Ouverture Philosophique
Intentionnalité et Trauma est, à ce jour, la première tentative d'articulation critique de Levinas et de Lacan. Rassemblant les deux perspectives sous le concept phénoménologique d'affection, Intentionnalité et Trauma appréhende la subjectivité comme une sphère de passivité sensible susceptible d'être motivée par l'altérité du non-sens et de répondre à cette motivation. La réponse au trauma est alors une "intentionnalité responsive". Elle est l'activité de notre passivité. Elle fait du rapport primordial de l'homme au monde non un rapport de connaissance, mais une question de "survivance".
Bergson est aujourd'hui considéré comme une sorte de doux rêveur avec sa théorie de l'énergie spirituelle et de l'autoconservation des souvenirs. Les ouvrages de sciences cognitives, de psychologie, de neurosciences ne le citent même pas. Luttant contre un tel oubli, cet ouvrage rappelle que l'ontologie inédite de Matière et Mémoire nous permet de penser le statut actuel de l'imagerie cérébrale et d'éviter l'écueil d'une nouvelle iconolâtrie.
L'errance, aux si nombreux visages et aspects, intrigue, fascine ou au contraire inquiète. Mais à quoi renvoie-t-elle ? Ce recueil montre toute l'ambiguïté de la notion, liée au pire (perte de soi) comme au meilleur (éloge de l'imprévu), et contribue à en mieux cerner les innombrables manifestations.
Paul Cézanne (1844-1906) a été pour Maurice Merleau-Ponty (1908-1961) une rencontre décisive ainsi qu'une présence qui a hanté toute son oeuvre. Pourquoi Cézanne ? Pourquoi sa peinture plutôt qu'une autre ? Cézanne a voulu peindre la nature en revenant à ce monde "sauvage" d'avant le raisonnement, le discours et les lois de la perspective. Cézanne et Merleau-Ponty ont la chair du visible en partage ; la peinture de Cézanne, véritable ontologie silencieuse, a inspiré l'ontologie phénoménale du philosophe.
Il s'agit de mettre en évidence des continuités et des ruptures entre rationalité chrétienne et rationalité des philosophes épicuriens et stoïciens. Comment se fait-il que saint Paul, qui défend l'idée juive d'un Dieu unique et transcendant, puisse dialoguer avec des philosophes soutenant l'existence de dieux multiples, matériels et physiques ? Qu'en est-il exactement de la vie et de la mort, du temps et du monde, de l'être et du souffle divin, de l'unité et de l'universalité du genre humain chez saint Paul et chez ses interlocuteurs ?
La création artistique est aujourd'hui profondément marquée par le développement accéléré de ce que l'on nomme les nouvelles technologies (de la vidéo au numérique). De nombreux artistes s'approprient les possibilités inédites que celui-ci leur offre pour développer leurs intentions esthétiques et renouveler leurs pratiques artistiques. En évoquant différents arts, les textes rassemblés ici interrogent quelques enjeux soulevés par les liaisons, parfois dangereuses, qu'entretiennent ces arts au risque des nouvelles technologies.
La gerbe d'études ici réunies parcourt le spectre des diverses positions doctrinales professées par la philosophie indienne classique sur la question des rapports entre pensée, langage et réalité, non sans jeter par là un précieux éclairage comparatiste. En instaurant une mise en miroir réciproque des approches de la réflexion philosophique occidentale sur le langage et de celles nées sur le sol de l'Inde, ce recueil voudrait contribuer à la mise à jour des options fondatrices de chacune des traditions philosophiques.
Il est des corps par nature différents, aux expressions singulières, interagissant avec la guerre, de manière qu'on ne puisse plus parler des uns sans parler des autres... L'intuition de ces corps, d'un devenir-dans-la-guerre-contre-la-guerre que ces corps tracent, incite à nommer un Corps de Guerre. Et ce, pour saisir non plus les corps que la guerre régénère et ceux qu'elle détruit, mais la vie dans la guerre, pour élaborer une poétique de la rupture. Ce faire rupture s'accomplit à travers un questionnement sur les oeuvres et la parole d'écrivains, de poètes et d'artistes...
"L'art contemporain", dans sa phase actuelle et marchande, nous masque l'un des plus fameux mouvements l'ayant précédé: la Figuration Narrative. Ainsi dénommée par le critique Gérald Gassiot-Talabot quand elle apparut dans les années 60, cette peinture figurative entama une critique acerbe de certains aspects de la société: l'argent, la violence, la consommation, la domination par les médias... Avec ses moyens propres, elle appuyait son discours sur une analyse fine de l'image, en relation avec les imageries alors en expansion, celles de la publicité, de la BD ou du cinéma.
La philosophie, celle que l'on pratique dans ce livre, ne poursuit pas de vérités absolues, extérieures au sujet, mais des vérités que le sujet recherche en lui-même, et surtout, dans le dialogue rigoureux avec d'autres interlocuteurs, afin de parvenir à un accord et donc à une clarté aussi bien sur la terminologie que sur le contenu. C'est une philosophie à la recherche d'une confrontation nécessaire, afin de partager avec d'autres ses propres découvertes.
L'auteur questionne dans cet essai une certaine éthique de la fragilité et de l'échec, initiée avec la quête antique, déjà précaire, de ce que Foucault appelait le "souci de soi", et encore manifeste à travers les tourments identitaires des minorités actuelles. La figure du sujet s'y trouve réhabilitée, après une période de discrédit due à certains courants de pensée postmodernes, dimension polémique que l'ouvrage n'esquive pas.
Depuis que John Locke a identifié sensation et reflection comme les deux sources de nos contenus mentaux, l'expérience et la réflexion sont devenues les mots-clés de l'explication philosophique de l'esprit. Depuis, l'exacte compréhension de ces deux facultés et de leur rapport a fait l'objet d'un conflit philosophique. Kant, Hume et Hegel l'ont d'ailleurs largement critiqué. Le problème du rapport de l'expérience et de la réflexivité est l'objet de presque toutes les traditions contemporaines significatives. (Articles en français, en anglais et en allemand).
Tentative de "réalisation" philosophique, l'ouvrage explicite les façons ou aspects universels du réel (à la fois intraitable et insistant) aperçus dans les choses perçues ou vécues, à même leur particularité ou singularité. Divers essais réunis dans un Album court-circuitent description de choses ordinaires et spéculation, autobiographie et histoire de la pensée, poésie et philosophie.
Ce livre expose et discute trois positions très contrastées mais très représentatives de la diversité des théories contemporaines de l'interprétation juridique : -La jurisprudence herméneutique, inspirée directement de l'herméneutique philosophique de Hans-Georg Gadamer ; -la théorie réaliste de l'interprétation selon Michel Troper et -la théorie jusnaturaliste de l'interprétation, défendue par l'américain Michael Moore.
L'auteur a essayé de démontrer le positionnement de Jean-Paul Sartre sous la bannière de l'ontologie dès sa création de jeunesse, sans laquelle il est difficile de comprendre la place du philosophe français dans l'histoire de la phénoménologie. La nouvelle formule créée par Jean-Paul Sartre, à savoir "l'ontologie phénoménologique" est une forme spécifique de l'ontologie moderne de l'humain comprenant également des questions fondamentales caractéristiques de n'importe quelle pensée philosophique. u u
La réédition récente de l'essence du politique de Julien Freund, avec une préface de P.-A. Taguieff a suscité un certain nombre d'articles élogieux qui ont tous souligné l'importance de cet auteur et l'actualité de son oeuvre. Ce premier ouvrage en langue française consacré à ce philosophe, politologue et sociologue atypique permettra à chacun de faire connaissance - ou de mieux saisir - la pensée politique de Julien Freund, ses sources intellectuelles et sa philosophie, tout en la situant dans le contexte des années 1950-1990.
Puisque la philosophie est une aptitude à douter des évidences, l'auteur nous propose de reconsidérer la question éthique en constatant que la fécondité morale vit toujours au coeur de l'humanité. Elle est visible dans l'amour qui relie des personnes, et qui, ne cessant de croître, forme la relation humaine par excellence, autrement dit "l'amour d'amitié". Ainsi en arrive-t-on à remettre en cause ce désenchantement que l'Occident ressent souvent vis-à-vis de l'éthique.
Pourquoi cette fascination persistante de l'humanité pour les bêtes qui traversent non seulement son habitat naturel, mais également son histoire culturelle : de la peinture rupestre à l'iconographie chrétienne, de l'animisme religieux à la déclaration universelle des droits de l'animal, des fables grecques à l'éthologie moderne...? Ce recueil présente six perspectives philosophiques sur cette ambiguïté psycho-zoologique.
Qu'est-ce que l'homme ? Cette question, que Kant pose dans la Logique, est au coeur de l'entreprise transcendantale. La philosophie critique de Kant, en tant qu'architectonique, est pensée comme anthropologie "transcendantale". La "transcendantalité" de cette anthropologie est interprétée ici à partir des textes kantiens, mais aussi des textes de M. Heidegger, H. Maldiney, M. Richir, F. Pierobon, qui interviennent comme des détecteurs de problèmes dans les textes kantiens.
Liliane Lazar a rencontré et interviewé des écrivaines féministes, Elisabeth Badinter, Dominique Desanti, Benoîte Groult, Eliane Tabone-Lecarme, Claudine Monteil, Danièle Salenave, Anne Zelenski, ainsi que des amies qui ont eu des liens très proches avec Simone de Beauvoir pendant plus de trente ans. Deux sartriens ont aussi donné leur point de vue : Michel Contat et Bernard-Henri Lévy. A travers leurs réactions, cet ouvrage se propose d'enrichir le portrait d'une femme engagée et contestée qui a marqué le vingtième siècle.
Deux ans avant sa mort, en 1668, Jan Amos Comenius délivra au monde ce "testament" spirituel. Né dans une communauté spirituelle libératrice, il en devint assez rapidement le dirigeant, et prit la direction de la deuxième vague de la Rose-Croix du XVIIe siècle. Comenius nous incite à une exploration de la pédagogie thérapeutique spirituelle moderne. Dans L'unique nécessaire, nous voyons qu'aucun redressement profond de l'humanité ne peut ni ne pourra se faire si les trois aspects, corporel, psychologique et spirituel de l'homme aussi bien individuel que social ne sont pas sérieusement pris en compte.
L'école résonne dans l'art. Des artistes inventent des fictions sur l'école et posent des questions fondamentales concernant l'apprentissage, l'exclusion et la liberté. Pourquoi et comment l'artiste met-il en jeu cet univers écolier ? Quelles relations l'art entretient-il avec l'enseignement ? Nous verrons, à travers l'analyse d'oeuvres, comment l'artiste, en partant de représentations écolières, déplace les représentations artistiques et déconstruit son système de valeurs.
Au fondement du parler se trouve le rapport à l'autre comme singularité, comme fin en soi, hors de l'identité, hors des rôles, des positions sociales, des différences nationales, ethniques, culturelles, etc., et de leurs relatives identités. Un rapport frontal, "face à face, sans commune mesure" (Lévinas), qui s'oppose à toutes les formes d'encerclement, d'exclusion de l'autre et de violence.
Il est ici question du sens de l'angoisse, de l'espoir et de la joie comme sentiments fondamentaux de l'existence éprouvés dans l'expérience de la présence. Deux fils conducteurs parcourent cet essai. L'un trace le chemin d'une pensée de la tonalité de résonance dans la présence. Cette tonalité, en nous affectant est éprouvée selon trois gammes de sentiments : la gamme de l'angoisse et de la sérénité, la gamme de l'espoir et du désespoir et la gamme de la joie et de la tristesse. L'autre interroge la provenance de cette pensée.
Les connaissances scientifiques n'ont pas totalement aboli la part de mystère que recèle le phénomène gémellaire. Ce "caprice de la nature" suscite encore aujourd'hui fascination, mais aussi crainte parmi la population des "singuliers" - ceux qui naissent seuls -, diront les jumeaux. L'imaginaire occidental de la gémellité et l'épanouissement individuel des jumeaux sont ici étudiés au travers de récits mythiques, d'oeuvres littéraires, de productions théâtrales et cinématographiques.
Nietzsche n'a cessé d'établir des diagnostics: diagnostics d'individus et de civilisations jugés sains ou malades. Se pose alors la question de la définition de la maladie dans son oeuvre. Si l'une des ambitions nietzschéennes réside dans la "transvaluation de toutes les valeurs", quel rôle la notion de maladie joue-t-elle au sein de cet impératif? En quoi certaines valeurs sont-elles malades et affectent-elles les individus ou civilisations qui les érigent et revendiquent? Par cette étude, l'auteur entend promouvoir le dialogue entre philosophie et psychanalyse.
L'oeuvre en devenir d'Alain Badiou est l'objet d'un intérêt grandissant, en France aussi bien qu'en Europe et aux Etats-Unis. Badiou construit une science de l'être, s'appuyant sur les développements de la théorie mathématique des ensembles. Mais il est aussi le penseur de ces évènements qui font de l'homme un être capable d'une vie authentique et engagée. Qu'apporte donc Badiou par rapport à Deleuze ou Derrida ? Comment accomplir le projet de Heidegger tout en destituant son romantisme ?
Le Tome 2 de La Philosophie de Platon se propose de rendre compte des contextes biographiques et littéraires de la rédaction des dialogues de Platon, de la récitation poétique et du caractère protreptique de l'écriture platonicienne, de l'anamnèse dans son rapport à la structure des idées et du pouvoir des mathématiques, de la rhétorique sophistique, de la dialectique et du logos, de problèmes relatifs à l'éthique et à la politique, du statut de la causalité et de la cosmologie dans le Timée, tout en procédant à l'analyse de certaines lectures contemporaines de l'oeuvre platonicienne.
Le modèle républicain français se trouve au coeur de bien des interrogations. A l'heure d'une mondialisation néolibérale qui se joue des frontières, la République telle qu'elle s'est construite en France depuis la Révolution, et qui entretient un rapport indéfectible à la Nation, pourrait même faire figure de modèle archaïque, dépassé et obsolète...
Les cafés-philo sont des microcosmes de la république. On n'y participe pas pour subir un examen ni pour apprendre, mais pour tenter, avec d'autres bonnes volontés, d'arracher le maximum de sens aux absurdités et aux brutalités du monde. N'est-ce pas là, après tout, la définition même de l'activité philosophique? C. Godin
La lecture que Mme Dominique Lévy-Eisenberg se propose de faire ici de L'Après-midi d'un faune vise à étudier la configuration du désir comme l'effet des modes contradictoires de la fiction inscrite par Mallarmé dans l'agencement du poème. Les figures du souhait, tout à la fois figures du discours, figures de chair et dénominations fabuleuses, jettent le doute dans l'esprit du faune. La figure du doute perturbe d'entrée de jeu le récit de ses amours. Stimulant l'imaginaire du toucher, de l'ouïe et de la vue, les Figures donnent du souhait des représentations fausses, elles l'entretiennent puis le lassent.
Fengliu - fûryû en japonais - est une expression chinoise qui signifie "aller avec le vent". Celle-ci désigne un courant informel et libertaire du taoïsme. Le présent ouvrage expose les origines politiques et philosophiques du fengliu. Il en explique l'évolution durant deux millénaires au contact du bouddhisme. L'auteur montre que cet "aller avec le vent", mode de vie poétique et excentrique, est aussi une paradoxale sagesse dont le sens et l'importance dans la culture d'Extrême-Orient sont restés peu connus jusqu'à nos jours.