La Collection
La Baleine, le serpent à deux têtes, le dragon, le phénix, le caméléon, la licorne, le loup, la lucrote... Dans ces extraits du Livre du Trésor de Brunetto Latini, on savoure la façon dont les bestiaires médiévaux mettaient sur le même plan animaux fabuleux et animaux réels, fantastique et scientifique. Ces représentations parfois étranges et qui peuvent nous paraître farfelues révèlent un imaginaire riche et dense. Par ricochet, elles interrogent les nôtres : comment notre imaginaire et notre savoir actuel sera-t-il perçu dans 700 ans ?
Ah ! non !c'est un peu court, jeune homme !On pouvait dire... Oh ! Dieu !... bien des choses en somme...Agressif, amical, descriptif ou curieux...Avec autant de finesse que de malice, Bruno Gibert accompagne en dessins la magistrale tirade de Cyrano. Cet hymne à l'acceptation de chacun qui fustige le jugement physique et l'ignorance intellectuelle résonne bien sûr tout autant à notre époque qu'à celle d'Edmond Rostand... Redécouvrons-le ici à travers une magnifique mise en images !
Humpty Dumpty sur un mur en pierre Humpty Dumpty est tombé par terre Ni les chevaux ni les valets du roi Ne purent jamais remettre Humpty droit Quel plaisir de retrouver ces célèbres comptines emplies de non-sense ! Rythmées, drôles, caustiques, émouvantes, elles sont ici présentées dans une nouvelle traduction de Christian Demilly, et accompagnées par les superbes illustrations de Gérard DuBois, à qui cet univers va comme un gant.
Depuis la nuit des temps, les chats fascinent, accompagnent, surprennent, rassurent. Au fil de textes littéraires de forme et de style différents se dessine ici une magnifique galerie de chats, qui donne à voir la multiplicité et la magie de ces félins mystérieux. Ces textes sont somptueusement mis en images avec spontanéité et malice par une formidable galerie d'illustratrices et d'illustrateurs contemporains.
L'avenir Moi, quand je serai grand Je serai fier et puissant Et je dirai, sans hésiter Pas touche à mes jouets ! (extrait) Dans ce nouveau titre de La Collection, les regards de Robert Louis Stevenson et d'Ilya Green se rencontrent délicieusement pour ajouter de la magie à la poésie de moments enfantins. Avec force et douceur, tendresse et délicatesse, leurs univers donnent corps aux rêves de l'enfance et son pouvoir de voyager en restant immobile. Un pur délice, à lire, relire, réciter, recréer les yeux fermés... Pour tous ceux qui ont gardé leur âme d'enfant.
"C'est la valse de Noël Pour les enfants sages Qui recevront des images Et des caramels Des ch'vaux, des voitures Et des mécanos Des boîtes de peinture Et des jeux d'loto..." Cette valse, écrite en 1955 - longtemps restée dans les tiroirs de Boris Vian - nous convie à une ronde joyeuse et bigarrée où l'on retrouve pêle-mêle des enfants sages, des dames de provinces, des bébés roses, des travailleurs, des clochards, des soldats... Toute une humanité réunie en ce jour particulier, et que l'auteur fait danser lors de saynètes qui jouent sur l'humour et l'accumulation loufoque. Fidèle à lui-même, Boris Vian en profite aussi et surtout pour faire de ce texte un appel au pacifisme et à la fraternité qui rappelle celui de la célèbre chanson "Le Déserteur" (1954). Par son imagination foisonnante et par sa langue, bien sûr, cette valse constitue une belle initiation à l'oeuvre de Boris Vian, accessible aux enfants. Nathalie Choux l'accompagne ici d'images touchantes, presque surréalistes, plongeant le lecteur dans l'univers unique - où se mêlent ironie et tendresse - de ce grand auteur touche à tout de génie.
Après avoir servi son maître pendant sept ans, Nicolas lui dit : - Maître, j'ai fait mon temps, je voudrais bien retourner près de ma mère ; donnez-moi mes gages. - Tu m'as servi fidèlement comme intelligence et probité, répondit le maître de Nicolas ; la récompense sera en rapport avec le service. Et il lui donna un lingot d'or, qui pouvait bien peser cinq ou six livres. Nicolas tira son mouchoir de sa poche, y enveloppa le lingot, le chargea sur son épaule et se mit en route pour la maison paternelle... Ce conte philosophique d'Alexandre Dumas s'appuie sur le principe d'accumulation, ou plutôt... de dépouillement ! Nicolas le philosophe interroge sur les biens matériels, le rapport aux autres, le bonheur ; les illustrations de Christophe Merlin prolongent la réflexion avec force, humour et malice. Une très belle introduction à la philosophie et au stoïcisme - pour tous !
Ouvrage fondateur de la pensée écologique, L'Homme renaturé, paru en 1977, donnait déjà tout son sens à l'itinéraire de Jean-Marie Pelt, homme de science et de foi. Pour ce promoteur de l'écologie urbaine, les solutions à la crise planétaire supposent " le dépassement de l'instinct de puissance et de domination en vue de la seule victoire qui ait un sens : celle que l'homme conquiert sur lui-même, dans un combat intérieur jamais achevé et qui reste le vrai moteur du progrès. " Les solutions ne tiennent pas seulement pour lui au souci de l'environnement, à la recherche d'une autre croissance, mais aussi à une dimension de sagesse oubliée : elle seule peut conjurer les excès et les risques.L'Homme renaturé ne se contente pas de dresser le bilan noir de la civilisation industrielle, mais en appelle à l'imagination et à la créativité pour inventer de nouveaux possibles.
Plongez dans Amok de Stefan Zweig, une nouvelle captivante où passion et folie s’entremêlent dans les tropiques.
La plus longue nouvelle de Zweig, splendide histoire de passion et de transgression. À l'occasion d'un hommage qui lui est rendu, un vieil universitaire s'aperçoit que, parmi tous les noms qui ont été cités et sont censés avoir marqué sa carrière, il manque le principal : le nom d'un professeur d'anglais qui, il y a bien des années, lui a donné le goût de la littérature. Pour réparer cet oubli, il écrit alors ses souvenirs et le désarroi qu'il a éprouvé face à cet homme mystérieux, imprévisible et passionné qui un jour lui avoue son amour. Un récit flamboyant et audacieux qui met à nu la complexité des désirs.
Ce bref récit (1906) ne fut publié qu'une seule fois du vivant de l'auteur. Zweig révèle une fois de plus son attachement pour les êtres en perdition. Durant la guerre d'Espagne menée par Napoléon, un colonel français est blessé dans une escarmouche et laissé pour mort. Lorsqu'il revient à lui, il découvre que ses camarades ont tous été tués et atrocement mutilés. Il s'agit pour lui de survivre dans un pays hostile. Le suspense tient en haleine jusqu'au retournement final.
Le texte (1927) s'ouvre sur des scènes de violence révolutionnaire à Lyon, berceau de la contre-révolution. Zweig a toujours été attiré par l'histoire de France de cette période. C'est ainsi qu'il a écrit Fouché et Marie-Antoinette, deux figures antagonistes de cette période. Mais la " grande " histoire est toujours sous-tendue d'histoires de destins individuels qui en sont le sel. La nouvelle prend alors un virage romantique et mélodramatique, avec ses coups de théâtre, ses personnages providentiels et un improbable mariage au seuil de l'échafaud.
Écrite en 1942, cette nouvelle est l'ultime récit de Zweig réfugié à Petrópolis au Brésil. Elle est une forme de testament spirituel illustré par l'affrontement de deux joueurs d'échecs aux tactiques diamétralement opposées, affrontement qui est aussi celui de deux mondes. Le personnage du Dr B. peut symboliser une Europe torturée qui s'autodéchire, alors que Mirko Czentovic représenterait la stratégie froide, déshumanisée et sadique de l'idéologie nazie. L'intervention du narrateur en faveur du Dr B. témoignerait d'une volonté militante qui n'a jamais animé Zweig et dont il déplore peut-être l'absence à la fin de sa vie, lui qui, en période de crise, a toujours choisi la voie de la conciliation et de la non-violence.
Le premier récit de Zweig C'est le premier récit de Zweig, qui avait alors dix-neuf ans. Écrit en 1900 dans un style déjà flamboyant, il contient en germe presque tous les thèmes importants de ses nouvelles futures : l'amour, la passion, le regret, le destin. Dans le jardin d'une belle villa surplombant la mer, un homme et une femme, qui ont été amants dans leur jeunesse, se retrouvent quelques instants, avant la séparation définitive. Confrontation mélancolique des idéaux et des rêves avec l'artifice de la réalité, aussi luxueuse soit-elle.
Une femme mûre de haute condition tente de délivrer un jeune homme de sa passion du jeu et accepte de se dégrader pour sa rédemption. Une histoire d'amour et de passion mais aussi une histoire de secret trop longtemps gardé et dévoilé comme une libération. Freud considérait cette nouvelle (1927) comme un chef-d'oeuvre et parlait du mariage réussi entre la qualité esthétique du texte, son " inquiétante étrangeté ", et la véracité psychologique.