La Rose au poing
Ancien député de la Seine, membre du Comité directeur du Parti socialiste, président de la Convention des cadres de réserve pour l'armée nouvelle, Charles Hernu retrace l'histoire d'une réflexion sur les problèmes de la défense qui a débuté en 1956 au moment de la guerre d'Algérie. Ce travail collectif, auquel ont participé, à côté de militants socialistes, des cadres de l'armée d'active ou de réserve, a abouti à l'élaboration d'un grand nombre de documents, dont certains sont publiés ici pour la première fois. Quelle devra être, le jour où elle arrivera au pouvoir, la politique de la gauche en matière de défense ? Quelle sera son attitude à l'égard de l'armée ? L'importance de ces questions n'échappe à personne. Charles Hernu y apporte la réponse d'un socialiste qui est aussi un spécialiste des problèmes militaires. Cette réponse n'engage que lui. Le débat reste ouvert. On trouvera dans ce livre les pièces essentielles du dossier.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Pour échapper à un sous-développement qui ne cesse de s'aggraver, les peuples du tiers monde ne sauraient compter sur l'aide désintéressée d'un système, dont la raison d'être est le profit. Ils doivent, d'abord, revendiquer trois droits : à la différence, au développement et à l'indépendance. À partir de là, le passage par une étape bourgeoise apparaît inévitable, tant que les conditions socio-économiques de la rupture ne seront pas réunies. Mais il ne peut s'agir que d'une étape : lorsque la contradiction principale, qui caractérise la situation de la classe dominante dans ces pays sera devenue assez forte, la scission avec le monde capitaliste s'imposera d'elle-même. Tel est le schéma révolutionnaire que propose ici J.-P. Blondi et qui nous concerne directement, dans la mesure où un tiers-socialisme peut apporter aussi la réponse à la crise que traverse un monde industriel prisonnier de sa propre croissance. Deux textes importants illustrent cette analyse : une note de Jean Rous sur les socialismes africains, et le discours de Salvador Allende à la conférence de la CNUCED en 1972.
La collection La rose au poing s'adresse à tous ceux qu'intéresse l'effort des socialistes pour définir, à travers l'union de la gauche, le projet d'une société différente, capable de résoudre les problèmes qui se posent en France aujourd'hui. Qu'il s'agisse de politique ou d'économie, d'idéologie ou de culture, elle voudrait être un instrument d'information et de réflexion, le lieu d'un débat où pourront s'exprimer, et se corriger mutuellement, des opinions diverses, dont le dénominateur commun est la recherche du socialisme dans la liberté. Selon Gramsci, il y a crise quand le vieux ne meurt pas et quand le neuf ne veut pas naître. Le vieux monde ne veut pas mourir : de la guerre d'Algérie qui cristallisa son engagement politique à la nouvelle crise du capitalisme, en passant par mai 1968, Jean-Pierre Chevènement, aujourd'hui député de Belfort et, aux côtés de François Mitterrand, l'un des responsables du PS, retrace l'itinéraire des batailles livrées pour que le neuf puisse naître. Une étape essentielle dans ce combat a été la signature du Programme commun dont le CERES (Centre d'Études, de Recherches et d'Éducation Socialistes) fut, dès sa fondation, un ardent protagoniste. L'auteur apporte des révélations inédites sur les conditions dans lesquelles fut élaboré ce programme. Il analyse la crise actuelle du monde capitaliste, la stratégie de Kissinger, et les perspectives ouvertes à l'unité populaire en Europe. Enfin, aspect le plus attendu, voici une réflexion sur l'autogestion, anticipation du neuf, de ce que peut être un socialisme à la française dans le dernier quart du XXe siècle. Mouvement global de la société, qui transforme et recompose toutes les institutions, l'entreprise, l'État, l'école, la famille, la commune, l'autogestion est la perspective dans laquelle doit s'inscrire le Programme commun pour changer la vie.
1976 est l'année de démarrage du 7e Plan. Son adoption donne lieu à un ample débat dans la presse et au Parlement. Que signifie, dans le contexte actuel, la planification ? Le Plan est-il le remède destiné à supprimer enfin l'état de crise dans lequel se débattent les régimes capitalistes ? Ou bien est-il, surtout, un des fondements de la future société socialiste ? L'ouvrage de Christian Pierre et Lucien Praire tente de répondre à ces questions. Conçu de manière très pédagogique, et selon une progression méthodique, il s'appuie sur une analyse du capitalisme moderne et des divers systèmes de planification déjà expérimentés, notamment en France, pour montrer quelles formes le Plan devrait prendre, et quelle serait sa signification politique dans une société de transition vers le socialisme. Aux yeux des auteurs, il ne saurait y avoir de planification vraiment démocratique sans nationalisation des grands groupes industriels et bancaires, sans, non plus, consultation décentralisée et contrôle populaire, qui associeraient la masse de la population à un acte économique décisif pour la Nation. Autrement dit sans marche vers l'autogestion.
Des révoltes d'esclaves aux conquêtes du Front Populaire, de la lutte pour les droits de l'homme, à la défense de l'individu contre les dangers nés du développement des techniques, le combat n'a pas changé. À mesure que la société évolue, engendrant de nouvelles contraintes et de nouvelles menaces, les droits eux-mêmes se transforment. De nouvelles exigences apparaissent ; mais c'est toujours du bonheur de l'homme qu'il s'agit. Les régimes qui ont négligé la part et la place de l'homme ne sauraient, sans abus de confiance moral et politique, prétendre satisfaire cette revendication fondamentale. Le socialisme seul peut donner une réalité aux droits de l'homme. Inversement, l'application de ces droits fournit la mesure du socialisme. Nul n'était mieux qualifié que Daniel Mayer pour retracer l'histoire de ce double combat, auquel il a consacré sa vie de militant, et en montrer la permanente actualité. Fondé sur l'homme, le socialisme est fait pour lui comme il sera fait par lui.
Trois travailleurs américains sur quatre ne sont pas syndiqués ; mais, de 1955 à 1964, les États-Unis ont connu trois fois plus de journées de grève que la France. Dans un pays où les partis ne sont que des machines électorales, les syndicats, riches et solidement organisés, constituent, face au pouvoir, les seules forces politiques réelles ; mais leur énorme puissance est émiettée entre d'innombrables unions locales. Quel rôle jouent-ils donc dans l'évolution de la société américaine ? Sont-ils, comme nous avons souvent tendance à le croire, des complices du patronat, parfaitement intégrés au système ? Ou, comme ils l'affirment eux-mêmes, les représentants efficaces d'une classe ouvrière décidée à faire valoir durement ses droits ? Telle est la question que pose ce livre. Pour y répondre, Jean-Pierre Cot et Jean-Pierre Mounier ont choisi d'aller voir. Ils ont rencontré, au cours de l'été 1975, une cinquantaine de dirigeants syndicalistes, des fonctionnaires, des hommes politiques, et débroussaillé peu à peu le maquis des organisations et des procédures. Au fil des entretiens qui jalonnent cette enquête, le passé et le présent du syndicalisme américain se découvrent, un monde se révèle, que nous connaissons très mal et qu'il est impossible de juger en fonction de notre expérience européenne. Témoins fidèles, les auteurs ne cachent ni ce qui les a choqués ni ce qui les a séduits, et se gardent d'affirmer trop haut leur espérance. Bien que certains parlent de socialisme en Amérique, il n'est pas encore à l'ordre du jour.
L'école française souffre de deux maux essentiels. Elle est inégalitaire : la société s'abrite derrière la disparité des dons pour justifier des inégalités socio-culturelles dont elle porte la responsabilité et qu'elle ne cesse de reproduire. Elle est coupée de la vie : ses contenus, ses méthodes ne préparent pas les jeunes à leurs futures responsabilités de travailleurs et de citoyens. L'objectif prioritaire de toute réforme doit donc être de remédier, par une "discrimination positive" en faveur des catégories les plus déshéritées et par une modification radicale des rapports entre l'école et le milieu extérieur, à ces deux maux. Bertrand Schwartz présente ici des propositions concrètes. Qu'il s'agisse de la petite enfance, de l'école de base, du lycée, elles s'appuient sur de nombreuses expériences déjà réalisées en France ou à l'étranger. Elles n'éludent aucune des difficultés que rencontrera la réforme, à commencer par le délicat problème de la sélection. A long terme, elles débouchent sur un système radicalement nouveau, qui ferait "alterner" des "situations complémentaires de formation" associant, à l'école et sur le tas, enseignants et praticiens. Au moment où le Parti socialiste discute d'un Plan socialiste pour l'éducation nationale, ce livre précis, documenté, généreux, vient à son heure. L'auteur n'engage que lui-même. Mais les idées qu'il défend contribueront grandement à faire avancer un débat décisif pour toute la gauche : il n'y aura pas d'"autre société" si nous ne savons pas bâtir une "autre école".