Classiques (Petite Bibliothèque Payot)
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"Il n'y a pas eu de Révolution." Si 1789 proclamait l'égalité de tous, la fin des privilèges, dans les faits, c'est une autre histoire. Une minorité continue de s'enrichir en possédant toujours plus, alors qu'une majorité grandissante s'enlise dans la pauvreté. Le travailleur fabrique, le propriétaire empoche. "Nul homme ne peut s'enrichir sans qu'un autre s'appauvrisse", conclut Proudhon dans Qu'est-ce que la propriété ?, publié en 1840. Il y rappelle la part commune de tout bien, et la violence de son appropriation. "La propriété, c'est le vol !" deviendra son mot d'ordre ; l'anarchisme, son combat. Avant Karl Marx, Proudhon dénoncera l'accaparement des ressources et l'asservissement des classes populaires, faisant de lui l'un des précurseurs de la théorie des communs.
En juillet 1936, la guerre civile éclate en Espagne. Elle durera trois ans, faisant plus de 600 000 morts. Depuis Majorque où il s'est installé, Bernanos voit d'abord d'un oeil favorable la « croisade » franquiste. Brutalement, la réalité lui saute au visage : les enlèvements et les exécutions de malheureux déclarés « républicains », donc ennemis, sur dénonciation, par vengeance ou par intérêt ; et les évêques cautionnant ces tueries tout en bénissant les canons de Franco. Horrifié, Bernanos s'attache alors à dénoncer avec vigueur la terreur exercée et la guerre d'extermination menée par les nationalistes avec le soutien du clergé. De cette révolte naîtront "Les Grands Cimetières sous la lune", un « témoignage de combat » sur ce conflit qui annonça les grandes catastrophes du siècle.
22 juin 1924 : la 18e édition du Tour de France s'élance. Pour Le Petit Parisien, Albert Londres va raconter en direct les péripéties de chaque étape et le calvaire des frères Pélissier, de Botecchia, de Thys et des autres, qui s'affrontent lors d'étapes longues de 400 kilomètres, pendant parfois plus de vingt heures d'affilée, sur des vélos peu résistants. Mais lui ne se contente pas, comme ses collègues, d'alimenter le mythe des surhommes. À la troisième étape, coup de tonnerre : les frères Pélissier abandonnent pour protester contre les conditions épouvantables qui sont faites aux sportifs. Albert Londres les retrouve dans un café ; c'est le grand déballage (et le scoop) sur les dessous de la compétition et l'omniprésence du dopage. Ce jour-là, le « prince des reporters » écrit l'une des pages les plus célèbres de l'histoire du Tour.
« Le prince ne savait plus où il en était. » Les frères Grimm, Andersen ou Charles Perrault : les contes sont depuis plusieurs siècles associés à des hommes. Et pourtant, au XVIIe siècle qui les a vu naître, ils étaient surtout une affaire d'autrices que l'histoire littéraire a préféré oublier : Mme d'Aulnoy, Mlle L'Héritier, Catherine Bernard, la Comtesse de Murat, Mlle de la Force, pour ne citer qu'elles. Il est grand temps de lever cette injustice et de relire ces contes féministes avant l'heure : critique du mariage, promotion de la liberté et de l'autonomie des femmes, héroïnes subversives et maîtresses de leur destin sont les ingrédients de ces récits qui n'ont décidément rien à envier à ceux des conteurs. Découvrez dans ce recueil des versions moins édulcorées de Cendrillon (« Finette Cendron »), de Mulan (« Marmoisan ») et de Raiponce (« Persinette »), ainsi que deux histoires célébrant une inversion des genres (« Le Prince Rosier ») et l'amour véritable hors mariage (« Jeune & Belle »). Longue vie littéraire aux conteuses !