Epoque Epique
Comment est-il possible, malgré les arsenaux législatifs, les multiples observatoires et associations, les mobilisations citoyennes, les indignations ouvertement exprimées, de ne pas trouver de travail en raison de sa couleur de peau, d'être physiquement agressé·e en raison de son orientation sexuelle, d'être insulté·e pour son physique, d'être considéré·e coupable de sa pauvreté et d'être assassinée parce qu'on est une femme ? Ne serait-ce pas parce que même moi, qui aspire au changement, je le ralentis « sans le savoir », en ne prenant pas ma responsabilité individuelle, en refusant de voir mes privilèges et ma participation aux récits stigmatisants. La première de mes responsabilités : me regarder tel·le que je suis sans me chercher d'excuses, sans minimiser, sans vouloir être consolé·e, sans me juger et en acceptant de voir disparaître mon idéal de moi-même. Parce que si je vis dans une société raciste, hétérosexiste, lookiste, classiste, sexiste... c'est aussi et peut-être surtout parce que je suis raciste, hétérosexiste, lookiste, classiste et sexiste. Plutôt que lire ce livre, vous avez envie de regarder une bonne série/de boire un coup/d'aller vous promener/de parler d'autre chose ? C'est normal ! Moi aussi, souvent. Il ne s'agit pas pour autant de cultiver ma culpabilité ou ma honte, mais d'avoir pleinement conscience qu'il ne peut y avoir d'oppression sans privilège et que même si je ne suis pas l'oppresseur direct, je contribue au système à travers mes privilèges. Cet ouvrage est là pour m'aider, sans jugement, ni culpabilisation mais avec bienveillance, à prendre mes responsabilités et à agir pour un changement sociétal. Vous avez toujours envie de regarder une série ?
Voici un ouvrage qui est à la jonction des grandes préoccupations de notre époque : l'urgence climatique et le ralentissement de l'économie. Jason Hickel, universitaire reconnu, y explore ce qu'il pense être les meilleures solutions à la crise actuelle : un nouveau modèle économique et une nouvelle façon d'envisager notre rapport à la nature. L'auteur, persuadé que notre système économique basé sur une croissance perpétuelle conduira le monde à sa perte, affirme que la seule solution possible aujourd'hui est d'opter pour la décroissance. Qu'en serait-t-il alors du travail, de la santé ou du progrès ? Jason Hickel s'empare de ces questions pour offrir la vision de ce que pourrait être une société post-capitaliste, qui pourrait permettre l'épanouissement de l'être humain, et renverser le processus de destruction écologique.
En avril 2013, après avoir été lecteur d'une dictée organisée par la ville de Clichy-sous-Bois, Rachid Santaki imagine le concept d'une dictée itinérante dans toute la France, dans le but de démocratiser les grands textes de la littérature française et de recréer du lien entre les générations. Après avoir lu plus de 150 dictées dans les banlieues, les prisons et différents lieux emblématiques, il lance La Dictée Géante en organisant, entre autres, la plus grande dictée du monde, le 31 mars 2018, avec 1 473 participants. Ce parcours qui l'a mené au Stade de France et à la basilique Saint-Denis, sur les ondes de France Culture et jusqu'à la Dictée de l'espace lue par Thomas Pesquet depuis la Station spatiale internationale, démontre à quel point la langue française peut être un vecteur de partage et d'unité. En 13 chapitres, dans un texte court et plein de saveur, Rachid Santaki nous raconte, à travers ses expériences et ses anecdotes, l'extraordinaire pouvoir de la dictée, qui peut tout changer !
Le chemin d'un réfugié soudanais fuyant la guerre croise celui d'une journaliste française à un moment crucial de leurs vies. Ce jeune homme va trouver une place dans son existence. Une place heureuse, puis angoissante, une place bourrée d'émotions, de hauts et de bas, aussi. Pendant ces longues années d'amitié subtile puis torturée, les deux personnages principaux de ce récit se battront pour la dignité de ce réfugié, en faisant face aux rigidités d'une administration française débordée par la vague migratoire. Quatre ans après son arrivée en France et leur première rencontre, en dépit des difficultés et de leurs différences, ils restent plus que soudés et continuent à apprendre l'un de l'autre. Après une attente interminable, l'espoir de papiers semble enfin se dégager. Mais la machine à broyer le migrant a bien fonctionné : l'innocence de ce réfugié est fracassée. Sa candeur, ses espoirs et une partie de sa vie aussi. L'histoire d'un engagement et d'une amitié puissantes qui se heurtent à une société en perte de repères et un système administratif dont la narratrice n'a pas les codes. Le récit glacial d'une fabrique à désillusion qui s'exerce sous nos yeux.
Dans un monde en perte de repères, faisant face aux inégalités sociales, aux crises migratoires, aux pandémies, à l'effondrement du vivant, trois jeunes adultes, Justine, Mahault et Matthieu, relèvent le défi d'aborder le futur avec un esprit critique acéré et quelques idées à partager avec leurs potes (et leurs parents si ceux-ci acceptent la remise en question). En six chapitres #LEMONDE, #TOI, #LESAUTRES, #LÉCOLE, #LETRAVAIL, #LEFUTUR, ils livrent leurs conseils éclairés pour traverser cette drôle d'époque et construire un avenir qui vaut le coup.« On pense qu'on a une opportunité de ouf pour réinventer plein de trucs, mais que pour ça il faut qu'on fasse preuve d'enthousiasme, d'optimisme, qu'on tente, qu'on se plante et qu'on recommence encore. Il va falloir qu'on sorte des sentiers battus, qu'on sorte des rails. Il va falloir qu'on ait le courage de vivre dans nos pompes plutôt que dans celles des autres. Il va falloir qu'on ait le culot de vivre fort. C'est cette énergie, cette envie d'oser qu'on a envie de transmettre. »
Si l'industrie de la mode représente, à l'échelle planétaire, un chiffre d'affaires de deux mille milliards d'euros, c'est aussi l'industrie qui exploite le plus de salariés et qui pollue le plus l'environnement. Nos vêtements ne sont pourtant pas futiles ; ils reflètent nos codes sociaux, notre appartenance à un groupe, notre souci de l'esthétique et de la séduction. Mais depuis une quinzaine d'années, on constate une accélération de la production et de la consommation d'articles de mode, obligeant à vendre au rabais ou à détruire les trois quarts de la production. Une pollution sans précédent de la planète est en cours. Orsola de Castro nous propose de changer nos comportements : acheter des vêtements que l'on aime vraiment, mieux choisir les tissus, s'informer sur la provenance des articles, bien les entretenir pour les faire durer, les raccommoder, acheter d'occasion, échanger... Parce que le changement commence chez chacun d'entre nous, l'auteure nous donne les outils concrets et pratiques pour mener à bien cette révolution. « Il est essentiel que tout ceux qui s'intéressent à la mode lisent ce livre afin que nous puissions vivre sur une planète en meilleure santé. » ARIZONA MUSE
La pandémie a mis en lumière les limites de nos modèles économiques et sociaux. Nous avons pris conscience des besoins essentiels de la population, et des faiblesses de notre organisation. Cette expérience unique porte sans doute les prémisses de changements, voire de basculements. Il est certain que cette expérience va renforcer les convictions de ceux qui prônent un mode de vie plus sobre, plus coopératif et résilient.... Elevages intensifs, menace de pénurie, main d'oeuvre étrangère, dépendances aux transports et aux échanges internationaux, grande distribution : notre système alimentaire productiviste basé sur le libre échange et la compétitivité a montré sa vulnérabilité. Les auteurs de ce livre montrent qu'en ce domaine un changement est souhaitable et nécessaire, que les citoyens eux-mêmes l'ont initié, individuellement et collectivement, et que nos politiques doivent en fixer la feuille de route sans tarder.