FeniXX réédition numérique (La main courante)
Annonçant le retour de la saison de la navigation, les feuilles du figuier auront bientôt la taille de mains, les figues la consistance du muscle, juste assez pour maintenir à distance respectable, le temps du poème, la terre du soleil.
Je n'ai jamais vu le château de Capestang, mais son plafond me hante à travers les images d'un livre, à travers les chansons des troubadours, à travers l'accent et les couleurs d'Anne Slacik... Des échos du cante jondo et d'une saeta perdue viennent ponctuer et, peut-être, troubler ce poème, où d'autres langues apparaissent dont la présence n'a d'autres mobiles et enjeux que ceux, imprescriptibles et mystérieux, d'un amour... Joseph Guglielmi
Il y a ce qui s'est écrit avant. Il y a ce qui s'écrit après. Entre deux, ce qui passe, ce qui par essence est « passant » : les saisons, les gestes, ses mots et ce qui fut dit... par d'autres - par nous. Le réel ? Gérard Fournaison
Jacqueline Merville a publié onze livres, dont trois romans aux Éditions des femmes. Une pièce de théâtre, mise en onde par France Culture. Elle a reçu la bourse Léonard de Vinci, en 1988, pour une résidence à Naples. Elle vit, depuis 1992, la plupart du temps en Inde, où deux livres ont paru autour du thème du Maître et du Disciple.
Le réel se croit, il prend la fiction pour constat. J'ai fait l'impossible, un roman transparent, comme une lettre imaginaire à la petite-amie du R.M.I. Et le presque nondit, la rencontre impossible, donneront du paradis. Ou bien le récit de la mort sociale, traversant l'écriture au travail de survie, prête au pouvoir la secrète & hyaline rose jamais la même, même la première fois, dont il s'instaure et s'annule : fonction, genre, adonnés au coeur de la pensée, se meurent en peinture amie.
Nous avons défié la nuit. Les yeux lancés, tels des javelots, dans la plaie rougie des étoiles. Nos morts. Nos amours. Leurs noms gravés. Visages fardés depuis la naissance. Penchés vers les souvenirs, tel un champ d'ex-voto entretenu avec ferveur. Alors que, sans doute, rien n'a commencé. Nous restons des êtres de surface, avançant à tâtons dans des Babylone de Piranèse. Cherchant parfois. Parfois seulement. À percer le mur de la réalité.
Allen Ginsberg est mort à New York, dans la nuit du vendredi 4 avril 1997. Il avait 70 ans. Il aimait le vrai goût de la vie. Il sifflait. Il aimait fermer et ouvrir les yeux. Les fenêtres claquaient. Il respirait plus fort. Il regardait les nuages. Il marchait dans le crépuscule obscur et doux, sans trembler. Les astres tournaient au-dessus de ses poings fermés. Et les corbeaux de Long Island recevaient tout bas ses confidences. « Croa croa mon oeil enfoui sous la même Terre où je suis l'Ange. » Son dernier télégramme avant d'entrer dans la Jérusalem céleste.
Ils sortent. Ils se retirent. Les poètes et les autres comédiens. Avec manteaux, panoplies, costumes. Maintenant, la scène est vide. Les lauriers sont coupés. Le sol est plat, le terrain dégagé, lavé, simplifié. Marée basse. On respire.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.