Écritures
Pourquoi les femmes sont-elles dupes dans les jeux de l'amour ? Comment se fait-il qu'on soit si loin des contes de fées qui colorent encore la vision des Autresses éternellement délaissées, violentées, et pourtant toutes-aimantes ? Pourquoi semblent-elles s'accommoder de leur sort ? Un univers drolatique où l'on prétend que "technologie et épanouissement sexuel marchent la main dans la main". Où les héroïnes des contes meurent de leur destin "bienheureux" : "On la pleure beaucoup, mais on ne la comprend jamais". Un nouvel univers littéraire dont personne ne sort indemne.
Un manoeuvre qui doit livrer un mystérieux colis dans une des tours du Chinatown parisien, un banquier en proie à une inquiétante rencontre avec son passé, un footballeur mis au ban de son équipe... Des personnages sans grade, désoeuvrés, étranges animent les sept récits de ce recueil. Chacun incarne à sa manière la difficulté d'exister dans le monde incompréhensible qui l'entoure. Heureusement, la rêverie et le voyage intérieur constituent parfois des échappatoires salutaires.
Bertrand est agent territorial au Congo belge. Le tracé d'une route doit être esquissé dans la forêt fangeuse. Le projet routier divise les partenaires présents dans la région. Laure, qu'il vient d'épouser, est à ses côtés, alors qu'un drame inexpliqué détruit leur entente amoureuse dès les premières semaines. Ce déchirement sans parole se perçoit comme une métaphore du silence qui occulte les vicissitudes de la colonisation quelques années avant l'indépendance. Bertrand découvre chez son guide une humanité qu'il ignorait jusqu'alors dans ses rapports avec les Africains. Pour quelles raisons sa relation avec Laure est-elle aussi gravement compromise ? Pourquoi a-t-il négligé sa connaissance des autochtones ?...
L'histoire se déroule dans cette Afrique du Sud où les peuples, empreints de violence et de haine, n'ont cessé de s'entredéchirer. La rivière impétueuse, habitée par le souffle d'un Zoulou, n'est pas à proprement parler un roman historique mais trouve sa source au milieu de ces hommes qui font l'histoire, grands ou petits, célèbres ou anonymes. Des camps de concentration à l'apartheid, des premières victimes hollandaises à l'icône Mandela, ce roman traverse les tragédies d'un pays en devenir.
" Une grande partie des mâles avait trépassé, en dépit des précautions prises par l'ensemble des grands-mères, des tantes, des mères, des belles-mères, des servantes, des cousines et des soeurs. Ainsi était-il rappelé à ces Bédouins que leur Dieu était maître de tout et qu'il n'était pas bon de Le provoquer ! On accepta Sa volonté: le nombre des Esseulées dépassa toute prévision et, très vite, elles dominèrent la vie du campement (...)". Dans ces chroniques du Trarza, l'auteur nous livre un témoignage passionné sur la vie bédouine et ses mystères.
Ce roman raconte l'histoire de ces paysannes insoumises, sur fond de misère, de guerre et de révolte. C'est l'histoire aussi de toutes ces femmes, bourgeoises, manantes, filles du ciel ou filles de joie qui, avec les Magayantes, ont jalonné l'histoire de cette île et embrasé leur époque, afin que l'on puisse, aujourd'hui, saisir un peu de leur lumière.
A 18 ans, Samuel mène une existence marginale rythmée par ses prises d'héroïne. Il puise sa seule lumière dans l'écriture d'une biographie de Cyrano de Bergerac, son maître à penser. Jusqu'au jour où deux infirmiers se présentent à son domicile. Samuel est interné de force en hôpital psychiatrique. Mais Cyrano veille et apparaît régulièrement en songe. Dans la douleur et la confusion, Samuel découvre l'amour et l'amitié. Et le pouvoir des mots. De simple conteur, il devient prophète des égarés. La violence est prête à éclore, jusqu'à la révolte finale.
Le professeur Ferrand a disparu. Dans son appartement, sa pièce unique et dérisoire, il ne reste que la machine fantastique où il a copié sa mémoire et ses rêves. Son jeune voisin entre par hasard ; lui rêve son amour et sa vie...
"... Ce fut les yeux fermés qu'il se dirigea vers Louise, comme un aveugle qui connaît les moindres recoins d'une pièce, chaque encoignure de meuble. Il arrivait maintenant à hauteur du lit. On lui prit la main, doucement, ensuite, terriblement. On l'attirait contre lui et les yeux toujours clos, il s'abandonna. Ils restèrent ainsi, dans un pur instant d'éternité. Et l'éternité ne fut pas de trop." On l'a surnommé l'idiot, et elle la vieille fille. La bêtise des hommes les a séparés. Désormais il vit seul à Désert-Plaisance, quant à la vieille fille, à Saint -Alban, elle s'est enfermée dans sa folie...
En 2020, le groupe terroriste DEATH menace de provoquer une pollution massive en faisant exploser une charge sur des déchets radioactifs abandonnés au fond d'un canyon sous-marin situé en face de Capbreton. La menace est prise au sérieux au plus haut niveau de l'État qui décide de recourir aux compétences du professeur Barouk, un géologue spécialiste des canyons sous-marins et notamment du Gouf de Capbreton. L'aventure nous entraîne au coeur du dispositif mis en place au sein de la cellule interministérielle de crise où tous les moyens sont mis en oeuvre pour tenter de résoudre le problème.
A Paris, dans le quartier de Belleville, plusieurs agressions de femmes asiatiques se produisent. Tensions inhabituelles et manifestations de la communauté asiatique inquiètent les pouvoirs publics. Au départ, le cadavre d'une jeune Vietnamienne déposé sur un trottoir au milieu des poubelles... Assassinée. Brochard et ses collègues de la PJ sur le pied de guerre, l'enquête peut débuter. Différentes communautés se croisent, s'affrontent, le racisme n'est pas loin et la mort rôde. Ce livre offre une vision sociale de la réalité à travers des personnages souvent dépassés par les péripéties auxquelles ils sont confrontés.
« Le 22 mars 1907, j'ai quitté San Giovanni et j'ai rallié Vasto à dos d'âne. Quarante kilomètres à travers les oliviers sur mon brave Barone avec, pour seul bagage, une valise en bois. Cette valise, c'est mon seul bien, mon seul lien avec ma vie d'avant. J'ai laissé Barone à regret à la gare de Vasto. Mon cher Barone... Avant de prendre le train pour Naples, j'ai cru voir au fond de ses grands yeux noirs l'expression d'une insondable tristesse. Ou bien ai-je rêvé... »
« D'abord un paysage. L'Amérique, l'Asie, beaucoup d'eau, quelques feux et des arbres couchés sous des ciels variables. Un grand silence. L'homme, la femme, le sexe. La douleur. Une musique, une toile. La lumière, l'ombre. Un écrivain, assis, qui regarde... Dans sa poche, il joue machinalement avec un bout de ficelle. » Ces quelques plans rapprochés de l'univers de Djian veulent dire le regard que porte l'écrivain sur un monde. Ce regard, c'est l'écriture qui nous en livre la teneur, la singularité... C'est à elle qu'on va ici s'attacher. D'elle qu'on va s'approcher, le plus possible se rapprocher jusqu'à toucher quelque mystère... qui est peut-être le mystère de ce qui nous touche. C.M.
Sylvan, collectionneur de silences et de nuages, doit quitter sa ferme natale de l'aneyron pour une maison de retraite à Toulouse. Arrachement. Choc. Vide. Sylvan n'est plus que Sylvestre. Mais au milieu du rien, Lucie offre son sourire, ses livres et ses paroles, sa musique surtout- qui retrouve le visage de ménie. Sa tendresse, enfin... Et l'exil prend la forme d'un épanouissement? Si le Mal du monde transparaît, la douceur humaniste et la poésie baignent ce roman aux personnages pas tout à fait ordinaires...
Paul Nizon, écrivain suisse-allemand né à Berne en 1929 et établi en France depuis vingt-cinq ans, peut être considéré comme l'un des écrivains les plus novateurs de l'après-guerre. Ses romans, écrits à la frontière de la fiction et de l'autobiographie, sont une synthèse vivante des tendances majeures de la littérature contemporaine, partagés entre l'invention et l'expérimentation, entre la tradition romanesque et l'ironie critique. L'essai de Philippe Derivière est à ce jour le premier livre consacré à l'ensemble de l'oeuvre de Paul Nizon. Dans une perspective résolument personnelle, il tente de formuler l'expérience d'écriture que représente le parcours de l'écrivain où « vie » et « oeuvre », d'abord distinctes l'une de l'autre, finissent par se confondre dans la plus étonnante symbiose.
Quelque part, dans le midi de la France, Nadia, jeune fille maghrébine et fille de harki, décide de fuir sa famille et sa région avec l'aide et la complicité de sa mère, pour échapper à un mariage forcé décidé de bonne foi par son père convaincu d'agir dans l'intérêt de sa fille tout en respectant les coutumes familiales et sociologiques. Nadia fait le choix de la déchirure en quittant sa famille, ses amis, et en tournant une page de son histoire personnelle.
Voici la vie quotidienne, l'amour et la souffrance, le rire aussi et la nostalgie. Ces nouvelles fugitives parlent de rêves et d'animaux, de l'enfance et de l'amitié. Certaines sont de vrais polars, d'autres des romans de science-fiction. Quatre-vingt-cinq histoires courtes, chacune tirée d'un seul mot et présentées par ordre alphabétique, de A comme "Amour" à Z comme "ZZZ". On peut les lire comme on veut, en séquence, en choisissant son mot dans la table des mots ou en piochant au hasard des pages.
A son grand désarroi, et celui de sa famille, Alice, 27 ans, passionnée par les mots, anime des ateliers de recherche d'emploi à l'ANPE. Tandis qu'elle s'apprête à partir en vacances, identiques d'une année sur l'autre, un fâcheux incident vient perturber ses plans, semblant briser les rêves qu'elle nourrit depuis l'enfance. Un premier roman émouvant et "ébouriffant".
Le Chaudron, banlieue de Saint Denis de la Réunion, qui traîne une réputation sulfureuse. Luderce y mène une existence solitaire qui le fait osciller entre révolte et apathie. Une circonstance malheureuse modifie, de fond en comble, le cours de sa vie. L'amour de Vanessa l'empêche de sombrer mais tout n'est pas si simple lorsqu'on est tiré à hue et à dia par la raison et l'extravagance...
"Se confier à un inconnu, mieux encore, à un ennemi qu'on ne reverra plus, dans un lieu hors du monde, quelle liberté ! On peut tout dire, sans aucune restriction, ça ne porte pas à conséquence..." Un Allemand, un Français. Perdus dans le labyrinthe d'un no man's land ravagé par la guerre, deux soldats affamés, épuisés, cherchent une issue à leur errance. Leur rencontre aurait dû tourner à la confrontation sanglante. Mais, mystérieusement, la barrière de la langue tombe et ils finissent par livrer les secrets qui font le coeur de leur être et de leur vie.
Roman de politique-fiction, ce texte se déroule dans les coulisses du pouvoir juif de Montréal. Jeune journaliste oeuvrant au sein d'une station de télévision québécoise, Maurice Ben Haïm provoque une controverse en interviewant un ancien nazi qui a trouvé refuge au Canada. Un roman attachant écrit à la manière américaine, aux dialogues vivants et rebondissements inattendus.
"Son âme, l'irriguant d'une sève bienfaisante, dans un mouvement rythmé comme le flux et le reflux de l'océan, était poreuse, se mêlait à la sienne pour lutter avec elle, afin que la raideur s'éloigne, afin que la souplesse revienne..." Un homme débarque dans le Cuba de la "période spéciale" afin de retrouver son père, un guérillero "barbudo". La divagation idéologique, l'omniprésente sensualité, les rythmes qui rendent fou transforment sa quête en tourbillon.
Brûlées, ces nouvelles le sont, à bien des égards. A l'instar de leurs personnages : en quête d'eux-mêmes, ils se brûlent les ailes à trop vouloir approcher le soleil. A l'image des histoires qu'elles racontent, consumées d'une ardente flamme. Brûlées, enfin, comme tout ce qui vit et meurt dans l'incandescence du verbe. Les maux écrits deviennent les cris donnés à entendre, donnés à lire. Ici, interviennent monstres, parias, pauvre diables que la Nature, en son sommeil, a formés dans un encrier. Ici, se mêlent fous, amoureux, passionnés, ce qui revient au même finalement.
Edouard, Marc et Vincent vivent à Paris leur homosexualité de façon décomplexée. Ils cherchent tous trois "l'homme de leur vie". Edouard, étudiant, est beau et naïf ; Vincent doit passer outre un physique banal ; Marc, ingénieur, plus aguerri mais aussi profondément romantique, rencontre des fortunes diverses. Tout au long du roman, le lecteur suit leur périple, entre rires et larmes, cocasse et tragique, avec tout ce qu'une vie moderne offre de plaisir, de rencontres, de solitude et de désespoir.
Il s'agit d'une chronique de l'année 1968, à la fois journal intime et témoignage sur les événements de l'époque vécus en province. Le livre dessine ainsi le portrait d'un jeune universitaire, évoluant dans son cadre professionnel, familial et personnel, et s'interrogeant sur le sens de la révolte étudiante, et plus largement, sur la valeur de son projet de vie.
Fermer les yeux. Gagner du temps. Ne pas cesser une seconde de penser. Amasser, encore et encore, des copeaux de vie pour colmater les brèches. SDésormais, pour cette jeune femme, il n'y a plus d'autre solution. Il faut tenir le siège, se fortifier dans ses souvenirs pour endurer l'assaut. Se battre, vouloir sans faiblir que tout ce qui devait exister existe. Le temps que ça passe. Une fois encore.SMais, de l'autre côté, le sablier se vide. Le grondement sourd des attaques se dissipe, et, bientôt, ce sera le silence. Le silence de l'élan. Celui qui fend l'air, frénétique, avant l'ultime collision.
Les récits qui composent ce recueil prennent leur source dans un pays réel mais si méconnu qu'il en devient facilement imaginaire. Un homme retrouvé mort sur la plage, des femmes que tout le monde dit folles, un légionnaire inconsolable... pour chacun de ces personnages, la vie doit reprendre sous un jour neuf. Eux n'ont jamais existé, mais ils sont à l'image de ce pays bien réel : ils attendent leur propre résurrection.
Le père attend, sur un quai de la gare de Zurich, une correspondance pour Budapest et se dispute âprement avec le fils. Le premier a passé toute sa vie dans le pays que le fils a quitté un quart de siècle auparavant. Leurs visions du monde diffèrent radicalement. Le rejeton ne vit-il pas simultanément dans de multiples univers ? SLes voies ferrées se déploient en éventail et conduisent le lecteur sous des cieux différents.
Jean-Sébastien Bach raconté par lui-même, tel est le thème de ce livre. Vous y découvrirez l'univers d'un des plus grands génies de la pensée musicale occidentale. Il essaiera de vous faire comprendre qu'au-delà du simple divertissement, la musique est, comme le disait Beethoven, une "révélation au-delà de toute sagesse et de toute philosophie". JS Bach a peu parlé de lui mais son oeuvre remplace tous les témoignages.
Chronique d'une malédiction raconte le périple du capitaine Edmond le Mut. La terre et la mer, la malédiction qui frappe les hommes de sa famille depuis quatres générations et les secrets qui se terrent dans le silence des femmes... Et si Edmond n'avait navigué, au fond, que sur l'océan des croyances ? Alors Chronique d'une malédiction raconterait l'histoire de toutes les certitudes qui guident les hommes.
Un enfant qui a tout pour être heureux...Il habite un village perdu au temps de l'Occupation et de la peur des représailles...Le narrateur, pour nous emmener dans ce bout du monde, entrecroise fragments, descriptions et micro récits. L'auteur nous livre un premier roman à l'écriture subtile où se mêlent charme et sensibilité. Un regard décalé sur un monde en voie de disparition ou déjà disparu. En ce temps-là, on pratiquait l'écologie sans dire le mot.
Faits anodins d'hommes ou de femmes dans leur vie ordinaire souvent à la limite d'une dérive que seuls d'étranges souvenirs de bonheurs musicaux parviennent à enrayer. Quinze courts récits d'un style classique, teintés d'un humour acidulé et dont les mises en scène efficaces accentuent le caractère insolite.