Trajectoires
Militante de la première heure au Parti québécois, Louise Beaudoin a mené une carrière en tous points exceptionnelle au service du Québec. Elle a été tour à tour directrice de cabinet, fonctionnaire, déléguée générale du Québec à Paris, ministre des Relations internationales, ministre déléguée aux Affaires intergouvernementales canadiennes, de la Culture et des Communications, ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française et, pour une nouvelle fois, ministre des Relations internationales et de la Francophonie. En plus de quelques séjours dans le secteur privé et culturel, elle a été consultante, analyste dans les médias et a donné plusieurs cours dans diverses universités. Elle a laissé une trace indélébile dans le domaine de la culture, se portant particulièrement à la défense du français, de la laïcité et de la diversité des expressions culturelles. De nombreux observateurs ont souligné le rôle capital qu'a joué son carnet d'adresses français pour ouvrir les portes de l'Élysée alors que le Parti québécois était encore dans l'opposition, de même que les appuis inestimables qu'il a valus au Québec à l'occasion des campagnes référendaires de 1980 et de 1995. En matière de relations internationales, c'est elle qui a négocié avec Ottawa, à la demande du premier ministre Pierre Marc Johnson, l'accord qui a permis au Québec de participer au premier Sommet de la Francophonie en 1986. Elle a également eu un rôle central dans la relance des relations internationales du Québec à la fin des années 1990 et dans la préparation des négociations qui ont mené à la conclusion de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de l'UNESCO. Dans ces fascinants entretiens, Louise Beaudoin se remémore pour nous ses combats visant à assurer au Québec la place qui lui revient parmi le concert des nations.
Le 1er juillet 2011, un nouveau poste était créé au sein de la haute fonction publique, celui de scientifique en chef du Québec. Vers qui donc allait-on se tourner? Qui deviendrait le premier titulaire de cette prestigieuse fonction consistant à émettre des avis scientifiques adressés au ministre titulaire de la science et plus largement au gouvernement du Québec, à intervenir publiquement sur toute question touchant la science et à tenir la barre du très important Fonds de recherche du Québec?Le choix s'est très vite arrêté sur Rémi Quirion, à la plus grande surprise de celui-ci. Jusque-là vice-doyen à la Faculté de médecine de l'Université McGill, Rémi Quirion était, à titre de directeur scientifique du Centre de recherche de l'Institut Douglas, un des chercheurs en neurosciences les plus cités dans le monde pour ses travaux sur la maladie d'Alzheimer. Un scientifique pur et dur, donc, sans expérience préalable dans les affaires publiques et la gestion.Voilà ce qui fait tout le prix de ces entretiens avec Claude Corbo, ce regard franc, voire parfois candide, que Rémi Quirion porte sur les relations nécessairement complexes entre pouvoir et savoir. D'autant plus que son mandat, qui s'est poursuivi jusqu'en 2026, a été fertile en événements de toutes sortes : pandémie, débats autour des politiques d'égalité, de diversité et d'inclusion à l'université, attaques frontales contre la science menées par des forces conservatrices et fondamentalistes qu'on croyait disparues.Dans ce récit enlevant, Rémi Quirion nous raconte tous les efforts qu'il a déployés à l'international pour faire la promotion des scientifiques québécois et pour réaffirmer la place de la langue française dans les sciences. Il raconte surtout son combat incessant pour défendre l'indépendance de la science dans ce monde d'influences et de compromis qu'est la politique.Ce livre retrace le parcours hors norme d'un scientifique qui n'a jamais eu peur de sortir de sa zone de confort.
À travers des entretiens intimes avec son fils, Naïm Kattan révèle le parcours exceptionnel d’un écrivain et haut fonctionnaire qui a marqué le Québec par son engagement pour le dialogue interculturel.
Découvrez les coulisses du pouvoir québécois à travers le témoignage exclusif de Louis Bernard, figure méconnue mais centrale de l’État pendant trente ans.
Québec, 1970-2014 : un avocat hors norme se confesse. Julius Grey révèle les combats d’un homme qui a marqué l’histoire québécoise, de la loi 101 au port du kirpan, en passant par sa vision audacieuse de la justice et de la liberté.
Au fil des pages, le lecteur découvrira un intellectuel de haut-niveau qui a manifestement encore des choses à dire et qui, fort de son expérience, continue à porter son regard vers l'avenir et à souhaiter que le Québec devienne une société plus juste et égalitaire.
Intellectuelle engagée, femme d'idées et d'action, Lise Bissonnette est à la fois observatrice, analyste et partie prenante de la société québécoise depuis près de cinquante ans. Du journalisme à l'administration publique, sa carrière couvre un large éventail d'engagements intellectuels, dont la cohérence repose sur la notion de service public et une préoccupation constante pour la justice sociale, l'inclusion, l'accès universel à l'éducation, au savoir et à la culture, et les institutions qui les soutiennent. C'est dans un éditorial du Devoir qu'elle fait, par exemple, la promotion du projet d'une Très Grande Bibliothèque du Québec, dont la fondation lui sera confiée. De même, l'engagement envers l'éducation, amorcé dès les études, se poursuit sur tout le parcours professionnel et prend différentes formes, des articles du Devoir à la présidence du conseil d'administration de l'UQAM. Tant dans les pages du Devoir que dans ses postes ultérieurs, Lise Bissonnette s'est engagée pour l'éducation, pour le savoir et la culture, mesurant ici l'ampleur des zones sinistrées, réclamant là des équipements, rendant compte de la culture comme puissant moteur économique, luttant contre l'indifférence et pour la démocratisation culturelle. Le passage du journalisme au service d'institutions publiques d'envergure, auxquelles elle consacre la deuxième partie de sa carrière, se fait ainsi tout naturellement. Conçus comme un essai sur le Québec depuis la Révolution tranquille, ces entretiens avec Lise Bissonnette permettent de jeter un regard novateur à la fois sur les notions d'engagement intellectuel et de service public, et sur quelques grands enjeux au coeur de la société québécoise. Évoquer, par exemple, la pauvreté des bibliothèques scolaires abitibiennes ou le cours classique tronqué pour les filles, n'est-ce pas autant d'occasions de prendre la mesure du chemin parcouru et du rattrapage inachevé ? De comprendre le rôle essentiel des institutions nationales dans le développement culturel, artistique ou éducationnel du Québec ? (Extrait de l'avant-propos de Pascale Ryan)
André Major a beaucoup contribué au développement de la littérature québécoise depuis le début des années 1960. Après s'être identifié à des groupes comme celui de Parti pris, revue dont il a été membre fondateur, il s'est rapproché d'écrivains qui appartiennent à des cercles différents, voire antagonistes. Passant outre aux divisions idéologiques, il a fréquenté des intellectuels de tous les milieux et de toutes les générations et collaboré à presque toutes les revues culturelles importantes de l'époque, de Liberté à Maintenant en passant par L'Action nationale et Les Écrits du Canada français. Il a aussi participé de façon étroite à la vie littéraire, non seulement par son oeuvre, mais aussi par les chroniques qu'il a publiées dans Le Petit Journal puis dans Le Devoir, par son travail de lecteur aux Éditions du Jour, par sa présence au sein du comité qui crée en 1977 l'Union des écrivains (UNEQ), par les premiers ateliers de création littéraire offerts dans les universités et plus encore par son métier de réalisateur à la radio. À partir de sa retraite de Radio-Canada en 1997, l'écrivain connaît un second souffle. Tout en continuant de s'adonner à la fiction, André Major s'identifie de plus en plus à la forme intimiste du carnet et en fait son genre de prédilection. C'est l'écriture discontinue des carnets qui constitue sa manière véritable, le coeur de son oeuvre. Les entretiens proposés ici permettent de saisir en quelque sorte la continuité derrière une telle discontinuité. Ils donnent à entendre l'admirable constance de la voix d'un écrivain qui témoigne de son temps tout en refusant de s'aligner sur les effets de mode, d'un merveilleux accompagnateur des auteurs et des artistes depuis la Révolution tranquille et d'un esprit remarquablement libre. Ce témoin privilégié raconte son histoire, et à travers celle-ci, c'est plus d'un demi-siècle de l'histoire politique et intellectuelle du Québec qu'on redécouvre, en même temps que les étapes de l'élaboration d'une oeuvre de premier plan.
La vie du Père Riquet est celle d'un homme qui a su - très tôt - allier, à une vocation religieuse, un intérêt tout aussi profond pour les réalités sociales et la politique de son temps. Prêtre de la Compagnie de Jésus, il assura - durant dix ans - les conférences de carême à Notre-Dame de Paris. Après avoir fait la guerre de 1914-18, il milite dans les mouvements de réconciliation franco-allemande et, en 1945, revenant de Dachau, il se lance dans le combat de l'Europe. Vice-président de la LICRA, chroniqueur au Figaro, il fut aussi le fondateur du premier Secours catholique, l'aumônier des médecins, et l'un des premiers prêtres invités dans une loge maçonnique. Ces multiples facettes, qui constituent sa trajectoire, le Père Riquet en a confié le récit à un jeune historien, sous forme d'entretiens. Il ne s'agit pas seulement d'une biographie, mais d'un regard lucide sur l'évolution du monde et de l'Église.
« Je crois à l'entrepreneurship. Mon apprentissage, ce fut une vie par paliers. [...] Ma vie a été parsemée d'occasions d'apprendre à gérer. » Si ces mots ne résument pas le parcours de Denis Vaugeois, ils résument sans doute l'esprit volontaire et curieux d'un homme abonné aux défis les plus variés.En tant qu'historien, Denis Vaugeois n'a jamais répugné à s'engager dans les affaires de la Cité, au point de devenir une référence pour le grand public. C'est ce même souci de rendre accessibles les travaux des historiens québécois qui l'encouragera à s'investir dans le domaine de l'édition. Combinés à son nationalisme modéré, ses travaux sur la Nouvelle-France et les Autochtones en font un observateur et un défenseur de l'Amérique métissée.Celui que René Lévesque considérait comme un « homme de culture » a donné son nom à d'importantes politiques culturelles qui aujourd'hui encore structurent l'action gouvernementale. Avec la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre, Denis Vaugeois a su arrimer des objectifs de diffusion culturelle aux impératifs économiques d'un secteur d'activité fragile mais essentiel à la collectivité. Et son action en faveur d'un réseau de bibliothèques publiques constitue un legs culturel et démocratique majeur. Bien qu'épris de culture, l'homme n'en est pas moins un gestionnaire efficace et il se livre dans ces entretiens à une véritable leçon d'administration publique et privée. Que ce soit comme haut fonctionnaire, ministre ou éditeur, Denis Vaugeois se révèle être un praticien rigoureux et déterminé. C'est sans doute cette détermination qui explique la somme impressionnante de ses réalisations dans le domaine culturel.
Dans ces entretiens avec Christian Nadeau, Georges Leroux célèbre un idéal d'amitié intellectuelle qu'il a découvert dans sa jeunesse, au début de sa formation à l'Institut d'études médiévales, et retrouvé à différents moments de sa longue carrière. Le récit de sa vie devient alors l'accompagnement d'une période d'effervescence où le Québec s'est doté de grandes institutions publiques, d'une vie intellectuelle et culturelle diversifiée, de savoirs et d'espoirs.