EuroPhilosophie Éditions
Brazuca debe su título a la confesión del célebre filósofo judío portugués Bento de Espinosa, neerlandizado bajo el nombre de Baruch Spinoza, quien le confiaba el 20 de julio de 1664 a su amigo Peter Balling que se le había aparecido de buena mañana en la cabecera de su cama, al despertarse, un "brasileño negro y mugriento". La alucinación y su expresión racista evocan la trata de los esclavos africanos explotados por la Compañía neerlandesa de las Indias Occidentales de Pernambuco. Y aluden al vínculo estrecho que el filósofo y su familia mantenían con el esclavismo y el comercio colonial holandés en Brasil. Al reemplazar en ese contexto la figura del pensador europeo, panteonizado por la Academia, celebrado en Francia como "el Cristo de los filósofos", Brazuca desconstruye la imagen eurocéntrica del autor de la Ética y vuelve a sumergir a Bento de Espinosa en el baño diaspórico de sangre y de esperma de la colonización de Brasil. En la estela del Manifiesto antropófago del fundador del modernismo brasileño Oswald de Andrade, para quien Brasil empieza con la devoración del primer obispo portugués de Brasil por los indios Caeté, Brazuca implica la devoración salvífica llevada a cabo por Brasil, sus naturalezas, sus pueblos y sus literaturas, del portugués holandizado que Antonio Negri reconoció como el mayor metafísico del capitalismo occidental.
À la suite de notre premier chantier collectif de traductions, dont les résultats ont été publiés dans l'ouvrage Féminismes latino-américains en traduction. Territoires dis-loqués (2020), nous avons poursuivi le projet de diffusion en français des questionnements portés par les féminismes en Amérique latine. En nous focalisant cette fois plus particulièrement sur les démarches liées aux activismes, nous cherchons à participer à l'impact politique et épistémologique des dialogues décoloniaux. Ce nouveau recueil, issu d'une seconde étape collaborative, reprend certaines lignes du précédent, mises en relief dans le développement actuel des discours transféministes latino-américains, et aborde plus directement la complexité des questions trans, intersectionnelles et décoloniales. Il rend compte des circulations des divers positionnements transféministes, dans le continent Américain et entre l'Espagne et l'Amérique latine. Cartographie partielle d'un trafic discursif, il est avant tout le lieu d'un trafic incarné, car les échanges issus des flux migratoires et des théories voyageuses sont déterminants pour comprendre les alliances en jeu. Les textes traduits partagent, à des degrés divers, les caractères essentiels des questions transféministes qu'il nous importait de mettre en lumière : activisme, performance, décentrements critiques du cishétérosexisme et du capitalisme colonialiste. Contrastant l'émergence et la mise en circulation du transféminisme dans différents contextes, sous la forme de réseaux associatifs, de mouvements politiques et d'échanges de savoirs, Karine Espineira souligne que cette question des réseaux, de la circulation des idées et des personnes est, dans un contexte de conflit, tout aussi intéressante à étudier que dans la perspective des alliances (2017). Or dans le contexte actuel, national et international, les conflits s'intensifient, la répression et les violences à l'encontre des personnes sexo-dissidentes et/ou racisées redoublent et s'amplifient, nous espérons que cet ouvrage rendra compte d'alliances auxquelles nous désirons participer.
Cet ouvrage est le résultat d'un effort collectif visant à mettre en lumière l'existence d'une pluralité de lieux de pensée et d'action à travers le monde dit de la « périphérie », ainsi que la puissance de la critique décoloniale qui émerge, lorsque ces endroits de vie entrent en dialogue les uns avec les autres. En effet, la pensée décoloniale latino-américaine a permis de mettre systématiquement en lumière la manière dont les fondements de l'ordre colonial continuent à travailler dans nos sociétés contemporaines, tout en indiquant également l'existence d'une pluralité d'alternatives au projet de mort de la colonialité fondé sur la race, le patriarcat, les formes d'exploitation de la Terre et la division mondiale du travail. Comment défaire un tel rapport de domination que la philosophie a aidé à bâtir, si souvent avec l'aide des dominés eux-mêmes ? Pour contribuer à remanier à cette situation, le présent ouvrage fait le pari de la création de dialogues des lieux, dans l'optique de produire une logique de la relation pouvant se tenir à l'écart de la logique dominante de l'exclusion. Ainsi, l'ouvrage rend compte à la fois et du développement de la pensée décoloniale à travers de textes d'auteurs phares du mouvement en Amérique latine, tels que Santiago Castro-Gómez, Arturo Escobar, Nelson Maldonado-Torres ou encore Rita Segato, et de son extension bien au-delà de ses terres d'origine, ouvrant ainsi ce courant critique à de nouveaux lieux de réflexion et de mise à l'épreuve.
Quand la violence dépasse les cadres politiques et sociaux, comment la penser ? De la terreur à l’extrême violence interroge les limites de l’institutionnalisation de la violence, là où elle bascule dans l’intraitable.
Au cœur de l'idéalisme allemand, ce premier volume rassemble les débats fondateurs entre Fichte et Schelling sur la place de la subjectivité et la construction du système philosophique.
Au cœur de l'idéalisme allemand, ce second volume explore les débats intellectuels entre Fichte et Schelling, deux piliers de la philosophie moderne.
Et si l’école pouvait être à la fois un outil de contrôle et un espace d’émancipation ? L’école mutuelle au-delà de Foucault revisite la vision foucaldienne de l’école comme machine disciplinaire.
Et si le salariat n’était qu’une illusion de justice sociale ? Le salariat de Pierre Kropotkine, texte fondateur de l’anarchisme, dénonce avec force le mythe du « mérite » et propose une société fondée sur l’égalité des besoins, pas des revenus.
L’Italie d’après-guerre fut le théâtre d’une effervescence intellectuelle et politique sans précédent.
Explorez la philosophie pratique de Fichte à travers des analyses expertes : anthropologie, éthique, droit, religion et esthétique décryptés par des spécialistes.
Ce troisième volume de Leggere Fichte explore les dialogues philosophiques entre Fichte et ses contemporains, de Kant à Hegel en passant par Jacobi et Schlegel.
Et si la technique moderne nous rendait étrangers à nous-mêmes ? Nihilisme et technique explore le malaise contemporain face à la perfection des machines, révélateur d’un fossé grandissant entre l’homme et son monde.
Quem sou, quando nasci, como e por quê?... acho que isso não é o essencial. Alguém dirá um dia. O que pode contar por enquanto é mesmo meu ato de escrever. Meu ofício de ser doido sem despirocar. Tenho a impressão de que nós, pretos, escrevemos por atordoamento, porque nossa civilização é a civilização da palavra. Também porque nossa visão de mundo é antes e acima de tudo uma palavra. Pra encurtar, se me pedissem pra definir minha escrita com relação à escrita negra, diria isso: gostaria que lendo qualquer um de meus livros Senghor exclamasse: "Mas é isso a negritude, caramba!" Simplesmente porque não se pode deixar de ser preto. Melhor dizendo: não se pode, quaisquer que sejam as pedras que faremos lançar sobre nós nos campos da polêmica, não se pode deixar de ser negro. Sou escritor e negro.
Dans ce volume, nous proposons une cartographie fragmentaire des productions littéraires queer/cuir élaborées depuis les expériences minoritaires qui circulent en dehors des réseaux hégémoniques de la culture et de l'université. Cet éparpillement des productions issues de la dissidence sexuelle, consécutive d'une exclusion du champ culturel et littéraire canonique, explique que nous revendiquions le caractère fragmentaire de cette cartographie qui fait émerger des territoires très différents, éloignés, à l'accès parfois compliqué. Au-delà du dessin provisoire de ce panel, ce que nous souhaitons impulser ici est une démarche d'ouverture vers de nouveaux territoires épistémiques. Les textes de fiction qui se trouvent dans ce volume datent tous des dix dernières années et fonctionnent comme des technologies de subjectivation et de socialité queer et transféministe, comme des outils de transformations sociales, y compris depuis les positions académiques que nombre d'autrices occupent également.
Il est toujours facile de dire que le schizophrène fuit la réalité, régresse à une position narcissique et reste inaccessible au transfert. La seule chose importante est de pouvoir faire exactement le contraire : comprendre la façon dont le schizophrène transforme la réalité qu'il fuit, suivre la façon dont il schizophrénise ses propres identifications et son propre narcissisme, et co-expérimenter la façon dont il expérimente déjà en lui-même les modes de relation transférentielle dont la discipline asilaire a écrasé les virtualités depuis très longtemps, mais dont le concept analytique de névrose de transfert est resté ignorant dans son essence. C'est ce que tente de faire Guillaume Sibertin-Blanc à travers une analyse contre-anthropologique de la psychanalyse.
Der vorliegende Band ist der letzte einer Reihe, in der die Beiträge verffentlicht werden, die während des gleichnamigen VII. Kongresses der Internationalen Fichte-Gesellschaft 2009 in Brüssel gehalten wurden. Dieser Band enthält die Plenarvorträge dieser Konferenz. Namhafte internationale Forscher präsentieren in ihnen Erkenntnisse zur Editions-, Rezeptions-, und Wirkgeschichte der Philosophien Schellings und Fichtes.
En proposant un aller-retour entre l'Europe et l'Amérique latine sur la question d'une nouvelle critique sociale, cet ouvrage offre un milieu d'expérimentation. Il propose de tester concrètement le rôle d'un déplacement vers une perspective posée en extériorité de l'occidentalité de la raison critique. Selon certains travaux sociologiques, la critique sociale tendrait à s'affaiblir progressivement parce qu'elle finit par s'adapter aux objets qu'elle prend pour cible en reproduisant certains aspects de leurs limites et de leur logique de fonctionnement. En symbiose avec le processus qu'elle dénonce, la critique favoriserait ainsi son internalisation par le renouvellement théorique de l'appareil idéologique du capitalisme. L'issue à cette tendance à l'internalisation et à l'autoréférentialité pourrait résider dans la confrontation à une extériorité. Il s'agirait de déplacer la critique sociale vers une pratique qui se veut extérieure à la raison occidentale et qui, en conséquence, l'amènerait à désobéir aux cadres épistémiques qu'elle s'est elle-même imposés. En choisissant une telle voie, cet ouvrage essaie de mettre en pratique ce que des penseurs latino-américains ont nommé une « option décoloniale ». En suivant leurs critiques de la « colonialité du pouvoir » à la fois intériorisée et admise comme non optionnelle, il s'agit de produire les conditions de genèse d'une position tierce irréductible tant à l'identité qu'à l'altérité qui l'interrompt, une position d'issue à l'enferment et à sa négation. Bref, renouer avec l'optionalité radicale du pouvoir.
L'Alterpolitique est une contribution à la critique intellectuelle de ce que son auteur définit comme un ordre capitaliste-colonialiste-domesticateur. Cet ordre global est marqué par l'instrumentalisation excessive, l'exploitation et la dégradation de l'environnement humain comme de l'environnement non-humain. Il s'agit d'un ordre perclus de formes destructrices et inacceptables, mais surtout dispensables, d'inégalités, d'injustices et de marginalisations. Depuis les années 1960, on a progressivement réalisé que l'esprit d'opposition et les politiques qui ont marqué les combats anticapitalistes, antiracistes et anticoloniaux de par le monde ont souffert d'une faiblesse fondamentale. Tout en renversant, parfois avec succès, l'ordre politique auquel ils s'opposaient, ils ont été moins efficaces dans l'intégration structurelle au sein de leurs politiques d'opposition de propositions alternatives aux réalités qu'ils avaient su abolir. Que ce soit dans l'expérience du « communisme réel » tel qu'il est appliqué sur le terrain ou dans celle des sociétés ayant résulté des combats anticoloniaux, on constate la réalisation progressive que les « antipolitiques » (politiques d'opposition visant à abolir l'ordre existant) nécessitent d'être complétées par une pensée tout aussi vibrante et passionnée de type « alterpolitique » (politiques alternatives) qui se montre capable de saisir les potentiels émergents et de préparer le terrain pour de nouveaux modes de vie. Le présent ouvrage met en valeur la manière dont l'anthropologie critique, pour avoir toujours pris comme objet de recherche et de réflexion les économies alternatives, les modes alternatifs d'habitation et de rapport à la terre, ainsi que les différentes façons de penser et d'expérimenter l'altérité, présente une affinité particulière avec les dynamiques nécessaires pour la formulation des stratégies alterpolitiques.
La crise que nous traversons aujourd'hui n'est pas uniquement la crise d'un modèle économique, pas plus qu'elle ne peut être attribuée à l'humanité dans sa totalité. Elle est bien plutôt la crise du modèle de civilisation imposé par la modernité/colonialité/capitaliste/patriarcale occidentale. C'est ce constat effectué par des activistes amérindiens, afrodescendants et paysans, et de plus en plus explicitement élaboré par la pensée critique du continent, que le livre d'Arturo Escobar prend comme point de départ afin de proposer des alternatives à un mode de vie qui s'est révélé non soutenable et intrinsèquement meurtrier. Grâce à un riche dialogue entre les senti-pensées des communautés amérindiennes et des afrodescendants d'une part, et les théories appartenant à des disciplines hétérogènes telles que la philosophie, l'écologie politique, la théorie féministe et la biologie d'autre part, A. Escobar examine dans ce livre les potentialités du design pour la transition vers des modes de vie basés sur l'interdépendance radicale entre tous les êtres (humains et non humains), la réciprocité et l'autonomie des peuples. Pour ce faire, l'auteur adopte un double point de départ : premièrement, le postulat théorique selon lequel le design est ontologique, puisque chaque objet ou service qu'il crée produit des façons particulières d'être et de faire ; deuxièmement, l'observation de l'ubiquité du design dans nos sociétés modernes. Compte tenu des origines capitalistes, fonctionnalistes et rationalistes du design, pourrait-il être réorienté pour fonctionner non pas en faveur de l'accumulation de capital qui nécessite l'infériorisation de l'Autre, mais la reconstitution et la guérison du tissu de la vie ? Dans quelles conditions le design peut-il contribuer à la transition vers de nouveaux modes de vie où les êtres humains se sentent appartenir à la Terre et comprennent, comme dans la philosophie Ubuntu, que « je suis parce que nous sommes » ?
Les trois tomes de « Fichte : la philosophie de la maturité » regroupent les contributions faites en 2002 par les membres du Groupe d'Études Fichtéennes de Langue Française (GEFLF) lors des colloques de Louvain-la-Neuve et d'Aix-en-Provence. Le premier tome traite des questions de philosophie fondamentale posées par la dernière philosophie de Fichte : le rapport de l'ontologie et du transcendantalisme, de l'absolu et du phénomène, l'essence de la manifestation, la doctrine de l'image, la théorie de la réflexivité.
Les trois tomes de « Fichte : la philosophie de la maturité » regroupent les contributions faites en 2002 par les membres du Groupe d'Études Fichtéennes de Langue Française (GEFLF) lors des colloques de Louvain-la-Neuve et d'Aix-en-Provence.Dans le troisième tome ont été rassemblés des textes qui articulent et confrontent la démarche spéculative et phénoménologique du dernier Fichte aux traditions philosophiques contemporaines - l'hégélianisme, le perspectivisme nietzschéen, la phénoménologie husserlienne, le cognitivisme.