Alexis Bouvier
Alexis Bouvier
Alexis Bouvier (1836-1892) "Lorsque, dans le vieux quartier du Marais, la nouvelle s'était répandue que la belle Cécile Tussaud, la fille unique de Claude Tussaud, le fabricant de bronzes de la rue Saint-François, allait se marier, épouser le grand Houdard, dit la Rosse, ça n'avait été qu'un cri de stupéfaction et de réprobation. On se refusait à croire à une semblable alliance. Depuis dix ans, tout le monde, dans le quartier du bronze, savait qu'Houdard commanditait la maison Tussaud. On disait même que c'était à la légèreté de la brune Mme Tussaud que cette commandite d'une maison ruinée, discréditée, était due. Seul - assurait-on - Claude Tussaud ignorait cette honte. Mais ce qui scandalisait tout le monde, c'est le bruit répandu que c'était Mme Tussaud qui voulait le mariage de sa fille. On est bavard au Marais ; on disait bien des choses. On disait que Tussaud allait être déclaré en faillite, et qu'il mariait sa fille pour s'associer son gendre et relever sa maison. On disait que la mère indigne mariait son enfant pour conserver près d'elle celui qu'elle aimait... une infamie enfin ! On disait encore que la jeune et belle Cécile aimait avec passion un ancien apprenti de son père, son compagnon d'enfance, presque son frère de lait, le petit Maurice, et, qu'ayant été obligé de renvoyer l'apprenti devenu ouvrier à cause de cela, on se hâtait, car il n'était que temps de marier Mlle Cécile... On disait bien des choses enfin... Mais nous allons raconter, nous, ce qu'on ne disait pas : la vérité." Maurice et Cécile s'aiment depuis l'enfance et espèrent pouvoir se marier. Mais les parents de Cécile décident de l'unir à leur associé : André Houdard dit la Rosse, afin de sauver leur entreprise de la ruine. Les deux amoureux refusent cette décision...
Alexis Bouvier (1836-1892) "C'était par une chaude soirée d'été ; à l'accablante ardeur de la journée succédait une nuit lourde et pleine d'orage ; de longues nuées noires s'étendaient sur le ciel gris, éteignant les dernières lueurs rouges du soleil couchant. En même temps que la nuit, le silence envahissait le vieux quartier du Marais. Neuf heures et demie venaient de sonner ; la rue Payenne était déserte. Les rares boutiques étaient fermées, les hauts contrevents des vieux hôtels étaient clos. De la rue du Parc-Royal à la rue des Francs-Bourgeois une seule maison avait encore ses fenêtres éclairées. Petite maison d'apparence discrète, construite au milieu d'un jardin touffu, - arraché dans une vente au parc du grand hôtel voisin, - dans l'ombre des arbres séculaires, elle paraissait le nid frais et fleuri d'un ménage heureux. C'était une de ces constructions modernes qui, cherchant à corriger un style, n'a plus même l'originalité du sien. Élevée sur un sous-sol qui servait aux cuisines, on arrivait au rez-de-chaussée par un perron sur la grille duquel se tordaient les plantes grimpantes de saison. Le rez-de-chaussée se composait d'un vaste salon, d'un fumoir et d'une salle à manger. C'est de cette dernière pièce que jaillissait la lumière, qui, tamisée par le feuillage des arbres, étalait ses arabesques lumineuses sur le pavé noir de la rue. Les maîtres de la maison venaient de terminer le repas du soir ; ils se levaient de table." La terrible vengeance d'un ancien officier de marine envers son épouse infidèle et l'amant de celle-ci...
Collection XIX - "Une foule énorme stationnait devant une maison de pauvre apparence de la rue Popincourt. Une de ces vieilles maisons de l'ancien Paris, ayant trois étages et des mansardes, faite de plâtras et de colombages mal assemblés, mais ayant un aspect solide par suite des nombreuses couches de peinture et de badigeon qui avaient été étalées sur ses murs.D'un côté de l'allée était un charbonnier, de l'autre un marchand de vin. On entrait par un corridor semblable à un trou, puant, noir, traversé par une gargouille fétide prenant naissance en bas de l'escalier." Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Me Lehideux, huissier audiencier à la cour d'appel, tout ruisselant de sueur, marchait au milieu de la chaussée de la rue Laffitte, presque déserte à cette heure du jour, par ce beau soleil. Il cherchait, regardant à travers ses lunettes en faisant une épouvantable grimace, les numéros des maisons. L'huissier était suivi par deux lugubres messieurs, l'un grand, l'autre petit, mais se ressemblant par leurs vêtements crasseux, leur teint livide, leurs nez étincelants.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Moi, si une femme admirablement belle se nommait Catherine, j'aurais pour elle la même adoration, j'éprouverais pour elle le même amour que si elle se nommait Léone de Myrtille... Ce n'est point l'avis de ces dames, paraît-il, car toutes les fleuristes, toutes les brunisseuses, qu'un art difficile à expliquer - mais auquel leur regard sert d'enseigne - a rendues célèbres dans le monde de la galanterie parisienne, changent leur nom trop plébéien contre un nom à particule.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.