Pratiques du champ social
Partant des besoins de la personne âgée, chaque outil proposé est confronté à son opérationnalité. Après avoir abordé le cadre théorique de la construction du projet de vie, l'ouvrage décrit les leviers qui dynamiseront les équipes et l'ensemble des acteurs concernés : bénévoles, familles, travailleurs sociaux, personnel paramédical... « Copyright Electre »
Lorsque Laurence Picq, jeune institutrice française, épouse en 1967 l'étudiant cambodgien Sikoeun, elle sait qu'elle s'engage dans une aventure qui la conduira de l'autre côté de la terre, au coeur d'un autre continent, d'une autre civilisation, d'une autre culture, à la recherche d'un monde nouveau qu'il reste à inventer et à bâtir. Après cinq années de résidence forcée à Pékin, elle croit atteindre son but quand elle atterrit, en juin 1975, sur l'aéroport de Phnom Penh, dans ce Cambodge enfin libéré par les Khmers rouges. Insensible aux privations, à l'inconfort, à la méfiance et à l'hostilité que lui manifestent ses camarades et les cadres du parti, elle se bat pour cet avenir auquel elle croit de toutes ses forces. Peu à peu, le rêve se ternit, le quotidien devient insupportable, puis terrifiant. La peur naît. Et le désespoir. Pour l'amour de ses filles âgées de cinq et sept ans, Laurence Picq alors enceinte d'un bébé qui ne vivra que quelques mois, entame un combat insensé pour survivre. D'abord au sein même de l'univers kafkaîen des dirigeants khmers puis, après l'invasion de l'armée vietnamienne, au cours d'un exode hallucinant à travers le Cambodge dévasté. Grâce à son courage exceptionnel, à une volonté hors du commun, elle ira au-delà de la peur, au-delà de ses forces, au-delà de l'imaginable, au-delà de l'horreur. Dans ce livre sans concession et sans démagogie, Laurence Picq nous livre l'unique témoignage existant à ce jour sur la vie du Cambodge, avec les Khmers rouges de 1975 à 1980.
Le théâtre de la mort s'est profondément modifié en cette fin de XXe siècle. Dans les années soixante-dix, la mort, de plus en plus médicalisée, a ouvert un débat passionné sur la puissance de la médecine, l'acharnement thérapeutique, l'euthanasie... Aujourd'hui, le développement du concept d'accompagnement et de soins palliatifs ne manque pas de soulever de nouvelles questions : celle de la pertinence d'une législation du droit à la mort, celle du partage de l'information et de la vérité, celle de la souffrance et du respect de la dignité de la personne en fin de vie, celle de la responsabilité de la poursuite ou de l'arrêt des investigations et traitements, etc. En proposant une réflexion et des repères cliniques, philosophiques, juridiques, théologiques, les auteurs de cet ouvrage nous invitent à en débattre. Ils sont tous engagés dans la promotion d'une éthique clinique qui consiste, dans l'action, à se poser toujours trois questions : pourquoi faisons-nous cela
Face à une révélation d'inceste, que font et que peuvent faire les travailleurs sociaux et les autres intervenants habituels (magistrats, médecins, enseignants...) ? Quelles mesures de protection des victimes mineures faut-il privilégier ? pour quelle efficacité ? Comment assurer en justice la défense et la représentation des intérêts de l'enfant ? Doit-on mener, au-delà des mesures d'urgence, une action auprès du groupe familial afin de prévenir une récidive toujours menaçante ? Telles sont les questions qui ont servi de fil directeur à la recherche de cinq années menée par un groupe de travailleurs sociaux et de psychologues de la Sauvegarde de l'enfance de Vendée dont cet ouvrage est l'aboutissement. À l'écart de toute ambition normative, leur travail - s'appuyant sur l'examen attentif de cas singuliers et sur une investigation statistique conduite par Gildas Loirand, sociologue - constitue une évaluation des actions menées sur le terrain auprès d'une centaine de familles à transaction incestueuse, révélée ou soupçonnée. Sont ainsi abordés le contexte du travail social dans l'approche des situations de violences sexuelles, les organisations familiales à risque incestueux, les conséquences des violences sexuelles sur la victime et son entourage pour souligner l'importance de la prévention et déboucher sur des pistes d'intervention possibles. Dans tous les cas, la protection et le soutien des victimes, pour lesquels se mobilisent les travailleurs sociaux, ne sauraient être véritablement assurés sans une coordination raisonnée de l'action des diverses institutions qui interviennent dès qu'un inceste est déclaré ou suspecté. Ainsi les auteurs qui ne proposent pas des « solutions clés en main » invitent tous les intervenants concernés à mettre en place localement des dispositifs d'actions concertées, y compris préventives, susceptibles d'offrir à chacun, dans le souci de l'intérêt de l'enfant, la possibilité d'exprimer sa spécificité professionnelle et sa compétence propre sans interférer sur celles des autres.
Comment construire un projet de vie en maison de retraite, répondre aux attentes des résidents, intégrer la dépendance, animer, faire participer la famille, dynamiser et responsabiliser le personnel ou encore gérer le quotidien d'une institution accueillant des personnes âgées ? Cet ouvrage s'appuie sur une double approche, théorique et pratique. Il est conçu comme un outil de travail à l'usage des directeurs et employés des maisons de retraite mais aussi des médecins, assistants sociaux, psychologues, responsables politiques ou encore enseignants du champ social qui sont ici particulièrement concernés. En effet, ils y trouveront, en référence à des concepts incontournables, une méthode de travail directement applicable à la construction d'un projet de vie en institution. Le projet de vie, tel qu'il est abordé ici, est centré sur le résident, mais dynamisé par l'équipe tout entière. Ce principe de base implique une nouvelle réflexion sur le comportement individuel et collectif du personnel et sur la notion de responsabilité. La construction du projet s'énonce en déjouant les effets induits par l'institution elle-même, et porte sur l'articulation pratique d'un projet global avec plusieurs microprojets qui constituent autant d'objectifs à réaliser.
Qu'est-ce que la qualité de vie en maison de retraite ? Cette question est d'importance quand on sait que la population accueillie en structure collective est de plus en plus âgée, de plus en plus dépendante, et qu'elle présente une forte probabilité d'être hébergée jusqu'à la fin de sa vie. Les réponses possibles à cette interrogation initiale ont suscité chez les auteurs une enquête nationale dont l'objectif était de confronter les pratiques observées aux besoins des résidents au sein des différentes institutions. Les résultats présentés mettent l'accent sur les notions de bien-être social et individuel, sur le rôle de l'équipe professionnelle et l'organisation du travail. Leur analyse a conduit à élaborer une méthode d'évaluation du projet de vie de l'institution - que celui-ci soit formalisé ou non - que les auteurs mettent ici à la disposition de tous ceux qui consacrent leur vie professionnelle aux personnes âgées en institution. Cet ouvrage, qui s'appuie très concrètement sur des observations et des propositions d'actions, invite les professionnels à envisager la qualité de vie au regard de leurs propres comportements envers les personnes âgées dont ils ont la charge. Personnel, direction, familles, bénévoles, mais aussi les résidents eux-mêmes se trouvent donc impliqués dans cette recherche d'une meilleure qualité de travail et d'existence.
L'insertion sociale et professionnelle de malades mentaux en milieu ordinaire est-elle un mythe, une mode, une lubie expérimentale ? La spécificité de la maladie mentale nécessite-t-elle des aménagements de la réalité quitte à n'accéder qu'à une pseudo-insertion ? Peut-on mener une existence sociale et professionnelle satisfaisante, malgré la maladie ? L'insertion serait-elle une nouvelle thérapeutique de la psychose, ou le constat de sa cicatrisation ? Une institution peut-elle « prendre en charge » des personnes qui veulent devenir autonomes ? S'appuyant sur les douze années de fonctionnement du centre d'insertion sociale et professionnelle Jean Caurant, créé à l'initiative de l'UNAFAM, cet ouvrage examine avec attention ces questions, leurs incidences pragmatiques, et les bribes de réponses que cette expérience commence à apporter. Soignants, travailleurs sociaux, familles trouveront là matière à réflexion, car, comme le dit Jean-Claude Benoit dans sa préface « dans ce livre tout est concret, en contact immédiat avec « l'humain » et le « terrain ». De nombreuses et claires observations témoignent du cadre d'action des auteurs et de leur cheminement avec chaque client ».
Au domicile comme en institution, la famille, au sens large, demeure plus que jamais au coeur du lien social et de son maintien. Elle doit demeurer une attention constante des professionnels engagés dans la prise en charge et l'accompagnement des personnes âgées Un ouvrage construit à partir de situations réelles et de témoignages, offrant une analyse approfondie des défis rencontrés par les personnes âgées et leurs familles Des réponses concrètes et des approches innovantes pour soutenir les solidarités familiales et sociales, indispensables dans l'accompagnement du vieillissement. Il met en lumière la nécessité de repenser les politiques publiques et propose des pistes pour renforcer le soutien aux personnes vulnérables et à leurs proches.
Que signifie protéger pour les institutions ? Que signifie être protégé pour un enfant placé ? À partir d'une quarantaine d'entretiens individuels et collectifs et de 350 dossiers de l'Aide sociale à l'enfance, l'auteur tente de répondre à ces questions en analysant les parcours de prise en charge dans le cadre de placements (enfants placés, déplacés, replacés). Dans ce livre attachant, l'auteur nous plonge dans un univers peu connu, celui des parcours d'enfants placés par l'aide sociale à l'enfance. Cette situation n'est pas rare en France puisque chaque année 140 000 enfants font l'objet d'une mesure de placement. Construit autour de récits recueillis auprès des familles d'origine, des familles d'accueil, des profes-sionnels de l'enfance (juges, travailleurs so-ciaux...) et surtout des enfants et adolescents concernés, cet ouvrage restitue la parole et la dignité de ceux qui sont l'objet de ces mesures. Émilie Potin est docteure en sociologie, ingénieure de recherche à l'université de Bretagne occidentale à Brest, membre de l'Atelier de recherche sociologique.
Les intervenants du champ médico-social auprès des enfants et des adolescents en difficulté savent que les enfants de migrants constituent une part importante de la population concernée. De cette réalité, générant parfois incompréhension et sentiment d'impuissance, la question culturelle surgit, mais aussi la tentation d'y répondre comme à un phénomène sociologiquement limité et concernant les seuls migrants. Les auteurs de cet ouvrage, dans un paradoxe apparent, contribuent à élargir l'horizon de cette question, mais aussi à la porter au plus intime de chacun. Ils ouvrent des pistes concrètes et des repères pour outiller ces acteurs, désamorcer les crises et renforcer les postures, faisant dialoguer positivement identité et altérité dans les pratiques quotidiennes aussi bien éducatives, que sanitaires ou judiciaires. L'exigence éthique seule paraît en mesure de fonder une approche des phénomènes culturels débarrassée du naturalisme ethnologique, comme de conférer une efficacité véritable à des initiatives qui sans elle ne sauraient relever que d'une technicisation du social. Cet ouvrage a été constitué à partir des travaux du DERPAD (Dispositif public au service des professionnels de l'enfance et de l'adolescence en difficulté) et de ceux de l'association REGARDS (Repenser et gérer l'altérité afin de refonder la démocratie et les solidarités). Stéphane Tessier est médecin de santé publique.
Faire l'éloge de l'insuffisance est une autre manière de dire la nécessaire interdépendance des membres de la société et de mettre en évidence les forces insoupçonnées que recèle la vulnérabilité. N'est-ce pas l'insuffisance constitutive de l'être humain qui, en se revendiquant comme telle, permet de fonder le lien social comme une nécessité réciproque de vivre et de travailler ensemble ? Les configurations sociales de vulnérabilité qui concernent les « perdus de vue » de la République sociale - jeunes incasables, familles avec un enfant autiste ou polyhandicapé, un adulte handicapé, ou des parents malades d'Alzheimer - mobilisent des compétences et des savoir-faire le plus souvent ignorés de tous, qui permettent de remplacer pour un temps toutes les aides prévues par le système de protections sociales habituelles.
Les crises sporadiques qui agitent le système scolaire depuis une vingtaine d'années sont bien plus que la traduction d'un désenchantement de l'école ou d'un « malaise enseignant », lycéen ou étudiant. Elles sont à saisir comme symptôme d'une crise de citoyenneté collective, d'une véritable crise du politique. Si la violence scolaire est au coeur d'un malaise dans la citoyenneté, c'est que notre citoyenneté nationale est aujourd'hui confrontée à une implosion à la fois par le « haut » liée à la mondialisation et par le « bas » liée à des résurgences plurielles de communautés ; cette rupture du pacte républicain est porteuse de violences scolaires. Agrégée de sciences sociales, Béatrice Mabilon-Bonfils est enseignante à l'IEP d'Aix-en-Provence, chercheure associée à l'IREDU-CNRS de Dijon.
En France, parents et professionnels font preuve d'une frilosité extrême en ce qui concerne l'éducation sexuelle des adolescents. Cet ouvrage est une sorte de programme d'éducation à la sexualité étayé de nombreux outils pédagogiques. L'auteur s'appuie sur les données les plus récentes de la sexologie, de la sociologie et sur 20 ans de recherches et d'expériences en tant que professeur d'éducation sexuelle.
Sont exposées ici les pratiques d'accueil et d'accompagnement que propose le service d'accompagnement du deuil du Centre François-Xavier Bagnoud. Une équipe pluridisciplinaire offre une aide psychologique (entretiens de soutien, groupes d'entraide) à ceux qui s'adressent à elle à propos d'un décès qui les fait souffrir ou qui les obsède. Ces praticiens décrivent leur expérience et tentent d'en dégager les principes sous-jacents, les repères qu'ils se sont donnés au cours du temps, les doutes et les interrogations qui subsistent. Ils exposent aussi les conceptions théoriques auxquelles ils se réfèrent, dont ils ont besoin pour donner du sens à leur action. Alain Bercovitz, psychosociologue, est consultant au Centre François-Xavier Bagnoud (Paris).
À la fois guide méthodologique et analyse des pratiques, cet ouvrage constitue un véritable outil de formation professionnelle à destination des assistants sociaux dont la fonction est aujourd'hui mise à rude épreuve. La précarité des situations sociales, la diversité et la multiplicité des dispo-sitifs législatifs, le poids des exigences institution-nelles tendent à instrumentaliser la demande des usagers et la réponse professionnelle. Il devient alors difficile d'écouter, de comprendre, de reconnaître et d'accompagner le cheminement de la demande, afin d'établir une relation d'aide qui ait du sens pour l'usager et pour l'assistant de service social. Anne-Marie Bernard, Josette Demmou, Véronica Gargan, Michèle Girardet, Geneviève Jolicoeur, Charlotte Périé sont assistantes de service social. La plupart d'entre elles sont formatrices et assurent des supervisions dans le cadre de l'association FARE à Toulouse. Mise en vente le 6 mai 2010.
L'augmentation de la monoparentalité va de pair avec une précarisation accrue des femmes élevant seules leurs enfants. Cet ouvrage apporte une réponse croisée (sociale et psychologique) aux nombreuses questions que pose cette tendance aussi bien aux analystes des processus sociaux et psychologiques qu'aux intervenants du social. Cet ouvrage a reçu le prix de la Fondation Mustela en 2004. Gérard Neyrand, sociologue (Aix-en-Provence), est professeur à l'université Paul Sabatier de Toulouse. Il s'intéresse aux questions touchant à l'après-séparation, la parentalité, la petite enfance. Patricia Rossi, psychologue clinicienne, psychanalyste (Marseille), participe à la conception et à la réalisation de dispositifs dans la cité, relatifs à la parentalité et à la lutte contre l'exclusion sociale. Mise en vente le 30 août 2007
Ce livre expose de manière spécifique et inédite, la pratique d'un psychologue dans le champ du soin aux toxicomanes. L'auteur détaille ses missions thérapeutiques (avec divers lieux d'exercice, notamment l'hôpital et la prison) et préventives (auprès d'élèves, etc.). Il insiste sur les transformations de l'aide aux toxicomanes survenues depuis une douzaine d'années et sur la façon dont le psychologue s'y est adapté tout en participant à ses évolutions (notamment l'intensification du travail en partenariat).
Cet ouvrage se présente comme un antidote aux dérives instrumentales et managériales qui affectent aujourd'hui en profondeur le travail social. Face à la tendance actuelle à réduire le traitement des difficultés et des souffrances humaines à de simples procédures ou dispositifs, il engage les acteurs sociaux à fonder scientifiquement leurs interventions par une confrontation permanente entre la façon dont ils appréhendent la réalité sociale qu'ils ont pour tâche de traiter et un modèle explicatif susceptible d'éclairer les diverses modalités de la raison humaine. Jean-Yves Dartiguenave et Jean-François Garnier sont sociologues, université de Rennes. Réédition actualisée de L'homme oublié du travail social (érès, 2003)
Vieillir avec ou sans déficiences pose avant tout la relation de l'individu au monde qui l'entoure, aux interactions avec les autres et interroge en permanence sur l'échange, au sens du partage, et dans ce mouvement, de l'amour à donner mais également à recevoir, la sexualité n'étant, elle, que l'une des formes de la manifestation de cet amour si vital et indispensable pour notre survie quotidienne. Les professionnels de ce secteur, acteurs de l'accueil en institution comme du soutien au domicile, mais également les familles, trouveront là un espace de réflexion, de confrontation et de débats pour se pencher, en retour, sur leurs pratiques professionnelles comme sur leur engagement auprès de ces populations souvent privées d'une vie intime. Praticien de l'action médico-sociale depuis 30 ans, chercheur et enseignant, Philippe Pitaud est directeur de l'Institut de gérontologie sociale à Marseille et professeur associé à l'université de Provence.