tout, qui a vendus les patriotes par jalousie des amours de Paul et Jeanne...

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ebook cover of La marquise de Sade, by Rachilde
La Gibecière à Mots | 29 May 2025

Rachilde (1860-1953) "La petite fille se faisait tirer par le bras, car la chaleur de ce mois de juillet était vraiment suffocante. Elle voyait, de loin en loin, des places très dé

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ebook cover of L'insurgé, by Jules Vallès
La Gibecière à Mots | 13 May 2025

Jules Vallès (1832-1885) "C'est peut-être vrai que je suis un lâche, ainsi que l'ont dit sous l'Odéon les bonnets rouges et les talons noirs. Voilà des semaines que je suis pion, et je ne ressens ni un chagrin ni une douleur ; je ne suis pas irrité et je n'ai point honte. J'avais insulté les fayots de collège ; il paraît que les haricots sont meilleurs dans ce pays-ci, car j'en avale des platées et je lèche et relèche l'assiette. En plein silence de réfectoire, l'autre jour, j'ai crié, comme jadis, chez Richefeu : - Garçon, encore une portion ! Tout le monde s'est retourné, et l'on a ri. J'ai ri aussi - je suis en train de gagner l'insouciance des galériens, le cynisme des prisonniers, de me faire à mon bagne, de noyer mon coeur dans une chopine d'abondance - je vais aimer mon auge ! J'ai eu faim si longtemps ! J'ai si souvent serré mes côtes, pour étouffer cette faim qui grognait et mordait mes entrailles, j'ai tant de fois brossé mon ventre sans faire reluire l'espoir d'un dîner, que je trouve une volupté d'ours couché dans une treille à pommader de sauce chaude mes boyaux secs. C'est presque la joie d'une blessure guérie à chatouiller. Toujours est-il que je n'ai plus le teint verdâtre et l'oeil creux ; il traîne souvent de l'oeuf dans ma barbe. Je ne la peignais pas autrefois, cette barbe ; mes doigts la fourrageaient et la maltraitaient, lorsque je songeais à mon impuissance et à ma misère." Troisième volet de la trilogie "Jacques Vingtras".

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ebook cover of L'enfant, by Jules Vallès
La Gibecière à Mots | 9 May 2025

Découvrez L'Enfant de Jules Vallès, un récit autobiographique poignant et révolté qui dénonce avec une verve unique la violence éducative et familiale au XIXe siècle.

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ebook cover of Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran, by Alfred Assolant
La Gibecière à Mots | 1 May 2025

Alfred Assolant (1827-1886) "Ce jour-là, - le 29 septembre 1856, - vers trois heures de l'après-midi, l'Académie des sciences de Lyon était en séance et dormait unanimement. Il faut dire, pour l'excuse de messieurs les académiciens, qu'on leur lisait depuis midi le Résumé succinct des travaux du célèbre docteur Maurice Schwartz, de Schwartzhausen, sur l'empreinte que laisse dans la poussière la patte gauche d'une araignée qui n'a pas déjeuné. Du reste, aucun des dormeurs ne s'était rendu sans combat. L'un, avant d'appuyer ses coudes sur la table et sa tête sur ses coudes, avait essayé d'esquisser à la plume le profil d'un sénateur romain, mais le sommeil l'avait surpris au moment où sa main savante traçait les plis de la toge ; un autre avait construit un vaisseau de ligne avec une feuille de papier blanc, et le doux ronflement qu'il faisait entendre semblait un vent léger destiné à enfler les voiles du navire. Le président seul, penché en arrière et appuyé sur le dossier de son fauteuil, dormait avec dignité, et, - la main sur la sonnette, comme un soldat sous les armes, - gardait une attitude imposante. Pendant ce temps, le flot coulait toujours, et M. le docteur Maurice Schwartz, de Schwartzhausen, se perdait en considérations infinies sur l'origine et les conséquences probables de ses découvertes. Tout à coup l'horloge sonna trois coups et tout le monde s'éveilla. Alors le président prit la parole..." Un jeune et intrépide aventurier malouin, le capitaine Corcoran part aux Indes afin de retrouver le premier livre sacré des Hindous. Il est accompagné de sa fidèle Louison... une tigresse de Java...

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ebook cover of Mitsi, by Delly
La Gibecière à Mots | 23 April 2025

Delly Jeanne-Marie Petitjean de La Rosière (1875-1947) Frédéric Petitjean de La Rosière (1876-1949) "Ce matin de juin, une amazone et deux cavaliers parcouraient au petit trot la route large, bien entretenue, bordée de vieux arbres, qui conduisait aux forges de Rivalles et à la superbe résidence désignée dans le pays sous le nom de « Château Rose ». L'amazone était jeune, très blonde et d'une incontestable beauté. Les yeux d'un bleu vif avaient beaucoup d'éclat et la fraîcheur du teint pouvait soutenir toutes les comparaisons. Elle montait fort bien, avec beaucoup d'aisance. Son compagnon de gauche fit remarquer : - Vous devenez une excellente écuyère, Florine. Celui-là était le directeur des forges, Flavien Parceuil. Bien qu'il eût dépassé largement la soixantaine, il restait d'allure encore jeune et, visiblement, était plein d'activité. Une barbe grise très soignée terminait son visage long et pâle, creusé de petites rides. La bouche avait un pli dur, et les yeux se cachaient fréquemment sous de molles paupières flétries par l'âge. Le second cavalier n'était autre que Christian Debrennes, vicomte de Tarlay, maître et seigneur non seulement des importantes forges de Rivalles et du Château Rose, mais encore d'une grande partie du pays, fort loin à la ronde." Romance. Mitsi, orpheline et pauvre, à la mort de la personne qui s'en occupait, arrive au Château Rose, la propriété des Debrennes de Tarlay. C'est là que réside son tuteur, M. Parceuil, bras droit et homme de confiance des Debrennes. Son chemin de croix ne fait que commencer...

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ebook cover of Trois ombres sur Paris, by H. J. Magog
La Gibecière à Mots | 21 April 2025

H. J. Magog (1877-1947) "- Lequel est-ce ? - Le vieux souriant, complètement rasé, avec des cheveux blancs... Le voyez-vous ? - Mal. Il est si entouré ! - Accaparé ! Réellement, on aurait dû nous délivrer des « coupe-file ». - Il y a des gens d'une taille excessive... Pardon, monsieur, je désirerais jeter un coup d'oeil... Ah !... - Vous l'apercevez ? - Superbe ! - Une belle tête de savant. - Infiniment de charme et de dignité. - Infiniment. Ils étaient cinq ou six jeunes gens à échanger ces propos derrière une véritable barricade de dos humains. Pour être recouverts d'habits noirs, ces dos n'étaient nullement transparents et les jeunes gens, pareillement vêtus de fracs élégants, devaient se hausser sans cesse sur la pointe de leurs escarpins vernis. La curiosité semblait être de rigueur à cette soirée officielle, et ce salon, en particulier, se bondait de gens aux cous tendus et aux yeux quêteurs, dont la seule ambition paraissait être d'ajouter constamment de nouveaux rangs au cercle déjà formé." Le célèbre professeur Fringue a crée une machine qui permet de transformer les hommes en surhommes. Le président de l'Union européenne et les élites voient cette découverte comme un véritable danger...

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ebook cover of Charlie Chan à Honolulu, by Earl Derr Biggers
La Gibecière à Mots | 3 March 2025

Earl Derr Biggers (1884-1933) "Le Pacifique est le plus désert des océans et les voyageurs qui traversent cette solitude mouvante se sentent perdus entre ciel et eau. Mais si, venant des atolls des mers du Sud, on fait route vers la côte de Californie, on rencontre à mi-chemin une île hospitalière. Les passagers de l'Oceanic aperçurent cette terre peu après le lever du jour, par une calme matinée de juin. Des pics bruns enveloppés de brouillard s'estompaient tels des fantômes sur la surface liquide, mais ils se précisèrent à mesure que le navire approchait ; bientôt les passagers, appuyés au bastingage, distinguèrent avec émotion l'île verdoyante d'Oahu, striée de sombres vallées au fond desquelles s'amassait l'eau des pluies. L'Oceanic se dirigea majestueusement vers l'entrée du chenal où se dressait le cap de Diamant, semblable à un grand lion prêt à bondir. Debout à tribord, une passagère contemplait la courbe gracieuse de la grève de Waikiki et, plus loin, les murs blancs d'Honolulu, cachés à demi dans la verdure, derrière la tour Aloha. Durant la traversée monotone, cette jeune femme de trente ans avait suscité un vif intérêt chez ses compagnons de voyage. De quelque coin reculé du monde que vous fussiez venu, vous l'auriez tout de suite reconnue : c'était Shelah Fane, la fameuse étoile de cinéma. Pendant huit années et plus, les directeurs de firmes cinématographiques l'avaient considérée comme une « vedette de grande valeur » ; et à présent, ils commençaient à moins l'apprécier et disaient en branlant la tête : « Elle baisse... » La célèbre actrice de cinéma Shelah Fane est retrouvée morte lors d'une soirée qu'elle organisait dans sa villa, à Honolulu. Elle a été assassinée... C'est l'inspecteur de police Charlie Chan qui est chargé de l'enquête. Va-t-il réussir à démêler tous les fils de cette étrange affaire ?

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ebook cover of Le Robinson des Alpes, by Gustave Aimard
La Gibecière à Mots | 25 February 2025

Gustave Aimard (1818-1883) "Les touristes et les voyageurs admirent avec un enthousiasme que nous partageons, et qui n'est que juste, les sites pittoresques de la belle vallée du Graisivaudan et les splendeurs peut-être un peu théâtrales de la Grande-Chartreuse et de son Désert. Mais le département de l'Isère est riche en surprises et en merveilles naturelles de toute sorte, peu appréciées par les rudes montagnards de ces contrées, depuis longtemps blasés sur les paysages grandioses de leur pays. À une assez courte distance de Grenoble, et blottie pour ainsi dire entre la vallée du Graisivaudan et le massif de la Grande-Chartreuse, se trouve la vallée d'Entremont, dominée et enserrée de tous les côtés par de majestueuses montagnes boisées de la base au faîte, et dont les plus imposantes sont : l'Alpette, le Haut-du-Seuil et l'Anse-du-Guiers, où le torrent du Guiers-Vif prend sa source. Rien ne saurait rendre le saisissement admiratif que l'on éprouve en pénétrant dans cette vallée, au merveilleux spectacle qui se présente subitement aux regards : jamais la puissante nature n'a prodigué avec plus de profusion ses sublimes beautés. Qu'on en juge. Un entassement de rochers abrupts, produit par quelque cataclysme antédiluvien qui l'a fait subitement jaillir des entrailles de la terre, s'élève en amphithéâtre à une hauteur prodigieuse, se creuse en demi-cercle, et, coupé du haut en bas par une énorme fissure, se sépare en deux parties s'avançant à droite et à gauche, comme le pourtour d'un cirque romain. Au fond de ce sublime décor, d'une étrangeté et d'une sauvagerie grandioses, indicibles, apparaissent blanchissantes d'écume quatre cascades superposées, se précipitant perpendiculairement avec une furie échevelée et un fracas effrayant d'une hauteur de plus de trois cents mètres." Aventure. Michel Sauvage, ne pouvant surmonter la mort de son épouse, décide de tout plaquer et partir en Amérique. Il confie son fils Marcel à son meilleur ami Jacques, un paysan. Ce dernier promet de faire de Marcel un homme travailleur et honnête...

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ebook cover of Le mariage de Juliette, by Hector Malot
La Gibecière à Mots | 9 February 2025

Hector Malot (1830-1907) "Le quartier du Temple se présente sous un double aspect. Dans la partie qui confine au Marais, on trouve des rues larges, bordées de belles maisons qui ont été autrefois bâties pour la noblesse ou la magistrature. Dans la partie qui touche au quartier Saint-Martin, on ne rencontre au contraire que des rues étroites, dont les maisons laides et sales sont occupées par le commerce et la petite industrie parisienne. La rue des Vieilles-Haudriettes, qui va de la rue du Chaume à la rue du Grand-Chantier, participe de ces deux caractères : par quelques-unes de ses constructions, qui sont vastes et architecturales, elle appartient au Marais ; par sa population ouvrière, au quartier du Temple. Elle est frontière, et comme telle elle tient de ses deux voisins, sans avoir une physionomie propre. Nulle part on ne trouvera plus d'enseignes aux façades et d'écriteaux aux grandes portes : larges tableaux noirs s'étalant d'étages en étages, petites plaques de cuivre, écussons en tôle vernie, panonceaux, armoiries. Si le curieux qui passe pour la première fois dans cette rue lève les yeux sur les enseignes qui ont pour but de provoquer son attention ou de le guider, il verra qu'il est en plein dans le quartier de l'industrie des bijoux ; pour un écusson qui lui indiquera les magasins d'un marchand de peaux de lapin ou les bureaux du journal hébraïque le Libanon, il trouvera vingt plaques de bijoutiers en or, en argent, en plaqué, de lapidaires, d'orfèvres, de fabricants de bagues, de boutons, d'épingles, de broches, de pendants, de colliers, de médaillons, de chaînes, de pendeloques, de breloques, de croix, de reliquaires, de cassolettes, de tabatières, d'étuis, de briquets. Seule au milieu de ces enseignes, qui dans leur confusion peuvent troubler l'acheteur indécis, se montre au-dessus d'une porte cochère une longue plaque en marbre noir sur laquelle on lit en lettres d'or gravées en creux, un simple nom : DALIPHARE." Mme Daliphare est une femme d'affaires qui s'est faite toute seule. Son époux n'est qu'un faire-valoir. Le décès de celui-ci ne change rien. Elle commande tout jusqu'à la vie de son fils unique Adolphe. Mais ce dernier, au grand dam de sa mère, tombe amoureux de Juliette, une amie peintre et indépendante qui n'a pas de fortune... A suivre : "Une belle-mère".

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ebook cover of Le coeur d'ivoire, by Max Du Veuzit
La Gibecière à Mots | 1 February 2025

Max du Veuzit (1876-1952) "L'hiver avait été rude ; quoiqu'on fût déjà dans le milieu de mars au moment où commence cette histoire, le vent soufflait, âpre et froid, sur la nature à peine réveillée de son sommeil hivernal. Le ciel était sombre cet après-midi-là ; de gros nuages gris se détachaient à l'ouest et annonçaient une pluie prochaine. Sur l'unique route qui traverse Vassonville, petit village de Normandie, un groupe de femmes en deuil revenaient du cimetière et, pendant que le vent faisait flotter leurs châles noirs, elles avançaient, pressant le pas, dans la crainte de l'orage qui menaçait de se déchaîner sur la campagne. C'étaient de simples femmes des champs, de celles qui ne quittent l'ouvrage que pour se rendre à l'église, le dimanche, et il avait fallu l'inhumation de M. Michel Somesnil pour leur faire cesser leurs travaux. Par une touchante coutume des campagnes, où le respect des morts est plus profond que dans les villes, chacune avait sorti, pour la circonstance, les vêtements noirs et les capotes de crêpe remisés sur les planches des armoires et gardés précieusement depuis la perte plus ou moins éloignée d'un parent. Elles allaient en silence, malgré leur nombre, et sur leurs visages paternes une lueur humide traduisait mal le sentiment de compassion que leur inspirait une jeune fille, à la douce et triste figure, qui marchait d'un pas automatique et comme inconsciente au milieu d'elles." Romance. Monique Somesnil vient de perdre son père. Elle décide d'aller à Paris pour gagner sa vie. Après des déceptions et des petits boulots, elle devient l'institutrice de la jeune Maë Saint-Angel, soeur d'un riche homme d'affaire : Jack Saint-Angel...

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ebook cover of Les fiancés de l'an 2000, by H. J. Magog, Paul Feval Fils
La Gibecière à Mots | 20 January 2025

Paul Féval fils (1860- 1933) H. J. Magog (1877-1947) "Dans la lumineuse spirale de l'escalier de verre descendant de la terrasse une gracieuse silhouette s'enfonçait, se fondait, devenait de plus en plus vague ; elle cessa d'être distincte au bout de quelques minutes, quand l'épaisseur des dalles de cristal de plusieurs paliers successifs se fût interposée entre elle et les yeux admiratifs qui la suivaient. Alors, Jean Chapuis releva la tête, s'éloigna de quelques pas et vint s'accouder au bord de la terrasse de la Villa féerique, demeure du célèbre Oronius, le savant père de cette exquise Cyprienne qui venait de le quitter et dont il était l'heureux fiancé. À ses pieds - c'est-à-dire au bas des hauteurs de Belleville sur lesquelles était érigée la troublante Villa de cristal, où se trouvait le laboratoire du plus grand et du plus mystérieux des savants - le Paris du vingtième siècle s'étendait. La vingt-deuxième heure venait de sonner. Aux époques périmées on eût dit : c'était la nuit... Mais, la nuit existait-elle encore pour la capitale des États-Unis d'Europe, parée, grâce à la science d'Oronius, de tous les miracles consécutifs aux adaptations de ses merveilleuses découvertes ? Du haut de la Tour de 1500 mètres, - qui avait remplacé la légendaire Tour Eiffel, timide essai d'une science métallurgique à ses débuts, un soleil artificiel projetait sur toute la vallée de la Seine les torrents d'une lumière aussi éblouissante que celle du jour." Dans le Paris de l'an 2000, Jean Chapuis travaille avec le célèbre et mystérieux Oronius afin de rendre le monde meilleur. Il est fiancé avec Cyprienne, la fille du savant. Tout allait pour le mieux jusqu'au jour où un ancien rival d'Oronius, Otto Hantzen, décide de "refaire le monde" selon ses critères...

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ebook cover of Pêcheurs d'hommes, by Maxence Van Der Meersch
La Gibecière à Mots | 14 January 2025

Maxence van der Meersch (1907-1951) "Ce jour-là, bien qu'on fût en septembre, il avait fait très chaud. En revenant du bureau de la rue Nain, où j'étais allé faire pointer ma carte de chômeur, je me sentis un grand mal dans la tête et je rentrai me coucher. Il y a très longtemps que j'éprouve ces douleurs-là. Cela commença d'abord par des migraines, chaque après-midi. Puis cet état s'est aggravé. J'allai avec maman voir le docteur. Et nous sûmes que j'avais une mastoïdite et qu'il était grand temps de me trépaner. Le médecin avait dit qu'après je serais guéri. Mais, l'opération faite, ma tête a tout de même continué à me faire mal. Si bien que j'ai longtemps eu peur, et ma mère plus encore que moi, qu'on doive de nouveau m'opérer, un jour ou l'autre. Je dormis quelques heures. Puis je redescendis dans notre cuisine, et comme je me sentais mieux, maman me conseilla de sortir un moment, pour me remettre tout à fait. Je pris ma bicyclette et je m'en allai vers le centre de la ville, tout doucement. Arrivé boulevard Gambetta, comme je me demandais où je pourrais bien achever agréablement ma journée, j'eus tout à coup une inspiration : les « Prix-Fix » ! Et je descendis vers le centre, pour aller faire un tour dans un de ces bazars." Roubaix dans les années 30. Pierre est un jeune ouvrier au chômage. L'une de ses occupations est d'aller au "Prix-Fix", non pour acheter mais pour être au chaud et rencontrer d'autres ouvriers. Il fait la connaissance de Jules, un ouvrier membre de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (J. O. C)...

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ebook cover of Un mousse de Surcouf, by Pierre Maël
La Gibecière à Mots | 12 January 2025

"Le 4 vendémiaire an VII, c'est-à-dire le 25 septembre 1799, le trois-mâts la Bretagne sortait du port de Brest et gagnait la mer, toutes les voiles dehors. C'était un beau navire de commerce qui transportait des émigrants vers l'Amérique. On mourait de faim en Bretagne, comme un peu partout d'ailleurs en France, et cette émigration-là ne ressemblait point à celle que les lois encore en vigueur punissaient de mort. Le gouvernement accordait son consentement à tout citoyen qui, muni de son brevet de civisme, déclarait ne s'absenter que pour subvenir à son existence ou faire acte de commerce. Par malheur, la navigation était très difficile. Les côtes étaient étroitement surveillées par les croisières anglaises, qui usaient de représailles dans la guerre de course. Il devenait chaque jour plus difficile aux navigateurs français d'échapper à la poursuite des vaisseaux britanniques, dont les canons coulaient impitoyablement tout navire refusant d'amener son pavillon. La Bretagne cependant nourrissait cette espérance de se dérober à l'oeil vigilant des vigies rouges. Elle filait de huit à dix noeuds et n'avait pas craint de tenter un aussi long voyage au moment le plus défavorable de l'année, en une saison féconde en naufrages." Guillaume est un enfant de 13 ans. Il est le fils d'un médecin français mort aux Indes pendant sa détention chez les Anglais. Pour venger son père, Guillaume a juré de devenir mousse dans les équipages du célèbre corsaire Surcouf...

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ebook cover of Fils d'émigré, by Ernest Daudet
La Gibecière à Mots | 8 January 2025

Ernest Daudet (1837-1921) "En juin 1792, à la tombée du jour, dans une chambre du château de Saint-Baslemont, à l'entrée des Vosges, une femme et un enfant sont agenouillés devant un grand crucifix accroché au mur, entre des portraits d'ancêtres. Quoique la femme ait dépassé la première jeunesse, on la devine vieillie par la douleur plus que par l'âge. Ce qui lui reste de beauté resplendit encore sous ses cheveux blonds, dans l'éclat de ses yeux, dans la pureté de ses traits, dans la pâleur de son teint. Habillée d'une robe noire, en laine, sans ornements, toute sa personne, cependant, trahit tant d'élégance hautaine que ce vêtement de deuil la pare à l'égal des habits de cour qu'elle est accoutumée à porter. Elle se nomme la comtesse Louise de Malincourt. L'enfant est son second fils, Bernard, celui qu'on appelle M. le chevalier. Il a treize ans à peine. Mais, depuis longtemps, il voit autour de lui des visages si tristes, il entend exprimer de si vives alarmes, raconter de si sombres histoires, proférer de si violentes menaces, que son esprit s'est mûri prématurément, et, qu'enfant par l'âge, c'est presque un homme par la pensée. Cette précocité se devine à l'expression inquiète de son regard, à la gravité répandue sur ses traits, au pli contracté de ses lèvres déshabituées du rire. Il est mince et brun, son front haut et large sous la perruque poudrée. Son habit violet, en soie unie, flotte sur les formes de son buste, élégantes quoique un peu grêles, et plus bas que la boucle d'argent qui arrête la culotte au-dessous du genou, la jambe se dessine fine et vigoureuse." En 1792, le jeune chevalier Bernard de Malincourt voit ses parents arrêtés par les révolutionnaires. Il est confié à Valleroy, un serviteur digne de foi. Ils doivent gagner Coblenz, en Allemagne ; c'est dans cette ville que réside le frère aîné de Bernard, Armand officier à la personne du comte d'Artois...

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ebook cover of L'affaire Sougraine, by Pamphile le May
La Gibecière à Mots | 30 December 2024

Pamphile Le May (1837-1918) "Il y a vingt ans les chemins de fer ne sillonnaient pas, comme aujourd'hui, les immenses prairies de l'ouest, et les voyageurs traversaient, à cheval ou à pied, la zone étonnante qui se déroule des bords du Mississipi aux montagnes rocheuses. Tantôt, dans la glauque prairie sans bornes, une caravane passait comme un tourbillon et s'estompait sur l'horizon, comme le bronze d'un bas-relief sur la corniche d'un temple ; tantôt un chasseur, débarrassé du joug qu'impose la société des hommes, cheminait seul, au hasard, buvant à la fontaine et dormant sur le foin vert, à la merci du ciel, avec les fauves et les oiseaux. Les blancs sortaient de leurs villages et les Indiens sortaient de leurs montagnes, pour venir dans ces plaines chasser le buffle roux, et quelque fois des combats singuliers, plus souvent des engagements terribles, entre les bandes jalouses, arrosaient de sang le sol encore vierge. Nul écho ne répétait les clameurs des combattants, les éclats des mousquets, les plaintes des vaincus, les chants des vainqueurs. Tous les bruits s'éteignaient dans l'air morne ; la solitude gardait ses secrets. Cependant le trappeur qui collait son oreille au gazon, pour interroger le désert, entendait d'étranges murmures, et des tas d'ossements blanchis proclamaient, en ces lieux comme ailleurs, la malice des hommes." Un Indien, Sougraine, enlève une jeune fille, Elmire... Que sont-ils devenus ? Sougraine est soupçonné d'avoir tué sa femme... 23 ans plus tard, l'affaire refait surface...

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ebook cover of Le vicomte de Béziers, by Frédéric Soulié
La Gibecière à Mots | 13 December 2024

Frédéric Soulié (1800-1847) "Dans une salle haute du château de Carcassonne étaient réunis trois hommes, dont le silence était assurément la suite d'une violente discussion. Le plus âgé, qui n'avait pas moins de cinquante ans, était assis sur un large fauteuil en racine d'olivier, inégalement sculpté ; car l'un des pieds de devant représentait un gros serpent roulé en spirale, et l'autre une Sainte Vierge avec une sorte de couronne carrée. Cet homme était vêtu d'une longue robe de serge brune, serrée à la taille par une ceinture de cuir à laquelle pendaient une épée large et haute et un poignard court et étroit. Il tenait ses regards sévèrement attachés sur un jeune homme de vingt-quatre ans tout au plus, assis comme lui, mais sur une pile de coussins, et qui, le menton dans le creux de ses mains, tordant sa moustache blonde du bout de ses doigts, et les yeux fixés à terre, semblait dévorer sa colère." Dans le Languedoc du début du XIIIe siècle, la pensée cathare s'installe. Le roi Pierre d'Aragon, Raymond VI comte de Toulouse et Raymond-Roger Trencavel vicomte de Béziers, s'opposent sur l'attitude à adopter face à Rome... Trencavel protègent les "hérétiques" quand aux deux autres, ils préfèrent traiter avec l'Eglise...

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ebook cover of Le comte de Toulouse, by Frédéric Soulié
La Gibecière à Mots | 10 December 2024

Frédéric Soulié (1800-1847) "- N'est-ce pas une belle nuit pour voyager, dis-moi, maître Goldery ? Vois comme la lune dessine sur le ciel bleu les crêtes de notre montagne et les bouquets de houx qui la couronnent avec leurs formes bizarres. - Ma foi, messire, je trouverais la lune adorable et je ferais voeu de pendre un anneau d'or à chacune de ses cornes, si elle me dessinait aussi parfaitement le toit d'une bonne hôtellerie et le bouquet de houx qui pend à sa grande porte avec sa forme charmante. - Eh ! mon garçon, prends patience, tu verras bientôt les créneaux d'un vaste château, et, je te le jure, tout formidable qu'il est, il renferme autre chose que des lances et des arbalètes. Depuis dix ans que je l'ai quitté, il faut que Gaillac ou Limoux n'ait pas produit une bouteille de vin si nous n'en trouvons pas en abondance dans les caves de mon père ; il faut que le bon vieillard ne puisse plus lancer une flèche ou qu'il n'ait plus un homme capable de manier un arc, s'il ne se trouve pas au croc du charnier un bon quartier de daim, sinon un jambon d'ours et peut-être même quelque grasse et succulente bartavelle." Printemps 1211. Le comte Albert de Saissac, accompagné de son serviteur Goldery, rentre de Terre Sainte. Arrivé sur les terres familiales, il découvre le château détruit, sa famille massacrée... Il ignore encore que la croisade contre les Albigeois, menée par Simon de Montfort, fait rage dans le Languedoc...

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ebook cover of Massacres du Midi, by Alexandre Dumas
La Gibecière à Mots | 8 December 2024

Alexandre Dumas (1802-1870) "Peut-être notre lecteur, préoccupé seulement de ses derniers souvenirs, qui remontent à la Restauration, s'étonnera-t-il du large cadre dans lequel nous enfermons le tableau que nous allons mettre sous ses yeux et qui n'embrasse pas moins de deux siècles et demi : c'est que toute chose a son précédent, toute rivière, sa source, tout volcan, son foyer ; c'est que, de 1551 à 1815, tout a été, sur le point de la terre où nous portons le regard, action et réaction, vengeance et représailles ; c'est que les annales religieuses du Midi ne sont rien autre chose qu'un registre en partie double tenu par le fanatisme au profit de la mort, et écrit d'un côté avec le sang des catholiques, et de l'autre avec celui des protestants. Dans ces grandes commotions politiques et religieuses du Midi dont les tressaillements, pareils à des tremblements de terre, ont parfois ébranlé jusqu'à la capitale, Nîmes s'est toujours fait centre. Nous choisirons donc Nîmes comme le pivot de notre récit, qui s'en éloignera quelquefois, mais qui y reviendra toujours." Pour sa série "Les crimes célèbres", Alexandre Dumas nous raconte les crimes fratricides, dont les causes étaient religieuses, qui eurent lieu, de 1551 à 1815, dans le Midi.

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ebook cover of Les coups d'épée de M. de La Guerche, by Amédée Achard
La Gibecière à Mots | 4 December 2024

Amédée Achard (1814-1875) "À l'époque où commence ce récit, vers l'an de grâce 16..., il n'était pas, dans toute l'ancienne province de la Marche, d'ennemis plus irréconciliables et tout à la fois d'amis plus intimes que le comte Armand-Louis de la Guerche et son voisin, le marquis Renaud de Chaufontaine. À dix lieues à la ronde, pas un bourgeois et pas un manant qui ne les connussent, pas de hobereau qui ne les eût rencontrés chevauchant de compagnie sur quelque roussin du pays, pas de maraudeur qui ne les eût surpris se livrant de furieuses batailles sur la lisière des bois. Ils fondaient ensemble les plus fameux héros de la mythologie et de l'antiquité. Le comte Armand-Louis et le marquis Renaud étaient à la fois Oreste et Pylade, Étéocle et Polynice. Ils seraient volontiers morts l'un pour l'autre, et ne passaient pas un jour sans se provoquer à d'interminables combats singuliers. Le temps qu'ils n'employaient pas à se rendre de petits services, ils le consacraient à se quereller. On débutait par des paroles affectueuses, on finissait par des coups terribles. Cela durait depuis le temps où M. de la Guerche et M. de Chaufontaine cherchaient des prunelles dans les haies et des noisettes dans les taillis."

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ebook cover of Quand la Terre trembla, by Claude Anet
La Gibecière à Mots | 2 December 2024

Claude Anet (1868-1931) "C'était le samedi 10 mars 1917. Vers les trois heures de l'après-midi, une jeune fille sortit seule d'une maison de la Znamenskaia. La large rue blanche de neige sous le soleil clair de cette journée d'hiver présentait un aspect inaccoutumé. Il y avait peu de passants. Des groupes de trois ou quatre ouvriers montaient vers la gare Nicolas. Des femmes du peuple, la tête enveloppée dans des fichus de laine beige qui encadraient leur visage, regardaient immobiles sur les trottoirs. La jeune fille remarqua qu'un marchand de fruits, au rez-de-chaussée de la maison, fermait lentement les volets de sa boutique. Une longue file de tramways était arrêtée dans le haut de la rue, qui était noir de monde. « Que se passe-t-il, se demanda Lydia, est-ce encore une manifestation sur Nevski ? » Son frais visage enfantin prit une expression sérieuse. Mais elle ne put la conserver longtemps. Le sourire qui lui était naturel reparut sur sa bouche à la lèvre inférieure un peu forte, creusa deux fossettes sur ses joues rosées par le froid, éclaira deux grands yeux bleus d'une pureté de source, et, ayant fermé le col de sa fourrure, elle se dirigea vers la place Znamenskaia. Plus elle en approchait, plus la foule devenait dense, et, à une cinquantaine de pas de la place, elle fut obligée de s'arrêter. Des troupes barraient la rue." 1917. La Russie bascule dans la Révolution. Les aristocrates se posent la question : Quelle attitude adopter ? Pendant ce temps, la jeune Lydia, fille du prince Volynski, inconsciente du danger, arpente les rues de Petrograd afin d'être au courant de ce qui se passe... Elle fait la rencontre de Nicolas Savinski, un banquier important, qui décide de la protéger des dangers encourus...

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ebook cover of Belle-Rose, by Amedee Achard
La Gibecière à Mots | 30 November 2024

Amédée Achard (1814-1875) "Il y avait, vers l'an 1663, à quelques centaines de pas de Saint-Omer, une maisonnette assez bien bâtie, dont la porte s'ouvrait sur le grand chemin de Paris. Une haie vive d'aubépine et de sureau entourait un jardin où l'on voyait pêle-mêle des fleurs, des chèvres et des enfants. Une demi-douzaine de poules avec leurs poussins caquetaient dans un coin entre les choux et les fraisiers ; deux ou trois ruches, groupées sous des pêchers, tournaient vers le soleil leurs cônes odorants, tout bourdonnants d'abeilles, et çà et là, sur les branches de gros poiriers chargés de fruits, roucoulait quelque beau ramier qui battait de l'aile autour de sa compagne. La maisonnette avait un aspect frais et souriant qui réjouissait le coeur ; la vigne vierge et le houblon tapissaient ses murs ; sept ou huit fenêtres percées irrégulièrement, et toutes grandes ouvertes au midi, semblaient regarder la campagne avec bonhomie ; un mince filet de fumée tremblait au bout de la cheminée, où pendaient les tiges flexibles des pariétaires, et à quelque heure du jour que l'on passât devant la maisonnette, on y entendait des cris joyeux d'enfants mêlés au chant du coq. Parmi ces enfants qui venaient là de tous les coins du faubourg, il y en avait trois qui appartenaient à Guillaume Grinedal, le maître du logis : Jacques, Claudine et Pierre." Jacques Grinedal, fils d'un simple fauconnier, et Suzanne de Malzonvilliers, fille d'un riche traitant, sont amoureux, mais le père de Suzanne refuse qu'ils se marient car Jacques n'est ni riche ni noble. Alors que Suzanne est mariée au vieux marquis d'Albergotti, Jacques s'engage comme soldat et devient Belle-Rose : il espère trouver la richesse ou la noblesse...

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ebook cover of Germinie Lacerteux, by Edmond De Goncourt, Jules De Goncourt
La Gibecière à Mots | 20 November 2024

Edmond de Goncourt (1822-1896) Jules de Goncourt (1830-1870) "- Sauvée ! vous voilà donc sauvée, mademoiselle ! fit avec un cri de joie la bonne qui venait de fermer la porte sur le médecin, et, se précipitant vers le lit où était couchée sa maîtresse, elle se mit avec une frénésie de bonheur et une furie de caresses à embrasser, par-dessus les couvertures, le pauvre corps tout maigre de la vieille femme, tout petit dans le lit trop grand comme un corps d'enfant. La vieille femme lui prit silencieusement la tête dans ses deux mains, la serra contre son coeur, poussa un soupir, et laissa échapper : - Allons ! il faut donc vivre encore ! Ceci se passait dans une petite chambre dont la fenêtre montrait un étroit morceau de ciel coupé de trois noirs tuyaux de tôle, des lignes de toits, et au loin, entre deux maisons qui se touchaient presque, la branche sans feuilles d'un arbre qu'on ne voyait pas." Germinie possède une bonne place chez une vieille fille, Mlle de Varandeuil qu'elle affectionne. Mais elle tombe amoureuse du fils de la crémière : Jupillon, un garçon dépravé... Commence alors une lente déchéance.

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ebook cover of Le maître du navire, by Louis Chadourne
La Gibecière à Mots | 8 November 2024

Louis Chadourne (1890-1925) "En soulevant le store baissé, à cause de la lumière crue, sur la large baie du wagon-salon, Leminhac découvrit, barrant l'horizon de sa ligne puissante, la Cordillère des Andes dont quelques sommets étincelaient. Ce spectacle majestueux ne lui inspira qu'une réflexion prosaïque : - Ce train n'avance pas. Mais, comme il se piquait de quelque sentiment de la nature et qu'on ne peut décemment, lorsqu'on est avocat et conférencier, laisser passer sans commentaires la perspective éthérée, sur un sombre azur, des cratères du Chimborazo ou du Cotopaxi, il ajouta : - Panorama en vérité grandiose. Et comme on est loin de Paris ! Un Français se reconnaît en voyage à ce qu'il accommode à toutes les sauces ces syllabes magiques : Paris ! Ce nom bien-aimé ne quitte pas ses lèvres, surtout si le voyageur est natif de Pézenas ou de Brive-la-Gaillarde. Si vous rencontrez un Français sous la ligne précise de l'équateur, comme c'est le cas dans cette histoire, ou dans une oasis du Sahara, ou buvant le thé sur le poêle d'une isba sibérienne, ne manquez pas de lui demander innocemment : - De quel pays de la France êtes-vous originaire ?" Un train en retard... et cela peut devenir tout une aventure ! C'est ce qui arrive au docteur Tramier de l'académie de médecine, au jeune avocat Leminhac, au jeune peintre anglais Helven et la "Russe de Moscou" Marie Erikow. Coincés au Pérou, comment vont-ils pouvoir arriver à temps à Sidney ? Heureusement, un singulier personnage, Van den Brooks, propose de les conduire en Australie sur son propre yacht...

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ebook cover of La fin d'une walkyrie, by Delly
La Gibecière à Mots | 23 October 2024

Delly (1875-1947) (1876-1949) "Une lampe électrique, coiffée d'un abat-jour couleur de pourpre, éclairait le petit fumoir décoré avec un goût sobre. Dans la clarté douce, un peu rosée, se détachaient le visage énergique et froid du comte Boris Vlavesky, avec ses yeux songeurs, souvent ironiques, toujours énigmatiques, et près de lui la pâle et mince figure du comte Cyrille, son cousin germain. Ils appartenaient tous deux à une race ancienne et très noble. Le père de Boris avait dilapidé au jeu une grande partie de sa fortune, et sa mère avait vu la sienne diminuée par de mauvais placements. La comtesse, veuve depuis une dizaine d'années, administrait le domaine de Klevna, dont elle versait à son fils les revenus. Ceux-ci, bien qu'assez considérables encore, semblaient peu de chose à un homme tel que le comte Boris, élevé dans le luxe, ayant reçu la plus brillante éducation et possédant tous les goûts du grand seigneur. Néanmoins, on ne lui avait jamais connu de dettes. " Romance. Les comtes Boris et Cyrille Vlavesky sont cousins et membres de l'aristocratie russe. Lors d'une soirée à Saint-Petersbourg, ils sont présentés à une séduisante Allemande : Brunhilde von Halweg...

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ebook cover of Idylle saphique, by Liane De Pougy
La Gibecière à Mots | 17 September 2024

Liane de Pougy (1869-1950) "- Ah ! Tesse, comme je m'ennuie... Quelle aridité dans ma vie ! Toujours le même programme : le bois, les courses, les essayages ; puis, pour finir une journée insipide : le dîner ! et quel dîner !... Enfermée dans un restaurant à la mode où l'on étouffe, étroit et empesté d'ordinaire par une odeur infecte de cuisine et de tabagie..., avec des amis et quels amis ! Si l'on peut appeler ainsi les mille et une connaissances plus ou moins intéressantes que le hasard jette dans notre existence !... La fin ! Et quelle fin !... Ah ! Tiens, ce soir, flûte ! j'en ai par-dessus la tête, je veux rester ici chez moi, seule avec toi ! Je les lâche tous !... Ernesta ! Ne préparez rien pour m'habiller, donnez-moi mon vieux peignoir en flanelle rose, vous savez, ma robe de moine avec un capuchon et une cordelière ; pas de rubans ni de dentelles !... Assez de toutes ces fanfreluches qui m'oppressent ! Aujourd'hui, je veux me réduire à ma plus simple expression. Ah ! Tesse, Tesse, que je suis lasse de vivre ! Que je m'ennuie !... Vois-tu, ce soir, ça déborde !... Ah !... à toutes ces distractions parisiennes que l'Europe nous envie, comme je préfère dix mille fois ma solitude ici, avec toi et mon chien, ma jolie Princesse !... Princesse, venez ici ! Est-elle jolie ! Allons, vite, une baise..., un baiser à sa maman ! Allez maintenant, mon petit coeur gauche, comme dit Maindron dans Saint-Cendre... As-tu lu ça, Tesse ?... C'est charmant... Tout est prêt ?..." 1899. La courtisane Liane de Pougy nous raconte, de façon romanesque, sa liaison amoureuse avec la future femme de lettre américaine, Natalie Clifford Barney.

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ebook cover of Le marquis de Loc-Ronan, by Ernest Capendu
La Gibecière à Mots | 8 September 2024

Ernest Capendu (1826-1868) "Au confluent de l'Isac et de la Vilaine, à quelques lieues au sud de Redon, et à peu de distance de la mer, s'étend, ou pour mieux dire s'étendait une magnifique forêt dont les arbres, pressés et entrelaçant leurs rameaux, attestaient que la hache dévastatrice de la spéculation n'avait pas encore entamé leurs hautes futaies, véritable bois seigneurial, dont les propriétaires successifs avaient dû se montrer jaloux presque autant de la vétusté de leurs chênes, que de celle de leurs parchemins. Ceux qui connaissent cette partie de la rive droite de la Loire, ce quadrilatère naturel formé par la Loire, la Vilaine, l'Erdre et l'Isac, seront sans doute prêts à nous accuser d'inexactitude en lisant les lignes précédentes. Aujourd'hui, en effet, que la rage du déboisement s'est par malheur emparée de la population des exploiteurs territoriaux, c'est à peine si, dans la vieille Armorique, on retrouve quelque reste de ces forêts magnifiques plantées par les druides, forêts qui portaient en elles quelque chose de si mystérieux et de si grandement noble, qu'elles ont inspiré les poètes du moyen âge, et qu'ils n'ont pas voulu d'autre séjour pour théâtre des exploits des chevaliers de la Table-Ronde, des amours de la belle Geneviève, et des enchantements du fameux Merlin. Avant que la Révolution eût appuyé sur les têtes son niveau égalitaire, coupant avec le fer de la guillotine celles qui demeuraient trop droites, la Bretagne et la Vendée avaient religieusement conservé leur aspect sauvage. Il était rare de pouvoir quitter un chemin creux, bordé d'ajoncs et de genêts, sans donner dans quelque bois épais et touffu, ou dans quelque marais de longue étendue." Suite de "Marcof le Malouin".

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ebook cover of Marcof le Malouin, by Ernest Capendu
La Gibecière à Mots | 4 September 2024

Ernest Capendu (1826-1868) "Dans les derniers jours de juin 1791, au moment où le soleil couchant dorait de ses rayonnements splendides la surface moutonneuse de l'Océan, embrasant l'occident des flots d'une lumière pourpre, comparable, par l'éclat, à des métaux en fusion, un petit lougre, fin de carène, élancé de mâture, marchant sous sa misaine, ses basses voiles, ses huniers et ses focs, filait gaiement sur la lame, par une belle brise du sud-ouest. L'atmosphère, lourde et épaisse, chargée d'électricité, se rafraîchissait peu à peu, car le vent augmentant progressivement d'intensité, menaçait de se changer en rafale. Les vagues, roulant plus précipitées sous l'action de la bourrasque naissante, déferlaient avec force sur les bordages du frêle bâtiment qui, insoucieux de l'orage, ne diminuait ni sa voilure ni la rapidité de sa marche. Il courait, serrant le vent au plus près, bondissant sur l'Océan comme un enfant qui se joue sur le sein maternel. Son équipage, composé de quelques hommes, les uns fumant accoudés sur le bastingage, les autres accroupis avec nonchalance sur le pont, semblait lui-même n'avoir aucune préoccupation des nuages plombés et couleur de cuivre qui s'amoncelaient au sud et s'emparaient du firmament avec une vélocité incroyable pour tous ceux qui n'ont pas assisté à ce sublime spectacle de la nature que l'on nomme une tempête." 1791, dans la Cornouaille bretonne, ce sont les prémices de la Chouannerie. Le corsaire Marcof rentre au port avec son lougre. Après avoir affronté une violente tempête, il va devoir affronter d'autres problèmes de toutes sortes... Respecté de tous, il est considéré comme le salvateur... A suivre : "Le marquis de Loc-Ronan"

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ebook cover of L'enfant des halles, by H. J. Magog
La Gibecière à Mots | 23 July 2024

H. J. Magog (1877-1947) "- Chienne de vie !... Cette apostrophe mâchonnée avec colère par un miséreux, sous les pieds duquel roulaient les cailloux du petit chemin en pente, était amplement justifiée par son aspect de hère piteux, aux chaussures éculées et aux vêtements rapiécés et sales. Ce ne pouvait être qu'un de ces vagabonds, dont les silhouettes ne retiennent pas les regards indifférents, parce qu'à force de marcher dans la poussière des routes ils ont fini par en prendre la couleur et qu'ils s'en détachent à peine. - Chienne de vie ! répétait-il. Et sa voix exprimait cette rancune et cette révolte, nées de la conviction d'une injustice du sort - nées aussi d'une conscience d'être supérieur à ce destin. Sans âge - la fatigue et la saleté vieillissent - sous sa livrée de poussière, il demeurait confusément à la limite où se rejoignent la jeunesse finissante et la maturité commençante. Qu'avait-il été avant sa déchéance présente ? Et quelle poussée du destin l'avait fait rouler jusqu'au bas de la pente, en ces bas-fonds de la vie où l'homme cesse d'avoir une valeur pour n'être plus qu'un déchet humain ?..." Le vagabond Peaudure est témoin d'un grave accident de la route : une voiture est tombée dans le ravin. Le chauffeur et un enfant sont malheureusement morts, le couple qui était à l'arrière a survécu. Peaudure découvre qu'un bébé est également vivant. Au lieu de porter secours aux victimes, il enlève le nourrisson...

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