Les Métamorphoses
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Montmartre, années 1980. Entre rêves de théâtre de rue, lectures du soir et la quête d’une bohème authentique, Chèque de pluie capture l’essence d’une vie d’artiste entre doutes et espoirs.
Et si la femme était un territoire infini, un espace où se déploient mouvement, musique et parole interdite ?
"Le renard du garde-pile" est un recueil d'histoires, de récits, voire de poèmes en prose. Avec un talent coloré de conteur, l'auteur se souvient de son enfance à la campagne, de ses parents et maîtres, de l'école, des animaux, de la chasse. Il narre lui-même, ou fait parler son père, ou les vieux de la ferme. C'est un remarquable document sur la vraie façon de vivre à la campagne dans les années 1920 à 1960... Sensibilité, vivacité du trait, mémoire des choses qui ont fui... et récits non sans cruauté, quelquefois... L'authenticité de Claude Boyer, pour « rustique » qu'elle apparaisse dans ces pages frottées de terre, de vent et de gestes toujours exacts, nous émeut longtemps.
Je vais y glisser mes doigts, doucement, un à un. Longuement. Il me mordra. Fort. Très fort. Et je crierai. Je rirai aux éclats. Aux larmes. Ce sera mon silence sur moi. Alors, nous entrerons par la porte du jardin. Franchis la véranda, les agaves, il y aura l'escalier. Long velours d'un monde consterné. J'irai. Il me suivra jusqu'à ma chambre vierge. La romance d'Élisabeth est une autobiographie imaginaire, où l'héroïne - qui s'exprime à la première personne - raconte ses émotions, ses émois, ses expériences sensuelles et sexuelles, avec beaucoup de charme et de précision. Ce sont, en quelque sorte, les années d'apprentissage d'une ingénue imaginative. Le ton est alerte, enlevé. L'écriture, pour relativement spontanée qu'elle apparaisse, n'en est pas moins finement orfévrée, et d'excellente qualité. À mi-chemin entre le roman érotique et le récit psychologique, la narration classique et le style baroque, cette oeuvre aux tournures surprenantes, s'offre avant tout comme une véritable chair lyrique. La romance d'Élisabeth est surtout un livre d'amour fou, et un vibrant hommage à l'être féminin.
Voici les aventures oniriques de Dick, son voyage au pays des « êtres bizarres ». Grâce au lumignon offert par OEil-à-queue-de-comète, il s'envole, visite une antique demeure, est victime de « larcins » successifs, est plein de « dons » inattendus ; il suit une « voix », s'empare de la mémoire de Monsieur, tout en gardant secrètement des traces de la sienne, non sans perte des significations. Sous le signe de Michaux et de Tardieu, cette épopée est une traversée des miroirs. Monsieur est l'homme dans tous ses travers, ses oublis, ses faiblesses, son pouvoir d'agir aussi, son absence de rêve. Dick, quand il ne porte pas sa « livrée », est « la doublure », invisible à l'autre ; il est aussi l'homme corrigé par l'ironie et par la chance, doué d'imagination et accordé à la nature. Monsieur, l'homme au feutre, meule les heures, « ressasse », joue parfois avec Dick, rarement. Dick, en un sens, le commande en l'habitant, possède ses domaines et sa femme. Mais quelles sont les visées de Dick ? Veut-il affranchir Monsieur qu'il habite ? Lui dérober quel secret ? Ce périple fantastique est un jeu sur la connaissance de soi, non sans marge anthropophagique. Les thèmes en sont la possession de l'autre, les problèmes du temps, de l'immortalité. Du nom. Dick incarne la fantaisie contre les normes de la pesanteur, contre la mentalité d'ordinateur. Il est la poésie, la finesse. Il s'oppose au doute et au mépris. Ce jeu, ce guet perpétuel sont aussi une marche, une longue marche. Dans ce récit par séquences, on se trouve au milieu d'une ambiguïté d'ailleurs intéressante ; a-t-on pu vraiment se débarrasser de la « peur » ?
Victor, 10 ans. Un surdoué aussi invraisemblable que ceux de Vitrac, Nabokov, Cauvin ; presque aussi invraisemblable que les surdoués de la vie « réelle ». Et quelle vraisemblance y a-t-il dans un garçon qui veut tuer son père ? Pourquoi pas coucher avec sa mère ? Victor, 10 ans, sait tout et n'aime rien. Il est seul et il le restera, petit fantôme morose du Quartier latin de 1972. Mai 1972 est le premier personnage de cette longue nouvelle. Travaillant sur un plan minutieux de Simenon, Frassati & Gofman ont religieusement évoqué l'époque la plus opaque qui soit aujourd'hui. Ils ont visité, identifié, photographié, reconstitué tous les lieux indiqués par Simenon, dans les IX° et VI° arrondissements de Paris. L'Université de Liège a couronné leur oeuvre. Mais leur héros ne trouvera jamais le repos, ni même la moindre sympathie.