Pierre-Joseph Proudhon
Pierre-Joseph Proudhon
Un Proudhon certes foncièrement anarchiste, fédéraliste, anti-étatiste pour tout dire, mais parfois plus proche d'être un libéral anticapitaliste et antibourgeois qu'un socialiste et dont le combat constant pour l'émancipation de la classe ouvrière va de pair avec une rude opposition au communisme. Voici le Proudhon (1809-1865) que ce volume dévoile en bousculant nombre d'idées convenues à son sujet: entre autres, que la propriété est loin d'être forcément un « vol ». Ces textes sélectionnés, ordonnés et présentés par Vincent Valentin, maître de conférences à l'université Paris-I, soulignent le caractère complexe, souvent paradoxal et évolutif, d'une oeuvre foisonnante à laquelle le lecteur contemporain n'a plus directement accès depuis longtemps. Et dont la conception vive de la liberté individuelle qui l'irrigue donne toujours à penser.
1804, 1830, 1848, 1870 : le XIXe siècle français se raconte à travers ses soubresauts politiques. Ce coffret rassemble dix textes majeurs, de Napoléon à la Commune, pour comprendre comment la France s’est inventée et réinventée.
A Monsieur le Rédacteur en chef du MESSAGER DE PARIS.Paris, 10 décembre 1864.Monsieur le rédacteur,Puisqu'il a plu à certains journalistes, parmi lesquels il suffit que je cite M. de Girardin, d'appeler sur moi, à propos de l'unité italienne, l'animadversion de l'opinion libérale, me permettrez-vous, à votre tour, de venir jeter dans l'impartialité de vos colonnes quelques paroles de justification ? Je n'abuserai pas de votre complaisance.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
J'hésitais quelque peu à écrire ce livre, parce que je l'envisageais surtout au point de vue de l'interprétation de la Bible, et que ce travail est fait par les Allemands, qui savent, beaucoup mieux que moi, l'antiquité et les langues. J'hésitais encore, parce que ce côté, purement anti-chrétien, anti-révélationniste, me semblait insuffisant, à cette heure, pour donner une véritable originalité à mon travail.Je reviens sur cette opinion.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Plongez au cœur de la pensée révolutionnaire de Pierre-Joseph Proudhon, père de l’anarchisme et théoricien inclassable du XIXe siècle. Ce recueil complet de ses œuvres majeures, de *Qu’est-ce que la propriété ?
Question générale soulevée par les essais de M. Courbet. - Contradiction des écoles : Nécessité d'une solution.GUSTAVE COURBET, l'artiste aux violents paradoxes, vient de produire une oeuvre dont le scandale aurait effacé tous ceux dont il s'est depuis quinze ans rendu coupable ; si le gouvernement n'avait pris soin d'y mettre ordre en excluant purement et simplement de l'exposition (1863) cette peinture téméraire. Par ordre supérieur, le Retour de la conférence n'a figuré au palais de l'Industrie ni parmi les admis, ni parmi les exclus.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
MESDAMES, Je possède vos trois volumes, et je les ai lus : ce n'a pas été sans effort. Jamais je n'éprouvai pareil mécompte ; jamais plus détestable cause ne fut servie par de si pauvres moyens. Je ne vous reproche pas vos injures : les injures, je les comprends quand elle viennent d'une indignation légitime, et je les subis en toute humilité, comme si c'étaient des raisons. Mais de la raison il n'y en a pas ombre dans vos attaques ; et ce qui m'affecte de votre part, c'est l'effronterie même de la déraison. Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
1815 : et si l’Europe se libérait enfin des traités qui l’étouffent ? Dans ce pamphlet percutant, Proudhon dépeint les bouleversements politiques et les espoirs soulevés par la fin des accords de Vienne.
BnF collection ebooks - "À vous, Bourgeois, l'hommage de ces nouveaux essais. Vous fûtes de tout temps les plus intrépides, les plus habiles des révolutionnaires. C'est vous qui, vers le cinquième siècle de l'ère chrétienne, par vos fédérations municipales, étendîtes les premiers le linceul sur l'Empire romain dans les Gaules."
Les étudiants et lycéens connaissent tous cet aphorisme : "La Propriété c'est du vol !" Dans quel contexte et après quels développements, Pierre-Joseph Proudhon - polémiste, journaliste, philosophe sociologue et économiste, socialiste libertaire et révolutionnaire du XIXème siècle - en arrive-t-il à cette conclusion ? Mutualiste avant l'heure, Proudhon dans un texte clair et historiquement référencé, nous livre un certain nombre de réponses toujours d'actualités, à lire sous tous les yeux et sous toutes les latittudes.
« Il s'agit donc de révéler au monde, sur des témoignages authentiques, la pensée, la vraie pensée du peuple moderne ; de légitimer ses aspirations réformatrices et son droit à la souveraineté. Le suffrage universel est-il une vérité ou une fiction ? De nouveau il a été question de le restreindre, et il est certain qu'en dehors des catégories travailleuses, très peu le prennent au sérieux. » Pierre-Joseph Proudhon
« C'est une opinion généralement répandue de nos jours, parmi les hommes du mouvement aussi bien que parmi ceux de la résistance, qu'une révolution, bien attaquée à son origine, peut être arrêtée, refoulée, esquivée ou dénaturée ; qu'il ne faut à cela que deux choses, la ruse et la force. » Pierre-Joseph Proudhon
Publié pour la première fois en 1840, Qu'est-ce que la propriété? ou, Recherche sur le Principe du Droit et du Gouvernement est un ouvrage majeur sur le concept de la propriété et sa relation à la philosophie anarchiste.
"Il n'y a pas eu de Révolution." Si 1789 proclamait l'égalité de tous, la fin des privilèges, dans les faits, c'est une autre histoire. Une minorité continue de s'enrichir en possédant toujours plus, alors qu'une majorité grandissante s'enlise dans la pauvreté. Le travailleur fabrique, le propriétaire empoche. "Nul homme ne peut s'enrichir sans qu'un autre s'appauvrisse", conclut Proudhon dans Qu'est-ce que la propriété ?, publié en 1840. Il y rappelle la part commune de tout bien, et la violence de son appropriation. "La propriété, c'est le vol !" deviendra son mot d'ordre ; l'anarchisme, son combat. Avant Karl Marx, Proudhon dénoncera l'accaparement des ressources et l'asservissement des classes populaires, faisant de lui l'un des précurseurs de la théorie des communs.
Écrites pendant sa détention à la prison de sainte-Pélagie, publiées d'abord dans son journal "La Voix du Peuple" en 1849, puis corrigées, augmentées et rééditées en volume en 1851, "Les Confessions d'un révolutionnaire, pour servir à l'histoire de la révolution de février" sont l'une des oeuvres majeures de P.-J. Proudhon. Livre d'histoire immédiate, essai de théorie politique et journal personnel, "Les Confessions" racontent la vie sociale, politique et économique en France, de la révolution de juillet 1789 aux trois journées insurrectionnelles qui renversèrent la Monarchie de Juillet en février 1848. Représentant du peuple à l'Assemblée nationale constituante, penseur de l'anarchisme et du socialisme libertaire naissant, acteur engagé du processus révolutionnaire, précurseur du Fédéralisme et du Mutuellisme, Proudhon résume ici ses idées politiques tout en relatant les évènements historiques. Donnant son interprétation de l'élaboration de la Constitution de la Seconde République qui aboutira à l'élection de Louis-Napoléon Bonaparte, il exprime sa vision - étonnamment actuelle - d'une nouvelle société sans État autoritaire, débarassée du capitalisme parasitaire et édifiée autour d'une économie solidaire fondée sur la coopération et l'autonomie des individus.
La guerre a son foyer dans les profondeurs de la conscience, et embrasse dans son idée l'universalité des rapports humains. Par elle se révèlent et s'expriment, aux premiers jours de l'histoire, nos facultés les plus élevées : Religion, justice, poésie, beaux-arts, économie sociale, politique, gouvernement, noblesse, bourgeoisie, royauté, propriété. Par elle, aux époques subséquentes, les moeurs se retrempent, les nations se régénèrent, les états s'équilibrent, le progrès se poursuit, la justice établit son empire, la liberté trouve ses garanties... La guerre est le phénomène le plus profond, le plus sublime de notre vie morale. Aucun autre ne peut lui être comparé : ni les célébrations imposantes du culte, ni les actes du pouvoir souverain, ni les créations gigantesques de l'industrie. C'est la guerre qui dans les harmonies de la nature et de l'humanité donne la note la plus puissante ; elle agit sur l'âme comme l'éclat du tonnerre, comme la voix de l'ouragan. Mélange de génie et d'audace, de poésie et de passion, de suprême justice et de tragique héroïsme, même après l'analyse que nous en avons faite et la censure dont nous l'avons frappée, sa majesté nous étonne, et plus la réflexion la contemple, plus le coeur s'éprend pour elle d'enthousiasme. La guerre, dans laquelle une fausse philosophie, une philanthropie plus fausse encore, ne nous montraient qu'un épouvantable fléau, l'explosion de notre méchanceté innée et la manifestation des colères célestes, la guerre est l'expression la plus incorruptible de notre conscience...
Un texte qui montre que les grands hommes ont aussi leur part sombre d'existence, leur faiblesse ou leur faille. Il ne s'agit nullement de dévaloriser la praxis sincère ou l'engagement révolutionnaire de l'anarchiste et sociologue français Pierre-Joseph Proudhon, mais d'en montrer par ce texte profondément misogyne, ses contradictions évidentes. Pour la féministe libertaire, Hélène Hernandez : « les idées de Pierre-Joseph Proudhon qui apparaît non seulement misogyne mais stupide et odieux sur la question des femmes, dans un siècle certes empreint de morale victorienne, mais qui cherchait en France peu à peu à scolariser ses filles. Dans La Pornocratie ou les femmes dans les temps modernes, nous avons droit à quelques florilèges : La femme ne peut être que ménagère ou courtisane, La femme est un joli animal, mais c'est un animal. Elle est avide de baisers comme la chèvre de sel, Il faut absolument qu'un mari impose le respect à sa femme, et pour cela tous les moyens lui sont donnés : il a la force, la prévoyance, le travail, l'industrie. En aucune de ces choses, la femme ne saurait l'égaler. Le coeur de l'homme doit être plein de volupté de commander chez lui. Sans cela, l'homme disparaît. Format professionnel électronique © Ink Book édition.
Avant de dire ce que l'on entend par fédération, il convient de rappeler en quelques pages l'origine et la filiation de l'idée. La théorie du système fédératif est toute nouvelle : je crois même pouvoir dire qu'elle n'a encore été présentée par personne. Mais elle est intimement liée à la théorie générale des gouvernements, parlons plus juste, elle en est la conclusion nécessaire.Parmi tant de constitutions que la philosophie propose et que l'histoire montre à l'essai, une seule réunit les conditions de justice, d'ordre, de liberté et de durée hors desquelles la société et l'individu ne peuvent vivre.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
BnF collection ebooks - "Que les rois se coalisent d'un bout de l'Europe à l'autre contre les nations ; Que le vicaire de Jésus-Christ lance l'anathème à la liberté ; Que les républicains tombent écrasés sous les murs de leurs villes : La République reste l'idéal des société, et la liberté outragée reparaît bientôt, comme le soleil après l'éclipse."
« Le principe d'Autorité, principe familial, patriarcal, magistral, monarchique, théocratique, tendant à la hiérarchie, à la centralisation, à l'absorption, est donné par la Nature, donc essentiellement fatal ou divin, comme l'on voudra. Son action, combattue, entravée par le principe contraire, peut indéfiniment s'étendre ou se restreindre, mais sans pouvoir s'annihiler jamais. » Pierre-Joseph Proudhon
« En résumant toutes ces données sous une expression générale : Qu'est-ce que le principe de l'hérédité ? quels sont les fondements de l'inégalité? qu'est-ce que la propriété ? Tel est, messieurs, l'objet du mémoire que je vous adresse aujourd'hui. » Pierre-Joseph Proudhon
« Le lecteur doit maintenant comprendre la différence qui existe entre possession et PROPRIÉTÉ. C'est de cette dernière seulement que j'ai dit qu'elle est le vol. La propriété, c'est la plus grande question de la société présente... » Pierre-Joseph Proudhon
Puis, ce que les prophètes de la transformation sociale n'avaient pas eux-mêmes prévu, voici que la féodalité industrielle n'est pas plus solide que ne l'avait été l'anarchie industrielle, ce n'est encore qu'une crise, qui doit passer comme la première : Sic erat instabilis tellus, innabilis unda. Anarchie ou féodalité, en effet, l'histoire le démontre, c'est toujours le défaut d'équilibre, l'antagonisme, la guerre sociale, auxquels, dans l'état actuel des esprits, on ne saurait imaginer de remède qu'au moyen d'une concentration plus puissante, d'un troisième terme sériaire, que nous nommerons, sans nulle intention maligne, EMPIRE INDUSTRIEL.
Qu'est-ce que le Gouvernement ? Quel est son principe, son objet, son droit ? - Telle est incontestablement la première question que se pose l'homme politique. Or, à cette question en apparence si simple, et dont la solution semble si facile, il se trouve que la foi seule peut répondre. La philosophie est aussi incapable de démontrer le Gouvernement que de prouver Dieu. L'Autorité, comme la Divinité, n'est point matière de savoir ; c'est, je le répète, matière de foi. Cet aperçu, si paradoxal au premier coup d'oeil, et pourtant si vrai, mérite quelques développements. Nous allons essayer, sans aucun appareil scientifique, de nous faire comprendre... Pierre-Joseph Proudhon
En 1863, le dernier tableau de Courbet, Le Retour de la conférence, est exclu du Salon. L'oeuvre met en scène un groupe de prêtres titubant, sous les effets de l'alcool, le long d'un chemin de campagne. Pressé par Courbet, son ami Proudhon accepte de rédiger une défense de ce tableau qui fait scandale. Mais ce qui ne devait être qu'une brochure de quelques pages devient bientôt un vaste traité du rôle social de l'artiste, publié, à la mort du philosophe, en 1865, sous le titre Du principe de l'art et de sa destination sociale. L'ouvrage serait sans doute passé inaperçu si une jeune plume de la critique ne l'avait étrillé sans ménagement, en réaffirmant l'autonomie absolue de l'artiste : ainsi démarre l'ascension irrésistible d'Émile Zola... Ce sont les textes de cette controverse passionnante qui se trouvent, pour la première fois réunis, dans ce volume. Christophe Salaün a été l'appareil critique de ce texte (notes et postface)
La correspondance de Proudhon a été considérable de tout temps, surtout depuis son entrée dans l'entière célébrité; et à dire le vrai, je suis persuadé que, dans l'avenir, elle sera son oeuvre capitale, vivante, et que la plupart de ses livres ne seront plus que l'accessoire et comme des pièces à l'appui. Sainte-Beuve, Préface.