La philosophie en commun
Entre poésie et philosophie, l'essai choisit l'une des figures les plus illustres de la poésie arabe des années 1930 : Abul Qacem Chabbi, pour y puiser les innombrables traits de cette union controversée. S'appuyant sur ses traductions remarquables du recueil poétique intitulé "Cantiques à la vie" et l'essai philosophique "L'imaginaire poétique chez les arabes", l'auteur ouvre pour la première fois l'accès aux poèmes de Chabbi et à une compréhension critique de leur impact sur la culture arabe.
Cet ouvrage reconstitue la trajectoire du célèbre rapport Nunca Más élaboré par la Commission Nationale sur la Disparition de Personnes (CONADEP) au retour de la démocratie argentine, en se penchant sur les luttes menées par divers acteurs concernant la mémoire du passé conflictuel et son interprétation. Sur la base d'entretiens l'auteur montre comment l'enquête menée par la Commission est parvenue à établir une nouvelle vérité publique sur les disparitions et ses responsables.
La "diversité culturelle" est invoquée à tout propos, sans évaluation critique et avec une inflation verbale qui ne cesse de croître. Face à la publicisation mercantile de ce concept, cet ouvrage se veut un lieu d'inventaire, d'analyse, de confrontation et d'élaboration de propositions visant à bâtir des passerelles entre les acquis de la recherche sur la diversité culturelle et les nouvelles questions politiques, économiques, sociales et philosophiques que suscitent les mondialisation en cours.
Cet ouvrage est signé par deux auteurs: un philosophe et un scientifique. L'objet de leur recherche n'est autre que l'individu d'aujourd'hui. Celui-ci, placé dans un monde à haute densité technologique, peut et doit être pensé, tant sur le plan scientifique que philosophique. Prenant la parole à tour de rôle, ils abordent aux temps passé, présent et futur, la relation entre l'homme et l'artefact, en la situant dans la perspective de la réflexion actuelle sur l'écologie.
"La genèse de l'idée de temps" est un ouvrage posthume publié par Fouillée en 1890 qui réunit deux articles dans lesquels ont été insérés de nombreux ajouts. La question essentielle est de savoir qui en est l'auteur, car des échos de Bergson sont perceptibles dans ce "petit livre": on soupçonnera Fouillé d'en avoir écrit certains chapitres. C'est l'avis partagé aussi bien par Jankélévitch, mais cette hypothèse est à rejeter car ces ajouts sont des notes rédigées par Guyau lui-même.
Après le lycée d'Angers où il enseigne la philosophie à partir d'octobre 1881, Bergson est nommé à Clermont-Ferrand le 28 septembre 1883. Au-delà de l'ambiguïté du "mythe de Bergson à Clermont-Ferrand", alimenté par les témoignages de Joseph Désaymard d'abord, de Gilbert Maire ensuite, ces leçons transcrites au fur et à mesure de l'exposition nous font pénétrer dans sa classe de terminale, nous montrent un professeur avec le devoir de préparer ses élèves pour le baccalauréat, ce qui n'exclut pas que des thèmes proprement bergsoniens apparaissent déjà dans les cours.
Qu'est-ce que la douleur et quelle place lui accorder dans la définition de la maladie ? Pour tenter de répondre, Canguilhem, dans Le Normal et le Pathologique, se tourne vers les écrits de René Leriche (1879-1955) : un chirurgien qui, contrairement aux opinions couramment répandues dans le corps médical de son temps, place la douleur au premier plan de sa recherche. Voici une pensée originale qui propose à la médecine et la chirurgie de renouveler leur approche de l'homme malade.
Quelles postures une philosophie doit-elle inventer pour saisir des gestes ? Comment peut-elle dé-composer des mots pour tenter de dire ce qui se passe entre des corps en mouvement ? A quels pas communs et divergents sommes-nous invités en dansant et en philosophant ? Ici se dessine le paysage d'une rencontre entre danse et philosphie. En se mettant à penser, à marcher et à rouler ensemble, danse et philosophie croiseront des problèmes de représentations, de perceptions, de compositions et de démarches collectives.
La concentration des médias atteint un point sans équivalent. Internet bouleverse le rapport des industries aux représentations. Mais si les populations profitent des opportunités de démocratisation médiatique, elles subissent aussi des effets de ré-instrumentalisation. Plus déroutant encore, une fraction importante de ces populations se tourne vers des formes de contestation qui débouchent sur la xénophobie et le racisme. Ce livre prend la mesure du télescopage entre épuisement des récits politiques classiques, prolifération des moyens de communication et développement des capitalismes globalisés, qui sapent les formes stables d'échange et de coopération.
La politique et l'histoire dans la philosophie française face au socialisme réel dans l'après-guerre
Parmi les courants de pensée française de l'après-guerre, le marxisme joua un rôle très important, en imposant les thèmes par rapport auxquels les philosophes se situèrent. Les débats sur le marxisme sont inséparables de l'existence du pays qui prétendait le réaliser dans toutes les sphères de la vie (URSS). La politique, comme action collective en vue de la transformation de la société par les débats et l'émancipation, n'a pourtant pas été développée : ni dans les États socialistes, ni dans les États bourgeois. En même temps, les intellectuels français de gauche dans l'après-guerre ont considérablement contribué au renouveau de la pensée socialiste.
Descartes apparaît comme le penseur par excellence de la rationalité débarrassée de tout préjugé. Pour mieux déconstruire le mythe cartésien, l'auteure s'intéresse à sa vie pleine de paradoxes et de masques qui le voient hésiter entre inspiration ésotérique et projet scientifique. Dévoiler les masques de Descartes, le voile de ses présupposés philosophiques et religieux, est aujourd'hui plus que jamais nécessaire pour permettre de vivre et penser, enfin, sans Descartes.
Horacio Cerutti Guldberg est auteur de nombreux titres et articles dans le domaine de la philosophie et de la pensée latino-américaines. L'auteur affirme qu'une vision du monde excentrique, bien que non marginale, ressort de ce livre qui cherche à "nous sudéer"...
Pourquoi Spinoza ne cesse-t-il de nous provoquer à penser aujourd'hui encore ? Pourquoi des philosophes aussi différents, voire opposés, que Gilles Deleuze, Louis Althusser, Toni Negri cherchent-ils encore en sa pensée des éléments pour donner à la perspective de l'émancipation une nouvelle impulsion, un nouveau souffle ? Sa démarche consiste à penser la finitude contre la démesure de tout projet de maîtrise des choses et des hommes. Mais elle n'exclut pas l'infini, elle l'implique.