Del Busso Éditeur
La culture scolaire, disons-le franchement, ne soutient plus la promesse de former des « citoyens éclairés ». Mais comment prendre acte du déclin de cette culture sans tomber dans les polémiques bien connues ni déchirer sa chemise en public comme le font certains à chaque fois qu'il est question de ce qui devrait être enseigné à l'école ? On nous annonce régulièrement que la catastrophe nous guette. Au gré des humeurs de l'un ou de l'autre, il faudrait faire plus de latin, de secourisme, d'anglais, de français, de finances personnelles, d'histoire, de sport et de religion tout en ajoutant des ordinateurs, des dictées et, bien entendu, des valeurs. Et si cette crise autour de l'« essentiel » n'était pas que le signe d'un irréparable déclin, mais plutôt le signal qu'il est temps de poser autrement la question du rôle politique de l'éducation ? Ce que Marc Turgeon propose dans ce livre, ce n'est surtout pas une autre « théorie englobante », mais plus simplement un parcours au fil d'idées, de lectures et même d'anecdotes pour comprendre comment aborder l'avenir de l'éducation dans un monde pluriel qui s'accommode mal d'une école uniforme.
«Quinze ans me séparent du moment où j'ai écrit L'homme froissé , de longues, interminables années d'immobilité où je me suis livrée moi-même en pâture à « l'infini turbulent ». Je crois aujourd'hui que si un jour j'ai pu trouver un chemin de traverse dans l'épreuve, c'est en partie parce que l'oeuvre d'Henri Michaux m'avait transmis non un savoir mais un pouvoir de métamorphose, qu'elle m'avait enseigné une grammaire et une gymnastique de l'être dans l'espace intérieur et extérieur, familier et inconnu, fini et infini, réel et imaginé.» Barbara Rivard
Que faire d'un père qui dort, comme une sorte de Rip Van Winkle éhonté, fuyant dans le sommeil ses responsabilités? Comment faire, surtout, pour tuer le père et s'assurer ainsi de pouvoir atteindre sa propre maturité d'homme? Comment grandir quand le destin m'a fixé devant un bol de soupe, dans une enfance de trois ans dont je ne sais plus quoi faire à soixante? J'ai beau tourner et retourner la question, j'en reviens toujours à ce sommeil inamovible, mais qui n'est pas éternel, à cette mort qui n'aurait pas dû survenir.
«Léo s'est levé tôt ce matin, comme d'habitude, même si ce ne sera pas un jour ordinaire : 13 août 1942, il a six ans aujourd'hui et il fait beau. Sitôt levé, il regarde par la fenêtre et voit que la mer scintille sous le soleil - le grand soleil du matin, encore tout étendu dans son lit, dit sa mère Anastasie, qui a déjà mis la table dans la cuisine et versé un grand verre de lait pour chacun des enfants. Léo s'habille en vitesse et en silence, car son frère Gérard dort encore dans le grand lit qu'ils partagent, il ne serait pas content qu'on le réveille avant son heure ; il garde ses souliers dans ses mains pour descendre l'escalier sans faire de bruit. Il a faim et l'odeur du pain et de la confiture aux fraises des champs arrive à ses narines avant même qu'il ne soit assis à table. Anastasie l'accueille avec une joie inhabituelle, l'embrasse pour lui souhaiter une bonne fête et pour Léo, se blottir ainsi contre sa mère, sa petite tête enfouie entre ses énormes seins, est le plus beau des cadeaux dont il pourrait rêver.» Le troisième volet de la trilogie autobiographique de Jean Cléo Godin.
Je suis grand. J'aurai bientôt quatre ans. Nous, les quatre plus vieux, occupons la banquette arrière de l'auto de notre père. Le bébé, celui qui a tout juste six mois, n'est pas du voyage. Un monsieur à la voix forte est assis à l'avant, côté passager. Qui est ce monsieur ? Et pourquoi a-t-il une voix si forte ? Une voix à faire peur. (...) Quand nous sommes montés dans l'auto, il m'a semblévoir des larmes dans les yeux de grand-maman. Du reste, ily a bien longtemps que je n'ai pas vu de manifestations degaieté, il y a bien longtemps que les paroles que les adultess'échangeaient à voix basse ont paru lourdes de sens. « Neparlons pas de ça devant les enfants »... Voici le récit vrai d'une enfance, comme de celles qu'on ne pense voir qu'au cinéma. Le narrateur est nul autre que Richard Bergeron, spécialiste du développement urbain et candidat à la mairie de Montréal.
S'il y a une vérité dans ce livre, c'est celle d'un face à face inévitable. Le long débat sur la laïcité nous a habitués aux chartes de droits, aux causes juridiques exemplaires et aux grands principes philosophiques. Le propos du professeur Yvan Lamonde vise plutôt à prendre la mesure de ce qu'ont été historiquement les enjeux de ce débat au Québec. Après deux siècles et demi d'hésitations, de tergiversations et de combats, l'heure est venue, nous dit-il, de faire des distinctions et des choix.
Co-édition Numeriklivres et Del Busso Éditeur Vous recevez des lettres ? Le pape, Tintin et le Père Noël aussi. On vous inonde de pourriels et de chaînes de lettres ? Mademoiselle Nitouche ne vous sera malheureusement d'aucun secours; sa spécialité, c'est le langage des timbres-poste. Vous préférez utiliser le pigeon voyageur ou la bouteille à la mer, voire la lettre chantée ? Vous ne seriez pas le premier. Attendre une lettre pendant des décennies, vous enivrer de son parfum ou payer une fortune pour une missive ne vous semble pas relever du délire ? Les lettres de recommandation vous paraissent dignes d'intérêt ? Vous aimeriez mieux connaître la correspondance des sportifs et celle des tueurs en série ? Vous n'avez pas peur de recevoir des nouvelles d'outre-tombe ? Les curiosités épistolaires ici rassemblées sont pour vous.